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mardi 23 mai 2017

L'homme, ce sacré animal !

Il y a un an déjà je publiais un article qui allait m'attirer de nombreux commentaires, son titre était L'homme et (est ?) l'animal.

Un de mes commentateurs favoris, Tsih pour ne pas le nommer, était intervenu à plusieurs reprises et avait notamment affirmé ceci :
  • [blabla] le développement spectaculaire d'une partie du cerveau chez l'homme au cours de l'évolution semble bien définitivement liée au phénomène qui a consisté pour nos ancêtres à accéder à et pouvoir consommer de la viande et des protéines animales (crues) plutôt que seulement des végétaux. [reblabla]
Bien que Tsih ait utilisé les mots « semble bien », il semble bien qu'il s'agissait pour lui d'une quasi certitude.

Aussi je suis désolé de devoir doucher ses certitudes en me référant à une récente étude parue en décembre 2016 et heureusement vulgarisée ce mois-ci dans Science&Vie par le journaliste scientifique Thomas Cavaillé-Fol ; cette étude s'intitule A single splice site mutation in human-specific ARHGAP11B causes basal progenitor amplification, ce qui, chez S&V, devient plus simplement La mutation qui a fait grossir notre cerveau.

Le papier original est assez ardu à lire (et surtout à comprendre) donc je me limiterai à citer la dernière phrase de l'abstract :
  • [...] a single nucleotide substitution underlies the specific properties of ARHGAP11B that likely contributed to the evolutionary expansion of the human neocortex. (Une seule substitution de nucléotide sous-tend les propriétés spécifiques de ARHGAP11B qui ont probablement contribué à l'expansion évolutive du néocortex humain.)
Pour avoir davantage de précisions utiles à la compréhension il est nécessaire pour le béotien que je suis de lire l'article de S&V duquel j'ai relevé les extraits intéressants qui suivent :
  • "Pendant nos millions d'années d'évolution, il y a eu des phases de croissance cérébrale et d'autres de réorganisation, commente Antoine Balzeau, paléoanthropologue au musée de l'Homme. Mais ce qui est sûr, c'est que cette évolution n'a pas  été linéaire, elle s'est faite par paliers."
  • Wieland Huttner et son équipe de l'Institut Max-Planck de Dresde, en Allemagne, viennent de désigner l'origine d'un de ces paliers : "C'est une seule petite mutation dans la séquence d'un gène, une cytosine remplacée par une guanine, qui a tout changé."
  • Reste à découvrir quand cette merveilleuse erreur a eu lieu. "Déjà nous savons que ARHGAP11B était présent chez les hommes de Néandertal et de Denisova, car nous avons pu séquencer leurs ADN, répond Wieland Huttner. Cela veut dire qu'il est apparu il y a au moins 500000 ans, date vers laquelle nos lignées se sont séparées. Il est par contre absent dans tout le reste du règne animal, même chez les grands singes ; il est donc plus jeune que notre séparation d'avec ceux-ci, il y a une dizaine de millions d'années." [...] "Nous estimons l'époque de la duplication à environ 5 millions d'années, en nous basant sur les différences entre les deux gènes ARHGAP11A et ARHGAP11B [...]" La mutation a donc eu lieu il y a entre 500000 ans et 5 millions d'années.
Je dois avouer que la dernière partie peut prêter à confusion ; le scientifique semble dire que la « duplication » s'est produite il y a environ 5 millions d'années et le journaliste en déduit que la « mutation » a eu lieu entre 500000 ans et 5 millions d'années...  Y-a-t-il une différence entre la duplication et la mutation ? Le mot mutation n'est employé qu'une fois dans le titre de l'étude, par contre dans le corps même de l'étude c'est le mot duplication qui est utilisé, notamment dans le graphique suivant :


Il parait assez évident que ces mots « duplication » et « mutation » signifient la même chose, mais le journaliste aurait pu être plus clair dans ses explications ; la confusion vient de cette partie :
  • [...] these observations indicate that the C→G base substitution, which presumably occurred in the ~5 million years since the ARHGAP11 gene duplication event, took place before the archaic hominins diverged from the modern human lineage >500,000 years ago.
Cela ne se traduit pas par « il y a 5 millions d'années » mais plutôt par « la période comprise entre il y a 5 millions d'années et 500000 ans », les virgules étant particulièrement importantes ici :
  • la phrase principale est : these observations indicate that the C→G base substitution [...] took place before the archaic hominins diverged from the modern human lineage >500,000 years ago.
  • avec l'incise : which presumably occurred in the ~5 million years since the ARHGAP11 gene duplication event
La retranscription de cette partie de l'étude dans S&V prête donc à confusion et il est probable que le scientifique n'a pas exactement dit au journaliste « Nous estimons l'époque de la duplication à environ 5 millions d'années » ce qui, pris au pied de la lettre, n'est pas exact.

Nous avons donc une fourchette de 4 millions et demi d'années, allant de -5 millions à -500000.

Je trouve intéressant de mettre cette période en perspective avec d'autres données, comme par exemple la taille du cerveau humain ; cependant la tâche n'est pas aisée et les informations sont parfois...divergentes, qu'on en juge plutôt :
  • sur wikipedia - Evolution du cerveau
    • Australopithecus afarensis : 400-550cm3 - 4,1-3 millions d'années BP
    • Homo habilis : 500-700cm3 - 2,5 millions d'années BP
    • Homo erectus : 600cm3 - 1,5 millions d'années BP
    • Homo neanderthalensis :  1500-1800 cm3 - 300000 ans BP
    • Homo sapiens : 1350-1500 cm3 - 200000 ans BP
  • sur wikipedia - Capacité Crânienne
    • Australopithecus afarensis : 438cm3 - 3,6-2,9 millions d'années BP
    • Homo habilis : 612cm3 - 1,9-1,6 millions d'années BP
    • Homo erectus : 1000cm3 - 0,9 millions d'années BP
    • Homo neanderthalensis :  1200-1700 cm3 - 200000-300000 ans BP
Wikipedia n'est donc pas tout à fait d'accord avec elle-même sur les capacités et les dates, voyons donc autre chose peut-être plus sérieux :
  • sur le site RTS découverte, un article, daté de 2007, d'un professeur de médecine à Genève :
    • Australopithèques : 350-450cm3 - 4 millions d'années
    • Homo habilis : 600cm3 - 1,5-2 millions d'années
    • Homo erectus : 700-1300cm3 - 1,5 millions d'années (a probablement utilisé le feu)
    • Homo neanderthalensis : 1400 cm3 - 250000-30000 ans
    • Homo sapiens sapiens : 1400-1500 cm3 - 200000 ans
  • sur le site Matière et évolution,  un article, daté de 2012, d'un certain Robert Paris, qui a l'avantage de fournir des graphiques :

A noter que pour ce dernier intervenant :
  • Une des explications de l’élargissement cérébral serait l’apparition du langage. En effet, il y aurait un lien étroit entre l’augmentation du volume cérébral et le développement du langage articulé puisqu’il a été vu précédemment que le langage était associé à plusieurs zones cérébrales telles que les zones de Broca et de Wernicke. Ainsi, leur présence dans le cerveau entraînerait l’augmentation du volume cérébral. Par ailleurs, la socialisation et l’apparition des traditions culturelles auraient également entraîné une augmentation du volume cérébral afin d’assimiler, entre autres, les règles complexes de la société. Par ailleurs, bien que le moment où les outils seraient apparus, par rapport au début de l’élargissement cérébral fait débat, il y aurait un lien entre l’élargissement du cerveau et la fabrication d’outils. En effet, un développement au niveau du cerveau de nos ancêtres aurait un lien avec le développement et l’organisation des compétences impliquées dans la fabrication des outils.
 Nulle mention à l'alimentation et notamment à la consommation de viande...

Alors que penser de tout cela ?

Les australopithèques, qui ont vécu entre 6 et 2,5 millions d'années d'après wikipedia (mais peut-on faire confiance à wikipedia...?) avaient un régime apparemment essentiellement végétal, et ce n'est qu'au paléolithique que le régime carné a vraiment pris de l'importance si l'on en croit le site hominides qui nous fournit ce graphique :


Avec certaines informations à prendre en compte :
  • Les australopithèques
    Les éléments dont nous disposons indiquent que les australopithèques étaient végétariens et insectivores mais que, à l'occasion, il leur arrivait de déguster des rongeurs, des reptiles, des oiseaux, des oeufs. Les espèces robustes se différencient par une alimentation exclusivement végétarienne.
    Les australopithèques de l'Afar consommaient abondamment les parties souterraines des plantes (racines, bulbes, tubercules, rhizomes...) comme d'autres aliments coriaces tels que des légumes et des fruits. 
  • Homo habilis
    Son appareil masticateur reflète un régime de plus en plus omnivore. Il se nourrit pour plus des deux tiers de végétaux comme des bourgeons, jeunes feuilles, fruits, baies (en saison humide) et de noix, rhizomes, bulbes (saison sèche). Pour la viande, ils doivent en priorité dépecer des carcasses de gros herbivores tués par d'autres animaux et de manière plus ponctuelle attraper de petites proies (jeunes cochons, petits singes...) 
  • Homo erectus
    Si Homo erectus (et ergaster) continue à se nourrir de végétaux, il consomme de plus en plus de viande. Pour cela il pratique une chasse active sur de gros gibiers. Il développe pour cela de nombreux outils et armes. Cette pratique intensive de la chasse lui permet de se déplacer sur de vastes territoires et il modifie son mode de vie. A l'occasion, Homo erectus pouvait également consommer des coquillages.
    En août 2011 une étude indique qu'Homo erectus faisait cuire ses aliments.  
  • Homo neanderthalensis
    C'est le plus carnivore de toute la lignée des hominidés... Dans les régions les plus nordiques, beaucoup pensent que son alimentation est même essentiellement carnée du fait du manque de végétaux. Cela est prouvé par la proportion de C13 retrouvée sur les fossiles de deux sites : Sclayn et Marillac.
    Plusieurs éléments permettent de penser qu'Homo neanderthalensis pratiquait également la pêche. En 2008 une étude complète l'alimentation de Néandertal par du poisson, du phoque, du dauphin... En 2009 on retrouve des traces de consommation de végétaux dans le tartre de dents néandertaliennes.
    Sujet à débats, la pratique du cannibalisme pour survivre ou par rituel est parfois avérée, comme aussi chez les erectus de Tautavel ou d'Atapuerca. 
  • Homo sapiens
    Cette espèce, la nôtre, est celle dont le régime alimentaire a le plus évolué dans le laps de temps le plus court. De chasseur-cueilleur nomade, nous sommes passés au stade de cultivateur-éleveur, puis d'industriels... Même si nous consommons plus ou moins la même part de viande que nos ancêtres directs, celle-ci a complètement changé de nature. L'élevage intensif d'animaux, nourris avec des aliments riches donne une viande beaucoup plus grasse que celle du Paléolithique.
    La graisse est recherchée car elle est responsable du goût et de la tendreté..
    La promiscuité des villages et la proximité des animaux est très probablement à la base des maladies infectieuses graves comme la tuberculose.
    Une étude publiée en 2009 montre qu'Homo sapiens consommait du poisson
A noter que l'Homme de Neandertal était « le plus carnivore de toute la lignée des hominidés », et il a disparu...ce qui ne veut en aucun cas dire que manger de la viande tue, mais...


Au regard de toutes ces informations, si la duplication/mutation dont il est question plus haut a eu lieu il y a 5 millions d'années c'est à une époque où nos ancêtres mangeaient surtout des plantes et des racines.

Mais même si elle a eu lieu il y a 500000 ans, quand l'Homme mangeait un peu de tout, il est difficile de dire s'il y a un rapport avec la consommation de viande et l'augmentation de la capacité crânienne ; la consommation de viande peut très bien avoir été une conséquence de l'augmentation de la capacité crânienne, de manière indirecte, du fait que les hommes avaient socialisé et s'étaient arrangés pour mieux chasser et améliorer leur ordinaire ; et puis prétendre que les grands singes n'auraient pas évolué parce qu'ils ont continué à être herbivores alors que les hommes se seraient mis à manger de la viande et seraient donc devenus plus intelligents est assez léger comme raisonnement, il y a aujourd'hui de nombreuses personnes qui sont végétariennes et ne paraissent pas particulièrement stupides, on peut donc en déduire que manger végétarien ne nuit pas aux capacités cognitives ni d'ailleurs à la santé, à condition bien sûr d'avoir un régime varié. Cela-dit il n'est pas non plus prouvé que le régime carné ne soit pour rien dans notre évolution cognitive...

Quoi qu'il en soit cette étude de Wieland Huttner et son équipe montre bien que les choses ne sont pas si simples qu'elles paraissent parfois et je suis sûr que nous aurons encore d'autres théories sur le sujet dans le futur.

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samedi 20 mai 2017

Les sondages sont-ils fiables ?

Dans mon précédent billet je n'évoquais pas les sondages, mais dans les commentaires il en a été question quand j'en ai évoqué un en réponse à Robert :
  • Géd19 mai 2017 à 16:39 [...] fin janvier on donnait encore Fillon contre Le Pen et Macron arrivait en troisième position : « NFO RTL - Si Marine Le Pen et François Fillon sont les mieux placés pour accéder au second tour, Emmanuel Macron consolide son statut de troisième homme, selon un sondage Kantar Sofres-Onepoint pour RTL » (http://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2017-le-pen-en-tete-au-1er-tour-macron-talonne-fillon-7786982543) [...]
Ce à quoi Robert me répond :
  • Géd @

    Je n'ai jamais dit que Macron avait toutes les chances de gagner, j'ai dit que Hollande a fait tout ce qu'il pouvait pour. Le soutien de Hamon n'était qu'un soutien de façade (Hollande a de la mémoire). Quant aux sondages leur fiabilité est quasi nulle.

    Robert
Talleyrand disait que « tout ce qui est excessif est insignifiant », donc je serais tenté de dire que la dernière phrase du commentaire de Robert est insignifiante.

Cependant il me semble utile d'étudier un minimum la question afin au moins de s'assurer que, contrairement à ce que prétend Robert, la fiabilité des sondages n'est pas quasi nulle.

Il y a plusieurs définitions du mot sondage, données par exemple sur wikipedia :
Prise au pied de la lettre, la phrase de Robert « Quant aux sondages leur fiabilité est quasi nulle » s'appliquerait donc à tous les types de sondages, cependant il parait assez évident qu'il voulait parler de la quatrième définition, à savoir :
  • Un sondage peut également être une méthode statistique d'analyse d'une population humaine ou non humaine à partir d'un échantillon de cette population.
Wikipedia nous donne une définition de ce type de sondages de nature statistique :
  • Un sondage est une méthode statistique visant à évaluer les proportions de différentes caractéristiques d'une population à partir de l'étude d'une partie seulement de cette population, appelée échantillon. Les proportions sont déterminées avec des marges d'erreur, dans lesquelles se situent les proportions recherchées avec telle ou telle probabilité.
Il existe beaucoup d'applications des sondages, par exemple :
  • on relève leur utilisation dans le cadre de stratégies de marketing.
On peut déjà s'interroger sur la santé mentale des directeurs marketing qui utilisent fréquemment, pour « cibler les attentes de leurs consommateurs »,  une technique dont, selon Robert, la « fiabilité est quasi nulle »...

On sait également que les candidats à quasiment n'importe quelle élection sont très demandeurs de sondages qu'ils analysent afin de peaufiner leur stratégie, avec plus ou moins de bonheur il faut dire, mais personne n'est parfait.

Même quand les sondages sont interdits, la veille et le jour du scrutin, cela n'empêche pas les principaux intéressés d'en consulter des plus récents, ils sont simplement interdits à la diffusion au grand public.

Alors, les sondages, leur fiabilité est-elle vraiment quasi nulle ?

Il faut d'abord souligner, et c'est peut-être ce qui a échappé à Robert, qu'on ne parle pas de prédictions ou de prévisions des sondages, mais de projections !

J'avais déjà parlé de la confusion entre prédictions, prévisions et projections dans ce billet sur les modèles climatiques :
  • [...] c'est une constante chez les climatosceptiques de confondre projections avec prévisions ou prédictions, et donc climat (projections) avec météo (prévisions) ou astrologie (prédictions) [...]
Ainsi il semblerait que Robert tombe dans le même piège que les climatosceptiques qui croient que les modèles climatiques sont censés prévoir le climat futur, alors qu'en fait ils ne font que projeter des hausses de températures en fonction de scénarios bien spécifiques ; comme le précise le site du Centre National de Recherches Météorologiques :
  • Concernant les gaz à effet de serre et les aérosols, leur évolution future est fortement liée aux activités humaines et reste très incertaine. Afin de prendre en compte ces incertitudes, différents scénarios d’émissions de ces particules sont proposés par des économistes et les modèles sont utilisées pour simuler l’évolution du climat suivant ces différents scénario d’émission.
Ainsi les sondages politiques fonctionnent à base de scénarios donnant des projections qui sont fonction de ces scénarios ; la différence essentielle entre sondages politiques et modèles climatiques est que les scénarios changent quasiment tous les jours quand on est dans un processus électoral, alors que les scénarios utilisés pour les modèles climatiques sont beaucoup plus pérennes, on ne les change pas souvent et ils restent valables assez longtemps.

L'exemple le plus caractéristique est le « cas Fillon ».

En décembre 2016 Fillon était aux alentours des 30% d'intentions de vote, mais ça c'était avant l'« affaire Pénélope » révélée le 24 janvier 2017. A partir de cette date Fillon a irrémédiablement chuté dans les sondages, avec quelques petites reprises sans importance, pour en arriver à environ une vingtaine de % à la veille du premier tour ; il y a donc eu un scénario « avant l'affaire » et plusieurs scénarios « après l'affaire ».

Voyons plus en détail avec les chiffres fournis par wikipedia :
  • Résultats premier tour :
    • Macron : 24,01%
    • Le Pen : 21,30%
    • Fillon : 20,01%
    • Mélenchon : 19,58%
  • Sondage Odoxa du 21 avril :
    • Macron : 24,50%
    • Le Pen : 23,00%
    • Fillon : 19,00%
    • Mélenchon : 19,00%
  •  Sondage IFOP du 30 mars :
    • Macron : 26,00%
    • Le Pen : 25,50%
    • Fillon : 17,00%
    • Mélenchon : 15,00%
  •  Sondage IFOP fin novembre 2016 :
    • Fillon : 28%
    • Le Pen 24%
    • Macron : 15%
    • Mélenchon : 11%
    • Valls : 10%
Il y a plusieurs constatations que l'on peut faire en regardant ces résultats de sondages et en les comparant aux résultats finaux :
  • Sans l'« affaire Pénélope » ce ne serait pas Macron notre actuel président, mais Fillon !
  • Le sondage de novembre 2016 a été effectué avant que Valls ne soit éliminé de la primaire de la Gauche ; à cette époque il faisait jeu égal avec Mélenchon, ce que fera également Hamon après avoir été choisi, mais avant de dégringoler au profit essentiellement de Mélenchon ce qui explique en grande partie la remontée de celui-ci par la suite ;
  • En novembre Macron était très loin de Fillon et Le Pen, et on ne voit pas trop par quel miracle, en sachant ce que l'on sait maintenant, comment il aurait pu passer devant l'un des deux s'il n'y avait pas eu l'« affaire Pénélope ».
A la lecture de ces différents sondages on ne peut que constater qu'ils ont reflété assez fidèlement l'évolution de la campagne avec ses diverses péripéties.

Les sondages politiques ne sont donc rien d'autre que la photographie de l'opinion à un instant donné, avec une marge d'erreur compréhensible étant donné que les calculs sont basés sur un échantillon de la population avec toutes les incertitudes que cela comporte.

Il ne faut donc pas vouloir faire dire aux sondages ce qu'ils ne peuvent pas prévoir.

Pour terminer voici la définition la plus précise que l'on puisse trouver du mot projection, dans le cadre qui nous intéresse ici, elle émane du site cnrtl :
  • 4. STAT. ,,Extrapolation temporelle d'une tendance observée sur un intervalle de temps, conduisant à une estimation de la valeur future de la variable`` (Éduc. 1979).
    Projection démographique. ,,Opération mentale par laquelle, à partir de l'état et des tendances d'une population actuelle, on estime l'effectif de cette population dans un avenir donné`` (Foulq. Sc. soc. 1978).
    Projection économique. ,,Représentation prospective ou précision de l'état économique, qui, dans un avenir déterminé et compte tenu des changements que l'on peut imaginer, résultera probablement des conditions actuelles`` (Foulq. Sc. soc. 1978). La commission de la sidérurgie, par exemple, établit ses prévisions non par projection ou estimation de la tendance, mais par addition des programmes réels des entreprises (Reynaud, Syndic. en Fr.,1963, p.238).
Il serait toutefois utile que ce site rajoute un alinéa concernant les projections issues des sondages politiques.

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mercredi 17 mai 2017

Que peut faire Macron ?

Le programme d'Emmanuel Macron est connu, on peut notamment le consulter sur le site du Monde et le comparer éventuellement à celui des autres candidats éliminés.

Comme tous les programmes d'un candidat devenu président il sera respecté pour une (petite) partie seulement, car il y a toujours loin de la coupe aux lèvres et on ne voit pas pourquoi celui de Macron ferait exception.

A chacun d'imaginer quelles parties de son programme seront réalisées et quelles parties tomberont dans les oubliettes de la politique et/ou du principe de réalité :
  • Respecter le principe de réalité consiste à prendre en compte les exigences du monde réel, et les conséquences de ses actes. Le principe de réalité désigne avant tout la possibilité de s'extraire de l'hallucination, du rêve, dans lesquels triomphe le principe de plaisir et d'admettre l'existence d'une réalité, insatisfaisante ou non conforme à son idéalisation.
Comme disait Pasqua « les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent » et Henri Queuille était plus explicite encore quand il disait qu' «  il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. » ; combien de chefs d’État et de Premiers ministres ont pu leur donner raison...!

Il n'est pas question pour moi de décortiquer en détail le programme de Macron, je voudrais seulement m'attarder un instant sur son aspect économique et social, et plus particulièrement sur son désir de réformer rapidement, dès cet été, le droit du travail afin de « libérer » les entreprises.

Le fait que Pierre Gattaz soutienne franchement Emmanuel Macron devrait faire réfléchir sur les conséquences d'une refonte des relations entre salariés et employeurs...
  • Côté patronal, le Medef applaudit avec enthousiasme les projets du président Macron. «Nous sommes sur un nuage, pour l'instant, Emmanuel Macron fait un sans-faute», a même lancé sur CNews son président, Pierre Gattaz.
Cela dit Gattaz et son Medef ne représentent qu'une très petite partie des entreprises, environ 11% si l'on en croit Michel Offerlé, professeur de sciences politiques, enseignant à l'Ecole normale supérieure :
  • Il estime que 350 000 entreprises adhérent au Medef, ce qui fait en pourcentage 11% des entreprises.
Et on peut se poser la question de savoir en quoi une simplification du droit du travail améliorerait de quelque façon que ce soit la compétitivité des entreprises, leur capacité à embaucher, leurs perspectives de croissance, etc.

Dans l'Express de cette semaine Nicolas Bouzou, grand libéral devant l’Éternel (l’Éternel Dieu de l'argent il faut croire) nous dit dans son éditorial :
  • [...] la relance de la croissance passe elle-même par une libéralisation du marché du travail qui permettra aux entreprises de produire et d'innover davantage.
Il s'agit là d'une affirmation sans aucune argumentation ni explication, Bouzou nous assène qu'il faut « libérer » le marché du travail, c'est-à-dire en fait « libérer » les entreprises, et comme par enchantement celles-ci vont se mettre à innover et produire davantage, bien sûr en embauchant à tour de bras.

Pour faire simple il y a deux sortes de politiques économiques qui s'opposent frontalement (et idéologiquement) depuis quelques décennies :
  • la politique de l'offre, qui consiste à aider les entreprises en leur fichant la paix, par exemple en facilitant les licenciements, en libérant les salaires (i.e. en les soumettant à la concurrence, i.e. en les baissant) ou en les taxant beaucoup moins, cela dans l'espoir de les voir embaucher et investir ;
  • la politique de la demande, également appelée politique (néo)keynésienne, qui favorise la consommation en augmentant les dépenses publiques et en baissant les impôts (tous les impôts, pas seulement ceux des entreprises...) ; l'idée est de dire que 1) les dépenses publiques vont créer de l'activité et donc des embauches, et que 2) s'il y a davantage d'argent pour consommer les entreprises ne pourront qu'en bénéficier car elles vendront plus.
Chacune de ces politiques a des qualités et des défauts et ne devrait être appliquée que moyennant un subtil équilibre entre les deux qui dépend des circonstances économiques du moment ; comme je ne suis pas assez doué en économie je suis dans l'embarras pour dire laquelle de ces deux politiques devrait être privilégiée au moment présent, mais ce qui est sûr c'est que pour Macron c'est la politique de l'offre qui va primer.

Cela-dit je suis étonné quand j'entends certains dire que le code du travail serait trop compliqué, ce qui freinerait la compétitivité des entreprises :
  • Lorsque le sujet de la compétitivité des entreprises est abordé, il est souvent question de pouvoir d'achat, de fiscalité et charges sociales. En revanche, il est rarement question de droit du travail. Pourtant, je rencontre de nombreux dirigeants qui affichent un ras-le-bol de la paperasse et de l'incompréhension des textes", clame François Taquet, avocat et professeur à l'Iéseg, école supérieure de commerce.
Lorsque le sujet de la compétitivité des entreprises est abordé, il est souvent question de pouvoir d'achat, de fiscalité et charges sociales. En revanche, il est rarement question de droit du travail. Pourtant, je rencontre de nombreux dirigeants qui affichent un ras-le-bol de la paperasse et de l'incompréhension des textes", clame François Taquet, avocat et professeur à l'Iéseg, école supérieure de commerce.

Retrouvez cet article sur : www.chefdentreprise.com - "Droit du travail français : un frein à la compétitivité des entreprises ?"
Oui je suis étonné quand on sait que bon nombre d'entreprises, surtout de grande taille, ont les moyens de se payer les services de fiscalistes qui vont leur optimiser l'impôt sur les sociétés afin qu'elles payent un minimum, et on veut nous faire croire qu'elles auraient des difficultés « de paperasse et d'incompréhension des textes », alors que les textes fiscaux sont tout aussi compliqués sinon plus que les textes afférents au droit du travail !

En ce qui concerne les entreprises de plus petite taille elles n'ont en principe pas les mêmes besoins que les grosses, et les services de leur expert comptable leur suffisent amplement pour gérer les quelques cas qui se présentent à elles, et si ce n'est pas assez il existe d'excellents avocats spécialisés en droit du travail pour traiter des affaires « compliquées ».

De plus, le recours au CDD (Contrat à durée déterminée) est relativement aisé et souple, la durée peut aller jusqu'à 36 mois soit 3 ans, ce qui est en principe largement suffisant, pour une entreprise qui voit son activité augmenter ou a des perspectives intéressantes de croissance, pour juger de la compétence du salarié et de l'utilité qu'il peut avoir à l'avenir, avec donc la possibilité de l'embaucher de manière définitive ; si ce n'est pas le cas alors cela veut dire que l'activité n'est pas si bonne que prévue, mais cela n'a rien à voir avec les difficultés éventuelles pour embaucher le salarié.

Enfin s'il s'agit de débaucher un salarié cela n'est pas particulièrement compliqué si l'on a affaire à une baisse d'activité, on pratique alors un licenciement pour motif économique, qui ne se fait certes pas sur un claquement de doigts mais est quasiment toujours accepté par l'inspection du travail.

De mon expérience passée (qui commence à dater mais j'ai quand même un peu de mémoire...) les entrepreneurs que je conseillais au tout début de ma carrière ne se plaignaient pas de la paperasse ou des textes incompréhensibles mais simplement de payer trop d'impôts, ce qui est un autre problème. Je ne pense pas que les choses aient vraiment beaucoup changé aujourd'hui, si l'entreprise est suffisamment bien épaulée par son expert-comptable ou en interne par son service comptable et/ou des ressources humaines alors elle peut gérer les péripéties de la vie quotidienne, et les informations dans les journaux nous montrent amplement que les entreprises arrivent plutôt bien à gérer leurs plans sociaux, en tout cas la confrontation entre patrons et salariés s'apparente le plus souvent à la lutte du pot de terre contre le pot de fer (devinez qui est qui)

Si un patron a des projets et qu'il va voir son banquier pour obtenir un prêt, on lui demandera un plan de financement à 5 ans ainsi que diverses autres informations permettant au prêteur de juger de la solidité du dossier ; il ne lui sera pas demandé s'il a des difficultés à embaucher ou licencier ses salariés, ou a établir leur paye et à payer leurs cotisations sociales, ou plus généralement à gérer les relations avec le personnel. S'il n'obtient pas son prêt ce sera parce que le banquier n'est pas assez confiant dans les perspectives de croissance avancées par l'entrepreneur et parce que les chiffres qui lui auront été montrés ne l'auront pas convaincu.

Le véritable moteur d'un chef d'entreprise c'est son carnet de commandes, si celui-ci est à plat rien ne peut avancer, par contre s'il est bien fourni est-ce que de simples contraintes administratives peuvent freiner un entrepreneur digne de ce nom ?

Il existe une situation dans laquelle un entrepreneur peut hésiter, plus ou moins à juste titre, c'est quand l'effectif de son entreprise se situe juste au dessous d'un seuil et que l'embauche de salariés supplémentaires lui ferait dépasser ce seuil, qui peut être de 11, 20 ou 50 salariés, entrainant ainsi certaines obligations qui peuvent paraitre disproportionnées, du moins à court terme si l'entreprise a des difficultés pour s'adapter aux nouvelles contraintes. Je n'ai pas l'impression qu'il existe dans le programme de Macron quelque chose destiné à régler ce problème, je n'ai vu qu'une proposition destinée à simplifier les instances de représentation du personnel, ce qui n'est déjà pas si mal, mais rien concernant les seuils, à moins que ce ne soit bien caché quelque part...

La composition du gouvernement a été rendue publique aujourd'hui. Elle penche clairement à droite dans le domaine de l'économie et des finances publiques avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, donc je ne m'attends pas à des miracles et ne serais pas étonné si la courbe du chômage conservait une tête hollandaise...

Mais dans l'ensemble le gouvernement est plutôt de qualité, on a connu bien pire, en tout cas je souhaite aux nouveaux ministres de réussir dans leur mission et si au bout de cinq ans la situation de la France était significativement meilleure que ce qu'elle est aujourd'hui je m'en réjouirais et serais prêt à reconnaitre que la politique suivie était la bonne.

Qui vivra verra.


dimanche 14 mai 2017

Alien : Covenant

Samedi matin c'était cinéma avec fifille. On aime bien tous les deux tout ce qui est science fiction, horreur et aventures diverses, alors qu'avec mon épouse c'est plutôt comédies, thrillers ou espionnage qui ont la cote, ce qui fait que comme j'aime à peu près tout j'y trouve toujours mon compte, c'est l'avantage d'être éclectique.

Donc là c'était Alien : Covenant.

Covenant avec un C majuscule, car il s'agit du nom du vaisseau spatial qui va mener ses occupants à leur perte ; ce que Gaumont ne semble pas savoir puisqu'ils écrivent covenant avec un c minuscule, comme si ce mot s'appliquait à un contrat, ce qui est la traduction habituelle de covenant.

Bon, il faut dire que quand il est écrit sur l'affiche du film et dans le générique ALIEN COVENANT on n'a pas de repère pour savoir ce qui est en minuscule et ce qui est en majuscule, alors on en est parfois réduit à interpréter.

Cela dit je ne savais pas (mon anglais est purement technique et je rate beaucoup de ses subtilités) que l'Arche d'Alliance censée contenir les dix Commandements se dit Ark of the Covenant, la traduction de covenant est donc double, d'après wordreference :
  1. formal (legal contract) : engagement, contrat, convention
  2. (Biblical : contract with God) : alliance
Alors que larousse se contente de :
  1. (promise of money) : convention, engagement
  2. (agreement) : engagement
Même le Cambridge Dictionary n'est pas plus précis que le Larousse :
Wordreference s'avère donc bien plus utile pour comprendre la dimension biblique qu'a voulu donner Ridley Scott à son histoire.

Il est en effet douteux que le réalisateur ait donné un nom aussi prosaïque que « contrat » ou « engagement » à un vaisseau destiné à coloniser une planète lointaine située à plusieurs années de voyage interstellaire de la Terre, ce qui oblige d'ailleurs tous les humains, équipage et colons, à être cryogénisés afin de supporter l'ennui du temps qui passe (et certainement aussi d'économiser en vivres et oxygène) ; non, la traduction réelle est sûrement Alliance, et bien que je sois athée je ne peux m'empêcher de citer ce que je suis allé trouver sur un site auquel je ne m'abonnerai pas mais qui dans le cas présent nous donne quelques indications utiles :
  • L'Alliance trouve en Dieu son origine. Elle commence par le choix du peuple d'Israël.
  • L'Alliance trouve en Dieu son origine. C'est lui qui en a l'initiative. Elle commence par le choix d'un peuple parmi tous les autres. Par là, elle manifeste que l'amour distingue, fait d'un être l'unique entre tous les hommes ou "entre toutes les femmes". Cet amour fait exister Israël comme peuple.
    À l'heure de l'accomplissement, nous apprendrons que ce privilège est partagé par tous.

    L'Alliance est créatrice. Elle met en évidence un caractère essentiel de la relation : pas de création sans alliance, ce qui signifie que l'homme est partie prenante dans cette création, qui a son origine en Dieu mais passe par notre liberté.

    À l'heure de l'accomplissement, nous apprendrons que le privilège d'Israël est partagé par tous et que chaque peuple, chaque homme, est ainsi comme l'Unique. L'Alliance est proposée à tout homme et c'est cette Alliance qui le fait exister.
Pour moi tout cela est du baratin, mais comme la saga Alien depuis Prometheus prend nettement une tournure biblique, alors que les trois précédents, se situant dans le temps après Prometheus et Covenant, sont de purs films d'horreur et de science fiction, alors il faut garder à l'esprit en arrière plan que Scott va nous balader à l'avenir, avec les suites programmées, dans une quête (pseudo) spirituelle destinée à nous interroger sur la fameuse question que tout le monde se pose : d'où viens-je, où cours-je et dans quel état j'erre ?

Tout ce salmigondis sur la question de nos origines et de notre devenir est à prendre ou à laisser selon ses orientations, personnellement je laisse et me concentre sur l'action et sur l'histoire, en essayant de recoller les morceaux.

Et puis il faut, comme pour tout film du genre comme Gravity ou Seul sur Mars, ignorer les incohérences, plus ou moins évidentes, pour ne retenir que l'action, ce qui n'empêche pas tout de même de relever lesdites incohérences pour la beauté du geste.

Par exemple le robot androïde, du nom de Walter, qui communique par la parole avec l'ordinateur de bord du vaisseau, appelé affectueusement Mother ; on comprend que tant Walter que Mother communiquent par la parole avec les humains de l'équipage, comme dans 2001 l'Odyssée de l'Espace l'ordinateur de bord HAL communique également par la parole, tout cela afin de faciliter les échanges et les rendre plus « humains », mais de robot à robot, non, cela ne tient pas une seconde la route.

Autre incohérence assez manifeste également flagrante dans les autres opus de la série, c'est la rapidité avec laquelle les humains interviennent sans préparation apparente, dès qu'ils se posent quelque part ils sortent et foncent (peut-être au ralenti, mais ils foncent quand même), alors que dans la réalité, même dans un siècle d'ici, les règles de sécurité exigeront toujours un minimum de réflexion et d'études de terrain avant de s'aventurer dans l'inconnu.

Dans le même registre on peut voir dans Covenant des scientifiques se répartir dans la nature inconnue du lieu où ils ont « atterri », sans combinaison de sécurité, mais il est vrai que s'ils avaient respecté les consignes élémentaires de sécurité, ils n'auraient pas été infectés par les sales bestioles du coin et le film aurait tourné court !

Plus généralement la principale incohérence est l'énormité des vaisseaux supposés voyager à travers l'Univers, et cela dans moins d'un siècle à partir d'aujourd'hui.

Pour ce qui est des robots androïdes on peut supputer qu'avant la fin du siècle on sera capable d'en fabriquer de très ressemblants à des humains et quasiment  inidentifiables par ces derniers, mais en ce qui concerne les vaisseaux spatiaux on peut légitimement en douter.

Qu'on en juge plutôt avec le film 2001 l'Odyssée de l'Espace tourné en 1968 et donc censé se situer en 2001, soit 33 ans (l'âge du Christ à sa mort, mais aussi ce qu'on doit dire au docteur quand on ouvre la bouche...) après ; nous sommes en 2017, soit 16 ans après 2001, et le moins qu'on puise dire c'est que nous sommes très loin, très très loin, de ce que Kubrick et Clarke avaient imaginé à leur époque.

Et quand on voit que la NASA, dans ses prévisions, estime que nous pourrions éventuellement arriver sur Mars en 2034-2039, avec d'innombrables défis restant encore à relever, on a de quoi être sceptique sur la possibilité d'aller coloniser un demi-siècle plus tard Origae-6 avec quelques 2000 colons à son bord plus une impressionnante cargaison destinée à la terraformation de la planète (sans compter tout le reste qui n'est pas montré par souci de concision)

Personnellement j'ai le sentiment que l'homme n'arrivera jamais à sortir du système solaire et qu'il aura toujours de grosses difficultés pour aller se balader ne serait-ce que dans son voisinage immédiat, et qu'il ferait donc bien de se contenter de ce qu'il a à sa disposition aujourd'hui, la Terre.

Comme le disait récemment Bill Maher, on devrait la fermer sur Mars, the faily planet, et davantage se préoccuper de notre monde sur lequel nous vivons réellement :



Car quand on compare notre planète à Mars :



Cela me parait assez bien résumer la situation.

*****


Liens utiles :








Le bêtisier qui se tire une balle dans le pied !

Usbek nous a habitués à écrire des âneries, et dans son bêtisier qu'il se croit obligé d'inclure dans chacun de ses bulletins il expose le plus souvent sa propre bêtise.

Mais ce coup-ci il fait fort.

Dans le dernier bulletin son bêtisier évoquait un article qui n'était qu'une blague de potache façon Gorafi, il émanait d'un site canadien, le journal de Mourreal, dans lequel on pouvait lire :
  •  Une activiste écologiste de Greenpeace a entrepris ce matin de relever un véritable défi afin de sensibiliser la population aux effets du réchauffement climatique.
  • Marie-Chantale Auger a décidé de passer une année entière à l’intérieure d’un congélateur placé dans le magasin Walmart du Quartier Dix30, à Brossard.
Évidemment Usbek a pris l' «information » au tout premier degré en la relayant « sérieusement » et en la traitant comme s'il s'agissait d'une « bêtise » d'activiste écologiste militant pour Greenpeace...

Il s'est fait vertement recadrer par plusieurs intervenants qui sont (un peu) moins bêtes que la moyenne des lecteurs assidus du site Skyfall :
  • 2.  Vistodelperu | 12/05/2017 @ 15:05 Je retirerais la mention à hibernatus, na nouvelle a été publiée dans un journal quebecquois « partenaire » du Gorafi… la blague était bonne mias c’était juste une blague.
Vu du Pérou la bêtise d'Usbek était clairement identifiée.
  • 3.  Cdt Michel e.r. | 12/05/2017 @ 15:17 @ Usbeck
    Votre Hibernatus dans le Bêtisier, c’est une blague !
    Voir le bas de la page :
    Le Journal de Mourréal assume toute responsabilité pour la nature satirique de ses articles et la nature fictive de leur contenu. Tous les personnages apparaissant dans les articles de ce site – même ceux basés sur des personnes réelles – sont entièrement fictifs et toute ressemblance avec une personne vivante, morte ou mort-vivante, n’est purement qu’un miracle.
    Retirez vite ça avant qu’on ne se moque de l’Association.
Pour ce qui est de se moquer de l'Association, pas besoin en fait d'Usbek, c'est déjà largement réussi avec les pointures que l'on connait comme Rittaud ou Gervais (plus le petit nouveau Pont qui vient de rejoindre le comité, heu, scientifique...)
  • 6.  Tamise | 13/05/2017 @ 11:03 L’humour étant un moyen efficace pour souligner la bêtise, pourquoi ne pas le réintroduire dans un paragraphe humour ?
On appelle cela tenter de retomber sur ses pattes en faisant passer la bêtise pour de l'humour.
  •  9.  Cdt Michel e.r. | 13/05/2017 @ 12:26 Tamise (#6),
    L’humour du Journal de Mourréal n’est pas très fin.
    Tout ce que cet article mérite c’est un lien vers la page au Bistrot. Je dis bien la page, pour qu’on voit tout le sérieux des autres sujets abordés :
    – Un hamster portant le stigmates du Christ attire les pèlerins en Beauce
    – Il surprend son chat et son poisson rouge en plein rapport sexuel
    – Elle poursuit Hydro-Québec après être tombée enceinte de son compteur intelligent
    – Arabie saoudite: Des scientifiques admettent que la femme est un mammifère, mais pas un « humain »
Que des informations bien plus sérieuses que tout ce qu'on peut lire sur Skyfall, car au moins elles ont pour but de faire (sou)rire.

Et le dénommé Usbek tout penaud de reconnaitre son erreur :
Preuve qu'il y a vraiment cru.

Et pour se faire pardonner il fait disparaitre carrément son faux-pas et met à la place ceci :
  • Arnold Schwarzenegger vient à la rencontre d’Anne Hidalgo
    Arnold Schwarzenegger est venu signer avec Anne Hidalgo une convention de coopération entre leurs organisations respectives (le C40 et le R20) nous apprend 20minutes. Le style amphigourique du communiqué de presse de la mairie de Paris laisse augurer de l’efficacité de cette coopération (et de la bonne utilisation des deniers publics). Morceau choisi :
    L’une de leurs priorités sera de soutenir la nouvelle génération de femmes qui s’engage dans le monde entier en faveur du Climat. Cela prendra la forme d’un programme de mentorat, qui accompagnera des centaines de jeunes leaders sur tous les continents, qui soutiendra de nouveaux programmes de recherche sur l’impact du dérèglement climatique et l’organisation d’événements ambitieux de sensibilisation du grand public.
De toute évidence Usbek ne connait pas la définition du mot amphigourique qu'il utilise pour faire savant :
  • Littéraire. Se dit d'un style, d'un écrivain embrouillé et obscur (source larousse)
  • Qui a le caractère de l’amphigouri, figure de rhétorique qui consiste à écrire un discours ou un texte de manière volontairement burlesque, obscure ou inintelligible.(source wiktionary)
  • En parlant d'un écrit, d'un discours, d'un lang., d'un style] Qui a le caractère de l'amphigouri. Synon. embrouillé, obscur (source cnrtl)
  • Figure de rhétorique qui consiste à écrire un discours ou un texte de manière volontairement burlesque, obscure ou inintelligible. Par extension, écrit ou discours dont les phrases, contre l’intention de l’auteur, ne présentent que des idées sans suite et n’ont aucun sens raisonnable. (source lachal)
Les synonymes d'amphigourique sont, entre autres, alambiqué, ampoulé, confus, embrouillé...

On peut ne pas être d'accord sur la démarche d'Hidalgo et de Schwarzenegger, pourquoi pas, mais le communiqué de presse n'a rien d'amphigourique, il est clair, concis et compréhensible de n'importe quel adulte normalement constitué, c'est-à-dire ayant une capacité cérébrale et un QI correspondant à la moyenne.

Mais voilà, le communiqué de presse évoque le C40 présidé par Hidalgo ainsi que le R20 créé par Schwarzenegger ; ces organisations à but non lucratif ont le grand malheur de
  • pour le C40 :  fédère[r] 90 des plus grandes villes du monde, représentant plus de 650 millions de personnes et un quart de l'économie mondiale. [et] se consacre[r] à la lutte contre le dérèglement climatique et à la conduite de politiques urbaines qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre et les risques climatiques, tout en améliorant la santé, le bien-être et les opportunités économiques des citoyens.
  • pour le R20 : promouvoir et [...] mettre en œuvre des projets locaux alliant des avantages économiques, sanitaires et environnementaux, notamment en réduisant la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre. L['] ambition [des gouvernements régionaux fédérés par le R20] est aussi de soutenir la création d’emplois « vert » (sic)
On passera sur les rares fautes d'orthographe, le texte est vraiment trop « réchauffiste » et « écologiste » pour Usbek qui pense que préparer l'avenir en fédérant 90 des plus grandes villes du monde représentant 650 millions de personnes ce n'est que du temps perdu.

Effectivement, près de 10% des habitants de la planète, ce doit bien être digne de figurer dans le bêtisier de Skyfall.