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lundi 26 septembre 2016

The madhouse effect de Michael Mann

Je viens de terminer la lecture du dernier ouvrage de Michael Mann, The Madhouse Effect, que j'avais pré-commandé début août et que j'ai reçu il y a une dizaine de jours.


Ce livre est un petit bijou de concision et de clarté, écrit pour être compris par tout le monde et supposé lancer un message d'avertissement à la population.

Mais soyons clair, nous ne partageons pas l'avis de Naomi Oreskes quand elle écrit au sujet de ce livre en quatrième page de sa jaquette :
  • When giving public talks, I am often asked, 'What do I do about my Uncle Joe, who doesn't believe in climate change?' Now I finally have an answer: Buy him a copy of The Madhouse Effect, and tell him you won't talk to him until he has read it. Even if he doesn't read it, he'll look at the pictures, and that might just be enough.
  • Traduction : Quand je donne des conférences on me demande souvent, « comment je fais avec mon oncle Joe qui ne croit pas au changement climatique ? » Maintenant j'ai enfin ma réponse : achetez-lui un exemplaire de Madhouse Effect (l'effet maison de fous), et dites-lui que vous ne lui parlerez pas tant qu'il ne l'aura pas lu. Même s'il ne le lit pas, il regardera les dessins, et cela pourrait être suffisant.
Même Michael Mann n'y croit pas quand il écrit page 7 :
  • If you're a fervent climate change denier, there is a good chance that you (1) aren't reading this book anyway, (2) don't read Tom's editorial cartoons in the Washington Post [...]
  • Traduction : Si vous êtes un climatosceptique pur et dur, il y a de grandes chances que (1) vous ne soyez pas en train de lire ce livre de toute façon, (2) ne regardez pas les dessins éditoriaux de Tom dans le Washington Post [...]
Ce qui prouve au moins que Michael Mann est quelqu'un de lucide. Inutile de dire que je partage son opinion à 150%.

Non, l'oncle Joe, à la seule allusion à Michael Mann, aura immanquablement un réflexe pavlovien qui lui fera automatiquement répondre à sa nièce ou son neveu : Quoi, Michael Mann, l'homme à la crosse de Hockey qui a été démontrée comme fausse, l'homme du climategate qui a trafiqué les données pour faire croire à une augmentation des températures alors qu'elles sont à la baisse ! Non merci, très peu pour moi !

Peu importe que la crosse de hockey n'ait jamais été réfutée (bien au contraire, elle a été confirmée par des équipes indépendantes qui tentaient peut-être de la réfuter) ou que le climategate se soit dégonflé comme la baudruche qu'il était pour juste faire capoter la COP15 de Copenhague en 2009, non l'oncle Joe n'en démordra pas, et il continuera à réciter comme un perroquet la litanie de tous les poncifs climatosceptiques comme par exemple notre ami Nicias sur le site pseudo-scientifique Skyfall.

Mann nous rappelle quelques paroles assez représentatives de la façon dont on doit envisager le climatoscepticisme :
  • page XI dans la préface : [...] Upton Sinclair famously warned us [...]: "It is difficult to get a man to understand something, when his salary depends on his not understanding it".
  • Traduction : Upton Sinclair nous a parfaitement averti :  « Il est très difficile de convaincre quelqu'un de quelque chose, quand son salaire dépend de sa non compréhension de ce quelque chose »
Je peux personnellement confirmer ce fait, ayant travaillé pendant plus de deux décennies dans une entreprise de l'agrobusiness dans laquelle il n'était pas bien vu de critiquer les produits mis sur le marché ; quand il faut ramener un salaire à la maison on est parfois tenté de céder à la pensée unique et de prétendre le contraire de ce que l'on pense en sourdine...

  • page 2 : As Carl Sagan also once said, "The fact that some  geniuses were laughed at does not imply that all who are laughed at are geniuses. They laughed at Colombus, they laughed at Fulton, they laughed at the Wright Brothers. But they also laughed at Bozo the Clown"
  • Traduction : Comme Carl Sagan un jour a dit : « Le fait que l'on se soit moqué de quelques génies n'implique pas que tous ceux dont on se moque soient des génies. On s'est moqué de Christophe Colomb, de Fulton, des frères Wright. Mais on a aussi beaucoup ri avec Bozo le clown »
Carl Sagan était poli, mais il aurait aussi pu dire qu'il y a des charlatans qui prennent les gens pour des cons.

Mann nous informe aussi sur le problème de la « preuve » que j'avais déjà abordé dans un précédent billet qui avait suscité quelques commentaires et un échange positif avec Robert ; page 12 il écrit :
  • Absolute proof is for mathematical theorems [...]
    • Traduction : La preuve absolue s'applique aux théorèmes mathématiques [...]
  • Science deals [...] with degrees of likelihood, balances of evidence, and consistency among lines of evidence.
    • Traduction : La science gère des degrés de vraisemblance (ou probabilités),  d'équilibres de preuves (ou faisceaux de preuves), et de cohérence parmi des éléments de preuves.
  •  We can't "prove" gravity. It is after all, only a "theory".
    • Traduction : On ne peut pas « prouver » la gravité. Après tout il ne s'agit que d'une « théorie ».
  • Nor can we "prove" the greenhouse effect. It, once again, is a mere "theory". 
    • Traduction : On ne peut pas non plus « prouver » l'effet de serre. Une fois de plus, il s'agit d'une simple « théorie ».
Nous sommes très loin du "the science is settled" que nous serinent les climatosceptiques.

Je ne détaillerai pas toutes les pépites que l'on peut rencontrer tout au long de ce court ouvrage (186 pages avec les notes et l'index) mais je terminerai sur un passage inclus dans le chapitre sur la géo-ingénierie, page 118 :
  • [...] for the free-market fundamentalist, geoengineering is a logical way out because it reflects an extension of faith that the free market and technological innovation can solve any problem we create, without the need for regulation.
    • Traduction : pour le fondamentaliste (je dirais l'intégriste...) du marché libre (et soi-disant non faussé...), la géo-ingénierie est une solution logique car elle reflète une extension de la croyance que le marché libre (et non faussé...) et  l'innovation technologique peuvent résoudre n'importe quel problème que nous créons, sans aucun besoin d'une règlementation.

Vous voyez, en quelques mots quasiment tout est dit.

Mais l'oncle Joe ne lira pas, tout occupé qu'il est à regarder Fox News.




dimanche 25 septembre 2016

De Roquefère à Cubserviès

L'Aude est un département béni des dieux, surtout pour un athée comme moi.

Non seulement on peut y admirer de nombreux vestiges "cathares" (les châteaux n'ont pas été construits par les cathares mais ils leur ont servi de refuge contre les inquisiteurs de l'époque, dont Simon de Montfort) mais la variété des paysages est tout simplement ahurissante !

On n'a que l'embarras du choix entre les vieilles pierres à visiter, les randonnées à effectuer et les bonnes choses à manger, et tout cela dans des climats variés, méditerranéen pour les amateurs de planche à voile ou bronzette, montagnard pour ceux qui préfèrent faire travailler leurs mollets, aquitain pour les campagnards qui aiment la tranquillité des champs de tournesol, bref il y en a pour tous les goûts.

Aujourd'hui c'était une balade entre les villages de Roquefère et Cubserviès, pas très difficile et bien balisée, effectuée avec l'aide du guide de la Montagne Noire édité chez Chamina.

Voici l'itinéraire "fabriqué" par mon GPS BackTrack D-Tour :


 Au sud-est se trouve le gouffre de Cabrespine que je conseille aussi de visiter.

La balade commence à partir d'un parking que les randonneurs doivent obligatoirement utiliser afin de ne pas encombrer le trop petite place du village (le guide indique un parking dans le village, cela n'a pas dû être du goût des habitants qui avaient du mal à garer leur propre véhicule...) ; mon GPS comme d'habitude indique un emplacement de départ erroné, je me suis fait une raison maintenant et j'indique sur la carte où se trouve exactement le parking, environ 200 mètres avant l'entrée du village.

J'ai arrêté mon GPS à la buvette où nous avons pris un café et fait quelques emplettes (ils vendent de bien bonnes choses, et c'est pas cher !)

Trois points d'intérêt sur le parcours (hormis les points de vues exceptionnels que l'on trouve à deux occasions sur le trajet montant) :

La cascade de Cubserviès.
 Pour la voir penser à faire le petit détour par le village.

De la même façon, pour admirer l’église Saint-Sernin il faut monter pendant 250 mètres sur la route puis rebrousser chemin afin de reprendre l'itinéraire normal.

L’église Saint-Sernin et son cimetière.
 Dans le cimetière on peut voir la tombe d'un jeune de 20 ans mort en octobre 1918...

A Labastide-Esparbaïrenque on doit aussi faire un léger détour pour voir la chapelle Saint-André.

La chapelle Saint-André.
Sur le chemin on rencontrera également de nombreuses ruines, preuve que la montagne était habitée et exploitée quasiment dans ses moindres recoins si l'on en juge par tous les murets en pierre construits sans aucun mortier.

Dans le hameau de Pérayrol.


Un des nombreux murets étrangement très bien préservés.
Pour ce qui est des points de vue, hormis le pic de Nore ainsi que les nombreuses éoliennes plantées sur les crêtes venteuses, il y a au loin les châteaux de Lastours :


Au fond à gauche, derrière les châteaux, on distingue une installation ressemblant à un silo alimenté par une conduite, appartenant à la carrière située à côté du moulin de l'Artigue :


 Le silo avec sa conduite d'alimentation sont visibles en bas à gauche de la carrière.

En 2010 une explosion dans cette carrière avait projeté des blocs de 5 à 6 tonnes sur la route départementale 101 en contrebas. La mairie de Lastours avait demandé l'arrêt de l'exploitation de cette carrière, sans succès.

Cette carrière est apparemment une extension, ou une suite, de la mine d'or de Salsignes qui fut fermée en 2004 après avoir pollué les sols pour des centaines ou des milliers d'années...

Eau chargé en arsenic.

Tout cela pour dire qu'à côté des beautés de la nature ou du génie humain (les châteaux et autres monuments ou édifices) on peut facilement trouver ce qu'il y a de plus laid et dommageable pour ces mêmes nature et humains.

Inutile de dire qu'il n'est pas nécessaire de visiter tous les sites...




mardi 20 septembre 2016

Le réchauffement climatique sera bénéfique qu'y disaient

A la lecture du dernier numéro de Science & Vie (n°1189 du mois d'octobre) nous sommes rassurés, le réchauffement climatique ne va nous apporter que des bienfaits, et les climatosceptiques qui, après avoir nié qu'il y avait un réchauffement, prétendent que ce réchauffement ne peut qu'être bénéfique, vont être contents et pouvoir claironner urbi et orbi que le chaud c'est l'avenir de l'homme !

Qu'on en juge plutôt par la série d'articles ou entrefilets que voici.

Page 26 - Les maladies d'origine animale menacent aussi les zones tempérées

On apprend que les animaux (essentiellement veaux, vaches cochons...) vont devenir plus méchants avec nous en nous transmettant davantage de maladies (des zoonoses), le phénomène étant amplifié par
  • l'urbanisation croissante
  • la mondialisation
  • le réchauffement climatique
Cet article fait référence aux travaux de la chercheuse Barbara Han dont un résumé plus détaillé a été fait en juin de cette année sur le site The Scientist avec la même carte que sur S&V mais avec différentes couleurs :
Overlapping geographic ranges of zoonotic diseases carried by wild terrestrial mammal host species from 27 orders
Extraits :
  • Compiling data from hundreds of studies on past zoonotic disease outbreaks, Barbara Han, a disease ecologist at the Cary Institute of Ecosystem Studies in Millbrook, New York, and her colleagues have mapped where current reservoirs are most likely to be found. The goal was to be able to predict where future pathogenic leaps from mammals to humans are likely to occur.
  •  Zoonotic diseases are not, for example, concentrated in tropical environments, as might be predicted. In fact, the subarctic—Alaska, northern Canada, and northern Russia—had the same number of zoonoses as the tropics, despite being home to fewer reservoir species. “Even though there are more species in the tropics, fewer of them carry zoonoses,” Han said in a press release. “In contrast, more of the species living in northern latitudes, such as the Arctic Circle, carry more zoonoses. Understanding the implications of this pattern in light of climate warming trends will be an important line of inquiry that should be addressed sooner rather than later.”
Rassurant tout cela n'est-ce pas ?

Page 28 - Le poisson-lion menace le littoral méditérranéen

La méditerranée serait une mer sensible aux invasions biologiques pour deux raisons :
  1. le creusement du canal de Suez
  2. le réchauffement climatique
Notamment, le pterois miles, cette gentille bébête aux épines venimeuses, que wikipedia nous dit aimer les eaux chaudes de la Mer Rouge et de l'Océan Indien, ainsi que celles des Caraïbes où il a été malencontreusement implanté (pas la faute du RCA ici), se plairait également sur les côtés chypriotes, bref pas très loin de la Grande Motte à bien y regarder si l'on prend en considération les endroits d'où il est originaire ; une paire de milliers de kilomètres de plus ou de moins, hein !

Sur Futura on nous informe :
  • L'espèce, rapporte le communiqué, a été vue pour la première fois en Méditerranée dans la baie d'Haïfa, en Israël, en 1991, puis au Liban et à Chypre en 2012 et 2013, respectivement. L'observation de poissons-lions près de Kekova, au nord-ouest de Chypre, n'est donc pas une grande surprise mais elle confirme que cette rascasse poursuit sa progression vers le nord dans le bassin oriental de la Méditerranée.
Et quand il aura colonisé tout le bassin oriental il ne lui restera plus qu'à se diriger plein ouest, comme les cow-boys du 19è siècle ! (NB- les indiens seront alors les pauvres baigneurs qui se plaignent déjà des oursins et des vives...)

Mais nous sommes rassurés, il parait qu'ils ont très bon goût d'après Le Point :
  • les poissons-lions ont un point faible : leur goût. Si vous vous donnez la peine de les pêcher et d'ôter non sans peine leurs terribles dards, leur chair délicate ne vous décevra pas.
On savait bien qu'au final ce ne serait que du bonheur.

Page 30 - Le réchauffement favorise d'ores et déjà les infections

Ici on apprend que « le nombre de bactéries du genre Vibrio (à l'origine du choléra) est corrélé à la température de surface des océans »

« [d]es microbiologistes américains ont [...] mesuré l'abondance de ces bactéries marines [...] dans des échantillons de plancton collectés entre 1958 et 2011 dans neuf zones de l'Atlantique Nord [...] » puis ils ont « comparé leurs résultats avec la température des eaux de surface ainsi que le nombre d'infections recensées [...] »

Et bien vous le croirez ou pas, ces résultats étaient « fortement corrélés », bref plus la température de surface était élevée et davantage d'infections étaient constatées.

Cet article s'est probablement inspiré de cette communication de l'Agence Science Presse :
  • Le réchauffement des océans serait particulièrement favorable aux vibrions, des microbes qui peuvent causer de graves infections telles que le choléra.
  •  Des chercheurs américains et européens se sont penchés sur le rôle des changements climatiques sur ces infections. Leur étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), affirme que le réchauffement de la surface de la mer favorise la propagation des vibrions dans l'Atlantique Nord.
L'étude en référence, parue aux PNAS, dit en substance :
  • Here, we report, for the first time to our knowledge, that a warming trend in sea surface temperature is strongly associated with spread of vibrios, an important group of marine prokaryotes, and emergence of human diseases caused by these pathogens.
Si le baigneur échappe au poisson-lion, échappera-t-il au choléra ? Ou bien aura-t-il la double peine...?

Page 78 - Antarctique, la bombe à retardement

Bon là on va pas s'attarder, on nous prédit, pardon, on nous projette pour 2300 une hausse du niveau des mers de 10 mètres consécutive à la fonte de la calotte antarctique dans le scénario +4,8° en 2100 (avec le scénario + 1,7° en 2100 ce ne serait "que" 2,5 mètres)

C'est vrai que 2300, hein, c'est dans 300 ans, alors on va pas en faire un fromage, quoique... si on regarde en arrière, il y a 300 ans c'était en 1716, juste après la mort du Roi-Soleil si je ne m'abuse...

Mais comme Keynes l'a dit, à long-terme nous serons tous morts, alors pourquoi s'inquiéter ?

Seulement voilà, comme l'Antarctique est un continent qu'on connait finalement assez mal, cette montée des eaux liée à la fonte de sa calotte se produira peut-être beaucoup plus tard...ou peut-être beaucoup plus tôt...alors oui, pourquoi s'inquiéter ?

Page 116 - Nos cultures sont de plus en plus fragilisées par le climat

On vous l'a dit et répété, CO2 is plant food !

Pourtant des voix discordantes se sont élevées pour aller à contre-courant (quand il reste de l'eau pour nager à contre-courant) de ce mythe aussi beau que celui du-climat-qui-a-toujours-changé-donc-c'est-pas-la-faute-de-l'homme, par exemple :
C'est quand même pas de chance pour tous ceux qui vivent pas loin de l'équateur, mais 1 ou 2 milliards d'êtres humains c'est quoi en fait sur le total, et puis ils pourront toujours migrer (enfin ceux qui sont assez riches pour payer les passeurs) vers le nord et venir se prélasser dans les jungles calaisiennes (et autres)
  • http://www.rac-f.org/DocuFixes/fiches_thema/fiche_agriculture.pdf
    • Le changement climatique n'affectera pas seulement la moyenne des températures à la surface de la planète, mais jouera aussi sur l'écart des températures saisonnières (amplitude thermique), les évènements climatiques extrêmes et les ressources en eau. Ces modifications auront des impacts sur la quantité et la qualité des productions agricoles et sur l'environnement (sols, eau, biodiversité...) et amplifieront les zones d'action de certains ravageurs. Les projections des effets régionaux sur l'agriculture sont encore incertaines mais les productions végétales et animales étant optimisées pour des zones climatiques déterminées, les rendements et la productivité des cultures seront inévitablement touchés.
    • l'augmentation de la concentration en CO2 dans l'atmosphère devrait stimuler la photosynthèse de certains végétaux et donc la production primaire nette. Cependant des études menées par l'INRA ont montré qu'un doublement du taux de CO2 affectait différemment les grandes cultures (blé, maïs) selon les lieux de production : variation des rendements moyens entre +10% et -15%
    • Dans les régions tempérées l’augmentation des températures sera défavorable à la croissance des végétaux et à l'absorption du CO2. Une étude montre que les températures extrêmes de l’année 2003 ont provoqué une diminution sans précédent de la productivité végétale sur l'ensemble du continent Européen en 2003.
  • http://www.cirad.fr/nos-recherches/themes-de-recherche/changement-climatique-et-agriculture/enjeux
    • D’ici la fin de ce siècle, les changements de température et de précipitation, la hausse du niveau des mers et l’augmentation probable des événements climatiques extrêmes vont avoir un impact considérable sur l’agriculture.
    • Les pays tropicaux, dont le secteur rural est important et peu artificialisé, sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique.
    • Une augmentation de température moyenne de 2°C est beaucoup plus grave en zone tropicale qu’en zone tempérée.

Et que dit en substance notre article de S&V ?

Il montre un splendide graphique concernant les rendements du blé tendre (dont on fait la farine) dans lequel on peut voir une magnifique pause, une vraie celle-là, depuis les années 1990 !

A mon avis aucun climatosceptique ne vous montrera ce graphique avec sa pause, ou alors il le maquillera en le faisant passer pour la courbe des températures pour affirmer que « depuis 20 ans la température n'a pas augmenté » !

 Je n'ai pas retrouvé le graphique produit par S&V mais je suis tombé sur le site agreste.agriculture.gouv.fr avec les deux graphiques suivants :

source http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/conjinforap201609cult.pdf

Sur S&V les années sont figurées par des épis dont la hauteur correspond aux rendements que l'on peut constater sur le graphique de gauche.

Mais il n'y a pas que le blé tendre qui chute (production en France en 2016 par rapport à la moyenne 2011-2015) :
  • avoine : -6%
  • maïs : -12,5%
  • colza : -13,6%
  • orge : -17%
  • seigle : -16,6%
  • tournesol : -7%
Et il parait que ça va être pire pour les pays tropicaux, les pauvres !






dimanche 18 septembre 2016

Des nouvelles fraiches en provenance des pôles

En mai j'avais fait un point sur l'étendue des deux banquises à leur plus haut/bas.

Je m'étais promis de refaire le même point quand nous aurions atteint le minimum pour la banquise arctique, c'est apparemment le cas aujourd'hui.

En reprenant les mêmes données que la fois précédente et en y ajoutant celles actualisées pour mi-septembre on obtient ceci, en millions de km² :
  • février-mars 1980's (moyenne): 2,66 + 15,45 = 18,11
  • septembre-octobre 1980's (moyenne) : 7,23 + 18,48 = 25,71
  • septembre-octobre 2012: 3,18 + 19,15 = 22,33
  • février-mars 2016 : 2,66 + 13,60 = 16,26
  • septembre 2016 : 4,02 + 18,47 = 22,49
A noter que j'ai utilisé la précédente version du site ADS.

Pour l'Arctique nous sommes légèrement au-dessus du record de 2012, par contre pour l'Antarctique nous constatons une faible diminution, l'écart total étant de + 0,16, c'est-à-dire peanuts.

Plus intéressant, l'étendue de la banquise antarctique est à son plus bas niveau pour cette période de l'année, à 17,78, contre 18,48 en 1990, le précédent plus bas ; le plus haut, toujours à la même période de l'année, était de 19,97 en 2014 (2015 n'est pas mentionné dans le graphique, je me demande bien pourquoi...)

Avec la nouvelle version du site ADS on peut voir 2015, ne nous en privons pas et refaisons les calculs, les résultats étant un peu différents :
  • février-mars 1980's (moyenne): 2,82 + 15,60 = 18,42
  • septembre-octobre 1980's (moyenne) : 7,23 + 18,60 = 25,83
  • septembre-octobre 2012: 3,18 + 19,35 = 22,53
  • février-mars 2016 : 2,66 + 13,96 = 16,62
  • août-septembre 2016 : 4,02 + 18,50 = 22,52
Les différences ne sont vraiment pas significatives et sont probablement dues à ma "méthode" pifométrique pour relever les données à partir des courbes ; avec la nouvelle version j'arrive donc à un total Arctique + Antarctique identique entre 2012 et 2016.

Je rappelle pourquoi j'ai choisi ces périodes :
  • j'ai pris la moyenne des années 1980 parce que c'était la plus ancienne à ma disposition
  • j'ai pris septembre-octobre 2012 parce que cela correspond au fameux record concernant l'Arctique
  • j'ai repris février-mars 2016 de mon précédent billet
  •  j'ai pris août-septembre 2016 parce que c'est le plus récent et que cela correspond au minimum de l'Arctique (le maximum de l'Antarctique a été atteint fin août, beaucoup plus tôt que les années précédentes)
Je ne suis pas suffisamment calé pour tirer de grandes conclusions de ces quelques données, cependant je ne peux que constater qu'elles sont en totale contradiction avec ce que nous servent régulièrement les climatosceptiques.

Par exemple, pour ne citer que celui-ci, un article de Contrepoints d'août 2013 dans lequel notre ami Murps s'est particulièrement distingué par un de ses commentaires :
  • trabuc
    Il est faux de dire que Contrepoints ne partage pas les conclusions du GIEC et des scientifiques dits réchauffistes,.car Contrepoints est persudé de détenir des preuves qu’ils sont dans l’erreur.
    En réalité,Contrepoints n’auraient jamais combattu les thèses du GIEC si l’affaire avait été purement scientifique.
    Mais la véritable raison de l’engagement de Contrepoints contre le GIEC, c’est qu’il faut financer la lutte contre le réchauffement climatique et instaurer des taxes.
    Le combat de Contrepoints n’est donc qu’une piteuse réaction épidermique de gros radins.
     
    Ce à quoi Murps répond très maladroitement :
  • Murps
    Au lieu de chercher des explications tordues sur les motivations de Monsieur Contrepoints, vous ne pourriez pas simplement reconnaitre que l’antarctique bat des records d’extension de banquise ???
    Pour ma part, je conclus qu’il s’agit encore d’une preuve de l’échec de la théorie du RCA, vous n’êtes pas obligé de suivre mais ça commence à sentir le brûlé pour le GIEC.
    Mais c’est vrai que je suis un gros radin, comment le savez-vous ?
Comme on a pu le voir, la banquise antarctique est très loin de battre des records d'extension et en fait semble plutôt être en train de faire machine arrière, l'avenir nous dira évidemment si la décrue annoncée se produit, mais force est de constater qu'aujourd'hui sa surface diminue.

Et à mon avis ça ne sent pas trop le brûlé pour le GIEC, c'est Murps qui devrait s'inquiéter et appeler les pompiers avant de se retrouver réduit en cendres.

Pour compléter ce tableau, pour l'Antarctique on consultera avantageusement (/sarc on) les données du site la.climatologie qui nous fournit les étendues suivantes :

Source NOAA
 Ajoutons-y 2016 : 18,50

Ce site climatosceptique nous montre donc ces informations en nous disant en substance :
  • On nous parle souvent de la fonte de l'Arctique mais rarement de la banquise de l'Antarctique qui s'étale de plus en plus et ne fond pas d'année en année contrairement à l'Arctique et à ce que le GIEC nous dit comme vous pouvez l'entendre même de Mrs Jouzel dans cette vidéo. Car depuis que l'indice du PDO baisse nous avons la banquise de l'Antarctique de plus en plus importante avec des records ces dernières années : 2014 est l'année avec l'extension la plus importante, puis depuis 1979 les 8 années avec la surface de la banquise la plus importante sont justement entre 1997 et 2014. Donc on retrouve la période de la stabilité des températures de 1999 à maintenant qui est la même période de l'augmentation de la banquise de l'Antarctique et la baisse du PDO...
Pas sûr que ce site donnera des nouvelles de l'étendue de la banquise antarctique pour 2016 et les années suivantes...

*****

 Lectures utiles :



jeudi 15 septembre 2016

Nicolas Sarkozy, le nouveau clown du cirque climatosceptique

Nicolas Sarkozy a parfaitement raison, quand il affirme que « L'homme n'est pas le seul responsable de ce changement  »

 Il parlait du dérèglement climatique, la phrase entière citée par Les Echos étant :
  • On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c'est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d'années que le climat change. L'homme n'est pas le seul responsable de ce changement.

Oui il a parfaitement raison, qu'on en juge plutôt par ce joli dessin issu du dernier rapport du GIEC :
 
 Estimations du forçage radiatif en 2011 par rapport à 1750 et incertitudes agrégées associées concernant les principaux facteurs du changement climatique. Les valeurs sont des moyennes du forçage radiatif global (FR14), réparties selon les composés émis ou les processus qui aboutissent à une combinaison de facteurs. Les meilleures estimations du forçage radiatif net sont présentées sous la forme d’un losange noir avec les intervalles d’incertitude correspondants; les valeurs numériques sont fournies sur la droite de la figure de même que le degré de confiance (TÉ – très élevé, É - élevé, M - moyen, F - faible, TF – très faible). Le FR des carbones suies inclut le forçage de l’albédo induit par la présence de carbone suie sur la neige ou la glace. Les faibles forçages dus aux traînées de condensation (0,05 W m-2, incluant les cirrus produits par ces traînées) aux HFC, aux PFC et aux SF6 (total 0,03 W m-2) ne sont pas présentés. Il est possible d’obtenir les FR des gaz basés sur leurs concentrations en faisant la somme des bandes de même couleur. Le forçage des volcans n’est pas inclus en raison de sa nature épisodique qui rend difficile sa comparaison aux autres mécanismes de forçage. Le forçage radiatif anthropique total est indiqué pour trois années différentes par rapport à 1750. Pour obtenir davantage de détails techniques, y compris les intervalles d’incertitude associés aux différentes composantes et aux différents processus, voir les annexes du Résumé technique. {8.5; figures 8.14 à 8.18; figures RT.6 et RT.7]
On voit nettement que le forçage anthropique, c'est-à-dire la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique (que Sarkozy brocarde en l'appelant dérèglement climatique) n'est vraiment pas important, et qu'il n'y a pas lieu à fouetter un chat (surtout si l'on ne veut pas avoir de problèmes avec Brigitte)

Il est vrai que l'impact du soleil dans le réchauffement climatique est incomparablement plus important que celui de l'homme (par l'homme il faut peut-être entendre Sarkozy himself ?) :
  • Le FR [Forçage Radiatif] total dû aux changements du rayonnement solaire et aux aérosols stratosphériques d’origine volcanique n’a contribué que faiblement au FR net au cours du dernier siècle, à l’exception de brèves périodes suivant de fortes éruptions volcaniques.
 
Bon on aura tous compris que Sarkozy nous faisait une bonne blague et que, prenant la parole devant un parterre de patrons pourtant pas tous climatosceptiques, il avait mis son chapeau pointu et son faux nez rouge pour faire le pitre à défaut de faire bonne impression (ou pitié, c'est selon)

On admirera notamment le comique du "ça fait 4,5 milliards d'années que le climat change" qui à chaque fois est assuré de déclencher les fous rires de l'assistance, succès garanti !

En tout cas voici une bonne reconversion d'un ancien président de la République qui a trouvé le moyen d'arrondir ses fins de mois en jouant le rôle d'amuseur public, on lui souhaite de faire salle comble à chacune de ses apparitions.