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dimanche 14 mai 2017

Alien : Covenant

Samedi matin c'était cinéma avec fifille. On aime bien tous les deux tout ce qui est science fiction, horreur et aventures diverses, alors qu'avec mon épouse c'est plutôt comédies, thrillers ou espionnage qui ont la cote, ce qui fait que comme j'aime à peu près tout j'y trouve toujours mon compte, c'est l'avantage d'être éclectique.

Donc là c'était Alien : Covenant.

Covenant avec un C majuscule, car il s'agit du nom du vaisseau spatial qui va mener ses occupants à leur perte ; ce que Gaumont ne semble pas savoir puisqu'ils écrivent covenant avec un c minuscule, comme si ce mot s'appliquait à un contrat, ce qui est la traduction habituelle de covenant.

Bon, il faut dire que quand il est écrit sur l'affiche du film et dans le générique ALIEN COVENANT on n'a pas de repère pour savoir ce qui est en minuscule et ce qui est en majuscule, alors on en est parfois réduit à interpréter.

Cela dit je ne savais pas (mon anglais est purement technique et je rate beaucoup de ses subtilités) que l'Arche d'Alliance censée contenir les dix Commandements se dit Ark of the Covenant, la traduction de covenant est donc double, d'après wordreference :
  1. formal (legal contract) : engagement, contrat, convention
  2. (Biblical : contract with God) : alliance
Alors que larousse se contente de :
  1. (promise of money) : convention, engagement
  2. (agreement) : engagement
Même le Cambridge Dictionary n'est pas plus précis que le Larousse :
Wordreference s'avère donc bien plus utile pour comprendre la dimension biblique qu'a voulu donner Ridley Scott à son histoire.

Il est en effet douteux que le réalisateur ait donné un nom aussi prosaïque que « contrat » ou « engagement » à un vaisseau destiné à coloniser une planète lointaine située à plusieurs années de voyage interstellaire de la Terre, ce qui oblige d'ailleurs tous les humains, équipage et colons, à être cryogénisés afin de supporter l'ennui du temps qui passe (et certainement aussi d'économiser en vivres et oxygène) ; non, la traduction réelle est sûrement Alliance, et bien que je sois athée je ne peux m'empêcher de citer ce que je suis allé trouver sur un site auquel je ne m'abonnerai pas mais qui dans le cas présent nous donne quelques indications utiles :
  • L'Alliance trouve en Dieu son origine. Elle commence par le choix du peuple d'Israël.
  • L'Alliance trouve en Dieu son origine. C'est lui qui en a l'initiative. Elle commence par le choix d'un peuple parmi tous les autres. Par là, elle manifeste que l'amour distingue, fait d'un être l'unique entre tous les hommes ou "entre toutes les femmes". Cet amour fait exister Israël comme peuple.
    À l'heure de l'accomplissement, nous apprendrons que ce privilège est partagé par tous.

    L'Alliance est créatrice. Elle met en évidence un caractère essentiel de la relation : pas de création sans alliance, ce qui signifie que l'homme est partie prenante dans cette création, qui a son origine en Dieu mais passe par notre liberté.

    À l'heure de l'accomplissement, nous apprendrons que le privilège d'Israël est partagé par tous et que chaque peuple, chaque homme, est ainsi comme l'Unique. L'Alliance est proposée à tout homme et c'est cette Alliance qui le fait exister.
Pour moi tout cela est du baratin, mais comme la saga Alien depuis Prometheus prend nettement une tournure biblique, alors que les trois précédents, se situant dans le temps après Prometheus et Covenant, sont de purs films d'horreur et de science fiction, alors il faut garder à l'esprit en arrière plan que Scott va nous balader à l'avenir, avec les suites programmées, dans une quête (pseudo) spirituelle destinée à nous interroger sur la fameuse question que tout le monde se pose : d'où viens-je, où cours-je et dans quel état j'erre ?

Tout ce salmigondis sur la question de nos origines et de notre devenir est à prendre ou à laisser selon ses orientations, personnellement je laisse et me concentre sur l'action et sur l'histoire, en essayant de recoller les morceaux.

Et puis il faut, comme pour tout film du genre comme Gravity ou Seul sur Mars, ignorer les incohérences, plus ou moins évidentes, pour ne retenir que l'action, ce qui n'empêche pas tout de même de relever lesdites incohérences pour la beauté du geste.

Par exemple le robot androïde, du nom de Walter, qui communique par la parole avec l'ordinateur de bord du vaisseau, appelé affectueusement Mother ; on comprend que tant Walter que Mother communiquent par la parole avec les humains de l'équipage, comme dans 2001 l'Odyssée de l'Espace l'ordinateur de bord HAL communique également par la parole, tout cela afin de faciliter les échanges et les rendre plus « humains », mais de robot à robot, non, cela ne tient pas une seconde la route.

Autre incohérence assez manifeste également flagrante dans les autres opus de la série, c'est la rapidité avec laquelle les humains interviennent sans préparation apparente, dès qu'ils se posent quelque part ils sortent et foncent (peut-être au ralenti, mais ils foncent quand même), alors que dans la réalité, même dans un siècle d'ici, les règles de sécurité exigeront toujours un minimum de réflexion et d'études de terrain avant de s'aventurer dans l'inconnu.

Dans le même registre on peut voir dans Covenant des scientifiques se répartir dans la nature inconnue du lieu où ils ont « atterri », sans combinaison de sécurité, mais il est vrai que s'ils avaient respecté les consignes élémentaires de sécurité, ils n'auraient pas été infectés par les sales bestioles du coin et le film aurait tourné court !

Plus généralement la principale incohérence est l'énormité des vaisseaux supposés voyager à travers l'Univers, et cela dans moins d'un siècle à partir d'aujourd'hui.

Pour ce qui est des robots androïdes on peut supputer qu'avant la fin du siècle on sera capable d'en fabriquer de très ressemblants à des humains et quasiment  inidentifiables par ces derniers, mais en ce qui concerne les vaisseaux spatiaux on peut légitimement en douter.

Qu'on en juge plutôt avec le film 2001 l'Odyssée de l'Espace tourné en 1968 et donc censé se situer en 2001, soit 33 ans (l'âge du Christ à sa mort, mais aussi ce qu'on doit dire au docteur quand on ouvre la bouche...) après ; nous sommes en 2017, soit 16 ans après 2001, et le moins qu'on puise dire c'est que nous sommes très loin, très très loin, de ce que Kubrick et Clarke avaient imaginé à leur époque.

Et quand on voit que la NASA, dans ses prévisions, estime que nous pourrions éventuellement arriver sur Mars en 2034-2039, avec d'innombrables défis restant encore à relever, on a de quoi être sceptique sur la possibilité d'aller coloniser un demi-siècle plus tard Origae-6 avec quelques 2000 colons à son bord plus une impressionnante cargaison destinée à la terraformation de la planète (sans compter tout le reste qui n'est pas montré par souci de concision)

Personnellement j'ai le sentiment que l'homme n'arrivera jamais à sortir du système solaire et qu'il aura toujours de grosses difficultés pour aller se balader ne serait-ce que dans son voisinage immédiat, et qu'il ferait donc bien de se contenter de ce qu'il a à sa disposition aujourd'hui, la Terre.

Comme le disait récemment Bill Maher, on devrait la fermer sur Mars, the faily planet, et davantage se préoccuper de notre monde sur lequel nous vivons réellement :



Car quand on compare notre planète à Mars :



Cela me parait assez bien résumer la situation.

*****


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6 commentaires:

  1. "Et quand on voit que la NASA, dans ses prévisions, estime que nous pourrions éventuellement arriver sur Mars en 2034-2039, avec d'innombrables défis restant encore à relever, on a de quoi être sceptique sur la possibilité d'aller coloniser un demi-siècle plus tard Origae-6 avec quelques 2000 colons à son bord plus une impressionnante cargaison destinée à la terraformation de la planète (sans compter tout le reste qui n'est pas montré par souci de concision)"

    Il y a 100 ans, le transport aerien n'existait pas , l' electrification etait limitee aux grand centres urbains et 20 millions de personnes mourraient de la grippe en Europe.
    La lecture des oeuvres d' anticipation et de futurologie de l' epoque montre que personne n' avait prevu le quart du dixieme des progres scientifiques et techniques accomplis depuis lors ...
    Ou sera t on dans 100 ans ... bien malin qui pourrait le predire , amis avec certitude nous serons plus avancé techniquement et scientifiquement ... Pendant que des gens revent du grand bond en arriere et du retour a la Terre , d' autres travaillent d' arrachent pied a ce futur et s' inscrivent dans une lignee d' ingenieurs , d inventeurs ou scientifiques que l' on peut qualifier d' enviables

    BenHague

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    1. Pour quelqu'un qui ne semble pas avoir une confiance démesurée dans la science d'aujourd'hui concernant le climat je vous trouve très optimiste pour ce qui est de la science de la fin de ce siècle...

      Évidemment que « nous serons plus avancé techniquement et scientifiquement », le contraire serait étonnant, cependant je pense que vous sous-estimez grandement les immenses défis qui seront à relever dans la conquête seulement de notre propre système solaire, sans parler de sortir de celui-ci, qui plus est à l'aide de vaisseaux assez énormes pour contenir l'équivalent d'un gros village ou d'une petite ville de province.

      Pour l'instant quelqu'un comme Stephen Hawking se propose simplement d'envoyer d'innombrables vaisseaux miniatures, ce qui semble actuellement la seule technologie vraiment réaliste à notre portée (http://www.huffingtonpost.fr/2016/04/12/stephen-hawking-mini-vaisseaux-alpha-du-centaure_n_9671702.html), alors il est assez peu probable que malgré tous les progrès scientifiques, et il y en aura pour sûr, on puisse avant très longtemps envoyer un Covenant à l'autre bout de la galaxie pour coloniser une planète.

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    2. Ben Hague

      Si dans 100 ans nous serons sans doute plus avancés scientifiquement parlant je suis beaucoup plus réservé sur la technique car il y a des contraintes physiques qui ne peuvent être transgressées. Pour ce qui est de Mars ne rêvons pas, nous avons déjà bien eu du mal à aller sur la lune, envisager un voyage *aller* de plus de 8 mois est tout bonnement irréaliste.

      Géd

      Les robots androïdes existent déjà et certains ont des capacités étonnantes. Le Japon qui a une population vieillissante et est en décroissance démographique est en pointe sur ce sujet.

      Robert

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    3. « il y a des contraintes physiques qui ne peuvent être transgressées »

      Tout à fait d'accord, et avant tout il y a le poids qu'il faut déplacer, plus un engin pèse lourd et plus il demande pour le mouvoir de la puissance, laquelle exige en principe davantage de poids, à moins de trouver une technique révolutionnaire permettant de déplacer des milliers de tonnes (comme doit peser le Covenant) avec un moteur ultra performant que BenHague doit avoir dans ses cartons...

      « Le Japon [...] est en pointe sur ce sujet. »

      Oui, à ceci près que les japonais sont très fort pour faire des robots qui ressemblent aux humains, mais qui ne sont pas forcément plus performants que les robots « machines » développés ailleurs ; d'ici la fin du siècle, comme je l'écris dans mon billet, « [p]our ce qui est des robots androïdes on peut supputer qu'avant la fin du siècle on sera capable d'en fabriquer de très ressemblants à des humains et quasiment inidentifiables par ces derniers », car je suis persuadé qu'il y aura une synthèse entre l'approche anthropomorphique à la japonaise et la technologie occidentale qui est actuellement en pointe pour ce qui est de l'IA.

      Cela-dit vous avez parfaitement raison de pointer la population vieillissante du Japon, c'est essentiellement cela qui motive les chercheurs japonais pour faire des robots qui puissent communiquer avec des humains ; dans le même genre il y a aussi des robots à l'apparence d'animaux familiers qui seront de plus en plus utilisés dans les maisons de retraire ou les hôpitaux.

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  2. Vous pensez qu il y avait beaucoup de personnes en 1917 qui imaginaient que des humains feraient le tour de la planete en moins de 90 minutes a peine 40 ans plus tard ?

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    1. Non mais cela n'a aucun rapport et n'aide en rien la réflexion sur le sujet.

      L'automobile date de plus d'un siècle, pourtant elle n'a fait que bénéficier d'innovations technologiques, tien de plus, autrement une voiture du début du 20ème siècle ressemble peu ou prou à une voiture d'aujourd'hui : un volant, quatre roues, une pédale pour l'accélération et une pour le freinage, aucun progrès de ce côté-là ; le jour où toutes les voitures qui circuleront seront automatiques, c'est-à-dire se passeront de volant et de pédales, alors là oui on pourra dire que nous aurons fait une saut technologique ; et avant que toutes les voitures volent il faudra attendre encore plus de temps.

      La première voiture à avoir franchi les 100km/h, la Jamais contente, était électrique, et c'était en 1899, vraiment, que de progrès réalisés en 118 ans !

      Vous oubliez aussi une autre chose, le financement, la recherche coûte de plus en plus cher et si nous ne sommes même pas capable aujourd'hui d'avoir une station orbitale en forme de roue tournante afin de maintenir une gravité artificielle ce n'est pas parce que nous ne savons pas faire, c'est tout simplement parce que c'est trop cher !

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