Nombre total de pages vues

lundi 17 juillet 2017

Le port de Vénasque depuis l'Hospice de France (et accessoirememnt leçon sur le réchauffement climatique)

En ce lendemain de fête nationale nous optâmes pour une randonnée classique, facile et promettant de splendides paysages.

Ce samedi ce fut donc la montée au port (ou col) de Venasque à partir de l'Hospice de France où un parking aux proportions inhabituelles pour un départ de course ne suffit pourtant pas à satisfaire les  besoins des nombreux randonneurs attirés par les lieux ; nous dûmes en fait nous garer un peu en contrebas en revenant sur Luchon, sur le bas-côté de la route où d'autres véhicules sont d'ailleurs venus nous rejoindre par la suite.

Il faut dire que la proximité de Luchon ainsi que la facilité de la balade, alliées à la beauté du panorama qui sera la récompense de la rude montée, tout cela favorise l'affluence et fait le succès de cet itinéraire.

J'ai dit que la balade était "facile" mais j'ai aussi évoqué une "rude" montée ; en effet, la montée au port ne présente aucune difficulté particulière, le chemin est tellement bien tracé qu'il est impossible de se perdre et la carte n'est d'aucune utilité pour trouver son chemin (on l'emportera quand même pour se situer et pouvoir nommer les différents sommets ou points remarquables rencontrés)

Cependant, il n'empêche qu'il faut grimper de mille mètres avec quasiment aucun endroit pour se reposer : seuls le départ et le long des lacs juste après le refuge du CAF permettent de progresser avec aisance sans avoir à forcer, par contre pour le reste du parcours il va falloir "appuyer sur les pédales" et maintenir son effort, avec de temps en temps une courte halte pour reprendre son souffle si nécessaire (on n'est pas là non plus pour se faire mal, hein !)

Pour donner une petite idée voici quelques prises de vues, tout d'abord avant de franchir le torrent (on distingue l'Hospice, à 1385m d'altitude) :


Ensuite après être passés rive droite (l'Hospice est toujours visible)  :


Mais une première récompense nous est accordée avec l'arrivée au refuge du CAF et la vue sur les Boums (boum = lac profond, à rapprocher de l'aragonais ibon désignant un lac d'origine glaciaire) du Port ; tout d'abord, juste après le refuge, une sente nous permet de rester en contact avec le plus grand des trois lacs en passant juste au-dessus de lui :

Un peu plus loin on surplombe l'ensemble des trois lacs qui se présentent au regard en enfilade (remarquez la sente empruntée à l'aller au-dessus du grand lac, au retour il vaudra mieux l'éviter et prendre le chemin "normal" qui part sur la droite et rejoint le refuge caché derrière la croupe herbeuse) :

Encore plus loin et plus haut le sentier se fait bien plus raide, les lacets s'enchainant serrés, et l'on peut voir le col de la Montagnette qui donne accès au lac du même nom :


Et peu après vient la récompense ultime, l'arrivée "à bon port" (le port de Vénasque, à 2444m) avec la sublime vue sur...le massif de la Maladeta, avec en son centre le pic...de la Maladeta (3312m) !


Mais le seigneur des lieux n'est pas celui qui a donné son nom au massif dans lequel se situe, à l'extrême gauche, le pic d'Aneto, point culminant des Pyrénées, à 3404m d'altitude :


Sommet qu'il vaut mieux attaquer, étant donnée son altitude (1km au-dessus de nos têtes...) et la longueur du parcours, depuis le refuge de la Rencluse à 2140m d'altitude, que l'on aperçoit au loin, pris ici au téléobjectif à puissance maximale :


Maintenant venons-en à la leçon sur le réchauffement climatique promise par le titre de ce billet.

Regardez bien la photo du massif de la Maladeta ci-dessus, celle qui précède la vue sur le pic d'Aneto.

Vous remarquerez aisément ce qui est considéré comme le plus grand système glaciaire des Pyrénées, mais qui dans ma mémoire était bien plus étendu, 30 ans plus tôt, quand je venais ici pour y gravir l'Aneto avec mes skis de randonnée depuis la Rencluse...

Mais comme la mémoire nous joue souvent des tours j'ai voulu en avoir le cœur net et j'ai cherché de la documentation avec si possible des photos du massif "d'avant" prises à la même période ou un peu plus tard dans la saison, mais avant les chutes de neige de la fin de l'automne.

Tout d'abord, en consultant wikipedia, je tombe sur ceci :
  • Au cours des dernières décennies, la rapidité de la fonte a donc considérablement augmenté : la surface des glaciers pyrénéens s'est trouvée réduite de plus de moitié entre 1990 et 2007[5]. En outre, leur épaisseur diminue rapidement : d'1,5 mètre par an pour le glacier d'Ossoue, de presque 2 mètres en 2006 pour le glacier de la Maladeta[6]. Au cours des 9 dernières années, ces deux glaciers ont perdu respectivement 13 et 10 m d'épaisseur.
  • Si l'évolution actuelle se poursuit au même rythme, la disparition totale des glaciers des Pyrénées est prévue entre 2050 et 2070 selon les hypothèses. Avec la fonte des neiges éternelles et glaciers de la Cordillère Cantabrique, de la Sierra Nevada et du Système central au cours des siècles passés, l'Espagne serait ainsi libre de glace
Je trouve dans le même article de wikipedia une photo du glacier de la Maladeta le 15 juillet 2006 (soit exactement 11 ans avant la mienne ci-dessus !) et une autre du glacier de l'Aneto en novembre, donc à prendre avec des pincettes car des chutes de neige précoces ont "blanchi" le glacier, le faisant paraître plus étendu qu'en réalité... Voici ces photos :

Glacier de la Maladeta le 15 juillet 2006

Glacier de l'Aneto en novembre (xxxx?)

Ces deux photos ne sont pas de très bonne qualité et s'avèrent peu concluantes, même si pour le glacier de la Maladeta il semblerait qu'en 2017 on voie un peu plus de roche au milieu du blanc...

Alors cherchons un peu ailleurs.

En fait il s'avère extrêmement compliqué de trouver des photos prises sous le même angle que le mien et à une période de l'année comparable afin de ne pas fausser les comparaisons ; je pourrais montrer des photos prises en hiver ou au début du printemps quand la couverture neigeuse est à son maximum, mais est-ce que cela "prouverait" quoi que ce soit ? Bien sûr que non !

Je suis quand même tombé sur ceci :

source : randonneepyrenees
Ainsi que sur ceci en provenance du site Suisse swisseduc :

Recession of Glaciar de la Maladeta Oriental and Glaciar de la Maladeta Occidental between 1985 and 2011.

La photo de 1985 ressemble effectivement un peu plus à ce que j'avais gardé en mémoire, et on peut assez clairement constater non seulement une diminution en surface mais surtout en épaisseur ; regardez par exemple la crête située complètement à gauche des deux photos, en 1985 le glacier arrivait presque à sa hauteur et descendait bien plus bas, jusqu'au niveau du ressaut complètement à gauche, alors qu'en 2011...

Par ailleurs le site Suisse nous explique :
  • This glacier is located on the north side of Pico de Maladeta (3308m). The split in two glaciers occurred Between 1990 and 1993 the two lobes split, thus creating a larger Glaciar de la Maladeta Oriental and a much smaller Glaciar de la Maladeta Occidental.
Donc entre 1990 et 1993, période où mon activité de ski de randonnée était quasiment achevée, le grand glacier de la Maladeta s'est partagé en deux plus petits glaciers nommés occidental (celui de droite) pour l'un et oriental (celui de gauche) pour l'autre.

Vous avez peut-être remarqué qu'une photo comportait la source de l'Association Moraine, dont l'objectif est le suivant, mentionné sur sa page d'accueil :
  • A l’aube du 21ème siècle, les glaciers des Pyrénées françaises souffraient d’une méconnaissance importante (effectifs, localisations, caractéristiques). En effet, ils n’avaient pas connu d’observations d’ensemble depuis la fin des années 1980. Tandis que sur le versant espagnol, ils font l’objet d’un suivi annuel régulier et l’on connaît précisément leurs évolutions.
  • Créée en 2001, L’association « Moraine » est l’Observatoire des Glaciers des Pyrénées françaises. Elle a donc pour objectif de suivre annuellement leur évolution (longueur, surface, volume). Une collaboration étroite avec les glaciologues espagnols permet d’avoir des informations complètes à l’échelle de la chaîne. De plus, l’objectif est de diffuser largement les connaissances sur le sujet grâce à différents moyens de communication (internet, conférences, livre, exposition, médias).
Dans l'onglet dédié aux glaciers des Pyrénées, en suivant le lien concernant leur évolution récente on peut lire ce qui suit :
  • De 1550 à 1850, on note une période de « mini glaciation » appelée Petit Age Glaciaire correspondant à un faible refroidissement du climat de la Terre. Celui-ci entraîna une avancée des glaciers des Pyrénées comme ceux des Alpes et des autres massifs englacés de la planète. Les moraines frontales et latérales « fraîches » présentes en aval des glaciers actuels sont les témoins de cette période.
  • Depuis la fin de cette période de refroidissement, c’est un retrait généralisé qui est observé, conséquence d’un réchauffement du climat. Cependant, le recul a été entrecoupé de périodes de stagnation des fronts glaciaires parfois même de mini avancées. Les principales se seraient produites dans les années 1890, 1920, 1945 et 1970
Et le site nous donne la chronologie de l'évolution des glaciers pyrénéens depuis 1850 ; ainsi en 1850 la superficie totale des glaciers pyrénéens était de 23km2, soit 2300 hectares ; en 1950 elle n'était plus que de 12,8km2, et en 2011 de 3 malheureux km2.

Et le site fournit deux photographies du glacier de la Maladeta, l'une prise en 1857, déjà vue plus haut mais qu'il est bon de remontrer, l'autre en 2010 ; les voici :

En 1857.


En 2010.
A priori celle de 2007 et celle de 2010 semblent identiques, mais en y regardant de plus près on peut s'amuser au jeu des sept différences et s'apercevoir qu'en 2010 quelques portions glacées ont bel et bien disparu, par exemple celle encadrée ci-dessous dans la photo de 2010 :


Alors à moins que les responsables de l'Association Moraine se soient amusés à photoshopper l'une des deux photos, on ne peut que conclure qu'en l'espace de 3 ans seulement ce glacier a perdu une importante partie de sa surface ; à noter cependant qu'en regardant très attentivement on voit quelques zones où l'on trouve un peu plus de blanc en 2010 qu'en 2007, ce qui veut peut-être tout simplement dire qu'un glacier est quelque chose de complexe et qu'il n'évolue pas partout de la même façon ; il faut aussi rajouter qu'un glacier est toujours en mouvement et que toutes ses parties ne sont pas censées évoluer exactement de la même manière, ce qui compte étant la situation générale et la tendance de fond que le site nous dévoile ainsi :

Evolution de la surface englacée totale (chaine pyrénéenne)
Ainsi en 2050 il ne devrait plus rester grand chose des glaciers pyrénéens... Et si l'on examine la courbe de près, on s'aperçoit qu'elle a tendance à piquer du nez depuis la fin du siècle dernier, donc la fin des glaciers pyrénéens est peut-être pour plus tôt que ce que laisse entrevoir ce graphique somme toute assez optimiste !

Mais ce qui est vraiment impressionnant c'est quand on regarde l'évolution depuis la fin du petit âge glaciaire, c'est-à-dire le milieu du 19ème siècle, on peut constater l'étendue des dégâts en consultant l'étude de Pierre René intitulée Régression des glaciers pyrénéens et transformation du paysage depuis le Petit Âge Glaciaire dans laquelle on peut voir ceci concernant le glacier de l'Aneto :

Fig. 6 – Vue aérienne oblique du glacier d’Aneto (Aragon, Espagne)

L'année 1850 devait être le paradis des skieurs de randonnée, avec une absence quasi totale de portage à partir du fond de la vallée en hiver et au printemps, le pied quoi !

Mais certains (pseudo)sceptiques affirment que le réchauffement climatique anthropique (RCA) n'est absolument pour rien dans le retrait des glaciers, celui-ci étant seulement dû à la fin du petit âge glaciaire (PAG, LIA in English) et au réchauffement "naturel" qui se serait ensuivi, cependant le graphique suivant tiré de l'étude de Pierre René est assez éloquent :

Fig. 7 – Évolution de la surface du glacier d’Aneto (Aragon) depuis 1850.

Il y a beaucoup de "points blancs" dus à un manque flagrant d'informations pour certaines périodes, mais Pierre René nous dit :
  • Nous avons peu de données concernant son évolution au cours de la deuxième moitié du xixe et la première partie du xxe siècle, mais durant cette période le glacier a dû subir une évolution en marches d’escalier (fig. 7). On retrouve ensuite un état assez semblable aux environs de 1950 et de 1980. Puis, il s’en suit la forte régression des décennies 1990 et 2000. Le glacier est passé sous la barre symbolique des 100 ha (1 km²) sans doute en 1995 (fig. 8).

Et pour faire le lien avec ma photo (beaucoup) plus haut dans laquelle on voit l'ensemble des deux glaciers de l'Aneto et de la Maladeta, voici l'évolution du premier cité :

Fig. 8 – Vue aérienne oblique du glacier d’Aneto (Aragon) et variation de sa surface.
Evidemment sur ma photo le glacier parait encore plus réduit car celui-ci est vu de biais, alors que la figure 8 nous le montre de face, dans toute son étendue.


Mais revenons à la sortie de samedi au Port de Vénasque avec les données issues de mon GPS.

Tout d'abord une vue de l'itinéraire (un simple aller-retour) en privilégiant la partie occidentale de la zone :


On aperçoit le lac de la Montagnette, au centre de la photo, entièrement libre de glaces, alors que les boums du Port ne laissent apparaître qu'une toute petite partie "en eau", ce qui est assez étonnant quand on sait que le premier lac se situe à 2332m alors que les boums culminent à 2250m (altitude du refuge du CAF) ; il faut croire que l'exposition au soleil n'est pas la même, par ailleurs la hauteur d'eau doit aussi jouer un rôle important, la Montagnette étant certainement moins profond que les boums (les photos ont été probablement prises par Google au printemps, lors du dégel des lacs)

Voici une vue plus large englobant une grande partie de la chaine espagnole, avec notamment le massif de la Maladeta, au sud de notre itinéraire, avec l'immense lac de Cregüeña, et à l'ouest le massif des Posets, deuxième sommet pyrénéen en altitude avec ses 3375m, les deux massifs étant séparés par la vallée de Bénasque, ou Valle de Benasque en espagnol (le v se prononçant b on prononce Bayé dé Bénasqué avec l'accent tonique sur ba et sur nas)


En s'élevant encore davantage en altitude on peut aller du Monte Perdido (troisième sommet pyrénéen avec ses 3355m) à l'ouest jusqu'aux Encantats (Les Enchantées en français, montagne catalane truffée de lacs) à l'est :


Cette vue montre clairement que, comme le disait Michel Sébastien, décédé en septembre 2016, les Pyrénées sont en Espagne ! (dans Sommets pyrénéens, page 10, « Les hasards de l'histoire ont fait que "les Pyrénées sont en Espagne". Effectivement, les grands massifs se rencontrent tous au sud [...] »)

Pour résumer, la balade nous a pris un peu plus de 6 heures aller-retour, avec une pause confortable de trois-quarts d'heure au col pour avoir le temps de se restaurer et de bien profiter de la vue sur le massif de la Maladeta (la maudite...) et écoutant les espagnols (surtout les espagnoles) jacasser sans arrêt sur quantité de sujets divers n'ayant aucun rapport avec la montagne ; il y avait aussi ce samedi un groupe de bretons emmené par un des leurs qui paraissait incollable sur tous les sommets composant la chaine de la Maladeta (et ils sont nombreux...)

La distance totale est de 15 kilomètres environ avec une dénivelée positive de mille mètres.

On remarquera que le GPS Backtrack D-Tour a encore fait des siennes avec des pointes de vitesse (en montée...) à près de 18km/h !

Mais il faut dire qu'avec un peu d'entrainement...


*****


Pour aller plus loin sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur les glaciers pyrénéens :


jeudi 13 juillet 2017

Et c'est reparti comme en 40 !

Je devrais préciser que c'est reparti comme en 1740, bien avant que la science s'empare sérieusement de la problématique de l'atmosphère avec notamment Joseph Fourier qui, dès 1824, avait posé les bases de ce que l'on désigne désormais sous l'expression "effet de serre", comme nous l'explique Jean-Louis Dufresne :
  • Dans l’introduction de son “mémoire sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaire”, publié en 1824 Joseph Fourier présente clairement l’ambition et le principal apport de son mémoire : poser les bases scientifiques de l’étude de la température de la Terre.
  • La présentation par Fourier des échanges radiatifs infrarouges est très qualitative, très courte (environ 2 pages de son mémoire long de 28 pages), ne possède pas le degré d’achèvement de ses travaux sur la diffusion de la chaleur, mais introduit des mécanismes essentiels (tel l’effet de serre) qui seront ensuite des sujets de recherche pendant plusieurs décennies, certains étant toujours d’actualité.
Oui, « toujours d'actualité », sauf qu'il existe certains esprits supérieurs qui ont décidé de contester 2 siècles de science en refaisant le monde sur un site appelé Skyfall.

Dufresne continue :
  • Par ailleurs J. Fourier néglige la convection, mais il estime que celle-ci ne devrait pas remettre en cause l’effet de serre lui-même. «La mobilité de l’air, qui se déplace rapidement dans tous les sens et qui s’élève lorsqu’il est échauffé, le rayonnement de la chaleur obscure dans l’air diminuent l’intensité des effets qui auraient lieu sous une atmosphère transparente et solide, mais ne dénaturent point entièrement ces effets.» Ceci est vrai dans le cas de l’atmosphère terrestre, mais pas dans celui d’une serre, ce qui est à l’origine des critiques de l’appellation “effet de serre”.
Ainsi la convection peut être considérée comme non-significative dans le cas de l'atmosphère terrestre, laquelle ne se comporte pas comme une serre de jardin dans laquelle la convection joue un rôle essentiel :
  • La distribution des calories à l'intérieur de la serre se fait par convection grâce à des tuyaux aériens, ou des aérothermes. La chaleur peut être distribuée en basse température (branché sur le retour du chauffage) par des tapis sous les tablettes de culture pour apporter une chaleur de fond.
Donc pas grand chose à voir entre les deux "effets de serre", mais celui qui nous intéresse ici c'est celui qui concerne l'atmosphère.


Et Dufresne nous dit dans sa conclusion :
  • Ainsi J. Fourier a établi les principes fondamentaux qui régissent la température de surface d’une planète, et notamment les principes de l’effet de serre : l’ajustement de la température de surface pour atteindre l’équilibre énergétique ainsi que le rôle essentiel de la dissymétrie entre les propriétés radiatives de l’atmosphère dans le spectre solaire (atmosphère transparente) et dans le spectre infrarouge thermique (atmosphère partiellement opaque). Deux siècles seront nécessaires pour quantifier et comprendre ces phénomènes. Il restait notamment à établir la loi d’émission du corps noir (loi de Stefan - Boltzmann) et comprendre la décroissance verticale de la température de la basse atmosphère et son rôle sur le rayonnement émis vers l’espace. De même il a fallu se rendre compte du rôle essentiel des constituants mineurs de l’atmosphère (vapeur d’eau, CO2, CH4...) sur les propriétés radiatives dans l’infrarouge et apprendre à les mesurer et à les calculer.
On remarquera que Dufresne parle de « basse atmosphère », en fait il fait référence à la troposphère dans laquelle on observe une décroissance de la température au fur et à mesure que l'on monte en altitude ; d'ailleurs voici le profil de l'atmosphère tiré du site education.meteofrance :


Avec les précisions suivantes :
  • Ce profil vertical de température est totalement lié à la composition chimique de l'atmosphère, et à la capacité des différents gaz qui la composent d'absorber certains rayonnements. Ainsi, l'augmentation de la température avec l'altitude dans la stratosphère, et donc le maximum relatif de température à la stratopause, s'explique par l'absorption des UV par l'ozone stratosphérique.
Mais quid de la diminution de la température dans la troposphère ?

Sur le site exergie.free on nous explique :
  • Avec l'altitude (moindre pression des couches supérieures), l'air compressible se détend (occupe plus de volume) et baisse en température (d'environ -1°C tous les 400 m)
Et on va même jusqu'à nous préciser que :
  • Si l'air ne pouvait se détendre, sa température moyenne serait uniforme quelque soit l'altitude
Effectivement, un gaz se réchauffe quand il se comprime et il se refroidit quand il se détend, c'est le principe de la pompe à vélo qui s'échauffe quand on gonfle un pneu ou de l'air sortant de la valve qui est froid quand on dégonfle le même pneu ; wikipedia nous dit que c'est également le principe de la compression et la détente adiabatique avec l'altitude
  • De manière globale :
    • il s'établit un gradient thermique entre le sol, dont la température est gouvernée par la géothermie, et l'ensoleillement (effet de corps noir, effet de serre, effet albédo), et l'espace ;
    • il s'établit un gradient de pression : la pression est créée par le poids de l'air situé au-dessus du lieu considéré ; il faut prendre en compte la compressibilité de l'air ainsi que la variation de la gravité avec l'altitude.
  • À faible altitude, la pression atmosphérique baisse de 1 hPa chaque fois que l'on s'élève de 8 mètres, et la température baisse d'environ °C chaque fois que l'on s'élève de 150 m (valeur ISA : perte de 6,5 °C par kilomètre, soit °C pour 154 m ou 505 pieds).

Il faut noter à ce stade que si la gravité était trop faible, alors l'atmosphère aurait foutu le camp et nous ne serions pas en train de nous poser des questions existentielles.

Comme nous l'indique le site déjà mentionné plus haut, exergie :
  • S'il n'y avait pas de gravité, il n'y aurait pas d'atmosphère... et donc il n'y aurait pas de climat ! Ainsi s'il n'y avait pas de gravité, la température de la Terre serait de -240°C !
 Et donc sans atmosphère...
  • S'il n'y avait pas d'atmosphère... il n'y aurait par définition pas de climat (!),
    et la température du lieu serait celui (sic) provenant du centre de la Terre :
    soit environ -240°C (sans apport du Soleil)

Et tant que nous y sommes allons plus loin avec l'effet de serre :
  • sans effet de serre : température moyenne = -19°C
  • avec effet de serre : température moyenne = +15°C
  • différence de température moyenne : +34°C avec effet de serre

On peut donc dire merci à l'effet de serre !

Pour résumer, si j'ai bien tout compris (mais comme je suis un grand benêt je n'en suis pas tout à fait certain...), en moyenne :
  • sans atmosphère (si la gravité était trop faible) la température serait de -240°C ;
  • sans effet de serre la température serait de -19°C ;
  • avec l'effet de serre la température est de +15°C ;
  • dans la troposphère la température diminue progressivement avec l'altitude, ce phénomène étant essentiellement dû à la diminution de la pression avec l'altitude (poids de la colonne d'air au-dessus de notre tête qui diminue)
D'ailleurs wikipedia nous dit, pour le gradient thermique adiabatique :
Et qui précise :
  • La variation de pression de l'atmosphère est très complexe. Toutefois, pour comprendre un certain nombre de mécanismes météorologiques, on peut s'en tenir à un modèle très simple qui ne dépend que de l'altitude.
Ainsi on comprend bien que c'est très complexe dans le détail, mais qu'on peut grandement se satisfaire d'une explication générale pour comprendre le fonctionnement de la basse atmosphère où se situent les phénomènes météorologiques et climatiques.

Alors pourquoi diable compliquer ce qui pourrait rester simple ?

Ainsi Tsih, dans un commentaire d'un des derniers articles sur Skyfall, tente une explication :
Sans gradient de pression donc de température… Eh non, justement petit Robert, ça c’est grossièrement faux ! Le gradient de pression qui résulte de l’équilibre hydrostatique dans le champ de pesanteur n’implique pas le gradient de température. Une atmosphère isotherme à l’équilibre thermodynamique avec gradient de pression mais pas de température dans un champ de pesanteur c’est parfaitement possible. C’est même un exemple simple traité couramment dans les cours d’introduction à la mécanique statistique ! L’atmosphère réelle de la planète terre n’est justement pas à l’équilibre thermodynamique car elle est chauffée par le bas et c’est ça qui fait le gradient de température. Le « c’est juste mécanique » c’est de la pure connerie (ou petite physique bonhomme d’ignare).
Hum...« le chauffage par le bas » qui produirait le gradient de température, en contradiction avec tout ce que l'on peut lire sur le sujet, mais où donc est-il allé chercher cela ?

Alors je suis allé voir le lien qu'il fournit et j'ai trouvé ceci :
  • Let us begin with an example: the distribution of the molecules in an atmosphere like our own, but without the winds and other kinds of disturbance. Suppose that we have a column of gas extending to a great height, and at thermal equilibrium—unlike our atmosphere, which as we know gets colder as we go up. We could remark that if the temperature differed at different heights, we could demonstrate lack of equilibrium by connecting a rod to some balls at the bottom [...]
    • Commençons par un exemple: la distribution des molécules dans une atmosphère comme la nôtre, mais sans les vents et autres types de perturbations. Supposons que nous ayons une colonne de gaz s'étendant à une grande hauteur, et à l'équilibre thermique, contrairement à notre atmosphère, qui, comme nous le savons, devient plus froide à mesure que nous nous élevons. Nous pourrions remarquer que si la température différait à différentes hauteurs, nous pourrions démontrer un manque d'équilibre en reliant une tige à des balles en bas [...]
Il y a beaucoup de conditionnels dans ce passage, « supposons », « nous pourrions », « si la température », mais on peut aussi remarquer qu'il y a des affirmations, comme « notre atmosphère [...] devient plus froide à mesure que nous nous élevons » ; ainsi le texte suppose une atmosphère sans changement de température avec l'altitude, pour démontrer je ne sais quoi (on s'en fiche un peu ici) mais que Tsih semble prendre au pied de la lettre en affirmant sérieusement que « le gradient de pression qui résulte de l’équilibre hydrostatique dans le champ de pesanteur n’implique pas le gradient de température. »

Etant curieux de nature je suis allé voir ce que signifiait exactement l'équilibre hydrostatique :
Ainsi d'après cette définition, le gradient de pression est une composante de l'équilibre hydrostatique, qui contrebalance les forces de gravitation pour arriver à un équilibre, sans lequel soit la Terre serait comprimée comme un pois chiche (j'exagère peut-être, mais bon) soit l'atmosphère prendrait la tangente dans l'espace.

Mais aucune mention de la température là-dedans, ce n'est apparemment pas le sujet, et c'est peut-être pourquoi Tsih se croit autorisé à conclure que « une atmosphère isotherme à l’équilibre thermodynamique avec gradient de pression mais pas de température dans un champ de pesanteur c’est parfaitement possible » ; sauf que sur la Terre, jusqu'à preuve du contraire il y a un gradient de température qui, là-aussi jusqu'à preuve du contraire, agit en corrélation avec le gradient de pression, donc l'exemple fourni par Tsih est un cas théorique qui n'est pas en phase avec la réalité (mais j'ai comme l'impression que Tsih viendrait d'une autre planète...)

Et après l'équilibre hydrostatique voilà que surgit l'équilibre thermodynamique, késaco ?
Ou comment perdre les gens dans une série de termes abscons dont la compréhension des seules définitions demande un doctorat en physique, ou plutôt comment s'arranger pour que personne ne vous comprenne et vous prenne pour un grand ponte à l'immense savoir...

Comme je suis un peu perdu dans ce labyrinthe tsihesque j'en reste à mes lectures basiques déjà résumées plus haut ; si quelque lecteur(trice) attentionné(e) veut bien réagir et me dire ce qu'il/elle pense de tout cela je veux bien l'écouter et lui en serais éternellement reconnaissant.


Pour finir voici une désopilante histoire de pull tirée (sic) du même article skyfalleux :
  • 145.  volauvent | 11/07/2017 @ 12:26  Astrolabe (#144), Quand j’ai froid, je dis que je mets un pull pour me réchauffer. Et effectivement, j’ai plus chaud. Ces joutes sémantiques sont stériles.
  • 146.  Astrolabe | 11/07/2017 @ 12:30 volauvent (#145), Non c’est un abus de langage, votre pull ne vous réchauffe en aucun cas, il vous isole et vous empêche de vous refroidir trop vite, les mots ont un sens et en science la rigueur est de rigueur, il faut donc comprendre ce qui se cache derrière certaines phrases.
  • 149.  volauvent | 11/07/2017 @ 14:18 Astrolabe (#146), Alors, tout le monde abuse du langage….car je n’ai jamais entendu quelqu’un dire: oh je mets un pull pour ne pas me refroidir…
  • 152.  tsih | 11/07/2017 @ 14:54 volauvent (#149), Il n’y a aucun abus de language, bien sûr !Le verbe réchauffer peut vouloir dire
    • -soit avoir pour effet d’augmenter la température de quelque chose. Par exemple fermer une fenêtre ou un volet en hiver a pour effet de réchauffer l’intérieur d’une maison (en diminuant les fuites de chaleur -de toutes sortes- vers l’extérieur), ceci à puissance de chauffage ou énergie apportée par unité de temps parfaitement constantes. De même mettre des GES dans l’atmosphère réchauffe le sol (en diminuant les fuites IR vers l’espace), ceci à irradiation et apport d’énergie solaire parfaitement constants.
    • -soit apporter de l’énergie pour augmenter (ou non d’ailleurs) la température de quelque chose. Par example le matin le soleil réchauffe l’air et le sol (leur T augmente ) ou fait fondre la glace dans un seau laissé pendant la nuit ( T reste constante)
    • C’est le premier principe de la thermo qui régit tout ça. et les deux sens sont parfaitement corrects et sans aucune ambigüité pour un physicien.
On voit par là que le dénommé volauvent, un habitué de longue date du site, n'a rien compris au rôle du pull, et que par conséquent il est normal qu'il n'ait rien compris non plus à l'effet de serre.

C'est bien Astrolabe qui a raison (qui au passage n'est pas Robert, contrairement à ce que pense Tsih), le pull n'a aucun pouvoir réchauffant, pas plus que la couverture que vous rajoutez quand vous avez froid dans votre lit.

Le pull ou la couverture ne font que retenir la chaleur dégagée par votre corps, ce qui vous permet d'avoir moins froid que si vous étiez à poil avec l'épiderme en contact direct avec l'air ambiant.

Mais cela n'a qu'un temps, au bout d'un moment la température interne du corps va baisser au point où, même avec le pull ou sous la couverture, on va commencer à avoir vraiment froid, jusqu'à carrément mourir de froid si la température de l'air est vraiment trop basse et qu'on ne s'alimente pas pour maintenir la température interne à un niveau correct ; si volauvent avait fait un peu de montagne et avait bivouaqué en haute altitude il aurait une bonne idée de la chose, et il aurait déjà entendu dire « je mets mon pull pour ne pas me refroidir » ! Mais au lieu de cela il se contente apparemment de dégoiser dans son fauteuil devant la télé avec son demi de bière dans une main et l'autre main occupée à on ne sait trop quoi.

Au passage c'est aussi en faisant de la montagne qu'on peut expérimenter "dans sa chair" la baisse de la température avec la montée en altitude, avec ou sans vent, avec ou sans pluie ou neige, avec l'exception quand même de la situation d'inversion de température qui ne fait que confirmer la règle.

Quant aux couches supérieures de l'atmosphère, au-dessus de la troposphère, c'est une autre histoire que je me garderai bien de vous conter, je n'ai jamais fait de trek dans ces contrées-là.


mercredi 12 juillet 2017

Le syndrome Handmaid's Tale nous menace-t-il ?

Voilà j'ai regardé les épisodes 5 et 6 de la série The Handmaid's Tale, littéralement l'histoire de la servante, traduit en français par la servante écarlate (il faut croire que ça fait plus accrocheur, ce qui n'est pas faux)

Certains disent qu'il s'agit de la description d'un monde qui pourrait être le nôtre si certaines conditions étaient cependant réunies, notamment la plus importante d'entre elles sans quoi cette histoire n'existerait pas : l'infertilité d'une très grande partie de la population causée par la pollution ou on ne sait trop quel cataclysme (il reste encore beaucoup d'épisodes pour dévoiler tous les tenants et les aboutissants)

Alors d'abord quelques explications pour situer le problème, ce que les anglais appellent le pitch, qu'on peut traduire pas "argumentaire de vente".

La série est tirée d'un livre écrit par Margaret Atwood en 1985, intitulé devinez quoi, The Handmaid's Tale, quelle surprise ! traduit en français par, vous ne devinerez jamais, La Servante écarlate, comme le monde est petit ! et adapté au cinéma en 1990 par Volker Schlöndorff qui a fait preuve d'une grande originalité en intitulant son film La Servante écarlate ou, en anglais, The Handmaid'Tale, comme quoi pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ; un opéra a également été tiré de tout cela, dois-je vous préciser quel était son titre ?

L'action est censée se passer aujourd'hui ou dans un future très proche, dans un monde ne baignant pas vraiment dans le bonheur, c'est pourquoi plutôt que de science-fiction on parle dans ce cas de dystopie, tout le contraire d'une utopie dans laquelle les Bisounours et Oui-Oui se feraient des câlins à longueur de journée (et la nuit aussi...)

A la suite donc d'une catastrophe ayant entrainé l'infertilité de l'immense majorité de la population, une société se met plus ou moins rapidement (et plutôt plus que moins d'après ce que j'ai compris) à basculer dans le totalitarisme religieux.

J'imagine que le problème est mondial, mais l'action se passe dans les ex-USA, qui ont été renommés la République de Gilead ; à noter que ce nom peut se décomposer en GI et lead, c'est-à-dire sous la conduite des GI, ou, si vous préférez, par soldat de plomb, suivant comment vous prononcez le mot lead...

Apparemment les "révolutionnaires", en fait des extrémistes bigots, ont réussi à prendre le pouvoir de manière assez bien organisée, en s'attaquant à la Maison Blanche et au Capitole de façon concertée, et sans que la population des Etats-Unis ne réagisse vraiment pour les en empêcher...

Ils parviennent donc à instituer un nouveau régime dans lequel la religion est inscrite dans la Constitution, ou plutôt ils suppriment carrément la Constitution actuelle et la remplacent par la Bible qui tient lieu de nouvelle Constitution, ou quelque chose comme ça.

Le monde Américain (rappelons-le, cela se passe aux USA actuels, on ne sait pas ce qu'il en est du reste du monde...) est par conséquent divisé en castes, comme en Inde, avec une claire division entre les sexes : aux hommes tous les pouvoirs, aux femmes, euh, eh bien, tout le reste quoi...

Mais ce qui est également clair c'est que parmi les hommes eux-mêmes ils y a ceux qui commandent et ceux qui servent ; et les femmes, elles, sont divisées grossièrement en plusieurs catégories, d'abord les "légitimes", par ordre d'importance :
  1. les Epouses, qui sont celles qui ont le privilège de régner sur toutes les autres femmes, sont habillées en bleu, comme la Vierge Marie dans les représentations artistiques, et en noir quand elles sont veuves ;
  2. les Filles, naturelles ou adoptées, sont de blanc vêtues jusqu'à leur mariage ;
  3. les Tantes, qui sont des espèces de sergents recruteurs chargées de l'éducation des Servantes, sont habillées en marron (certains diraient que cette couleur leur va bien...) ;
  4. les Servantes (Handmaids) qui ont la "chance" d'être fertiles et sont les esclaves sexuelles de la maisonnée, elles sont habillées en rouge avec une coiffe blanche ;
  5. les Marthas, qui font la cuisine et le ménage, habillées en vert ;
  6. les "Femmes à tout faire" (Econowives) qui sont tout au bas de l'échelle et sont mariées, mais à qui on permet de vivre à condition de se tenir à carreau et d'occuper les fonctions de Marthas ou de Servantes selon les circonstances, elles portent donc des habits bleus, verts et rouges !
Les autres femmes, "illégitimes", sont classées en deux catégories :
  1. les Non-femmes (Unwomen), c'est-à-dire les féministes, les lesbiennes, les stériles, les nonnes, bref toutes les femmes incapables de vivre en société... ;
  2. les Jézabelles, surveillées par les Tantes, qui ne sont rien d'autres que des prostituées servant à assouvir les pulsions sexuelles des Commandants et de leurs amis et invités, elles sont évidemment cachées au reste de la bonne société.
Pour les hommes c'est un peu plus simple, il y a :
  1. les Commandants, au sommet de la pyramide, dont le seul devoir semble être de procréer en violant régulièrement leur Servante, ils sont habillés en noir et ont le droit de conduire une voiture ;
  2. les Yeux, qui sont l'équivalent de la Securitate de Ceausescu ;
  3. les Anges qui défendent le régime et peuvent se marier ;
  4. les Gardes qui sont des sortes de policiers ;
Là aussi, comme pour les femmes "illégitimes", les déviants sont soit pendus soit envoyés dans les "colonies" où ils mourront de mort lente (apparemment en s'occupant de trier des matériaux contaminés ou quelque chose dans ce genre)

Un moment "phare" de la série est ce qui s'appelle la Cérémonie, qui n'est rien d'autre que l'adaptation de ce que dit la Bible au sujet de Jacob dont la femme, Rachel, ne pouvait pas avoir d'enfant :
  • Rachel est stérile. Jalouse de la fécondité de sa sœur, elle demandera à Jacob de coucher avec sa servante Bilha, pour avoir des enfants de cette manière.
Ainsi la Servante écarlate d'origine s'appelait Bilha...

En ce qui concerne notre Cérémonie, il est d'usage qu'elle se passe dans la chambre de l'Epouse, en sa présence et accompagnée de deux serviteurs (pour notre héroïne il s'agit d'une Martha et d'un Garde qui s'avère être aussi un Œil...) avant que la Servante puis le Commandant ne fassent leur apparition ; le Commandant ne doit entrer que quand tous les autres sont déjà dans la chambre, pas avant.

Tout le monde se met alors à prier en récitant plus ou moins l'histoire de Jacob et Rachel, cela donne à peu près ceci :
  • Bilha servante de Rachel enfanta Dan et Rachel dit : « Dieu m’a rendu justice, Il a entendu ma voix et Il m’a donné un fils. »
Et la Cérémonie se poursuit de la manière suivante : la Servante s'allonge sur le bord du lit, la tête posée entre les cuisses de l'Epouse qui est assise derrière elle et lui tient fermement les poignets ; le Commandant sort sa quéquette et entreprend de consciencieusement violer, en toute légalité et légitimité, la Servante qui reste de marbre (surtout ne pas montrer le moindre signe de douleur ou de contentement)

De cette façon l'Epouse est supposée participer "activement" à l'acte de procréation ; d'ailleurs pour l'accouchement, s'il a lieu neuf mois plus tard, ce sera le même cérémoniel, l'Epouse faisant semblant d'accoucher en se tenant derrière la Servante parturiente, elle se sera même auparavant entrainée avec l'aide d'autres Epouses comme le font les femmes enceintes quand elles participent à des séances d'exercices physiques destinés à leur faciliter la tâche !

Et quand le bébé nait il est aussitôt donné à l'Epouse, la Servante ne le reprenant plus tard que pour l'allaitement, l'éducation de l'enfant n'étant pas de son ressort.

L'héroïne de la série s'appelle June de son vrai nom "d'avant", mais comme Servante elle se nomme, ou plutôt on la nomme Offred, littéralement De Fred, c'est-à-dire propriété de Fred.

C'est elle que nous suivons pas à pas et qui parle en voix off.

Off red, mais aussi offered...

Toutes les Servantes sont donc appelées Of "machin" du nom de leur propriétaire, elles peuvent donc changer de nom si elles changent de propriétaire.

Bon voilà, je n'en suis qu'au 6ème épisode et je n'ai ni lu le livre ni vu le film, donc je ne connais pas la fin de l'histoire et ne désire pas la connaître, par conséquent je ne peux pas en dire beaucoup plus.


La question à dix balles maintenant est de savoir si ce genre de régime serait susceptible d'émerger un jour ou l'autre, par exemple avec un guignol comme Trump aux manettes pendant huit ans dans l'hypothèse où il serait réélu (quatre ans semblent un peu court pour mettre ce genre de choses en place...) avec ses deux Servantes écarlates.


Alors d'abord il faudrait qu'il y ait ce déclencheur qui consiste en la catastrophe de l'infertilité causée par la pollution ou un accident chimique et/ou biologique.

On ne voit pas très bien comment, si cela devait arriver, personne ne réagirait, même en Amérique où l'on trouve pourtant une proportion inquiétante d'extrémistes religieux capables de jouer de la gâchette comme certains jouent au ballon ou à la pétanque.

Et on le voit avec Trump, même s'il a été élu, il n'a pas la majorité, y compris dans son propre camp des Républicains qui ne le reconnaît pas vraiment comme un des leurs.

Trump a les campagnes à sa botte, pas les villes, là où le véritable pouvoir se trouve.

De plus beaucoup d'américains sont anti-Etat, le Parti libertarien comptait 500 000 membres en 2016, qui sont contre la législation sur les armes à feu, on peut donc faire confiance à ces gens-là, parmi bien d'autres, pour s'opposer à une dérive du genre de celle racontée dans le livre de Margaret Atwood.

Je pense donc que nous pouvons dormir tranquilles et je retourne me coucher avec la conviction que je ne ferai pas de cauchemar dystopien.

Mais j'ai déjà programmé sur mon agenda la prochaine diffusion sur OCS.




mardi 11 juillet 2017

Les montures de classe dans Légion

C'est fait, les douze montures de classe sont in my pocket (il faut dire que dans WoW on peut faire tenir beaucoup de choses dans les poches...)

L'obtention de ces montures est d'une difficulté très inégale, avec par exemple une balade de santé pour le prêtre, alors que pour le guerrier la quête s'avère juste horrible !

Mais au niveau 880, bien avant donc d'avoir dépassé les 900, toutes les montures peuvent être obtenues sans problème particulier (hormis  celle du guerrier qui vous demandera probablement...un peu de temps pour vaincre le premier des quatre combattants que vous devrez défaire)

J'ai fait une collection de ces montures en situation dans une zone où les personnages qui les ont obtenues ont quelque chose à voir (les connaisseurs reconnaitront certainement la race de chacun des personnages en fonction du lieu)

Pour les détails, vous pouvez cliquer sur le nom de la classe et vous serez orientés vers le site de mamytwink.


Le moine

Ban Lu, compagnon de grand maître (Temple des Cinq matins - L'île Vagabonde)

Le paladin

Destrier doré de généralissime (Kharanos - Dun Morogh)

Le démoniste

Destrier du courroux chaotique de seigneur du Néant (Gnomeregan)

Le mage

Disque prismatique d'archimage (Hurlevent)

Le druide

Forme de voyage (Ruines de Gilnéas)

Le chasseur de démons

Hurleur gangrebrisé de vengeur (Le Marteau gangréné - Mardum)

Le chasseur

Loup-faucon loyal de maître chasseur (Forgefer)

Le voleur

Présage meurtrier de lame-de-l'ombre (Darnassus)

Le chaman

Tempête déchainée de long-voyant (Sanctuaire des sept-étoiles, sommet de Kun-Lai)

Le chevalier de la mort

Vainqueur couvepeste de seigneur de la mort (Acherus - Le Rivage Brisé)

Le prêtre

Veilleur ligelumière de grand prêtre (Exodar - Siège du naaru)

Le guerrier

Wyrm sanguinaire de seigneur de bataille (Comté-du-Nord)

dimanche 9 juillet 2017

La prochaine crise est pour bientôt, quoique...

Un sport assez largement pratiqué par des augures de toutes natures est la prédiction de la prochaine crise économique et/ou financière qui ne saurait tarder.

Ainsi Olivier Delamarche, un bon ami d'un autre Olivier, Berruyer celui-là, prévoyait fin 2011 un CAC40 à 2000 points pour l'année 2012 :
  • Olivier Delamarche : «Je vois le CAC 40 à 2000 points en 2012»
Il récidivait début 2015 en prévoyant le même CAC40 à 6000 points :
  • L'enjeu est donc ailleurs pour Olivier Delamarche : « Quand j'entends les gens qui disent on va aller jusqu'à 5500 ou 6000 points sur le CAC 40, oui, pourquoi pas ? De toute façon, le sujet n'est pas là. Il est sur la devise et sur le grand écart [qui se creuse] aujourd'hui tous les jours un peu plus entre les fondamentaux et les marchés. » 
Donc un coup il prévoit une chute à 2000 points, une autre fois c'est une montée à 6000 (qu'il ne prévoit pas vraiment, mais qu'il n'exclut pas, par mesure de prudence certainement...)

Alors "voyons" les choses objectivement avec Boursorama :


Non seulement le CAC40 n'est jamais descendu à 2000 points (il a à peine testé les 3000 points, sans s'attarder...) mais il est encore, deux ans après sa deuxième expérience extra-lucide, aux alentours des 5000 points avec des perspectives de croissance qui laissent à désirer (en tout cas qui se font attendre) ; on dirait que le CAC40 se complait dans la zone 4000-5000 points rien que pour embêter Olivier Delamarche (je ne sais pas ce qu'il aurait pu déclarer récemment, cela fait longtemps que je ne le suis plus, il devenait un peu répétitif à mon goût)

Mais il est loin d'être le seul à s'aventurer à faire ce genre de prédictions économiques, avec l'espoir qu'un jour, peut-être, la crise arrivera enfin et qu'il pourra dire « voila je vous l'avais bien dit ! »

Cela me fait penser aux voyant(e)s et autres astrologues qui font une infinité de prédictions, souvent contradictoires, sachant très bien que statistiquement un jour ou l'autre l'une de ces prédictions se réalisera, du moins en partie, et ils/elles pourront alors citer ces prédictions "avérées" comme preuve de leur extra-lucidité ; la ficelle est vieille comme le monde mais elle marche toujours, les gens ayant en général une mémoire de poisson rouge et étant trop fainéants pour aller comptabiliser les nombreux échecs cachés sous le tapis.

En est-il de même pour Gail Tverberg ? On pourrait se poser la question pourtant son travail semble plus sérieux que celui du sieur Delamarche.

Elle se présente elle-même sur son site comme suit :
  • My name is Gail Tverberg. I am an actuary interested in finite world issues - oil depletion, natural gas depletion, water shortages, and climate change. Oil limits look very different from what most expect, with high prices leading to recession, and low prices leading to inadequate supply.
    • Je m'appelle Gail Tverberg. Je suis un actuaire intéressé par des questions mondiales limitées [ou bien définies] - l'épuisement du pétrole, l'épuisement du gaz naturel, les pénuries d'eau et le changement climatique. Les limites concernant le pétrole semblent très différentes de ce à quoi s'attendent la plupart des gens, avec des prix élevés conduisant à la récession et des prix bas conduisant à une offre insuffisante [ou inadéquate].
C'est donc une actuaire, tout comme Olivier Berruyer (aie aie aie...)

Elle semble jouir d'une certaine notoriété que j'ai du mal à "quantifier", mais il faut dire que je ne suis pas actuaire et que je n'ai aucune connaissance des questions liées au pic du pétrole ou aux pénuries d'eau, le seul domaine dans lequel je me sens un peu à l'aise maintenant, après plusieurs années de pratique à titre d'amateur plus ou moins éclairé, c'est le changement climatique, et c'est d'ailleurs pour cela qu'elle figure dans ma bloglist.

Mais l'article suivant, intitulé The Next Financial Crisis Is Not Far Away (avec cette horrible manie qu'ont les anglo-saxons de mettre une capitale à chaque mot...), c'est-à-dire, en bon français, la prochaine crise financière est pour bientôt, a jeté un gros doute chez moi quant aux capacités de prédiction de la môme Tverberg.

Pour faire simple et court, sa thèse tient en quelques phrases qu'elle souligne dans son texte :
  • The amount [of energy] consumed represents the amount of energy products that individual citizens, plus businesses, plus the government, can afford.
    • Le montant [d'énergie] consommé[e] représente la quantité de produits énergétiques que les citoyens individuels, plus les entreprises, plus le gouvernement, peuvent se permettre.
  • Oil importing countries can have troubles when oil prices rise, similar to the problems that oil exporting countries have when oil prices fall.
    • Les pays importateurs de pétrole peuvent avoir des problèmes lorsque les prix du pétrole augmentent, les mêmes problèmes que les pays exportateurs de pétrole ont lorsque les prix du pétrole chutent.
  • [...] drops in energy consumption tend to precede drops in world GDP; rises in energy consumption tend to precede rises in world GDP. This order of events strongly suggests that rising energy consumption is a major cause of world GDP growth.
    • [...] les chutes de consommation d'énergie ont tendance à précéder les baisses du PIB mondial ; les augmentations de la consommation d'énergie ont tendance à précéder les hausses du PIB mondial. Cet ordre des événements suggère fortement que la hausse de la consommation d'énergie est une cause majeure de la croissance du PIB mondial.
Et c'est sur cette dernière affirmation que les choses se gâtent, sérieusement, pour la thèse de Gail Tverberg...

En effet, elle se base sur le graphique suivant pour étayer ses propos :

Slide 12 – Note: Energy growth includes all types of energy. This includes wind and solar, using wind and solar counted using the optimistic BP approach.

On peut effectivement constater une corrélation certaine entre la courbe de la consommation d'énergie (en bleu) et celle du PIB mondial (en rouge) avec une courbe bleue qui a tendance à précéder la courbe rouge.

Et pour enfoncer le clou Gail Tverberg cite le cas de l'Espagne :
  • Spain follows a pattern similar to Greece’s. By the mid-2000s, high oil prices made Spain less competitive in the world market, leading to falling job opportunities and less energy consumption. Since 2014, very low oil prices have allowed tourism to rebound. Oil consumption has also rebounded a bit. But Spain is still far below its peak in energy consumption in 2007 (top chart on Slide 8), indicating that job opportunities and spending by its citizens are still low.
    • L'Espagne suit un modèle similaire à celui de la Grèce. Au milieu des années 2000, les prix élevés du pétrole ont rendu l'Espagne moins compétitive sur le marché mondial, ce qui a entraîné une baisse des possibilités d'emploi et une moindre consommation d'énergie. Depuis 2014, les prix très bas du pétrole ont permis au tourisme de rebondir. La consommation de pétrole a également rebondi un peu. Mais l'Espagne est encore loin en dessous de son pic de consommation d'énergie en 2007 (graphique principal de la diapositive 8), indiquant que les possibilités d'emploi et les dépenses de ses citoyens sont encore faibles.
Slide 8

Ainsi la crise de 2007-2008 aurait été provoquée par une chute de la consommation de pétrole, non sans blague !?

Pourtant il me semblait que la crise de 2007-2008 avait d'abord été une crise financière, entrainant une crise économique, entrainant une chute de la consommation de pétrole !

Alors pour en avoir le cœur net j'ai pris mon bâton de pèlerin et je suis allé consulter un certain nombre de sites évoquant la crise de 2007-2008 ; en voici la liste (non limitative bien sûr, j'ai pris les premiers choix par ordre d'apparition à l'écran) :
  • https://sites.google.com/site/barometredegestionstrategique/Accueil/articles/causes-de-la-crise-economique-mondiale
    • « 
      Cette crise fut d’abord celle de produits financiers toxiques et de l’irresponsabilité de certaines banques. Les fameux « subprimes », les prêts accordés sans le moindre scrupule aux emprunteurs les moins solvables, ont provoqué une réaction en chaîne, avec la bénédiction des agences de notation, qui finit par atteindre le cœur de la machine financière.
    • Références au pétrole :
      • « Tout au long des années 2000, il s’est créé d’énormes déséquilibres dans l’économie américaine : un endettement insoutenable, la création successive de bulles, d’abord celle des entreprises technologiques en 2000, ensuite celle de l’immobilier, en 2006, et enfin celle du pétrole pas longtemps après.
      • « La récession mondiale ne résulterait pas de l'effondrement du marché immobilier, mais bien plutôt de la flambée des cours pétroliers et de ce vaste transfert de richesse vers les pays producteurs de pétrole. Si cette corrélation tient, le plongeon de 56 % des cours de l'or noir depuis juillet pourrait accélérer un retour de la croissance.
      • « Le ralentissement mondial et la récession ne sont pas tant le résultat de la crise du crédit que des prix exorbitants du pétrole. (...) «Quatre des cinq dernières récessions mondiales ont été causées par les chocs pétroliers. Et l’économie mondiale sort à peine de la mère de tous ces chocs», estime Jeff Rubin, économiste en chef chez CIBC.
On trouve donc dans cet article des positions contradictoires, certains auteurs attribuant une importance causale au pétrole dont les prix auraient "flambé", ce qui aurait entrainé la crise.

  • http://www.opee.unistra.fr/spip.php?article34
    • Depuis le déclenchement de la crise des « subprimes » aux Etats-Unis en été 2007, le choc s’est propagé rapidement dans le monde et a pris de court les décideurs politiques qui ne mesurent que tardivement l’ampleur et la nature de la crise actuelle avec l’effondrement des prix des différents actifs. La crise des « subprimes » s’apparente initialement à une crise immobilière banale comme celles que nous avons connues maintes fois dans le passé. Dorénavant, avec les faillites de plusieurs grandes banques américaines et européennes et les signaux démultipliés de ralentissement brutal de l’économie mondiale, on pourrait qualifier l’actuelle crise de grande crise systémique.
    • Aucune référence au pétrole dans le texte...
  • http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/crise-financiere-2007-2008/crise-subprimes.shtml
    • « La crise financière est à due proportion de la situation de fragilité qu’avait développée l’économie mondiale. Une fragilité masquée par ses succès : la libéralisation globale des marchés financiers, l’intégration des économies, l’action victorieuse des banquiers centraux dans leur lutte contre l’inflation. Cette situation a tout du "paradoxe de la tranquillité". (...)
      Pour la crise financière qui débute en 2007, le "paradoxe de la tranquillité" se double d’un "paradoxe de la crédibilité" : la lutte contre l’inflation, ayant donné des résultats très favorables, a renforcé la crédibilité des banques centrales. Une liquidité abondante entraîne des rendements obligataires faibles et une diminution généralisée des primes de risque, les marchés intégrant l’efficacité des politiques anti-inflationnistes des banques centrales. Il s’ensuit de leur part une recherche accrue de rentabilité, à l’abri d’une crédibilité accrue dans les instances de régulation et les méthodes comptables, tandis que les innovations financières ne cessent de se développer.
      Les déséquilibres qui ont conduit à la crise des subprimes ne se sont pas enchaînés de façon linéaire et unidirectionnelle. C’est même tout le contraire : on a assisté à la conjonction de nombreux événements qui se sont renforcés les uns les autres, ce qui complique évidemment l’analyse. A posteriori, on peut néanmoins faire apparaître un ensemble de six faits stylisés principaux. (...)
    • Une référence au pétrole dans le texte :
      • La croissance non inflationniste se poursuit, même quand les prix des matières premières se mettent à croître (pétrole, métaux, produits alimentaires de base), suite notamment à la demande des pays émergents, Chine en premier lieu.
Ici la hausse du prix du pétrole est clairement analysée comme une conséquence et non une cause.
    • Les banques et les firmes d’investissement ont tellement subi de pertes dans cette aventure qu’elles ont dû faire appel au gouvernement américain afin d’éviter une plus grande catastrophe financière encore.  Ainsi, par exemple, la firme américaine Goldman Sachs a reçu une aide de 10 000 000 000$. Il y a aussi eu plusieurs autres banques victimes dans cette crise financière. La banque d’investissement Lehman Brothers est tombée sous la pression des créanciers, une autre banque, Bear Sterns a été achetée par la banque JP Morgan Chase et finalement, la banque d’investissement Merrill Lynch a été achetée par Bank of America. Plusieurs années après cette crise, nous pouvons encore affirmer que ces effets sont toujours ressentis par les marchés financiers.
    • Aucune référence au pétrole dans le texte...
  • http://www.investopedia.com/articles/economics/09/financial-crisis-review.asp
    • With the onset of the global credit crunch and the fall of Northern Rock, August 2007 turned out to be just the starting point for big financial landslides.
      • Avec le début de la crise du crédit mondial et de la chute de Northern Rock,  août 2007 s'est juste avéré être le point de départ des grands glissements de terrain financiers.
    • Aucune référence au pétrole (oil) dans le texte...
  • http://positivemoney.org/issues/recessions-crisis/
    • The financial crisis happened because banks were able to create too much money, too quickly, and used it to push up house prices and speculate on financial markets.
      • La crise financière s'est produite parce que les banques ont pu créer trop d'argent, trop rapidement, et l'ont utilisé pour faire monter les prix des maisons et spéculer sur les marchés financiers.
    • Référence au pétrole (oïl) :
      • So when people repay loans faster than banks are making new loans, it’s like draining the oil from the engine of a car: the economy slows down and prices decrease.
        • Donc, lorsque les gens remboursent les prêts plus rapidement que les banques font de nouveaux prêts, c'est comme vider le pétrole du moteur d'une voiture: l'économie ralentit et les prix diminuent.
Le pétrole (ou plutôt l'huile du moteur...) est utilisé ici comme image...
  • https://www.thebalance.com/2007-financial-crisis-overview-3306138
    • The 2007 financial crisis is the breakdown of trust within the financial system. It was caused by the subprime mortgage crisis, which itself was caused by the use of derivatives. This timeline includes the early warning signs, causes, and signs of breakdown. It also recounts the steps taken by the U.S. Treasury and the Federal Reserve. Unfortunately, it was not enough to prevent the 2008 financial crisis and the Great Recession.
      • La crise financière de 2007 est la dégradation de la confiance dans le système financier. Elle a été causée par la crise des prêts hypothécaires à risque, qui a été causée par l'utilisation de produits dérivés. Ce calendrier comprend les signes d'alerte précoce, les causes et les signes de dépression. Il rappelle également les mesures prises par le Trésor américain et la Réserve fédérale. Malheureusement, cela ne suffisait pas pour empêcher la crise financière de 2008 et la Grande récession.
    • Référence au pétrole (oïl) :
      • [...] resale single-family home sales were projected to fall to a 4.9 million rate in Q1 2008, down 23% from 2007. This was as bad as the 24% decline experienced during the Great Depression of 1929. It would be similar to the 22-40% decline in Texas and other oil-producing states during the S&L Crisis in 1989.
        • [...] les reventes de maisons unifamiliales devaient tomber à 4,9 millions au premier trimestre de 2008, en baisse de 23% par rapport à 2007. Ce fut aussi mauvais que la baisse de 24% enregistrée pendant la Grande dépression de 1929. Ce serait similaire à la baisse de 22 à 40% au Texas et dans d'autres états producteurs de pétrole pendant la crise de S & L en 1989.
Le pétrole n'est pas vraiment ici le sujet de la crise de 2007-2008 ; par ailleurs il faut noter que cet article a été actualisé le 5 juillet 2017, il est donc plus récent que celui de Gail Tverberg de quelques jours...

Mais j'ai gardé pour la fin ce site qui liste de manière très détaillée les causes diverses de la crise de 2007-2008.
  • https://fas.org/sgp/crs/misc/R40173.pdf
    • Imprudent Mortgage Lending (prêts hypothécaires imprudents)
    • Housing Bubble (bulle immobilière)
    • Global Imbalances (déséquilibres mondiaux)
    • Securitization (titrisation)
    • Lack of Transparency and Accountability in Mortgage Finance (mnque de transparence et de responsabilisation dans le financement hypothécaire)
    • Rating Agencies (agences de notation)
    • Mark-to-market Accounting (comptabilité mark-to-market)
    • Deregulatory Legislation (législation dérégulatrice)
    • Shadow Banking System (système bancaire parallèle)
    • Non-Bank Runs (paniques non-bancaires)
    • Off-Balance Sheet Finance (financements non inclus dans les bilans ; cf mon article...)
    • Government- Mandated Subprime Lending (prêts Subprime rendus obligatoires par le gouvernement)
    • Failure of Risk Management Systems (échec des système de gestion des risques)
    • Financial Innovation (innovation financière)
    • Complexity (compléxité)
    • Human Frailty (fragilité humaine)
    • Bad Computer Models (mauvais modèles informatiques)
    • Excessive Leverage (effet de levier excessif)
    • Relaxed Regulation of Leverag (relâchement de la régulation de l'effet de levier)
    • Credit Default Swaps (CDS)
    • Over-the-Counter Derivatives (dérivés en vente libre)
    • Fragmented Regulation (réglementation fragmentée)
    • No Systemic Risk Regulator (pas de régulateur de risque systémique)
    • Short-term Incentives (incitations à court-terme, i.e. bonus sur les résultats immédiats)
    • Tail Risk (un bon dessin vaut mieux qu'un long discours)
    • Black Swan Theory (surprise, surprise...)
D'où l'on voit que le pétrole n'apparait pas comme un acteur majeur de la crise...

Par ailleurs Gail Tverberg semble se contredire quand elle évoque l'URSS avec notamment ce graphique :

Slide 4

Ainsi elle montre la baisse de la consommation d'énergie du pays après l'effondrement, celui-ci n'a donc pas été causé par le pétrole ; en fait les causes de la chute de l'URSS sont multiples et se sont étalées sur de nombreuses années, partant peut-être de 1979 avec l'invasion de l'Afghanistan qui n'a jamais pu être "digérée" et a certainement coûté cher au régime ; on peut ajouter à cela l'inefficacité du système économique en tant que tel qui est assez bien documentée, par exemple :
  • Le poids politique et économique du complexe militaro-industriel faisait que ce secteur restait prioritaire.
  • Une fois épuisés les gains de production rendus possibles par la mobilisation des ressources, l'économie planifiée soviétique n'était pas à même de répondre aux exigences d'une économie moderne et complexe.
  • Alors que l'économie croissait, le volume de décisions à prendre par les planificateurs de Moscou devint énorme. Les lourdes procédures de l'administration bureaucratique ne permettaient pas de communication libre et une réponse flexible requises au niveau des entreprises pour gérer les revendications salariales, l'innovation, les clients et les fournisseurs.
  • En 1994, le conseiller scientifique de Gorbatchev, Roald Sagdeev, écrivit que l'URSS avait un retard de 15 ans sur les standards occidentaux concernant l'électronique, le meilleur indicateur étant l'absence de superordinateur conçus et fabriqués localement malgré l'énorme espionnage effectué à l'étranger par les services de renseignement soviétiques[10].
  • Les problèmes économiques de l'URSS furent un des facteurs qui provoquèrent son éclatement, en 1991
De tout cela on ne voit pas comment les problèmes économiques de l'URSS auraient pu être causés par une baisse de la consommation d'énergie, d'autant que Gail Tverberg dit bien que la baisse de la consommation d'énergie à succédé à l'effondrement !

Mais il est vrai que Gail Tverberg parle de crise au niveau mondial, et quand elle évoque l'URSS c'est pour mentionner que l'effondrement était partiel et n'a pas eu de conséquences significatives au-delà du bloc de l'Est.

Cependant on peut quand même noter sa remarque :
  • Many types of relatively high-paying jobs have been lost, leading to lower energy consumption.
    • De nombreux types d'emplois relativement bien rémunérés ont été perdus, ce qui a entraîné une baisse de la consommation d'énergie.
Nous avons peut-être là une piste sérieuse, parmi beaucoup d'autres, pour nous expliquer pourquoi la consommation d'énergie chuterait, ce qui au passage mettrait à mal la thèse que ce serait celle-ci qui provoquerait des crises...

Mais elle a probablement raison quand elle dit :
  • As nearly as I can tell, one of the major contributing factors to the collapse of the Soviet Union was low oil prices. The Soviet Union was an oil exporter. As oil prices fell, the government could not collect sufficient taxes. This was a major contributing factor to collapse. The collapse from low oil prices did not happen immediately–it took several years after the drop in oil prices. There was a 10-year gap between the highest oil price (1981) and collapse (1991), and a 5-year gap after oil prices dropped to the low 1986 price level.
    • À mon avis, l'un des principaux facteurs contributifs à l'effondrement de l'Union soviétique était le bas prix du pétrole. L'Union soviétique était un exportateur de pétrole. Au fur et à mesure que les prix du pétrole diminuaient, le gouvernement ne pouvait pas collecter des taxes suffisantes. Ce fut un facteur majeur de l'effondrement. L'effondrement causé par les prix bas du pétrole n'a pas eu lieu immédiatement: il a fallu plusieurs années après la chute des prix du pétrole. Il y a eu un écart de 10 ans entre le prix du pétrole le plus élevé (1981) et l'effondrement (1991) et un écart de 5 ans après que les prix du pétrole ont chuté au faible niveau de prix de 1986.
Si ce dernier point est vrai, pour l'URSS comme pour le Venezuela qu'elle cite juste après, on peut s'interroger quand le prix du pétrole augmente, comme cela a été le cas lors des chocs pétroliers, avec des mécanismes assez différents :
  • pour 1973 plusieurs facteurs entrent en jeu :
    • les USA ont passé leur pic de production en 1971 ;
    • l'abandon des accords de Bretton Woods entraine une baisse brutale du dollar ;
    • la baisse du dollar entraine à son tour la hausse du baril ;
    • la guerre du Kippour en 1973 entraine l'embargo arabe qui limite les importations de brut. 
  • pour 1979 c'est essentiellement la guerre Iran-Irak qui a suivi la révolution iranienne qui est à l'origine de ce second choc pétrolier.
  • en 2008 (soit après 2007...) il y a bien eu une envolée du prix du pétrole, mais elle était due à la spéculation selon une étude du Masters Capital Management.

Et pour appuyer sa thèse Gail Tverberg nous montre ce graphique :

Slide 14 – Note: Energy percentage increases include all energy sources shown by BP. Wind and solar are included using BP’s optimistic approach for counting intermittent renewables, so growth rates for recent years are slightly overstated
La courbe représente cette fois la consommation par tête de pipe (world energy consumption divided by world population) et on voit cette fois que la courbe a commencé à décroitre nettement avant les années 2007-2008, il semblerait que ce soit en 2004-2005 ; de là à en déduire que ce serait cette chute de la consommation d'énergie par habitant qui serait la cause de la crise économique et financière de 2007-2008, on peut être sceptique...

Et de là à en déduire que, puisqu'actuellement nous constatons, depuis 2011-2012, une chute de cette même consommation d'énergie par habitant, alors nous serions face à une nouvelle crise qui ne tardera pas à frapper à la porte, comme elle l'assure dans son introduction :
  • Recently, a Spanish group called “Ecologist in Action” asked me to give them a presentation on what kind of financial crisis we should expect. They wanted to know when it would be and how it would take place. The answer I had for the group is that we should expect financial collapse quite soon–perhaps as soon as the next few months. Our problem is energy related, but not in the way that most Peak Oil groups describe the problem. It is much more related to the election of President Trump and to the Brexit vote.
    • Récemment, un groupe espagnol appelé "Ecologiste en action" m'a demandé de leur faire une présentation sur le type de crise financière auquel nous devions nous attendre. Ils voulaient savoir quand ce serait et comment cela se déroulerait. La réponse que j'ai eu pour le groupe est que nous devrions nous attendre à un effondrement financier assez tôt, peut-être dès les prochains mois. Notre problème concerne l'énergie, mais pas la manière dont la plupart des groupes "Peak Oil" décrivent le problème. C'est beaucoup plus lié à l'élection du président Trump et au vote sur le Brexit.


Autant j'adhère à beaucoup de choses expliquées par Gail Tverberg, autant je reste très circonspect quant à la possibilité d'une prochaine crise financière qui arriverait "dans les prochains mois" à cause de Trump ou du Brexit, avec le calendrier suivant :

Slide 18

L'article de Gail Tverberg a à cette heure suscité plus de 1500 commentaires, manifestement je ne joue pas dans la même catégorie qu'elle et elle a donc certainement raison (ceci est ironique, je dis cela à l'intention de ceux qui ont tendance à mal me lire...), donc avant la fin de l'année 2017 nous devons nous attendre à une crise majeure.

A moins que...