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mercredi 30 novembre 2016

Fillon, le renouveau de l'économie française ? La bonne blague !

Fillon a été désigné pour représenter la droite et le centre (du moins une partie de la droite et du centre) aux prochaines présidentielles.

Il est difficile de dire de combien de décennies l'élection de Fillon en mai 2017 nous ferait revenir en arrière, peut-être même que sur certains sujets, notamment sociétaux, on en reviendrait au début du siècle dernier, juste avant la séparation de l’Église et de l’État...


Voyons un peu ce qu'il propose comme mesures purement économiques en consultant son propre site (extraits des 15 mesures « phare » plutôt que « phares » :
  • 100 milliards d’euros d’économies en 5 ans sur les dépenses publiques.
  • 40 milliards de baisse des charges pour les entreprises et 10 milliards d’allégements sociaux et fiscaux pour les ménages.
  • Fin des 35 heures dans le secteur privé et retour aux 39 heures dans la fonction publique.
  • Suppression de l’ISF pour aider au financement des entreprises
  • Recul de l’âge de la retraite à 65 ans et unifier tous les régimes de retraite pour maintenir le pouvoir d’achat des retraites
  • 12 milliards d’euros de plus dans la sécurité, la défense et la justice, et création de 16 000 places de prison, pour que les condamnations soient exécutées. 
Fillon est donc bien un libéral (néo ou ultra ou simple(t) peu importe) qui pense apparemment sincèrement que réduire les dépenses de l’État et les charges des entreprises, tout en faisant travailler davantage les salariés tout au long de leur vie, va comme par miracle doper notre économie et satisfaire sa première priorité : la libération de l'économie !

Fillon n'a de toute évidence pas lu Joseph Stiglitz qui, dans son dernier livre L'euro, comment la monnaie unique menace l'avenir de l'Europe, nous dit page 247 :
Et page suivante :
  • [...] quand on réduit les dépenses publiques, on aboutit à des réductions du PIB qui sont un multiple du montant des coupes effectuées dans les dépenses.
On ne pourrait retenir que ce graphique pour visualiser l'effet de restrictions budgétaires sur la croissance et le chômage :

On ne peut pas dire que cela soit vraiment convainquant pour soutenir l'argumentation fillonesque selon laquelle la réduction des dépenses publiques « libèrerait notre économie » ; du moins on peut se demander « qui » serait réellement libéré avec un tel programme...

Mais plutôt que de se fier au FMI et à ses études (après tout le FMI s'est bien planté, cependant il a eu le mérite de reconnaitre ses erreurs) on peut essayer de raisonner simplement à notre humble niveau de citoyen lambda.

Tout d'abord comment peut-on un seul instant imaginer qu'en allongeant la durée de travail des salariés (augmentation de la durée hebdomadaire de 35 à 39 heures, plus report de l'âge de la retraite à 65 ans) on va arriver à réduire le chômage ? C'est faire fi du fait que sans croissance (sans hausse du PIB) il ne peut pas y avoir création d'emplois, et qu'avec les gains de productivité ajoutés au progrès technique tendant à davantage de robotisation et d'automatisation dans les process (industriels mais aussi commerciaux ou de services) la tendance est clairement à employer de moins en moins de gens pour effectuer les mêmes tâches ; dans ces conditions le plan Fillon ne peut que grossir le nombre des demandeurs d'emplois.

Ensuite, comment imaginer que réduire les dépenses publiques en supprimant notamment 500 000 postes de fonctionnaires (ce n'est pas explicitement dit dans ses mesures phare, cependant il le détaille ailleurs) va améliorer quoi que ce soit ? Supprimer 500 000 postes cela veut dire, puisqu'on ne peut pas licencier un fonctionnaire, ne remplacer aucun départ à la retraite pendant une (longue) durée indéterminée ; cela veut dire n'embaucher aucun fonctionnaire pendant cette durée, ce qui signifie que tous les jeunes qui auraient normalement postulé dans le public se retrouveront automatiquement sur le marché de l'emploi privé ! Et tout cela avec quelques conséquences :
  • augmentation du chômage des jeunes
  • baisse des salaires à l'embauche (les employeurs ne se priveront pas, avec la surabondance de candidats...)
  • augmentation de l'âge moyen dans le secteur public (imaginez un instant que vous êtes très malade, à l'hôpital, et qu'une infirmière de 60 ans soit en charge de vous et de tout l'étage où vous avez été admis...)
Et que dire des cadeaux faits aux entreprises et aux « riches» ?
  • 40 milliards de baisse des charges pour les entreprises et 10 milliards d’allégements sociaux et fiscaux pour les ménages.
  • Suppression de l’ISF pour aider au financement des entreprises
J'ai déjà expliqué  que réduire les charges des entreprises et leur faire confiance pour « créer » des emplois était illusoire ; si leur carnet de commandes est raplapla pour cause de demande anémiée, il ne faut pas compter sur elles pour investir et/ou embaucher du personnel (et non créer des emplois, ce qu'une entreprise est incapable de faire à son niveau) ; quant à supprimer l'ISF « pour aider au financement des entreprises » cela me fait tordre de rire tellement c'est niais, comme si les entrepreneurs (les vrais, pas les managers intéressés par les profits à court terme) étaient limités par l'ISF pour faire leur business !

Et pour finir que penser de cette proposition à mi-chemin entre économie et société :
  • 12 milliards d’euros de plus dans la sécurité, la défense et la justice, et création de 16 000 places de prison, pour que les condamnations soient exécutées. 
Ainsi Fillon veut diminuer les dépenses de santé et d'éducation, mais augmenter celles relatives à notre « sécurité » en remplissant notamment nos prisons ; peut-être veut-il faire concurrence aux États-Unis qui possèdent 23% de la population carcérale dans le monde alors que nous n'en sommes qu'à un malheureux 1% ?

 Comme le dit Jean-Marie Harribey :
  • Après quarante années de politiques néolibérales instaurées pour asseoir la domination de la finance capitaliste mondiale et nous ayant menés à une crise inédite, la droite française vient de se doter d’un chef qui promet d’aller encore plus loin : deux points de plus de TVA sur les pauvres, suppression de l’ISF sur les riches, rétrécissement de la couverture santé par la Sécurité sociale, augmentation de la durée du travail, retraite à 65 ans, voire 67 ; 110 milliards de baisse de la dépense publique, 500 000 fonctionnaires en moins, etc.
C'est l'esprit olympique du « plus vite, plus haut, plus loin » qui doit inspirer François Fillon, par ailleurs amateur de courses automobiles ; mais qui ne se rend pas compte que son programme ne peut qu'envoyer son bolide dans le mur.




dimanche 27 novembre 2016

Mes pièges à chenilles processionnaires

En cette journée de primaires où il s'agit essentiellement de choisir le candidat le moins réactionnaire (ou le plus réactionnaire si on est réactionnaire bien sûr) il y avait d'autres choses bien plus intéressantes à faire surtout quand on n'est pas concerné par les problèmes de choix cornélien des gens de droite (bientôt il y aura le même type de problème pour ceux de gauche, chacun son tour)

Moi j'ai choisi, puisque le temps s'y prêtait, de m'occuper à remettre en place les pièges que j'avais installés l'an dernier et qui s'étaient avérés très efficaces.

Les chenilles processionnaires sont de jolis petits animaux qui vont à la queue leu leu et sont donc plutôt originaux (ainsi que ceux qui actuellement font la queue pour voter) mais se révèlent très dangereux pour nos animaux favoris, les chiens et les chats.

Le site France Chenilles nous explique de quoi il s'agit et comment combattre ce mini fléau des jardins qui a tendance à se répandre sur le territoire en progressant vers le nord (on se demande bien pourquoi...)

Le cycle biologique est très bien expliqué avec ce schéma :


On voit que les processions, qui préludent à l’enfouissement, commencent en principe fin janvier pour se terminer courant juillet (cela dépend de la région) mais l'an dernier les processions de mes chenilles avaient toutes commencé en janvier et en février toutes ces bestioles étaient déjà piégées dans les sacs de terre de mes pièges, mais il faut dire que l'hiver 2015-2016 a été particulièrement doux chez moi ; cette année l'automne semble un peu plus frais mais comme l'hiver n'a pas encore commencé on ne sait pas ce que cela donnera, donc j'ai préféré, comme indiqué dans le schéma suivant, poser mes pièges dès maintenant :


Le piégeage indiqué (en bleu) est chimique, à base de phéromones de synthèse censées leurrer les mâles si j'ai bien compris, mais je n'ai qu'une confiance limitée dans ce type de technique, pour moi le plus efficace est le piégeage manuel avec de simple sacs de terre accrochés aux arbres, encore différent de la lutte mécanique qui consiste à couper les branches atteintes. Quant à la lutte chimique à base d'insecticides très peu pour moi, chaque fois qu'on peut se passer de ce genre de produits c'est toujours préférable ; le traitement biologique est identique au précédent sauf que l'insecticide est « naturel », à base de BT comme dans le BT-corn transgénique que mon entreprise avait essayé de commercialiser...

Voici un petit aperçu de mes chenilles et de mes pièges.

Tout d'abord le problème en lui-même, le nid dans lequel les chenilles se calfeutrent bien au chaud pour passer les mauvais jours en se nourrissant des aiguilles de pins qui les entourent :


Mes trois pins noirs d'Autriche sont les plus atteints, ils ont tous été recolonisés cette année, certes en moins grandes quantités que l'an dernier, quant à mon pin parasol qui avait hébergé deux ou trois nids l'année dernière il n'en porte aucun aujourd'hui, apparemment les chenilles préfèrent les cieux autrichiens, mais cela pourrait changer, c'est pour cela que je l'ai quand même protégé :


Pour plus de détails sur le système de piégeage :


La collerette supérieure  piège les chenilles qui descendent le long du tronc, elles se mettent alors à tourner en rond en ignorant dans un premier temps le trou (unique) qui communique via un tuyau flexible avec un sac de terre attaché par deux crochets à une sangle fixée sous la collerette ; on dirait qu'elles se doutent de quelque chose et hésitent à s'engager dans cet étroit conduit, cependant au bout d'un moment elles se décident enfin à l'emprunter et vont s'enfouir dans la terre (promise) qui devient leur tombeau. Cette année j'essayerai de les prendre en photos quand elles se trouvent dans la collerette puis dans la terre (on peut les voir un temps à travers le plastique, puis elles s'enfoncent au milieu et deviennent invisibles)

Je n'ai pas changé la terre de l'an dernier, donc les cadavres des chenilles de la saison précédente sont toujours dans la terre, on verra si cela a une influence ou pas (dans la notice il est indiqué de se débarrasser des sacs en déchetterie mais je n'en vois pas l'utilité, à moins de vouloir chaque année dépenser de l'argent pour acheter d'autres sacs...)

Je me suis même demandé quelle était l'utilité des sacs, est-ce qu'on ne pourrait pas par exemple utiliser la seule collerette (sans trou...) et laisser les chenilles tourner indéfiniment en rond jusqu'à épuisement ou jusqu'à ce que les oiseaux se chargent de faire le ménage (les mésanges semblent être particulièrement friandes des chenilles, ça c'est de la lutte biologique ou je ne m'y connais pas !)

Quand les sacs seront devenus inutilisables à force d'avoir servi, ou que leurs attaches auront cédé suite à l'augmentation de diamètre des troncs (je ne suis pas arrivé à desserrer ces attaches...) je tenterai cette méthode « pour voir », mais il est sûr que si elle marche elle ne va pas être mise en avant par les fabricants de ces pièges...

Pour finir, quid du réchauffement climatique ?

J'ai noté que les chenilles avaient colonisé la quasi-totalité de certaines forêts de pins dans les endroits où je fais de la randonnée, mais c'est une impression personnelle qui n'a pas de valeur scientifique, alors voyons un peu ce qui se dit sur le sujet.

Sur le site du Ministère de l'Environnement, de l’Énergie et de la Mer on nous dit :
  • Les contraintes thermiques, qui forçaient la chenille à demeurer au sud de la Loire dans les années 1970, ont été progressivement levées par le réchauffement climatique. Cela a permis son expansion continue vers le nord au rythme moyen de 4 km/an durant les dix dernières années. Cette progression pose des questions quant à son impact sanitaire potentiel (allergies, urtication, choc anaphylactique) pour l’homme et les animaux domestiques. Les populations situées à l’est et à l’ouest du Massif central, séparées à l’origine, se sont rejointes au nord de ce massif.
 Avec la carte suivante :

La carte globale, réactualisée tous les 5 ans, montre l’expansion latitudinale de la processionnaire du pin en France entre l’hiver 1980-1981 et l’hiver 2005-2006. D’origine méditerranéenne, cet insecte présente, contrairement à la plupart de ses congénères, un développement larvaire hivernal. Il se trouve, pendant ce stade, favorisé par une augmentation même minime de la température hivernale qui régule ses chances de survie. En l’occurrence, les contraintes thermiques de l’insecte sont d’une part une température létale inférieure à -16 °C et, d’autre part, des capacités de nutrition nocturne liées à l’exigence d’une température du nid d’au minimum 9 °C durant le jour suivie d’une température de l’air supérieure à 0 °C la nuit suivante. Alors que ces contraintes forçaient par exemple en Région Centre l’insecte à stationner au sud de la Loire dans les années 1970, le réchauffement climatique les a progressivement levées permettant une expansion continue vers le Nord. Les populations situées à l’Est et à l’Ouest du Massif Central, séparées à l’origine, se sont également rejointes au nord de ce massif. Une progression similaire est visible en altitude (Alpes, Pyrénées, Massif central).

Le site du Parc national des Écrins nous informe :
  •  A l’origine méditerranéenne, cette espèce est connue depuis longtemps dans la moitié sud de la France. Favorisée par les températures douces, le réchauffement climatique lui est bénéfique. On observe depuis quelques décennies une expansion de son aire de répartition vers le nord, où elle atteint désormais la Normandie et la région parisienne, ainsi qu’en altitude. Elle a été observée jusqu’à plus de 1600 m sur le territoire du parc national des Ecrins.
  • Outre le réchauffement climatique, l’espèce est capable de se déplacer sur de longues distances (le mâle du papillon peut se déplacer jusqu’à une cinquantaine de kilomètres, contre trois à quatre pour la femelle). De plus, l’utilisation de pins sur les bords de routes et autoroutes constitue des corridors pour la processionnaire qui dispose alors de « routes » toutes tracées pour sa propagation.
Ainsi le réchauffement climatique est un facteur aggravant, au même titre que l'usage que l'on fait des pins le long des routes qui permet une propagation facilitée ; mais si vous demandez à un climatosceptique il vous dira que le réchauffement climatique n'y est pour rien et que seul l'usage des pins est responsable, explication caractéristique de celui qui regarde les choses avec des œillères lui occultant une partie du problème.

Sur le site de l'INRA nous avons les détails (les deux sites ci-dessus se réfèrent à l'INRA et restent dans les généralités) :
  • Telle une armée en campagne, la chenille processionnaire avance vers le nord de la France à la recherche de pins ou de cèdres à effeuiller. Conséquence palpable du réchauffement climatique, c’est à présent presque tout le territoire qui est favorable à son développement.
  • Le front d’invasion de cet insecte ravageur part du Finistère, passe par le sud de la région parisienne pour atteindre finalement le lac Léman. Il se trouve actuellement à une vingtaine de kilomètres seulement de Paris. Le front avance en moyenne 5 kilomètres tous les ans, d’après les chercheurs de l’unité de recherche de Zoologie forestière qui suivent cette évolution. Au total, en quelque 20 ou 30 ans, la chenille s’est emparée d’environ 100 000 km2 de territoire français. [soit près d'un cinquième du territoire]
  • La chenille processionnaire gagne aussi des terres en hauteur. Ainsi, des zones élevées du Massif central, des Pyrénées ou des Alpes qui ne connaissaient pas l’insecte, sont désormais sous sa coupe. Les chercheurs calculent qu’elle gagne entre 3 et 7 mètres en altitude par an. [ce qui semble expliquer pourquoi j'en vois davantage durant mes randonnées...]
  • Avant les années 1990, la Loire constituait en quelque sorte la frontière Nord du territoire de la chenille processionnaire. Les années favorables, elle gagnait quelques kilomètres, qu’elle perdait ensuite lors d’hivers plus rigoureux. Mais à partir de cette décennie, le changement climatique a commencé à faire sentir ses effets. Ainsi, dans le Bassin parisien, la température moyenne minimale d’octobre à mars a augmenté d’environ 1°C en vingt ans.
  • Durant des années, la processionnaire était pour les scientifiques une extraordinaire sentinelle climatique : son expansion révélait très nettement la modification progressive des températures. Ce n’est plus le cas : « aujourd’hui, c’est la majeure partie du territoire français qui, du point de vue des températures, est favorable à la chenille. Si elle n’a pas encore tout envahi, c’est parce que son expansion naturelle est plus lente que le changement climatique », constate Alain Roques, directeur de l’unité de recherche Zoologie forestière. [ce qui montre bien que les espèces animales et végétales ont du mal à s'adapter à la rapidité du réchauffement climatique...]
  • Ce laboratoire coordonne actuellement un réseau, appelé PCLIM1 qui réunit 80 chercheurs de 20 pays. L’objectif est d’apprécier les réponses adaptatives au changement climatique des processionnaires et de leurs organismes associés.
    •  (1) « Processionnaires et Climat »: réseau mis en place par l’Inra dans le cadre du métaprogramme ACCAF (Adaptation de l’agriculture et de la forêt au changement climatique).
  • Une chenille sous contrainte
    Les chercheurs de l’Inra ont mené de nombreuses expériences afin de connaître les températures qui contraignent sa survie. Compte rendu :
    • -16°C : au-dessous de ce seuil, c’est toute la colonie qui meurt.
    • 0°C : température nocturne minimale de l’air pour que les chenilles, qui ne se nourrissent que la nuit, sortent de leur nid.
    • +9°C : température diurne minimale dans le nid pour que les chenilles puissent en sortir la nuit suivante. Ce seuil est appelé température d’activation.
    • +32°C : température estivale au-dessus de laquelle les colonies peuvent être durement affectées.
     
 Il y a quand même quelque chose de rassurant, c'est que quand les températures auront atteint durablement et dépassé les 32°C alors nous serons débarrassés des chenilles processionnaires !

Je sais, il m'en faut peu pour me rassurer.

Enfin un bulletin de l'ANSES nous informe au niveau épidémiologique :
  • Les conséquences du changement climatique s’expriment dans de nombreux domaines. L’agence nationale pour la recherche(ANR) a lancé un appel à projets en 2007 sur l’impact de ce phénomène complexe sur la biodiversité. En réponse,un programme associant des équipes de l’Inra, du CNRS, de l’assistance publique, de l’ENVA et de l’Afssa (de l’époque) avait été proposé. Intitulé «Anticipation des effets du changement climatique sur l’impact écologique et sanitaire d’insectes forestiers urticants», acronyme URTICLIM (ANR 07BDIV013), ce programme avait été retenu et arrive aujourd’hui à son terme (1er janvier 2008-31 décembre 2011). Le programme associant des équipes françaises et étrangères a été animé et coordonné par Alain Roques (Inra Orléans).
  • La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pitycampa, famille des Notodontidae) se nourrit essentiellement sur diverses espèces de pin (Pinus sp.). Sa répartition naturelle est circum méditerranéenne. En France elle était limitée historiquement au sud de la Loire. Depuis quelques années, sa présence au nord devient de plus en plus régulière et après quelques percées (Val-de-Marne notamment) son implantation en région parisienne, très peuplée, semble inévitable (Figure1). Le projet, en s’appuyant sur ce constat, a utilisé la progression vers le nord de la chenille comme marqueur du changement climatique, puis a cherché à décrire cette avancée, l’analyser et essayer de la modélise. 
  • Une soixantaine de personnes représentant 20 pays ont participé à la réunion finale d’URTICLIM, tenue du 17 au 19 octobre 2011 en Corse.
Si la chenille processionnaire mobilise à elle seule « une soixantaine de personnes représentant 20 pays » alors je pense qu'on peut accorder une certaine importance au sujet et considérer que ce ne sont pas des fantaisistes qui s'occupent de régler ce genre de problème.

A mettre en regard avec la foule immense mobilisée par des climatosceptiques qui exposent leurs opinions sur le sujet plus global du climat...




 




samedi 26 novembre 2016

Fidel Castro le mal aimé

Ainsi Fidel Castro vient de casser sa pipe à 90 ans, un bel âge pour mourir, on ne va donc pas pleurer sa mort, ni s'en réjouir.

De nombreux exilés cubains clament leur joie nous dit-on ; on a ce genre de témoignage :
  • « C’est triste de se réjouir de la mort de quelqu’un, mais en fait cette personne n’aurait jamais dû naître », déclare Pablo Arencibia, un enseignant de 67 ans exilé depuis 20 ans descendu dans la rue pour fêter la nouvelle. « C’était un criminel, un assassin et un homme misérable, ajoute Hugo Ribas, 78 ans. Toute sa famille est criminelle ».
Bon d'accord, Castro n'était pas ce qu'on appelle un démocrate, et il a certainement des choses à se reprocher (façon de parler maintenant qu'il est mort...), mais en fait pourquoi parle-t-on ainsi de Castro ?

Il faudrait peut-être se remémorer (mais le genre humain a la mémoire qui flanche souvent) qui Castro a remplacé : le général Batista.

Sur wikipedia on peut apprendre que Batista « a causé la mort de 20 000 personnes en sept ans selon une estimation américaine citée par John Kennedy » ; 20 000 personnes mortes en 7 ans à cause de Batista; alors que Castro est resté au pouvoir de 1959 à 2008, date à laquelle il s'est retiré des affaires pour cause de santé (ou de vieillesse plus précisément)

Castro a donc «  régné » pendant 49 ans, donc en faisant une bête règle de trois : 20 000 x 49/7 = 140 000, c'est le nombre de morts qu'aurait causé Batista s'il était resté au pouvoir pendant la même durée.

Agoravox nous apprend que Castro aurait causé la mort de 9 200 cubains, plus les 77 000 qui ont tenté de fuir Cuba pour rejoindre le paradis, à savoir les États-Unis. Et tout cela en un demi-siècle, alors qu'il n'avait fallu que 7 ans à Batista pour tuer 20 000 personnes.

Pour en savoir un peu plus sur la dictature de Batista le site Operamundi nous donne 50 pistes, dont celles-ci :
  • Le 27 mars 1952, les Etats-Unis reconnurent officiellement le régime de Batista. Comme le souligna l’ambassadeur étasunien à La Havane, « les déclarations du général Batista concernant le capital privé ont été excellentes. Elles ont été très bien reçues, et je savais sans aucun doute possible que le monde des affaires faisaient partie des plus enthousiastes supporters du nouveau régime ».  
Les États-Unis étaient donc les alliés inconditionnels de Batista et ne se souciaient pas  trop des exactions qu'il pouvait commettre :
  • Batista faisait preuve d’une violence féroce à l’égard de l’opposition. Mais les Etats-Unis firent preuve de discrétion vis-à-vis des crimes commis par leur allié cubain. Pourtant, l’ambassade étasunienne à La Havane multipliait les rapports à ce sujet : « Nous sommes désormais convaincus que les assassinats récurrents de personnes que le gouvernement qualifie d’opposants et de terroristes sont en fait le travail de la police et de l’armée. L’explication officielle est que les hommes ont apparemment été tués par d’autres opposants. Cependant, l’attaché juridique a reçu des aveux indirects de culpabilité au sein des cercles de police, en plus des preuves de la responsabilité de la police ».  
On comprend mieux pourquoi les américains ont peu apprécié le coup d'état de Fidel Castro et le renversement de Batista, c'était très mauvais pour leurs affaires.

Pour récompenser les cubains les États-Unis n'ont rien trouvé de mieux que de décréter un embargo qui dure encore aujourd'hui et qui a eu essentiellement deux conséquences :
  1. jeter Cuba dans les bras de l'URSS
  2. provoquer de graves désordres économiques ayant notamment entrainé l'exil de nombreux cubains
On voit donc l'ironie de l'histoire, les exilés cubains de Floride qui se réjouissent de la mort de Castro sont les mêmes qui ont fui le pays à cause des difficultés économiques provoquées par le pays où ils ont trouvé asile !

Curieusement il parait  que les exilés cubains comparent Trump à Castro si l'on en croit Le Figaro :
  • Pepe a connu le leader révolutionnaire Fidel Castro lors de la chute du régime de Batista, avant de combattre la nouvelle dictature dans les rangs des marines américains. Pour qui votera-t-il? Pepe, qui était autrefois un informateur fidèle des républicains, répond en toute franchise. «Je ne pourrai jamais voter pour un homme qui montre si peu de respect pour l'institution du président», affirme l'homme de 80 ans lors d'une interview au siège de la FNCA, sur la Calle Ocho. Après un bref moment de réflexion, Pepe poursuit: «Honnêtement, quand j'écoute Trump, il me rappelle parfois Castro lors des premiers mois à Cuba. Il essayait également de ridiculiser et de diviser les gens et de tout dénigrer à Cuba, même ce qui était bien. Et c'est ce que je vois aussi chez Trump.»
Bon, cela ressemble plus à un micro-trottoir qu'à un sondage effectué dans les règles de l'art, donc à prendre avec des pincettes...

Bref Castro n'était pas un saint (il ne l'a jamais revendiqué d'ailleurs) et il a remplacé un autre dictateur qui n'avait rien à lui envier sur le plan de la comptabilité macabre des opposants karchérisés à l'acide et mitraillés à la sulfateuse.

Par ailleurs les États-Unis portent une responsabilité évidente dans la situation dans laquelle s'est trouvée Cuba depuis 50 ans, et on peut savoir gré à Obama d'avoir tenté un rapprochement à la fin de son mandat ; si Trump annule tout il portera lui-même la responsabilité de la continuation de la crise cubaine et donnera raison à Pepe.






vendredi 25 novembre 2016

Trump et l'énergie

Adriasta publie un billet d'une certaine Gail Tverberg que je ne connaissais pas et dont le blog, Our Finite World, nous apprend :
  • The author of Our Finite World is Gail Tverberg. She is a researcher focused on figuring out how energy limits and the economy are really interconnected, and what this means for our future. Her background is as a casualty actuary, working in insurance forecasting.
Un équivalent d'Olivier Berruyer en quelque sorte, puisque tous les deux sont des actuaires travaillant essentiellement pour les compagnies d'assurance.

A cette occasion je mets immédiatement le blog de Gail Tverberg dans mes favoris afin de la suivre et voir régulièrement ce qu'elle a à dire sur le sujet du climat (je ne le fais pas pour le blog Les crises qui publie vraiment un peu n'importe quoi et s'égare dans de la géopolitique de comptoir de bistrot)

Le billet du 17 novembre est digne d'intérêt et mérite d'être lu en détail, voici quelques commentaires de mon cru (en bleu)

Page 4 :
  • La hausse de la productivité devrait entraîner une hausse des salaires
    • Ce n'est pas le cas
  • Les citoyens estiment que les méthodes actuelles ont échoué
  • De trop nombreux travailleurs sont toujours pauvres
  • La génération actuelle est plus pauvre que ses parents 
La hausse de la productivité (toutes choses égales par ailleurs) ne peut qu'entrainer une montée du chômage (on a besoin de moins de personnes pour produire la même quantité de biens ou de services) et donc une pression à la baisse des salaires, ce qui explique qu'en plus du chômage accru nous voyons de plus en plus de travailleurs pauvres. Seuls de nouveaux débouchés, induits par les progrès techniques essentiellement, peuvent éventuellement ouvrir (i.e. créer) de nouveaux emplois et rétablir une pression à la hausse des salaires en plus d'une baisse du chômage, mais même cela est temporaire car l'amélioration de la productivité ne tardera pas à annuler l'effet positif...Par ailleurs il existe de nombreux « faux » débouchés qui ne résultent d'aucun progrès technique véritable (seulement des améliorations de processus ou de la fabrication de besoins créés de toute pièce et supposés améliorer notre quotidien) et qui ne sont qu'un leurre bien incapable de résorber les problèmes de sous-emploi chronique et d'accroissement de la pauvreté (les GAFA en sont un merveilleux exemple qui produisent essentiellement du vent et déshabillent Paul pour habiller Jacques)

Page 6 :
  • Quelque chose semble mal tourné (sic) avec le pouvoir d’achat
    • L'électorat peut avoir un souci réel
    • Si les salaires sont trop bas, les travailleurs ne peuvent pas acheter la production de l'économie
      • La croissance économique ralentit, par faiblesse des salaires
C'est bien là le problème d'une politique économique basée sur l'offre et non sur la demande, on incite les entreprises à produire (en leur facilitant la vie par des baisses ou des crédits d'impôts ou en limitant les hausses de salaires ou en baissant les cotisations sociales dans l'espoir de les voir embaucher et/ou investir...) sans voir que s'il n'y a pas de demande pour garnir leurs carnets de commandes elles ne feront rien de ce qui a été pensé à leur place ! J'ai déjà traité le sujet ici.

 Page 7 :
  • Les salaires américains ont commencé à chuter en % du PIB durant les années 70, correspondant à la montée de la mondialisation
Comment pourrait-il en être autrement...?

Page 8 :
  • Aussi : Les 10% des salaires supérieurs obtiennent une plus grande part des salaires depuis 1980
Déjà évoqué ici dans le même billet que celui mentionné un peu plus haut. Les gagnants de la mondialisation sont toujours les mêmes, les happy few qui savent comment faire pour tirer profit de la libre circulation des biens et des personnes, en exploitant évidemment au maximum ces dernières ; et pour justifier leurs actes ils ne trouvent rien de mieux que de dire que la mondialisation a tiré des millions de gens dans les pays en développement (pour ne pas dire sous-développés...) d'une extrême pauvreté, sans dire qu'ils pourraient être bien moins pauvre (à défaut d'être plus riches) si les exploiteurs ne se sucraient pas sur leur dos.

Page 9 :
  • Chute du retour sur le travail
    • Il devient difficile pour les entreprises de vendre suffisamment de biens de consommation
    • Il devient difficile pour les gouvernements d’encaisser suffisamment d'impôts
    • Il devient difficile de rembourser la dette
    • Historiquement, cela semble conduire à l'effondrement, si ce n’est pas corrigé
Ce que Juppé et Fillon n'ont bien sûr pas compris avec leur programme ouvertement libéral. On en reparlera si l'un deux parvient au pouvoir et met ses menaces à exécution.

Page 11 :
  • La croissance économique est étroitement liée à la consommation d'énergie
Eh oui, sans consommation d'énergie difficile d'imaginer une quelconque croissance économique (i.e. une croissance du PIB), par conséquent tous ceux qui sont pour une reprise de la croissance économique ne peuvent être que pour un accroissement de la consommation d'énergie, et par voie de conséquence pour un accroissement de la production d'énergie, avec les problèmes qu'on connait...

Page 15 on peut voir une admirable courbe en crosse de hockey, celle représentant l'accroissement de la population mondiale de moins dix mille ans jusqu'à aujourd'hui ! A rapprocher de la courbe des concentrations de CO2 dans l'atmosphère et, bien sûr, de la courbe des températures ! Mais à part cela l'Homme n'y est pour rien, et puis d'abord quelle hausse des températures...?

Page 17 :
  • Les humains ont pu développer de plus grands cerveaux
    • Les premiers aliments cuits datent d’il y a 300 000 à 1 million d'années
    • Les aliments cuits permettent de plus petites dents et mâchoires, et un système digestif plus simple
    • Ce qui permet un métabolisme plus élevé et donc, des cerveaux plus gros
    • L’humanité est maintenant adaptée à manger de la nourriture cuite
Cela me fait penser à une discussion animée qui s'est tenue sur ce blog concernant l'Homme et l'animal ;  un certain Tsih y affirmait que « le développement spectaculaire d'une partie du cerveau chez l'homme au cours de l'évolution semble bien définitivement liée au phénomène qui a consisté pour nos ancêtres à accéder à et pouvoir consommer de la viande et des protéines animales (crues) plutôt que seulement des végétaux. » ; ici on parle d'« aliments cuits » sans préciser s'il s'agit de végétaux ou d'animaux ; et difficile maintenant de savoir si c'est le fait d'avoir mangé de la viande cuite d'animal qui a permis à l'humanité de progresser, ou si c'est le fait de manger des aliments cuits qui a permis à l'humanité d’augmenter ses capacités cognitives et d'améliorer ses techniques de chasse et donc de manger davantage de chair animale, le débat reste ouvert...

Page 19 :
  • La croissance de l’humanité est susceptible d'atteindre éventuellement des limites, même avec la complexité
  • Beaucoup de ressources s’épuisent simultanément
    • L'eau douce par habitant est en baisse
    • Les sols s’érodent et perdent leurs nutriments
    • Les minerais à forte concentration sont exploités en 1er
  • Des quantités plus importantes d’énergie peuvent être utilisées pour contourner ces limites
    • Les ressources énergétiques ont leurs limites aussi
  • Les ressources énergétiques ont des limites même si elles semblent renouvelables
    • Le coût élevé est une limite. Les quantités utilisées sont limitées par les impacts sur les écosystèmes
Le mot « éventuellement » de la première phrase doit être compris dans son sens anglais, c'est-à-dire que cela se produira dans un futur plus ou moins proche, il ne s'agit pas d'une simple possibilité. Le simple bon sens conduit à dire qu'effectivement :
  • on utilise en premier les ressources les moins chères, c'est-à-dire en principe celles qui sont les plus faciles à produire ou à se procurer (ce qui explique la chute actuelle des gaz de schistes suite à la baisse du prix du pétrole, rendant les techniques de fracking trop chères)
  • plus on extraira de ressources non renouvelables telles que le pétrole ou le charbon, moins il y en aura de disponibles à coût compétitif, alors que les énergies renouvelables ne pourront que voir leurs coûts baisser (ce qui ne veut pas dire que les ENR pourront satisfaire les besoins en énergie tels qu'ils sont actuellement...)
Page 20 :
  • Les bas salaires
    • Des ressources sont nécessaires pour des emplois bien payés
      • Par exemples : du pétrole pour faire fonctionner des machines lourdes, de l’électricité pour faire fonctionner des ordinateurs.
      • Peut sans doute être fait manuellement mais la productivité est moindre 
      • Les salaires bas reflètent une productivité moindre
C'est bien peut-être dans cette direction que l'humanité s'achemine :  davantage de main d’œuvre peu payée pour effectuer le même travail, une sorte de dé-productivité obligée afin d'employer les gens et éviter la révolution...

Page 24 :
  • Soutien du gouvernement nécessaire
    • Le gouvernement établit les règles
    • Il fournit des routes, de l'éducation, des services aux personnes âgées, etc
On comprend mieux les réticences des libéraux... Et puis cela ne va pas dans le sens de Fillon ou Juppé, que ce soit 250 000 ou 500 000 fonctionnaires en moins peu importe, on ne voit pas trop comment le gouvernement (français) va pouvoir avec eux fournir l'effort nécessaire, à moins évidemment que la solution toute trouvée soit de tout faire faire par le privé, c'est vrai que le privé est incomparablement plus efficace que le public en matière d'éducation ou de santé, sans compter la sécurité... Et dire que l'exemple pourrait venir de Trump...

Page 27 :
  • La baisse des salaires de ceux qui sont au bas de la hiérarchie tend à ralentir l’économie 
    • Les habitudes de consommation varient suivant les revenus
    • Les bas salaires dépensent tout (sic) leurs revenus
      • Pour acheter des produits de base, maintenant les prix hauts
      • Les hauts salaires consacrent de l’argent à l’éducation et aux services financiers, avec moins de retombées économiques
Les hauts salaires placent surtout leur argent en bourse ou dans l'immobilier, provoquant des bulles financières qui éclateront et pénaliseront en premier les bas salaires...

Page 34 :
  • Maintenant les bénéfices de la globalisation ont quasiment fini leur évolution
  • La croissance mondiale de l'offre d'énergie ralentit
  • L'offre bon marché de charbon en Chine ne stimule plus la croissance
Une autre façon de dire les choses : les arbres ne montent pas au ciel !

Page 35 :
  • La dernière tentative de complexité, que sont l'énergie éolienne et le PhotoVoltaïque, n’est pas un succès
  • Trop cher, pas suffisant, ajoute des problèmes au réseau
Que ce ne soit pas suffisant est une évidence, mais ce n'est pas une raison pour ne pas développer ces techniques. Par contre dire que c'est trop cher est peut-être vrai aujourd'hui, mais le coût des ENR ne peut que diminuer en comparaison des coûts d'extraction accrus des énergies fossiles. Quant à ajouter des problèmes au réseau le progrès technique n'est-il pas là pour remédier à ces problèmes...?

Page 37 :
  • Beaucoup de gens pensent que la croissance économique peut être découplée de la consommation d'énergie
    • Vrai pour les pays individuellement, mais pas pour le monde dans son ensemble
    • La consommation d’énergie détermine la capacité de charge pour l’humanité
    • Une réduction significative de la consommation d’énergie fossile réduira probablement la population humaine
Beaucoup de gens pensent effectivement « localement » et sont incapables de prendre de la hauteur ; c'est la cas des climatosceptiques qui pensent que le RCA est un canular parce qu'il neige chez eux. La population humaine risque bien de pâtir de manière plus ou moins directe du manque de ressources énergétiques : guerres, famines, épidémies, voilà ce qui pourrait bien être la « solution » et donner in fine raison à Malthus ! (Malthus n'a pas vraiment été réfuté, ses prévisions sont simplement repoussées dans le temps, il suffit donc d'être un peu patient...)

Page 42 (on y arrive) :
  • Quelques éléments de la solution de Trump
    • Réduire la réglementation des entreprises de l’énergie
    • Réduire les efforts contre le changement climatique
    • Réduire les subventions aux énergies renouvelables
    • Réduire les dépenses du gouvernement
    • Réduire les engagement[s] à l’étranger
  • Joseph Tainter, dans son livre « Effondrement des sociétés complexes » dit que les économies qui sont proches de l'effondrement peuvent, peut-être,retarder l'effondrement en réduisant la complexité
    • Les changements ci-dessus semblent réduire la complexité
Ce n'est qu'une opinion sans aucune base scientifique ni aucune preuve tirée d'un quelconque exemple dans le passé. Jared Diamond a montré que l'effondrement des sociétés tenait à plusieurs facteurs qui pouvaient être différents d'une société à l'autre.

Page 45 en guise de conclusion (et parce qu'il faut bien terminer un jour ce long billet) :
  • À long terme, il est difficile de voir une approche qui maintiendra le PIB à la hausse
    • Le mythe que l’économie peut continuer sans une fourniture d’énergie croissante bon marché est faux
    • Nos problèmes remontent à l'époque où les prix du pétrole ont dépassé les 20 $ le baril en $ actuel
    • Nous avons aussi le défi du vieillissement de la population
Est-ce que cela veut dire que Trump ou pas Trump de toute façon les dés sont jetés ?


Il est encore bien trop tôt pour dire quels seront les effets de la « politique » de Trump, il n'est pas impossible qu'il y en ait qui soient positifs et fassent regretter à tous les démocrates et autres socialistes (pour les français notamment) d'avoir poursuivi une « politique » de droite (ultra)libérale ayant conduit Trump au pouvoir et susceptible bientôt d'amener MLP aux portes de l'Elysée.









jeudi 24 novembre 2016

Les projections de James Hansen actualisées

Il y a un an de cela j'avais fait état d'un billet de blog de Nick Stokes (aka moyhu) relatif aux projections que James Hansen avait effectuées en 1988.

Hier Nick Stokes a publié une actualisation de ces projections.

Le graphique suivant est assez parlant :


On y voit en surimpression des trois scénarios les relevés des anomalies de températures basées sur les moyennes de 1951-1980 (pour GISS) et 1981-2010 (pour UAH et RSS puisque ces données ne sont disponibles que depuis 1979)

On rappelle que les trois scénarios sont les suivants, selon les termes de Nick Stokes :
  • A : « highest emissions, has 410 ppm in 2015 »
  • B : « has 406 »
  • C : « has 369.5 »
Comme nous sommes assez près du scénario B on peut remarquer l'étrange adéquation entre la projection pour ce scénario et les températures réellement observées...

Pourtant dans la presse climatosceptique on n'arrête pas de nous dire que « les modèles climatiques se trompent », alors qui faut-il croire ?

Jacques Duran nous fournit un papier de Roy Spencer dans lequel on peut lire dans la conclusion :
  •  Mais étant donné toutes les incertitudes restantes, je ne crois pas que nous puissions décider avec un degré suffisant de confiance si une des projections d‟un réchauffement futur par l'un des modèles actuels, peut être crédible. Tout scientifique qui prétend le contraire a, soit une motivation politique, soit une autre motivation non-scientifique, à moins qu‟il ne soit, tout simplement, médiocre.
Vraiment ? James Hansen, un scientifique médiocre ? Ou motivé par « quelque chose » de politique ou de non-scientifique?

On a l'impression que Roy Spencer tente de se décrire lui-même, et par ricochet de décrire Jacques Duran qui le cite comme référence digne d'intérêt.

Et PapyJacko (alias Jacques Corbin), un habitué du site de pseudo(ou alter)-science Skyfall, qui entonnait déjà en 2013 sur Contrepoints l'hymne climato-irréaliste en l'honneur d'Anthony Watts en montrant un graphique prétendant mettre à bas les modèles numériques :


On croit rêver en regardant la courbe des températures supposées « réelles »...

Quasiment plate de 1978 jusqu'en 2010, évidemment avec des sources nébuleuses (balloon datasets et satellite datasets) qui viennent d'on ne sait où.

Ces données aplaties ne sont même pas conformes avec ce que l'on peut voir sur Wood for trees :


Chez Anthony Watts et PapyJacko c'est plat (à peine 0,1° de hausse et encore) alors que les données consultables concernant les satellites donnent +0,5° (à vue de nez) sur la période 1979-2016.

Et en regardant les données issues de Nick Stokes on voit bien la même hausse d'environ 0,5° sur la même période.

Mais PapyJacko est une source fiable, n'a-t-il pas déclaré dans ce même billet (qui date rappelons-le de 2013) :
  • La banquise Arctique a donc, selon l’agence spatiale japonaise, atteint son minimum il y a quelques jours. 5 millions de km2, soit 1,5 millions de km2 au-dessus de la valeur minimale de l’an dernier.
  • Cette brutale remontée a déjà été exposée et commentée sur Contrepoints, et je ne souhaite pas rouvrir ce débat, où il me semble que tous les arguments ont déjà été échangés. Je souhaiterais par contre signaler un point qui n’a pas été soulevé : la qualité de la prévision, à court terme, de ce minimum, par les équipes mondiales de spécialistes de la question.
Si l'on regarde le billet qu'il cite et qui est censé expliquer la « brutale remontée de la banquise arctique en 2013 » on peut lire, sous la plume d'un certain Stéphane Montabert :
  • Selon certains experts, nous entrons actuellement dans une période de refroidissement climatique.
  • Au vu du manque de coopération de l’arctique, il faudra peut-être revoir ces certitudes à la baisse et introduire un peu d’humilité dans les prévisions de température à l’horizon 2100.
  • Voyons le bon côté des choses : en ressortant tous les reportages apocalyptiques servis avec certitude au grand public depuis des années, il y a de quoi se monter une jolie soirée bêtisier.
Effectivement, le seul point où je donne raison à Stéphane Montabert c'est qu'« en ressortant tous les reportages climatosceptiques  servis avec certitude au grand public depuis des années, il y a de quoi se monter une jolie soirée bêtisier. » !

Je rappellerai simplement mon billet récent sur la diminution des deux banquises, arctique et antarctique, afin de relativiser la « brutale remontée » mentionnée par le devin PapyJacko ; quant à la « période de refroidissement climatique » promise par Stéphane Montabert on va attendre un peu, peut-être que dans quatre mille ans après une guerre nucléaire totale entre les nations restant sur Terre nous verrons un infléchissement de la courbe des températures, mais il ne sera pas nécessaire de se pourvoir en anoraks et poêles à charbon, les radiations auront grillé tout le monde avant que le problème se fasse sentir.