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jeudi 23 février 2017

La danse des baudruches

Il semblerait que nous soyons entrés dans l'ère des baudruches, chaque jour en donne une preuve supplémentaire.

Dans un passé très récent nous avions eu les baudruches british Cameron, Johnson et Farage qui se sont dégonflées suite au Brexit qu'elles avaient provoqué, puis la superbe baudruche orange Trump côté Amériques, celle-là avec plus de succès puisqu'elle est parvenue au poste suprême à la surprise de tous, y compris du principal intéressé, et maintenant chez nous nous assistons à un véritable défilé de haute-couture où les baudruches arborent toutes les couleurs du spectre électoral.

Un sondage elabe nous indique que sans François Bayrou, ce qui est maintenant acté suite à son désistement, les cartes sont légèrement rebattues comme suit :


Où l'on voit que telles des montgolfières, essayant de se frayer un passage au gré des vents qu'elles ne peuvent pas contrôler en jouant sur la manette des gaz, nos candidats font du yoyo à l'exception notable de la Marine qui a décidé carrément de continuer à monter malgré les casseroles attachées à sa nacelle.

Ainsi Fillon remonte en dépit des casseroles de la même marque que celles de la passionaria de l'extrême droite, alors que Macron, celui que j'avais déjà qualifié de baudruche qui arrivait à rester en l'air, se casse la figure suite à sa sortie hasardeuse sur la colonisation française et son piteux « je vous ai compris » !

Quant à Hamon et Mélenchon, comme ils ne parviendront pas à s'entendre, sauf rebondissement de dernière minute fort peu probable, on peut d'ores et déjà dire que la gauche, du moins ce qui reste de la « vraie » gauche,  ne sera pas présente au second tour.

A vue de nez et si les choses restent en l'état ou s'aggravent dans le même sens pour tous les protagonistes on peut pronostiquer un surprenant second tour mettant face à face Fillon et Le Pen :


Et là je dois avouer que je me vois obligé de modifier mon jugement précédent quand je disais :
  • Je persiste à penser que l'on sur-estime le poids des sympathisants FN et que l'on sous-estime la capacité des électeurs de se mobiliser « contre » Le Pen, je vois dans ma boule de cristal (celle que Benoit Rittaud m'a prêtée, donc sans garantie de fiabilité...) une resucée de 2002 avec de nombreux idiots utiles qui iront se sacrifier pour éviter la peste brune.
En fait je vais jeter la boule de cristal de Benoit Rittaud qui ne fait rien d'autre que d'induire en erreur celui qui l'utilise imprudemment (comme son propriétaire nous l'a déjà démontré), car si l'on prend en compte la dynamique Le Pen qui est clairement « vent arrière » et le fait que Fillon peut nous réserver des surprises d'entre-deux tours concernant le Penelopegate, faisant exploser en vol la baudruche qui le constitue, alors là oui, tout est possible...

https://www.youtube.com/watch?v=-fd7lhNnOIs


Je me pince, ce n'était qu'un mauvais rêve, stay tuned comme on dit sur Fox News.






Comparaison n'est pas raison...

Comparons les systèmes d'apprentissage dans deux pays dont l'un est l'Allemagne et l'autre est... à vous de découvrir le pays dont il est question !

  • La différence est troublante ;
  • En Allemagne, les emplois qui ne requièrent pas le bac sont extrêmement respectés ;
  • Ils croient qu'apprendre un métier est aussi précieux qu'une éducation lycéenne ;
  • Ainsi plus de la moitié des Allemands reçoivent une formation professionnelle pour être :
    • cuisiniers
    • électriciens
    • charpentiers ou menuisiers
    • soudeurs
  • Le résultat ? 
  • L'Allemagne a l'un des taux de chômage des jeunes le plus bas dans le monde ;
  • Pendant ce temps en ... (nom du pays à trouver)
  • Il y a une immense pression pour aller au lycée afin de trouver un travail ;
  • Mais 40% des étudiants qui entrent au lycée n'ont jamais le bac ;
  • Dans le même temps, les entreprises n'arrivent pas à trouver les ouvriers qualifiés dont elles ont besoin ;
  • En fait, 2 millions d'emplois pourraient ne pas être pourvus dans la prochaine décennie.

Alors, avez-vous trouvé le pays mystère ?

Cherchez un peu avant de trouver la solution ici.

dimanche 19 février 2017

Décrépitude ici, détrumpitude là-bas...

Nous vivons vraiment une époque mémorable, mémorable dans le sens où non seulement elle semble être quelque chose de nouveau de mémoire d'homme (et accessoirement de femme) mais aussi parce qu'il faudra justement la garder en mémoire pour s'en souvenir plus tard au cas où les choses reviendraient « à la normale », ce qui n'est pas impossible tellement nous avons l'impression d'être complètement en dehors des clous !

Je ne sais pas trop ce qu'il en est dans la majorité des pays de la planète et s'ils expérimentent également ce sentiment de « nouveauté » bizarroïde, mais je vois au moins trois pays qui actuellement se trouvent dans une sorte de monde parallèle, à savoir la France bien sûr, les États-Unis bien évidemment, et la Grande Bretagne dans une moindre mesure avec son Brexit qui a été approuvé par une majorité de britanniques à l'insu de leur plein gré.

Pour la France c'est la décomposition politique qui est en œuvre dans toute sa splendeur, tant à droite qu'à gauche ou même au centre qu'on n'arrive plus trop à situer.

Dans mes dernières prévisions je donnais Macron gagnant contre Le Pen, par 70-30, mais ça c'était avant comme il est maintenant coutume de dire si l'on veut avoir l'air branché.

Comme chaque jour ou presque nous apporte son lot de nouvelles informations ou de nouveaux rebondissements, rien ne dit que l'on ne nous sortira pas quelque chose sur Macron du temps où il était banquier (ils en font des choses ces gens-là...), sachant qu'il est blindé côté purement politique puisqu'il n'en a jamais fait auparavant !

Les derniers sondages donnent ce qui suit pour le premier tour :
  1. Le Pen : 26%
  2. Macron  : 19,5%
  3. Fillon : 18,50%
  4. Hamon : 14%
  5. Mélenchon : 11%
  6. Bayrou : 5%
On voit bien que c'est très serré, Le Pen se maintient en ayant tendance à progresser légèrement, Fillon a dégringolé de ses 30% et quelques, mais se maintient plutôt bien et pourrait même remonter malgré (ou grâce à...?) ses casseroles, Macron semble faire du sur-place après son envolée de fin d'année, Hamon ne convainc pas et se casse doucement la figure, et Mélenchon stagne sans espoir de passer la qualification.

On peut d'ailleurs se poser des questions concernant la gauche et le duel Hamon-Mélenchon, ont-ils intérêt à s'« entendre » ? En ont-ils la volonté ? Et en ont-ils la possibilité ?
  • Sur le papier ils ont plutôt intérêt, car 11 + 14 = 25 et ils sont au niveau de Le Pen, mais ça c'est sur le papier ;
  • Apparemment aucun des deux ne donne de signe de vouloir cette union ;
  • A supposer qu'ils s'entendent, est-ce que leur électorat suivrait ? 11+14 peut tout aussi bien faire 20, c'est-à-dire quasiment le score attendu de Macron ou de Fillon (en supposant que ce dernier remonte un peu, ce qui n'est pas impossible)
L'un des deux sortirait grandi s'il se désistait au profit de l'autre, mais ont-ils envie de se grandir...?

Quant à Bayrou il n'a toujours pas dit s'il se présentait, donc ses 5% putatifs sont à allouer soit à Macron, soit à Fillon, soit à l'abstention, bref on n'en sait rien.

Pour le deuxième tour d'après les mêmes sondages qui nous ont habitués à ne jamais se tromper on aurait à peu près ceci, sachant que Le Pen est toujours présente grâce à (ou à cause de...?) ses plus de 25% :
  1. Macron : 62%
  2. Le Pen  : 38%
  1.  Fillon : 57%
  2. Le Pen : 43%
Ah non, en fait il existe une option alternative pour ceux qui auraient fumé la moquette...
  1. Macron : 58%
  2. Fillon : 42%
Finalement ma prévision de fin janvier n'était pas si délirante :
  1. Macron : 70%
  2. Le Pen : 30%
Je persiste à penser que l'on sur-estime le poids des sympathisants FN et que l'on sous-estime la capacité des électeurs de se mobiliser « contre » Le Pen, je vois dans ma boule de cristal (celle que Benoit Rittaud m'a prêtée, donc sans garantie de fiabilité...) une resucée de 2002 avec de nombreux idiots utiles qui iront se sacrifier pour éviter la peste brune.


Si l'on traverse l'Atlantique on peut considérer que nous avons une vision grandeur nature avec quelques mois d'avance sur ce que pourrait être notre situation si Le Pen l'emportait chez nous !

Nous avons en effet un président qui applique, ou du moins qui tente d'appliquer toutes ses promesses de campagne, et qui se heurte au dur mur des réalités ; soit il se rend compte que ce n'est pas faisable en pratique et il rétro-pédale, soit il voit ses décisions annulées par des « petits juges » pour cause d’inconstitutionnalité.

Par la même occasion il ne manque pas de dénigrer Presse et Justice, les deux contre-pouvoirs existant dans toute démocratie digne de ce nom ; quand un dirigeant commence à s'attaquer à la fois à la Presse et à la Justice ce n'est jamais bon signe, on peut même dire que c'est le plus sûr chemin vers la dictature ou, du moins, vers la démocrature,  ce néologisme qui désigne par un mot-valise un régime qui se pare des atours de la démocratie mais est en réalité une dictature ; nous en avons des exemples assez parlants avec la Turquie ou la Russie, entre autres (la Syrie par exemple)

Nous assistons par conséquent outre-Atlantique à une descente vers les bas-fonds de la politique qui va durer au moins quatre ans, après quoi les Américains diront à Trump « dégage ! », en anglais « you are fired ! »

Pendant ce temps les dégâts auront pu être considérables sur tous les niveaux et devront être réparés par toutes les bonnes volontés, mais y en aura-t-il encore, des bonnes volontés...?


Quant aux British et à leur Brexit qui n'en finit pas de se déclarer (une annonce a été faite mais il y a loin de la coupe aux lèvres) ils vont vivre une paire d'années le cul entre deux chaises, toujours adhérents de l'Union Européenne mais « en partance sur le quai en attendant les formalités de sortie du territoire », et ça va leur sembler long...




dimanche 12 février 2017

Espèce de Dunning-Kruger !

Il suffit d'un papier incluant le réchauffement climatique dans ses conclusions pour provoquer une éruption de boutons dans la faune climatosceptique régnant dans la jungle de Skyfall.

Tout est parti d'un article du Monde qui relate une étude parue dans le Journal of Evolutionnary Biology et intitulée Insects feel the heat: scientists reveal rise in temperature affects ability to reproduce, dont voici le sommaire :
  • Even a mild rise in temperature damages insect’s ability to reproduce
  • Insect populations in high latitude countries are worst affected
  • Identifying genes linked to increased and decreased reproduction may help understand how insects cope with climate change and controlling insect pests
Pas de quoi fouetter un chat (ou une mouche), les chercheurs ont fait leur boulot et ont tiré des conclusions résumées dans l'article du Monde :
  • Les stress thermiques résultants du réchauffement climatique menacent les capacités reproductives des mouches drosophiles. C’est le résultat d’une étude menée par des chercheurs anglais des universités de Sheffield et Exeter, parue dans Journal of Evolutionnary Biology. Une des membres de l’équipe, Rhonda Snook, explique : « Nous avons principalement montré que les populations de drosophiles diffèrent dans leurs capacités à faire face aux changements climatiques et que la reproduction de certaines populations peut vraiment être affectée. »
Il n'en fallait pas plus pour déclencher chez les allumés de chez Skyfall une frénésie de Dunning-Krugerite aiguë (elle est chronique chez eux mais parfois se manifeste violemment comme ici) qui commence dès le début des commentaires par cette sortie d'un habitué des lieux :
  • 2.  amike | 4/02/2017 @ 22:03 A priori, on a du mal à prendre au sérieux une étude sur les conséquences dramatique du RCA sur la mouche… J’ai déjà vu la même chose sur les lapins.
    Je pense maintenant que le problème vient d’une interprétation sans nuance des média : Dans leur volonté de « bien faire », ils imaginent que le climat devient meurtrier pour ces espèces animales. Pourtant les lapins anglais se sont très bien adaptés au climat australien !
    AMHA, les chercheurs font des expérimentations en cadrant précisément les résultats qu’ils pensent obtenir. Vérifier jusqu’à quelle température une mouche peut supporter, n’implique pas qu’elle ne peut pas trouver des conditions naturelles acceptables ou se mélanger avec des espèces plus résistantes. De même pour les lapins, il s’agissait de constater jusqu’à quel point ils pouvaient migrer vers les hauteurs et changer d’alimentation.
    Au final, des études peut-être intéressantes s’il s’agit de sauver des espèces uniques (le panda ?), mais absolument incapable de déterminer les capacités d’adaptation de la vie.
Symptômes qui doivent immédiatement orienter le praticien hospitalier sur la DK  et non le coup de chaleur passager :
  •  on a du mal à prendre au sérieux une étude
  •  J’ai déjà vu la même chose
  •  Je pense maintenant que le problème vient
  •  ils imaginent que
  •  Pourtant les lapins
  •  AMHA, les chercheurs font 
  •  Vérifier [...] n’implique pas
  •  des études peut-être intéressantes [...] mais absolument incapable (sic)
En présence de tant d'indices le diagnostic est évident (je suis moi-même atteint de DK en me prenant pour un psychiatre, que voulez-vous c'est contagieux, donc méfiez-vous !)

Intervient alors un certain JC (ça ne s'invente pas) qui se révèlera plus tard beaucoup moins atteint que les autres :
  • 4.  JC | 5/02/2017 @ 9:41 D’autant plus que les lapins sont d’origine de l’Espagne (d’où le nom du pays d’ailleurs).
    On a vu ces dernières années un moustique s’adapter aux conditions du métro anglais : il ne peut plus vivre à l’extérieur et ne se reproduit plus avec les espèces extérieures dont il est issu. Il s’agit donc d’une nouvelle espèce. Je pense qu’on oublie très vite dans ces études animales, le facteur évolutif qui effectivement n’est pas modélisable.
Lui aussi fait une petite DK (Je pense qu’on oublie très vite etc.) mais bénigne, de plus son commentaire n'est pas dénué de sens, c'est bien pour cela qu'il va se faire attaquer...

Suit un débat oiseux (ils n'ont que ça à faire) sur l'écologie qui ne serait d'après le mal-nommé chercheur qu'une idéologie :
  • 27.  chercheur | 6/02/2017 @ 14:12 Christial (#22), Hug (#24), jG2433 (#25),
    L’idée que l’écologie était à l’origine une science dénuée d’idéologie est une grave erreur.
    Oui officiellement l’écologie est la science qui étudie les interactions des êtres vivants dans leur milieu naturel. Mais cette « science » considère qu’il y a deux sortes d’êtres vivants, les bons et les mauvais, à savoir les espèces animales ou végétales et les hommes.
    Les hommes sont considérés comme la pire des espèces, celle qui détruit tout, celle qui pollue tout, celle qui ne devrait pas exister.
    La nature sans l’homme est considérée comme une merveille où tout n’est qu’équilibre parfait. Cette seule considération qui ne correspond à aucune réalité montre que l’écologie prétendue scientifique n’est pas une science , mais une idéologie.
    Lisez les livres publiés depuis les années soixante par les écologues, c’est de l’idéologie pure.
    Lisez les cours d’écologie depuis les années soixante dix, vous n’y trouverez aucune loi qui puisse être considérée comme scientifique et l’espèce humaine y est présentée comme l’unique espèce « dégradant » la biosphère. Même les chasseurs paléolithiques sont accusés d’avoir  » modifié ou dégradé les communautés végétales » et « appauvri de façon sensible la composition spécifique de la grande faune des vertébrés ». Tous les écologues ont été et sont formés pour être en mission de sauvetage du monde.
    Si les écologues s’étaient contentés d’étudier simplement la nature pour comprendre ce qui s’y passait, ils auraient pu être considérés comme des scientifiques. Au lieu de cela, ils sont devenus des sortes de théologiens de la nature où l’homme est le Grand Satan.
    Rester aveugle devant cette réalité, c’est adhérer à cette nouvelle religion et ce n’est certainement pas respecter une approche scientifique.
Eh oui, c'est un « chercheur » qui nous sort sans rire que « les écologues [...] auraient pu être considérés comme des scientifiques », moi je pense que chercheur « aurait pu être considéré comme un scientifique » s'il ne racontait pas tant de conneries, mais ce n'est qu'un avis personnel que je vous invite à partager.

C'est là que JC met son bémol qui va mettre le feu aux poudres :
  • 36.  JC | 6/02/2017 @ 19:27 L’écologie c’est la science qui étudie le vivant dans son milieu. Vous donc des biologistes qui travaillent par exemple sur la relation entre telle et telle espèce…
    L’écologie politique – qui ne fait pas science – se base sur des connaissances vraies (ou des pseudo-connaissances) ou sur des idéologies pour créer des lois humaines.
    Il y a une distinction sans équivoque.
C'est peut-être pas faux, comme dirait l'autre, mais cela demanderait à être un peu plus creusé en évitant les généralités et les lieux communs (idéologies pour créer des lois humaines, mouarf !), cependant la distinction écologie-science vs écologie-politique mérite d'être posée et considérée, mais pas avec des branquignols comme sur Skyfall (en ce qui me concerne je pose mon joker, je ne m'aventure pas sans munitions suffisantes sur un tel terrain)

En tout cas une certaine Rosa (qui doit me lire de temps en temps...) intervient pour moucher le prétendu chercheur :
  • 42.  Rosa | 6/02/2017 @ 22:38
    Depuis plus de 40 ans, tous ceux qui ont été diplômés d’écologie sont ce que l’on appelle des écologistes purs et durs parce qu’il ont été formés à cela. Ils ne sont pas très majoritaires, ils représentent la totalité des écologues actuels.
    C’est bien chercheur. Avec ce genre de commentaire vous signez votre totale incompétence sur le sujet.
Si je n'étais pas banni à vie du site Skyfall je ne manquerais pas de lui apporter un massif soutien !

Sur ce nous apprenons qu'un vieil ami a été écologiste dans une vie antérieure :
  • 46.  the fritz le testut | 6/02/2017 @ 22:57 Rosa (#43),
    C’est terrible Rosa parce que moi j’étais écologiste ( d’ailleurs dans mon quotidien je le suis toujours) , mais je suis venu à haïr les écologistes à cause de leur choix de sociétés qui me gêne et qui me font peur
Bon d'accord on s'en fout un peu, revenons à des choses plus conséquentes et notamment à la notion d'espèce, avec Jacques Lemière qui éclaire (je n'ai pas pu résister) le débat avec son indigeste gloubi-boulga habituel :
  • 66.  lemiere jacques | 9/02/2017 @ 7:44 lemiere jacques (#65), au fait si les écosystèmes assurent la vie… comment se fait il qu’il y a des disparitions d’espèce sinon pourquoi l’évolution des espèces..il manque la précision d’échelles de temps, la précision qu’il ne sont pas immuables et donc non définis de leur maîtrise partielle de leur « sort » et paf une météorite et paf une ère glaciaire. On a un problème similaire avec la définition d’espèce animale me semble t il. C’est flou…
Oui c'est flou, enfin je veux dire la prose de Lemière est floue, chaque fois qu'il prend la plume on ne comprend plus le sujet qui était abordé au début, mais un autre habitué du bistrot du coin vient instiller sa petite dose de DK :
  • 70.  Jojobargeot | 9/02/2017 @ 11:59 JC (#66), Il est une chose qui me surprend toujours chez les écologues, c’est cette incapacité à tenir compte de l’adaptabilité des êtres vivants actuels. Il leur est difficile de comprendre que les espèces actuelles sont issue de plus de 500 mio d’années d’évolution et surtout que cette dernière n’est pas figée à un instant T, mais que le processus est continu. [blablabla]
Oui ce doit être vrai, les écologues n'ont aucune idée de ce qu'est « l'adaptabilité des êtres vivants » et ils sont totalement incapables « de comprendre que les espèces actuelles sont issue de plus de 500 mio d’années d’évolution », on a certainement pas dû leur dire tout ça.

Mais le meilleur est pour la suite avec notre inénarrable chercheur :
  • 71.  chercheur | 9/02/2017 @ 12:29 JC (#66),
    Les écologues ont inventé un langage. Un cours d’écologie n’est qu’une litanie de définitions de nouveaux mots. Et quand certains mots existaient auparavant, ils lui ont trouvé une nouvelle définition, ce qui crée des confusions permanentes avec les autres scientifiques. Le meilleur exemple est celui de la biosphère défini par les géologues et que les écologues ont modifié à leur sauce.
    Comment peut-on avoir une approche scientifique quand on dit que le mot stabilité signifie que l’ensemble subsiste. Qu’est-ce qui subsiste puisque l’écosystème n’est pas le même à l’instant t et t+1? En réalité, ce n’est que le mot écosystème qui subsiste parce que sa définition est tellement vague et large qu’on peut lui adjoindre tous les qualificatifs.
    Avec de telles définitions, il n’est pas étonnant que ce soit complexe. Les écologues vont encore pouvoir chercher longtemps.
    Quant aux espèces, votre définition n’est qu’un parmi de nombreuses autres. Dès qu’un spécialiste est un peu connu, il invente une nouvelle définition qui va lui permettre d’annoncer qu’il a découvert de nouvelles espèces. C’est ainsi qu’on arrive à près de 10 000 espèces de fourmis…
    Si l’on appliquait à l’homme toutes les définitions qui sont utilisées pour les espèces, on aurait pratiquement autant d’espèces humaines que d’hommes.
Le dernier paragraphe vaut quand même son pesant de crétinerie, car il répond à un commentaire de JC dans lequel celui-ci donnait une brève définition de ce qu'est une espèce :
  • 67.  JC | 9/02/2017 @ 9:27 [...]
    Quand à la définition d’une espèce, elle est simple : deux animaux appartiennent à la même espèce s’ils peuvent se reproduire ensemble et avoir une descendance fertile.
Bon faudra lui dire qu'on doit écrire « quant à » et non « quand à » mais ce n'est qu'un détail, l'orthographe n'est pas plus maitrisée sur Skyfall que la science, c'est dire...

En tout cas c'est la définition que j'avais en tête, mais je suis allé vérifier par acquis de conscience :
  • larousse
    • Ensemble d'individus animaux ou végétaux, vivants ou fossiles, à la fois semblables par leurs formes adultes et embryonnaires et par leur génotype, vivant au contact les uns des autres, s'accouplant exclusivement les uns aux autres et demeurant indéfiniment féconds entre eux.
  • futura-sciences
    •  Chez les espèces eucaryotes : Groupe d'êtres vivants pouvant se reproduire entre eux (interfécondité) et dont la descendance est fertile.
    • L'espèce est l'entité fondamentale des classifications, qui réunit les êtres vivants présentant un ensemble de caractéristiques morphologiques, anatomiques, physiologiques, biochimiques et génétiques, communes.  
    • Les espèces sont regroupées en genres et divisées en sous-ensembles dénommés variétés, races, souches ou populations. Le recensement des espèces et de leur biodiversité relève de la systématique, leur nomenclature de la taxinomie.
    • Chez les procaryotes, il n'y a pas de notion d'inter fécondité, et l'espèce n'est pas définie de cette manière mais à partir de critères d'identité ou de proximité des génomes ou de certaines séquences d'ADN
  • wikipedia
    • La définition la plus communément admise est celle du concept biologique de l'espèce énoncé par Ernst Mayr en 1942 : une espèce est une population ou un ensemble de populations dont les individus peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une descendance viable et féconde, dans des conditions naturelles.
  • assistancescolaire
    • Une espèce est l'ensemble des organismes susceptibles de se reproduire entre eux et d'avoir des descendants interféconds.
  •  cnrtl
    •  TAXINOMIE. Niveau de la classification des êtres vivants, placé immédiatement sous le genre et comprenant lui-même des sous-espèces et des variétés. Lorsqu'un genre est bien fait, toutes les races ou espèces qu'il comprend, se ressemblent par les caractères les plus essentiels et les plus nombreux (Lamarck, Philos. zool., t. 1, 1809, p. 32)
    • ZOOL. Ensemble d'êtres vivants possédant des caractères anatomiques, morphologiques et physiologiques communs, qui reproduisent entre eux des êtres semblables et également féconds.
Je n'ai pas donné d'exemple dans le dernier cas, car destinée aux 8-13 ans cette encyclopédie n'est manifestement pas accessible à nos amis, ils se contenteront donc des autres définitions beaucoup plus simples mentionnées plus haut qui disent toutes à peu près la même chose que ce que disait JC.

Comme quoi on peut parfois croire en JC (ok je sors)

Mais JC a un apôtre...
  • 73.  Philippe | 9/02/2017 @ 12:56 chercheur (#69),
    Ben non, il n’y a qu’une définition des espèces, celle qu’il a donnée.
C'est là que vous vous dites que chercheur est KO debout, mais non mais non, il se relève instantanément et lâche :
  • 75.  chercheur | 9/02/2017 @ 15:32 Philippe (#71),
    Renseignez-vous un tout petit peu.
    Cette définition était celle de l’époque des sciences naturelles. Mais avec une telle définition, cela limitait la découverte de nouvelles espèces. Les écologues en ont donc imaginé de nouvelles définitions beaucoup plus larges. Le nombre d’espèces a ainsi pu exploser et justifier des découvertes d’espèces en permanence. Plus il y a d’espèces, plus on va pouvoir trouver d’espèces en danger et accuser l’homme de détruire la diversité.
C'est à ce moment qu'on se rend compte qu'une DK ça peut nuire gravement au cerveau humain.

En tout cas Rosa essaie de mettre un peu d'ordre dans le foutoir qui tient lieu de pensée à chercheur :
  • 78.  Rosa | 10/02/2017 @ 23:08 chercheur (#77),
    Chercheur, il n’y a pas 36 définitions de « l’espèce » et JC a donné la bonne. Il n’y a juste que pour les bactéries que la notion diverge un peu.
    Ensuite, je pense que vous devriez relire votre « excellent résumé su Wikipédia », voire même faire quelques recherches complémentaires, car il est évident que vous n’avez absolument rien compris, ni à la niche écologique, ni à ce qu’est un concept. Comme pour l’espèce, la définition de la niche écologique est parfaitement univoque pour un domaine de recherche donné. Ce n’est pas parce qu’il y a plusieurs façon d’appréhender la niche que le nombre des espèces augmente. Et ce n’est pas les écologues qui déterminent les espèces mais les taxinomistes.
    Quand un biologiste se revendique écologue, c’est qu’il ajoute à sa spécialité une idéologie, bla bla bla.
    Il n’y a pas de biologiste qui ne fasse pas d’écologie.
    Idéologie qui ne fait que manier des concepts où l’homme n’est jamais présenté comme une espèce parmi d’autres bla, bla, bla
    Faux, archi faux, bullshit … où avez-vous pu trouver une telle ânerie
    L’écologie dite scientifique a été créée et s’est développée en opposition à l’homme.
    Honteux mensonge
    La biologie est une véritable science, ce que l’écologie n’est pas.
    Mensonge
    Comment peut-on (l’écologie) la considérer comme une science?
    Parce que c’est une science dont tous les éléments constitutifs font partie des sciences dites « dures »
    L’écologue se veut être spécialisé en écologie. Il y a un cursus en université et des diplômes. Tant que l’on a pas étudié des cours d’écologie, on ne peut pas s’imaginer ce qu’apprend un futur écologue.
    Belles constatations
    Si l’écologie s’étaient contentée d’être une science de terrain et d’observation, tout serait pleinement satisfaisant. Mais cela n’a jamais été le cas depuis sa création.
    Encore un mensonge. Je ne sais pas sur quel planète vous vivez mais si d’aventure vous reposez les pieds sur terre allez faire un petit tour dans les labos de recherche. Et n’oubliez pas vos bottes.
     
Ah Rosa, je ne sais pas combien de temps elle va tenir à ce rythme chez les décérébrés qui hantent les profondeurs de ce gouffre intellectuel qu'est devenu ce site.

Et c'est là que notre vieil ami Nicias sort de son coma en extirpant de ses cartons un article du Monde qui parlait d'un rongeur australien victime du réchauffement climatique (avec un ? faut-il le souligner) ; Nicias a le don pour aiguiller toute discussion sur une voie de garage avec mur ou précipice au bout du trajet, il nous le démontre plus loin :
  • 88.  Nicias | 11/02/2017 @ 15:46 chercheur (#87),
    Je l’ai lu ce rapport de 65 pages. JC, Philippe et Rosa nous prennent pour des cons, mais eux ne l’ont pas lu.
A mon avis pas besoin de lire ce « rapport de 65 pages » pour savoir que « JC, Philippe et Rosa » ont vu juste...

En effet, plus loin Nicias, comme à son habitude, ne fait rien d'autre que de s'enterrer en creusant, creusant...
  • 94.  Nicias | 11/02/2017 @ 19:58 JC (#92),
    En tout cas l’isolation sur une île d’une espèce est une cause connue de la spéciation
    Tant mieux on est d’accord. Un rat peut se reproduire avec un rat. C’est une nouvelle espèce si..
    La définition d’une espèce que vous avez donné (sic) n’est pas opératoire. Dans la réalité, c’est pas comme cela ce passe.
    C’est là que le cas devient intéressant. C’est un banc de sable de 4 hectares. Combien de temps pensez vous qu’il a été isolé, et a pus survivre pour permettre une spécialisation ? Gilles ? (Nicias ne connait pas la règle de l'accord du COD avec le verbe avoir, et chez lui la spéciation devient spécialisation...)
  • 96.  Nicias | 11/02/2017 @ 21:49 JC (#95),
    je ne peux pas trop m’exprimer sur ce cas car je ne le connais pas.
    Moi je le connais de A à Z. C’est pas la question ! Vous nous avez collé une définition de l’espèce pour contredire « Chercheur ». Mais Chercheur a raison, pas vous.
Rappelons à ceux qui ne seraient pas au courant que Nicias est informaticien de métier, et qu'à ses heures perdues (dans tous les sens du terme) il est censeur sur Skyfall (c'est lui l'homme aux ciseaux)

Mais voilà que le vieux briscard Araucan, qui ne dit pas toujours des conneries (il dit aussi parfois des bêtises) se permet de remettre Nicias à sa (juste) place :
  • 98.  Araucan | 11/02/2017 @ 23:24 Nicias (#96),
    Je soutiens JC et prendre un exemple médiatisé comme celui de ce rat isolé sur un îlot sableux pour redéfinir ce qu’est une espèce est pour le moins vaseux.
    La définition donnée par JC est celle communément admise, celle citée par chercheur correspond à celle de population.
    Cette définition communément admise a montré ses limites, d’autant que pendant longtemps, il y a eu une compétition pour décrire le plus d’espèces. Il suffit de lire une flore par genre pour s’en apercevoir … D’autant qu’actuellement, il y a du ménage de fait.
    Une population isolée peut évoluer et ses représentants ne plus être inter fertiles avec les populations d’origine. C’est un phénomène de spéciation (cf les pinsons de Darwin).
    Pour faire admettre une nouvelle espèce, il doit y avoir une description de faite, un spécimen mis en collection et une recherche de faite dans les collections existantes.
    Les aspects croisements ne sont généralement pas étudiés ( pas assez d’argent ! ). Mais il arrive, quant elles sont faites, il arrive que l’on trouve :
    – des individus très différents qui sont inter fertiles,(ex certains insectes)
    – des individus semblables qui ne sont pas inter fertiles (ex: les véroniques).
    On trouve même des individus inter fertiles mais ne se croiseront jamais parce que trop éloignés, sauf si l’homme intervient ou le vent ou un radeau ) ex : cèdre du Liban et cèdre de l’Atlas).
    Une espèce est continument en évolution et ses populations aussi.
    Les écosystèmes aussi, les conditions de milieu variant ainsi que les espèces les constituant.
    Si la dynamique des espèces est étudiée parfois, celle des écosystèmes nettement moins (études lourdes dans l’espace et le temps).

J'aimerais d’ailleurs avoir l'avis de Rosa sur ce que dit Araucan, ça me semble correct mais avec ces gugusses il faut toujours se méfier !

En tout cas on peut dire beaucoup de choses sur le cirque Skyfall, mais on ne peut pas nier qu'il est toujours aussi divertissant, dommage qu'il n'y ait que des clowns, il gagnerait à se diversifier un peu plus, par exemple en incluant des numéros d'illusionnisme, ils paraissent assez doués pour cela.


 
 

samedi 11 février 2017

Pschittt !

Le destin tragique d'une baudruche est de se dégonfler ou, pire, d'éclater tôt ou tard ; parfois cette baudruche prend la forme d'un nonos pour amuser le chienchien à son maîmaître :


  • Pour écrire, il faut se souvenir d'avoir été tenu en laisse. Se faire écrivain, c'est se rappeler avoir été le chienchien à son maîmaître, le chienchien à sa mémère. (André Benhaïm, Panim Visages de Proust', 2006)
Ainsi la baudruche Bates se dégonfle chaque jour un peu plus, malgré les efforts désespérés de ses supporters qui s’époumonent pour la maintenir à flots, à savoir chez nous Benoit Rittaud sur son blog, Usbek sur Skyfall et H16 sur Contrepoints, et outre Atlantique les usual suspects Anthony Watts et Judith Curry, sans parler de tous les autres qui ne font que perroquer l'« information » du moment qu'elle vient de ces deux sources sûres (ah et j'oubliais le journal scientifique de référence, le Daily Mail !)

L'os-baudruche qui dépérit dans la gueule des roquets de la climatogogosphère se résume en quelques lignes dans The Weather Channel :
  •  A retired NOAA data scientist alleges that his former boss fudged a 2015 climate report.
  •  While John Bates does not dispute the data or global warming trends, he claims his boss violated internal NOAA protocol.
  • A congressional hearing was launched into the allegations on Tuesday.
  • The scientific community continues to back the findings of the report.
Tout a débuté le 4 février, nous sommes le 11, donc une semaine seulement plus tard et déjà les choses sont assez mal engagées pour les toutous qui se retrouvent maintenant avec une chiffe molle à ronger.

Déjà le lundi 6, deux jours après le début du coup de tonnerre (les mots sont de Benoit Rittaud), notre ami Bates faisait un magnifique rétropédalage en affirmant qu'il n'avait en aucune manière tenté de jeter le discrédit sur les travaux de Karl et al. ; selon E&E News en date du 7 :
  •  In an interview with E&E News yesterday, former National Oceanic and Atmospheric Administration principal scientist John Bates had a significantly more nuanced take on the controversy that has swirled since a top House Republican hailed his blog post as proof that the agency "played fast and loose" with temperature data to disprove the theory of a global warming "pause."
  • Bates accused former colleagues of rushing their research to publication, in defiance of agency protocol. He specified that he did not believe that they manipulated the data upon which the research relied in any way.
  • "The issue here is not an issue of tampering with data, but rather really of timing of a release of a paper that had not properly disclosed everything it was," he said.
Pour faire court Bates s'« étonnait » que le papier de Karl et al. sorte juste avant la COP21 (théorie du complot quand tu nous tiens...) ; il ajoutait que les données étaient « expérimentales », sous-entendu non valables ou trop incertaines pour être utilisées, cependant :
  • [...] NOAA officials can publish research that relies partially on experimental data, as long as the data are properly identified, especially if there is an urgent situation that requires something to go out quickly because it is related to human health, safety and the environment.
On peut toujours ergoter sur l'urgence et le timing, moi ça me fait penser (je change de sujet) à Fillon qui s'étonne que l'affaire Pénélope sorte maintenant juste avant le premier tour des présidentielles, ce à quoi on pourrait lui objecter qu'avant il n'était pas candidat à la présidentielle et que les journalistes ne s'intéressaient pas à lui (ce en quoi ils avaient tort) mais qu'aujourd'hui qu'il est en pleine lumière il attire à lui tous les regards ; de la même manière pourquoi ne pas publier avant la COP21 un papier suffisamment argumenté pouvant alimenter les débats (ce qui reste à prouver d'ailleurs et des indices portent à croire que sa publication avant la COP n'était qu'une coïncidence)

Cela dit Bates a bien écrit sur le blog de Curry :
  • Gradually, in the months after K15 came out, the evidence kept mounting that Tom Karl constantly had his ‘thumb on the scale’—in the documentation, scientific choices, and release of datasets—in an effort to discredit the notion of a global warming hiatus and rush to time the publication of the paper to influence national and international deliberations on climate policy.
Clairement Bates accusait Karl d'avoir trafiqué les données en donnant « un petit coup de pouce sur la règle » afin de faire monter un peu plus la pente ; ce qu'il contredit donc quelques jours plus tard en « tempérant » ses propos.

Finalement tout ceci s'avère être une tempête dans un verre d'eau provoquée de manière irréfléchie par un scientifique parti récemment à la retraite et essayant de régler des comptes avec son ancien employeur ;  mais voyant l'ampleur des débats occasionnée par son « scoop » dans la climatoscepticosphère il s'est vu obligé de mettre de l'eau (beaucoup d'eau) dans son vin, peut-être en vue d'éviter un éventuel procès en diffamation dans le genre de celui que Michael Mann a intenté à ceux qui l'avaient calomnié en l'accusant lui aussi de truquer ses données pour produire sa fameuse courbe en crosse de hockey (on attend d'ailleurs toujours sa réfutation, pour l'instant nous n'avons que des confirmations...)
  • Some suggest Bates’s criticism might also have a personal side to it. Tanner says Bates was administratively admonished and relieved of a supervisory position at NCEI in 2012, at a time when Karl led the center. Karl confirms that Bates was removed from his post as division chief, and placed in a position where he was not supervising other people.
Mais Bates nie avoir une dent envers Karl :
  • Bates confirms the job shift, but denies his complaints are driven by any animus toward Karl. “He's just sort of an example. The reason I wanted to have a more public discussion was not to focus on him, [but] to have a bigger discussion about how we ensure the quality of the data,” Bates says.
On lui laissera le bénéfice du doute (comme à Fillon...?)

Cependant on voit bien que d'autres que Bates ont sauté sur l'occasion (trop belle) afin d'ajouter quelques munitions à leur pétoire à air comprimé :
  • Bates also says he was not the "whistleblower" cited in the past by Smith’s committee. Others note the accusations mirror those previously floated by Smith. And Karl says he can now understand why the committee has pursued him. “They're getting a lot of misleading information... I can understand why they’ve gone in the direction that’s not reflecting reality,” he says.
Bref tout ce ramdam uniquement pour tenter de « démontrer » qu'il y aurait bien eu un hiatus, c'est à dire une décélération de la hausse des températures dans les années 2000 après le fort El Niño de 1998, avant que la courbe ne se remette à monter telle une fusées durant les années 2014-2015-2016 qui furent, rappelons-le, les plus chaudes depuis que les relevés de températures existent.

Mais encore faut-il savoir de quelles températures on parle...

Si on tient compte de la situation globale est-ce qu'on peut dire qu'il y a photo ?
  • On se concentre en fait trop souvent sur la température de l'air alors qu’il existe d'autres indicateurs plus utiles pouvant donner une meilleure idée de la rapidité avec laquelle notre planète se réchauffe. Les océans par exemple — en raison de leur taille immense et de leur capacité à stocker la chaleur (appelée « masse thermique ») — ont tendance à donner une indication beaucoup plus « stable » du réchauffement planétaire. Les recherches relatives à l’évolution des températures des océans indiquent d'ailleurs que la Terre se réchauffe à un rythme soutenu. Ceci était vrai avant 1998 et aucun signe de ralentissement n’a été observé depuis (figure 1).

Figure 1 : Total de la chaleur contenue sur la Terre (Murphy 2009). Les données océanographiques proviennent de Domingues et al 2008. Land + Atmosphère Heating comprend la chaleur absorbée pour faire fondre la glace.

Mais quand on est climatosceptique on préfère vous montrer ceci :

Il y a de fortes fluctuation mais sur 15 ans, depuis 1998, la température n'a pas augmenté.

C'est vrai que la courbe des températures du mois de juin (sans même préciser s'il s'agit de la surface, de la basse atmosphère ou de l'atmosphère de la planète Mars...) avec une belle pente descendante mise en regard de la courbe du CO2 qui continue elle de monter, c'est bien plus parlant surtout quand ça s'adresse au gogo trop fait-niant pour vérifier de telles dés-informations.

Laissons le mot de la fin à Gavin Schmidt qui a très bien résumé l'affaire :
  • I have mostly been sitting back and watching the John Bates story go through the predictable news-cycle of almost all supposed ‘scandalous’ science stories. The patterns are very familiar – an initial claim of imperfection spiced up with insinuations of misconduct, coordination with a breathless hyping of the initial claim with ridiculous supposed implications, some sensible responses refuting the initial specific claims and demolishing the wilder extrapolations. Unable to defend the nonsense clarifications are made that the initial claim wasn’t about misconduct but merely about ‘process’ (for who can argue against better processes?). Meanwhile the misconduct and data falsification claims escape into the wild, get more exaggerated and lose all connection to any actual substance. For sure, the technical rebuttals to the specific claims compete with balance of evidence arguments and a little bit of playful trolling for the attention of anyone who actually cares about the details. None of which, unfortunately, despite being far more accurate, have the narrative power of the original meme.
Gavin prévoit aussi ce qui va se passer à partir de maintenant :
  • The next stages are easy to predict as well – the issues of ‘process’ will be lost in the noise, the fake overreaction will dominate the wider conversation and become an alternative fact to be regurgitated in twitter threads and blog comments for years, the originators of the issue may or may not walk back the many mis-statements they and others made but will lose credibility in any case, mainstream scientists will just see it as hyper-partisan noise and ignore it, no papers will be redacted, no science will change, and the actual point (one presumes) of the ‘process’ complaint (to encourage better archiving practices) gets set back because it’s associated with such obvious nonsense.

« alternative fact to be regurgitated in twitter threads and blog comments for years », gageons que Rittaud et consorts ne le démentiront pas !

Ce qu'il en restera de toute façon c'est que « no science will change » et que les températures se foutent des petites controverses humaines.