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jeudi 31 août 2017

Une question d'humidité et de précipitations (sans se précipiter...)

Tous mes lecteurs habituels (une trentaine si j'en crois mes statistiques) doivent maintenant connaître le dénommé Tsih qui a un temps fait illusion ici avec des commentaires plutôt pertinents dans l'ensemble, mais qui finalement est parti la queue entre les jambes se cacher dans son trou avec ses congénères (qu'il peut dominer de son incomparable stature de physicien auto-proclamé) parce qu'il ne pouvait ni accepter ni réfuter convenablement mon point de vue sur l'utilité relative des énergies fossiles.

Le voici qui fait étalage de sa grande (in)compétence dans le fil-info-de-sceptiques du trou que j'ai évoqué :
  • 3236.  tsih | 30/08/2017 @ 8:00 Bernnard (#3235), Du mois d’août jusqu’en décembre les ouragans sont la règle dans cette région de l’Atlantique et de la mer des Caraïbes depuis la nuit des temps. Les navigateurs à voile savent très bien qu’il vaut mieux éviter la traversée de l’Atlantique par la route des alizés en cette saison s’ils ne veulent pas risquer de se faire hacher menus par un tel phénomène de la nature. Les rapports du GIEC eux-mêmes reconnaissent qu’il n’y a aucun effet aggravant avéré et démontré jusqu’ici du réchauffement climatique sur la fréquence et l’intensité de ces phénomènes. En fait leur fréquence a même plutôt diminué depuis 10 ans mais ce n’est probablement qu’une fluctuation statistique. Mais les benêts réchauffistes ne peuvent s’empêcher de vouloir faire le lien et de se livrer à des spéculations imbéciles. L’argument le plus débile avancé étant: température plus élevée => humidité plus élevée => plus grand volume de précipitation. Ceci n’est même pas correct scientifiquement pour la dernière implication qui confond flux et stock. L’humidité peut parfaitement augmenter sans augmentation des précipitations ! L’autre argument tout aussi débile c’est: il y a plus d’énergie thermique disponible avec une température plus élevée pour alimenter l’ouragan. Le « ennui » avec ça c’est que ce qui compte pour la machine thermique que constitue l’ouragan et la force du vent ce n’est pas du tout les températures mais les gradients ou les différences de températures, Carnot oblige. Or rien n’indique que ces derniers ou dernières augmentent. Au contraire la différence de température entre hautes latitudes et basse latitudes s’atténue avec le réchauffement plus important en Arctique qu’en zone tropicale. Avec ceci on s’attendrait plutôt à une diminution de l’intensité des phénomènes météorologiques comme les ouragans ou les dépressions. Là encore l’argument ne tient donc pas du tout. Tout au plus pourrait-il expliquer le « blocage du temps qu’il fait » et qu’on observe semble-t-il. Harvey justement s’est bloqué sur le Texas pendant un temps au lieu de poursuivre régulièrement sa route habituelle vers le Nord, mais il y a probablement eu des ouragans à trajectoire capricieuse avant le réchauffement actuel.
On peut supposer que je fais partie des "benêts réchauffistes" au même titre que tous ceux qui acceptent la science ; par conséquent sont aussi des benêts réchauffistes des personnalités comme Michael Mann, James Hansen, Kevin Trenberth, Jean Jouzel, Jean Passe et des meilleurs ; en fait cela me rassure de savoir que je suis mis dans le même lot que tous ces gens, et je constate que 97% des scientifiques sont en réalité des benêts réchauffistes, honnêtement je préfère cela plutôt que d'être fourré dans les 3% restants qui mêlent un peu de tout, depuis les créationnistes jusqu'aux conspirationnistes en passant par les vendus aux industries fossiles et les idéologues du libéralisme et du marché libre et non faussé à tout crin.

Evidemment Tsih ne se trouve pas "débile" quand il nous dit que « L’argument le plus débile avancé étant: température plus élevée => humidité plus élevée => plus grand volume de précipitation. »

On peut penser que, comme BenHague, il a lu l'article de Science of Doom intitulé Impacts – XIII – Rainfall 3 dans lequel l'auteur nous dit dans sa conclusion :
  • Increasing the surface temperature by 1ºC is expected to increase the humidity over the ocean by about 7%. This is simply the basic physics of saturation. However, climate models predict an increase in mean rainfall of maybe 2-3% per ºC. The fundamental reason is that the movement of latent heat from the surface to the atmosphere has to be radiated away by the atmosphere, and so the constraint is the ability of the atmosphere to do this. And so the limiting factor in increasing rainfall is not the humidity increase, it is the radiative cooling of the atmosphere. We also see that despite 50 years of warming, mean rainfall hasn’t changed. Models also predict this. This is believed to be a transient state, for reasons explained in the article.
    • L'augmentation de la température de la surface de 1 ° C devrait augmenter l'humidité sur l'océan d'environ 7%. C'est simplement la physique de base de la saturation. Cependant, les modèles climatiques prédisent une augmentation des précipitations moyennes de peut-être 2-3% par ºC. La raison fondamentale est que le mouvement de la chaleur latente de la surface vers l'atmosphère doit être rayonnée par l'atmosphère, et la contrainte est donc la capacité de l'atmosphère à le faire. Et donc, le facteur limitant de l'augmentation des précipitations n'est pas l'augmentation de l'humidité, c'est le refroidissement radiatif de l'atmosphère. Nous voyons également que, malgré 50 ans de réchauffement, les précipitations moyennes n'ont pas changé. Les modèles prévoient également cela. Ceci est considéré comme un état transitoire, pour les raisons expliquées dans l'article.
Il est assez remarquable déjà de constater que ce sont des modèles climatiques qui  "prédisent une augmentation des précipitations moyennes de peut-être 2-3% par ºC" quand on sait que l'ami Tsih est un farouche détracteur desdits modèles climatiques ! Mais quand cela l'arrange il sait apparemment leur trouver quelques vertus...

Evidemment il n'est pas question pour moi de mettre en doute ce qui est écrit dans Science of Doom, je ferai simplement remarquer qu'il s'agit d'un blog et non d'une publication scientifique revue par les pairs.

Et si j'étais méchant je dirais que ce qui est écrit n'est même pas faux (not even wrong comme ils disent) puisque c'est ce que l'on peut voir par ailleurs.

Un de mes commentateurs me fournit à ce propos des informations intéressantes que je verse au dossier illico :

Twitter n'est pas vraiment le meilleur outil pour faire passer un message mais on fait avec ce qu'on a, donc voici ce que cela donne en écrémant le superflu :
  • Since some people are talking about climate change and moisture, thought I’d do a small little tweetstorm. Feel free to share: shows us an equation taking us back to year 1834 providing starting point for any such discussion Basically, this states that es, or the saturation vapor pressure (basically, maximum H2O amount) increases quasi-exponentially with T. This gives ~7% per degree warming more moisture holding capacity. For 3 C warming, that’s over 20% more moisture in air. There’s some nuance, bc dynamical air motions keep most of Earth’s air below its max H2O holding capacity. Hot deserts are still dry! It turns out, however, this sub-saturation (or relative humidity) doesn’t change much, far less than es. So actual humidity change still scales pretty near exponentially w Temp. This is basis for water vapor feedback to global warming, for example. Some tie this to increased evaporation, but that doesn’t follow. Evap could decrease in future but warmer atmos would still be moister. To get more complex, you might expect precip to go up like moisture content. But no! Precip balances evaporation globally. Global P is energetically not moisture limited. Limited by ability of troposphere to radiate away the latent heat released from precip. So it turns out global mean precip only changes slightly (2-3% per K), not a big deal, tho with larger regional changes. But when we go to *extreme* precip events, things actually become simpler! Here we deal w water-saturated air masses, where es matters. So if you go to, e.g, the 99th percentile precip events, those increase more like the H2O holding capacity of ~7%/K. So if large regions (subtropics) get less precip in future,is because the light precip events win out over the increasing heavy events. There is rich history in clim sci prediction from Tyndall, Arrhenius, Callendar, Manabe&Wetherald,etc., but one forgotten aspect is prediction of increased extreme precip events, going back to at least 1989 by Noda and Tokioka This, like stratosphere cooling or Arctic amplification, has emerged observationally In future, you could expect less drizzle and more downpours, something predicted almost 30 yrs ago.
    • Puisque certaines personnes parlent du changement climatique et de l'humidité, je pensais que je ferais une petite tweetstorm. N'hésitez pas à partager: @DrKateMarvel nous montre une équation qui nous ramène à l'année 1834, fournissant un point de départ pour une telle discussion http://bit.ly/2wKKwZe pic.twitter.com/WzJjO3XsFv  En gros, ceci indique que es, ou la pression de vapeur saturante (essentiellement, la quantité maximale de H2O) augmente de façon quasi exponentielle avec T. Cela donne ~ 7% par degré de réchauffement de la capacité de maintien de l'humidité. Pour un réchauffement de 3°C, il y a plus de 20% d'humidité dans l'air. Il y a quelques nuances, car les mouvements d'air dynamiques maintiennent la plus grande partie de l'air de la Terre au-dessous de sa capacité maximale de teneur en H2O. Les déserts chauds sont malgré cela secs! Il s'avère cependant que cette sous-saturation (ou humidité relative) ne change pas beaucoup, beaucoup moins que es. Donc, le changement d'humidité réelle augmente encore assez rapidement de manière exponentielle avec la Temp. Ceci est la base de l'effet de rétroaction de la vapeur d'eau au réchauffement climatique, par exemple. Certains lient ceci à une évaporation accrue, mais cela ne correspond pas. L'évaporation pourrait diminuer à l'avenir, mais l'atmosphère plus chaude serait encore plus humide. Pour être plus complexe, vous pourriez vous attendre à ce que les précipitations augmentent avec le taux d'humidité. Mais non! Les précipitations équilibrent l'évaporation globalement. Les précipitations globales ne sont pas énergiquement limitées par l'humidité. Limitées par la capacité de la troposphère à éloigner la chaleur latente dégagée des précipitations. Il s'avère que les précipitations moyennes globales ne changent que légèrement (2-3% par K), ce n'est pas grand chose, bien qu'avec des changements régionaux plus importants. Mais lorsque nous passons à des précipitations * extremes *, les choses deviennent en fait plus simples! Nous avons affaire ici à des masses d'air saturées d'eau, où c'est es qui importe. Donc, si vous allez, par exemple, vers les 99àme percentile des événements de précipitations, ceux-ci augmentent davantage que la capacité de retenue H2O de ~ 7% / K. Donc, si les grandes régions (subtropicales) ont moins de précipitations dans l'avenir, c'est parce que les événements de précipitations légères l'emportent sur les événements lourds croissants. Il y a une histoire riche en prévision de science climatique de Tyndall, Arrhenius, Callendar, Manabe & Wetherald, etc., mais un aspect oublié est la prédiction de l'augmentation des événements de précipitations extrêmes, remontant au moins en 1989 par Noda et Tokioka https://www.jstage.Jst.go.jp/article/jmsj1965/67/6/67_6_1057/_pdf ... Ceci, comme le refroidissement de la stratosphère ou l'amplification de l'Arctique, est apparu de manière observationnelle http://bit.ly/2wjfl68 http://bit.ly/2wjDZ6H À l'avenir , vous pouvez vous attendre à moins de bruines et plus de déluges, quelque chose qui a été prédit il y a près de 30 ans.
J'ai fait de mon mieux pour la traduction en français, je me suis relu plusieurs fois mais si vous repérez une c..., bêtise, ne vous privez pas de me le faire savoir.

Je dois avouer que mes connaissances scientifiques très limitées m'empêchent de bien comprendre les détails des explications, cependant il me semble avoir saisi les généralités, à savoir que les événements "extrêmes" sont différents des événements "normaux" ; dans ces derniers les précipitations additionnelles sont faibles comparées au surcroit d'humidité dû au réchauffement climatique, alors que dans les premiers ce n'est pas du tout le cas ! Et comme le dit l'auteur du tweet, Chris Colose, dans le futur les précipitations "légères" seront encore plus "légères" alors que les précipitations "extrêmes" seront encore plus "extrêmes"... (dites-moi si j'ai compris de travers)

Dans le tweet sont incluses deux études :
De la deuxième étude j'ai tiré cet ensemble de graphiques :

Fig. 12. Variation in the estimated sensitivity of annual maximum precipitation to a 1 K increase in global mean temperature by latitude. (top) The number of stations within each ±5° latitude band. (middle) The fraction of stations exhibiting significant positive association, with light blue shading indicating the upper 97.5% confidence bound and dark blue shading indicating the median of the confidence interval. (bottom) Sensitivity (%) of annual maximum precipitation per kelvin warming of global near-surface temperature, with light blue shading indicating the upper 97.5% confidence bound.

Le graphique du bas montre bien que la sensibilité des précipitations à l'augmentation d'un degré de la température est assez variable, pouvant aller de 0% (et même moins que 0%...) jusqu'à une quinzaine de % ; nous sommes loin du 7% (ou des 2 à 3%) par degré d'augmentation !

On retiendra la conclusion de l'étude :
  • Finally, we emphasize that caution is required in interpreting our finding of a median rate of change of annual maximum daily precipitation of 7% K−1 global mean near-surface temperature. This rate is similar to that implied by the Clausius–Clapeyron relationship, which would suggest that precipitation extremes are increasing in accord with the increase in atmospheric moisture. However, our results show distinct meridional variations, highlighting that other factors such as changes in atmospheric circulation may also be important in explaining the observed changes. Furthermore, as highlighted in the introduction, these results only apply to daily time scale precipitation extremes and cannot necessarily be applied to shorter-duration time scales.
    • Enfin, nous soulignons que la prudence est nécessaire pour interpréter notre constatation d'un taux médian de changement de la précipitation quotidienne maximale annuelle de 7% par degré K d'augmentation de la température moyenne de surface. Ce taux est similaire à celui impliqué par la relation Clausius-Clapeyron, ce qui suggère que les précipitations extrêmes augmentent en fonction de l'augmentation de l'humidité atmosphérique. Cependant, nos résultats montrent des variations méridionales distinctes, en soulignant que d'autres facteurs tels que les changements de la circulation atmosphérique peuvent également être importants pour expliquer les changements observés. En outre, comme cela a été souligné dans l'introduction, ces résultats ne s'appliquent qu'aux précipitations à l'échelle du temps quotidien et ne peuvent pas nécessairement être appliqués à des échelles de temps de durée plus courte.    


Que disait Tsih déjà depuis son petit trou ? Ah oui :
  • L’argument le plus débile avancé étant: température plus élevée => humidité plus élevée => plus grand volume de précipitation

Et Harvey n'a effectivement pas "bénéficié" des températures élevées du golfe du Mexique, après tout il ne sera tombé "que" cent vingt centimètres de pluie, une simple petite averse pour nos climatosceptiques patentés.

Et au passage, j'avais prédit le 28 août un coût entre 35 et 40 milliards de dollars, je n'étais pas loin du compte, se sera probablement davantage selon l'Agence France-Presse :
  • Les coûts des dégâts provoqués par la tempête Harvey, qui a frappé le Texas et menace la Louisiane, pourraient compter parmi les 5 plus élevés jamais enregistrés aux États-Unis, et atteindre 42 milliards de dollars, selon des modélisations.

C'est quand même fou le nombre de benêts réchauffistes que l'on peut rencontrer dans la nature, vous ne croyez pas ?


Enfin pour l'autre affirmation de notre grand savant Tsih...
  • la différence de température entre hautes latitudes et basse latitudes s’atténue avec le réchauffement plus important en Arctique qu’en zone tropicale
...censée supposer que les cyclones devraient par conséquent être moins violents, je n'ai trouvé, dans la définition d'un cyclone, aucune référence à un quelconque gradient de température entre "hautes latitudes" et 'basses latitudes" ; j'ai comme l'impression que Tsih a confondu latitude et altitude...

Si quelqu'un a un commentaire constructif à faire sur ce sujet, je suis preneur comme d'habitude, cependant j'ignorerai superbement toutes les considérations trollesques  dont je commence à me lasser depuis quelque temps.




mercredi 30 août 2017

Harvey : quelques informations pour ceux qui veulent bien écouter...

Il y a tellement d'articles sur l'ouragan Harvey qu'il est très difficile de choisir une sélection ; celle du présent billet n'a donc pas pour prétention d'être exhaustive et de couvrir tous les aspects de la catastrophe climatique actuellement en cours, mais je pense qu'elle englobe des éléments intéressants, à savoir :
  1. que pensent les scientifiques (les vrais) de l'importance exceptionnelle de cette tempête ?
  2. que pensent-ils du phénomène de stagnation de la tempête au-dessus de Houston ?
  3. est-ce que Harvey était vraiment une surprise et que font les autres pays concernés face aux mêmes problèmes auxquels sont confrontés les Etats-Unis ?

*****

  • Hurricane Harvey was declared a Category 4 storm late this past Friday, was downgraded to a tropical storm on Saturday, and is officially the most extreme rain event in U.S. history.
    • L'ouragan Harvey a été déclaré une tempête de catégorie 4 ce vendredi dernier, a été déclassé en tempête tropicale samedi et est officiellement l'événement de pluie le plus extrême dans l'histoire des États-Unis.
  • “There is a building awareness of the degree to which climate change makes these types of tropical storms more severe,” said Berkeley Renewable and Appropriate Energy Laboratory director Dan Kammen in an interview.“It’s clear that events like this—increased wildfires, droughts—these are all what we expect to see in a globally warmed climate changed world.”
    • "Il y a une prise de conscience de la mesure dans laquelle le changement climatique rend ces types d'orages tropicaux plus sévères", a déclaré Dan Kammen, directeur du Berkeley Renewable and Appropriate Energy Officer. "Il est clair que des événements comme celui-ci—augmentation des feux de forêt, sécheresses—sont ce que nous nous attendons à voir dans un monde globalement modifié par le réchauffement climatique".
  • The Gulf of Mexico’s unusually high 90-degree water temperatures made the flooding caused by Harvey even more destructive, Cal professor of atmospheric science Inez Fung told the Daily Californian. While winds and currents generally move most hurricanes back out to sea, in the case of Harvey, the moisture remains more stagnant due to warmer temps, Fung says.
    • Les températures exceptionnellement élevées de l'eau à 32°C dans le golfe du Mexique ont rendu les inondations causées par Harvey encore plus destructrices, a déclaré Inez Fung, professeure de science atmosphérique à l'Université de Berkeley, au Daily Californian. Alors que les vents et les courants déplacent généralement la plupart des ouragans vers la mer, dans le cas de Harvey, l'humidité reste plus stagnante en raison des températures plus chaudes, explique Fung.
  • Not only that, but sea level rise due to global warming has increased more than half a foot over the last three decades, according to Mann. “That means the storm surge was half a foot higher than it would have been just decades ago, meaning far more flooding and destruction,” he says.
    • Non seulement cela, mais l'élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique a été de plus de 15 centimètres au cours des trois dernières décennies, selon Mann. "Cela signifie que l'onde (ou marée) de tempête était 15 centimètres plus élevée qu'elle ne l'aurait été il y a quelques décennies, ce qui signifie beaucoup plus d'inondations et de destructions", dit-il.
En ce qui concerne ce dernier point relatif à la montée des eaux qui rend les ondes de tempêtes (storm surges) plus dangereuses, il faut également compter avec le phénomène de subsidence des côtes qui fait que le niveau de la mer semble monter relativement à la terre qui s'abaisse ! La subsidence est estimée à environ un demi pied (15 centimètres) sur les dernières décennies selon Michael Mann, qui cite un article paru dans le Insurance Journal le...31 mai 2017 ! Il faut croire que certaines personnes savent ce qui va se passer au contraire d'autres qui demeurent dans le déni ; ainsi un certain Lalo Ojeda qui a vécu toute sa vie avec les ouragans regardait fin mai la saison des ouragans qui commençait le 1er juin avec davantage d'anxiété que d'habitude (Lalo Ojeda has lived with hurricanes all his life [...] But Ojeda is watching the Atlantic hurricane season that begins on June 1 with more concern than usual.)

Je laisse à chacun le soin de lire cet article en entier, quasiment tout ce qui se passe actuellement sur Houston et le Texas y figurait trois mois avant que l'ouragan Harvey ne vienne authentifier "en nature" ce qui y était écrit.

La montée totale des eaux (montée réelle + abaissement des côtes) est donc de 30 centimètres sur les deux ou trois décennies passées ; quant au rôle de la hausse de la température c'est simple : la loi de Clausius–Clapeyron nous dit que :
  • [...] the water-holding capacity of the atmosphere increases by about 7% for every 1 °C rise in temperature.
    • [...] la capacité de rétention d'eau de l'atmosphère augmente d'environ 7% pour chaque élévation de température de 1 ° C.

*****


  • The long-term warming of Earth almost certainly created conditions that packed more moisture into Hurricane Harvey, scientists say. But the aspect of the storm most punishing to Houston — its languid pace, while dropping all that water — is less clearly tied to climate change. 
    • Le réchauffement à long terme de la Terre a presque certainement créé des conditions qui ont emmagasiné plus d'humidité dans l'ouragan Harvey, disent les scientifiques. Mais l'aspect de la tempête le plus éprouvant pour Houston - son rythme indolent, tout en déversant toute cette eau - est moins clairement lié au changement climatique.
  • The deluge is equal to about 1 million gallons for every man, woman and child in Southeastern Texas, according to the Associated Press. Those massive reserves of water can be directly linked to the increased temperatures in the Gulf of Mexico, according to several scientists.
    • Le déluge est égal à environ 3,8 millions de litres pour chaque homme, femme et enfant dans le sud-est du Texas, selon l'Associated Press. Ces réserves massives d'eau peuvent être directement liées à la hausse des températures dans le golfe du Mexique, selon plusieurs scientifiques.
  • Harvey has been fueled by waters that are nearly 1 degree Celsius (about 2 degrees Fahrenheit) warmer than in the past. Researchers put the increase in moisture in the storm added by that greater warmth at anywhere from 3 to 7 percent.
    • Harvey a été alimenté par des eaux qui sont près de 1 degré Celsius (environ 2 degrés Fahrenheit) plus chaudes que par le passé. Les chercheurs ont estimé l'augmentation de l'humidité dans l'orage ajoutée par cette plus grande chaleur quelque part entre 3 et 7 pour cent.[bien qu'en principe cela devrait être plus près des 7% que des 3%...]
  • The increased wetness packed by storms today is linked to the higher rates of evaporation that come along with higher temperatures in the atmosphere, said Mark Jacobson, director of Stanford University’s Atmosphere/Energy Program. 
    • L'augmentation de l'humidité accumulée par les orages aujourd'hui est liée aux taux d'évaporation plus élevés qui se produisent avec des températures plus élevées dans l'atmosphère, a déclaré Mark Jacobson, directeur du programme Atmosphère / Énergie de l'Université de Stanford.
  • “All hurricanes are more intense,” Jacobson said. “Whether a lot more intense or a little more intense, it’s hard to say, without re-simulating it.”
    • "Tous les ouragans sont plus intenses", a déclaré Jacobson. "Qu'il s'agisse d'une intensité beaucoup plus intense ou un peu plus intense, il est difficile de le dire, sans effectuer de nouvelle simulation."
  • Harvey has also devastated coastal communities because of an enhanced storm surge — another phenomenon that scientists widely agree is tied to climate change. In Galveston, Texas, near where Harvey made landfall, warming has contributed to a sea-level rise of more than a foot, in just the 50 years through 2012, according to the Union of Concerned Scientists, an environmental advocacy group.
    • Harvey a également dévasté les communautés côtières en raison d'une onde de tempête accrue - un autre phénomène que les scientifiques conviennent largement de lier au changement climatique. À Galveston, au Texas, près de l'endroit où Harvey est entré dans les terres, le réchauffement a contribué à une élévation du niveau de la mer de plus de 30 centimètres, en seulement 50 ans jusqu'en 2012, selon l'Union of Concerned Scientists, un groupe de défense de l'environnement.
  • But Harvey, unlike many previous tropical storms, delivered its biggest punch because it refused to move on. After leaving much of Houston underwater over the weekend and Monday, the storm has retreated back to the Gulf of Mexico, where the warm water will help it refuel before it makes another landfall, probably Wednesday morning. Tracking maps show it hovering near the coast until Wednesday afternoon.
    • Mais Harvey, contrairement à de nombreuses tempêtes tropicales précédentes, a cogné encore plus fort parce qu'il a refusé de continuer. Après avoir laissé la plupart de Houston sous l'eau pendant le week-end et le lundi, la tempête a reculé vers le golfe du Mexique, où l'eau tiède l'aidera à se ravitailler avant d'arriver sur les côtes à un autre endroit, probablement mercredi matin. Les cartes de suivi le montrent en train de faire du surplace près de la côte jusqu'à mercredi après-midi.
  • What has caused the plodding nature of the storm? Researchers don’t know, or do not entirely agree.
    • Qu'est-ce qui a causé l'avance laborieuse de la tempête ? Les chercheurs ne le savent pas ou ne sont pas entièrement d'accord.
  • Penn State’s Mann believes that Harvey’s “stalling” very likely can be connected to changes in the jet stream.
    • [Michael] Mann de l'université de Pennsylvania croit que le "calage" de Harvey est très probablement connecté aux changements dans le jet stream.
  • “The stalling is due to very weak prevailing winds which are failing to steer the storm off to sea,” Mann wrote, “allowing it to spin around and wobble back and forth like a top with no direction.” He said that the pattern was associated with “a greatly expanded subtropical high-pressure system over much of the U.S. right now, with the jet stream pushed well to the north.”
    • "Le calage est dû à des vents dominants très faibles qui ne permettent pas de diriger la tempête vers la mer", a écrit M. Mann, "lui permettant de tourner sur lui-même et de se balancer en avant et en arrière comme une toupie sans direction". Il a dit que cette configuration était associée à « un système subtropical de haute pression considérablement étendu sur une grande partie des États-Unis en ce moment, avec le jet stream repoussé bien au nord ».
  • This pattern of expanded high pressure in the subtropics is, in turn, predicted by computer simulations of human-caused climate change, Mann said.
    • Cette configuration de haute pression étendue dans les zones subtropicales est, à son tour, prédite par des simulations informatiques de changements climatiques causés par l'homme, a déclaré M. Mann
  • “Whether we can implicate this general phenomenon for [Harvey] is, of course, rather speculative,” Mann acknowledged, via email.
    • "Que nous puissions imputer ce phénomène général à [Harvey] est, bien sûr, plutôt spéculatif", a déclaré Mann par courrier électronique.
  • Kerry Emanuel, a professor of atmospheric science at MIT, agreed with the other scientists that the increased temperature of the Gulf was not enough to explain the record rainfall pelting the Southeast.
    • Kerry Emanuel, professeur de science atmosphérique au MIT, a convenu avec les autres scientifiques que la température accrue du Golfe n'était pas suffisante pour expliquer les précipitations record du Sud-Est.
  • Emanuel said the other notable change in the region is the fairly sudden “collapse” of the speed of currents in the Gulf of Mexico. Currents ran as high as 19 knots through 2010, before dipping sharply, to less than 14 knots in 2016, the last year fully calculated.
    • Emanuel a déclaré que l'autre changement notable dans la région est l'effondrement assez soudain de la vitesse des courants dans le golfe du Mexique. Les courants atteignaient 35km/h jusqu'en 2010, avant de diminuer fortement, à moins de 26km/h en 2016, la dernière année entièrement calculée.
  • Emanuel calls it “likely” that the decreased current speeds are responsible for the increased probability of slower storms, which drop big rainfall in the region. (His computer simulations centered on Rockport, Texas, where Harvey made landfall.)
    • Emanuel qualifie de «probable» le fait que la diminution des vitesses des courants soit responsable de la probabilité accrue de tempêtes plus lentes, ce qui entraine de fortes précipitations dans la région. (Ses simulations informatiques se sont centrées sur Rockport, au Texas, où Harvey a atterri.)
  • But the decline of current speeds has been recorded over just six years, in contrast to human-caused climate change that dates back more than a century. By Emanuel’s analysis, that suddenness “weighs against” the theory that the climate crisis is the cause of the torpid advance of storms like Harvey.
    • Mais le déclin des vitesses actuelles n'a été enregistré que sur six ans, contrairement aux changements climatiques provoqués par l'homme qui remontent à plus d'un siècle. Selon l'analyse d'Emanuel, cette soudaineté "met en balance" la théorie selon laquelle la crise climatique serait à l'origine de l'avancement léthargique des tempêtes comme Harvey.
  • Stefan Rahmstorf, Emanuel’s colleague at the University of Potsdam, in Germany, said via email that recent research has shown that the area where Harvey made landfall is between a region where the jetstream flows south and one where it flows north. That part of the Texas coast “persistently lacked any steering flow in the upper atmosphere that could have moved it away."
    • Stefan Rahmstorf, le collègue d'Emanuel à l'Université de Potsdam, en Allemagne, a déclaré par courrier électronique que des recherches récentes ont montré que la région où Harvey a atterri est située entre une région où le jetstream circule vers le sud et une autre où il se dirige vers le nord. Cette partie de la côte du Texas "manquait constamment de flux de direction dans la haute atmosphère qui aurait pu le faire s'éloigner".
  • But there is no settled science on the sloth of storms like Harvey, Rahmstorf said.
    • Mais il n'y a pas de science établie sur la paresse des orages comme Harvey, a déclaré Rahmstorf.

Donc pour résumer, les scientifiques sont 100% d'accord que la hausse des températures ne peut qu'amplifier la force des ouragans, par contre ils sont divisés sur le surplace effectué par Harvey, et ce n'est certainement pas moi qui vais les départager !

On notera au passage qu'aucun des scientifiques que j'ai pu voir cités ici ou là ne prétendait que le réchauffement climatique entrainait une fréquence plus importante des ouragans ; c'est la force des ouragans qui est amplifiée par le réchauffement climatique (je précise cela parce qu'un certain nombre d'illettrés prétendent que blablabla...)


*****



"So much rain has fallen," the National Weather Service tweeted about Harvey on Monday, "we've had to update the color charts on our graphics in order to effectively map it."
Credit: National Weather Service

  • We don't know how much the epic flooding from Tropical Storm Harvey in Texas has been influenced by human pollution of the atmosphere, but the storm has likely been worse than it would’ve been generations ago, before we started pumping massive amounts of carbon into the air.
    • Nous ne savons pas à quel point les inondations épiques dues à la tempête tropicale Harvey au Texas ont été influencées par la pollution humaine de l'atmosphère, mais la tempête a probablement été pire qu'elle ne l'aurait été quelques générations plus tôt, avant que nous ne commencions à pomper des quantités massives de carbone dans l'air.
  • It’s a variation of an increasingly common story around the world, and it comes down to simple physics. Carbon pollution traps more of the sun’s heat — more energy — in the air and oceans. Warmer water leads to more evaporation. Warmer air can hold more water. And more water in the air “creates the potential for much greater rainfalls and greater flooding,” Mann says.
    • C'est une variante d'une histoire de plus en plus courante dans le monde, et il s'agit d'une simple question de physique. La pollution au carbone piège davantage la chaleur du soleil - plus d'énergie - dans l'air et les océans. L'eau plus chaude entraîne une plus grande évaporation. L'air plus chaud peut contenir davantage d'eau. Et plus d'eau dans l'air "crée le potentiel de pluies beaucoup plus fortes et de plus grandes inondations", dit Mann.
  • The trend is similar with heat and drought.
    • La tendance est identique avec la chaleur et la sécheresse.
  • “[Recent] heat waves in India, Pakistan, China, Europe, Africa, Americas — in almost every case now we see that our emissions are making the events more intense or longer-lasting,” says Katharine Mach, who runs the Environment Assessment Facility at Stanford University.
    • "[Les récentes] canicules en Inde, au Pakistan, en Chine, en Europe, en Afrique, aux Amériques - dans presque tous les cas maintenant, nous voyons que nos émissions rendent les événements plus intenses ou plus durables», explique Katharine Mach, qui dirige l'établissement de l'évaluation environnementale à l'Université de Stanford.
  • Bottom line, says Kevin Trenberth of the National Center for Atmospheric Research in Boulder, Colorado, “climate change just makes all of the weather events a little more extreme than they otherwise would be.”
    • Pour faire court, déclare Kevin Trenberth, du Centre national pour la recherche atmosphérique à Boulder, au Colorado, « le changement climatique fait que tous les événements météorologiques sont un peu plus extrêmes qu'ils ne le seraient autrement ».
  • The calamitous events of this week in Texas might suggest that we’re at the mercy of this new era of supercharged weather. But Mach, who focuses on how countries and communities around the world can respond to the growing threats from climate change, says it doesn’t have to be that way. She says many places are taking the threats of increasing severe weather events very seriously and rising to the challenge.
    • Les événements calamiteux de cette semaine au Texas pourraient suggérer que nous sommes à la merci de cette nouvelle ère de météo qui a mis le turbo. Mais Mach, qui se concentre sur la façon dont les pays et les communautés du monde entier peuvent répondre aux menaces croissantes dues au changement climatique, dit qu'il ne doit pas en être ainsi. Elle dit que beaucoup d'endroits prennent les menaces d'une augmentation des phénomènes météorologiques violents très au sérieux et font face au défi.
  • The Netherlands, for example, “has a top-to-bottom risk management approach” to climate threats, she says. France responded to a deadly extreme heat wave in 2003 by developing an early warning system and setting up cooling centers, which Mach says helped the country better ride out another heat wave three years later.
    • Les Pays-Bas, par exemple, "ont une approche exhaustive de gestion des risques" pour les menaces climatiques, dit-elle. La France a répondu à une canicule extrême et mortelle en 2003 en développant un système d'alerte précoce et en installant des "centres de rafraichissement", ce qui explique, nous dit Mach, que cela ait aidé le pays à surmonter une autre vague de chaleur trois ans plus tard.
  • And then there’s New York City after superstorm Sandy.
    • Et puis il y a la ville de New York après la super-tempête Sandy.
  • “That event in many ways was a trigger for building back better,” Mach says. The region has been “thinking about everything from flood insurance, retreat among some communities, raising up boilers in hospitals so that critical infrastructure is safe, and even reimagining what the cityscape might look like so that it's more resilient.”
    • "Cet événement, à bien des égards, a été un déclencheur pour mieux reconstruire", dit Mach. La région a réfléchi à tous les problèmes liés à l'assurance contre les inondations, au refuge dans certaines collectivités, à l'amélioration des chaudières dans les hôpitaux afin que les infrastructures essentielles soient sûres et même à repenser ce à quoi le paysage urbain pourrait ressembler pour être plus résistant.
  • But Mach says ambitious action on climate isn’t restricted to high income countries.
    • Mais Mach affirme que l'action ambitieuse sur le climat ne se limite pas aux pays à revenu élevé.
  • Bangladesh, for instance — among the world’s poorest countries — has responded to the growing threat from cyclones that regularly hit the country by “developing protective structures so that they can raise up livestock and keep them safe, and also tapping the power of communities to provide early warning when a storm is coming.”
    • Le Bangladesh, par exemple - parmi les pays les plus pauvres du monde - a répondu à la menace croissante des cyclones qui frappent régulièrement le pays en « développant des structures de protection afin de pouvoir surélever le bétail et le garder en sécurité, et exploiter aussi le pouvoir des communautés afin de fournir des alertes précoces lorsqu'une tempête arrive. »
  • “We ... see it in terms of community-based adaptation across the African continent,” Mach says. “Some of the most ambitious city-scale action, for example, has happened in Durban, South Africa. We see communities ... coming together to think about what does [climate change] mean for planning for increased risk of flooding in some places, increased risk of drought in others. And [these are] communities that are already more on the margin,” compared to here in the US.
    • "Nous ... le voyons en termes d'adaptation communautaire dans tout le continent africain", dit Mach. "Certaines des actions les plus ambitieuses à l'échelle de la ville, par exemple, ont eu lieu à Durban, en Afrique du Sud. Nous voyons les communautés ... se réunir pour réfléchir à ce que signifie [le changement climatique] pour planifier un risque accru d'inondations dans certains endroits, risque accru de sécheresse dans d'autres. Et [ce sont] des communautés qui sont déjà plus marginales", comparées aux États-Unis.
  • And not all places that have the resources to respond well to the threat have been. Texas itself is a prime example. It’s one of the most vulnerable places in the country to the effects of climate change, from raging floods to searing heat. But the state’s leaders have generally rejected any concern about climate change, and the state has taken very little action to prepare for it.
    • Et tous les endroits qui ont les ressources nécessaires pour bien répondre à la menace ne l'ont pas fait. Le Texas lui-même est un excellent exemple. C'est l'un des endroits les plus vulnérables du pays aux effets du changement climatique, des inondations violentes à la chaleur torride. Mais les dirigeants de l'État ont généralement rejeté toute préoccupation concernant le changement climatique, et l'État a pris très peu d'actions pour se préparer.
  • “We're already too late in some respects,” former state environmental regulator Larry Soward told The World in 2014.
    • "Nous sommes déjà trop en retard dans certains aspects", a déclaré l'ancien régulateur environnemental régional Larry Soward à The World en 2014.
  • Soward served under former Texas governor Rick Perry, who while in office rejected the overwhelming scientific evidence for human-caused climate change, and who now leads the US Department of Energy. But Soward parted ways with the Texas Republican establishment on climate change.
    • Soward a servi sous l'ancien gouverneur du Texas, Rick Perry, qui, en cours de mandat, a rejeté la preuve scientifique accablante du changement climatique anthropique, et qui dirige maintenant le ministère américain de l'Énergie. Mais Soward s'est désolidarisé de l'establishment républicain du Texas sur le sujet du changement climatique.
  • “If we don't start doing something today, we are going to have significant costs, in economic damage, property, lives, environmental damage, that could have been avoided to some extent, ” he said at the time.
    • "Si nous ne commençons pas à faire quelque chose aujourd'hui, nous aurons des coûts importants, des dommages économiques, des biens, des vies, des dommages environnementaux, qui auraient pu être évités dans une certaine mesure", a-t-il déclaré à l'époque.
  • Texas’s reluctance up to now to squarely face the risks of climate change drives home another key lesson from Mach’s work: that the barriers to climate change adaptation aren’t just about resources.
    • La réticence du Texas, jusqu'à maintenant, à faire face aux risques du changement climatique conduit à la découverte d'une autre leçon clé du travail de Mach: que les obstacles à l'adaptation aux changements climatiques ne concernent pas seulement les ressources.
  • “In some places it's very much [about] financial capital,” she says, “do locations have the money. In other cases, the barriers… are more social or ideological, for example not paying attention to the way that risks are changing even if the scientific capacity is there to evaluate them.”
    • "Dans certains endroits, c'est surtout [une question] de capital financier", dit-elle, "est-ce que les gens ont de l'argent. Dans d'autres cas, les barrières ... sont plus sociales ou idéologiques, par exemple ne pas prêter attention à la manière dont les risques évoluent même si la capacité scientifique est là pour les évaluer ".
  • And Mach says the US federal government is moving in that direction.
    • Et Mach dit que le gouvernement fédéral américain avance dans cette direction.
  • “President Trump just rolled back an Obama era effort ... to take into account flood risk for federal infrastructure,” Mach says. “That kind of backsliding it's not smart management or ambitious management in a changing climate.”
    • "Le président Trump a simplement annulé tous les efforts de l'ère Obama ... pour prendre en compte le risque d'inondation pour l'infrastructure fédérale", a déclaré M. Mach. "Ce genre de retour en arrière n'est pas une gestion intelligente ou une gestion ambitieuse dans un climat changeant".

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Pour suivre l'actualité de Harvey avec des gens de confiance :

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mardi 29 août 2017

Roy Spencer et Harvey, ou comment désinformer ses lecteurs

Roy Spencer n'a pas pu s'en empêcher, il a fallu qu'il publie un billet de son cru pour nier que les inondations se produisant actuellement dans Houston aient un quelconque lien avec le réchauffement climatique.

Dans Why Houston Flooding Isn’t a Sign of Climate Change il nous dit notamment :
  • There have been many flood disasters in the Houston area, even dating to the mid-1800s when the population was very low. In December of 1935 a massive flood occurred in the downtown area as the water level height measured at Buffalo Bayou in Houston topped out at 54.4 feet.
    • Il y a eu de nombreuses inondations dans la région de Houston, même datant du milieu des années 1800 lorsque la population était très faible. En décembre 1935, une inondation massive s'est produite dans le centre-ville, la hauteur de l'eau mesurée à Buffalo Bayou à Houston dépassant 16,6 mètres.
Il nous montre cette photo impressionnante à l'appui des ses dires :

Downtown Houston flood of 1935 (Inondation dans le centre ville de Houston en 1935)
Et il ajoute pour bien marquer le coup :
  • By way of comparison, as of 6:30 a.m. this (Monday) morning, the water level in the same location is at 38 feet, which is still 16 feet lower than in 1935. I’m sure that will continue to rise.
    • À titre de comparaison, à partir de 6h30 ce matin (lundi), le niveau de l'eau au même endroit est à 11,5 mètres, ce qui est encore 5 mètres plus bas qu'en 1935. Je suis sûr que cela continuera à augmenter.
On le croit sur parole et ce qu'il dit est certainement vrai.

Seulement voilà, notre ami Spencer ne raconte pas toute l'histoire et passe sous silence certains détails qui pourraient gêner son argumentation.

Pourtant il laissait entendre une partie de la raison d'être des inondations quand il disait auparavant :
  • Major floods are difficult to compare throughout history because the ways in which we alter the landscape. For example, as cities like Houston expand over the years, soil is covered up by roads, parking lots, and buildings, with water rapidly draining off rather than soaking into the soil. The population of Houston is now ten times what it was in the 1920s. The Houston metroplex area has expanded greatly and the water drainage is basically in the direction of downtown Houston.
    • Les inondations majeures sont difficiles à comparer tout au long de l'histoire à cause des façons dont nous modifions le paysage. Par exemple, lorsque des villes comme Houston se développent au cours des années, le sol est recouvert de routes, de parcs de stationnement et de bâtiments, avec de l'eau qui s'écoule rapidement plutôt que de pénétrer dans le sol. La population de Houston est maintenant dix fois supérieure à ce qu'elle était dans les années 1920. Le secteur du métroplex de Houston s'est considérablement agrandi et le drainage de l'eau est essentiellement dans la direction du centre-ville de Houston.

Effectivement le "bétonnage" d'une agglomération est généralement considéré comme un facteur aggravant des inondations, cependant la pluie qui tombe du ciel n'est en aucun cas causée par des infrastructures terrestres qui seraient mal configurées, ces dernières étant simplement des amplificateurs de dégâts au niveau du sol.

Par conséquent parler de hauteurs d'eau atteintes à tel ou tel endroit (16,6 mètres par exemple) est non significatif, car justement trop dépendant des infrastructures terrestres ; ce qui est important avant tout, si l'on doit juger de la responsabilité, ou non, du réchauffement climatique, c'est ce que l'on appelle le niveau des précipitations, c'est-à-dire la hauteur d'eau tombée du ciel.

Puisque Spencer évoque les inondations de décembre 1935 voyons donc ce document qui parle de l'année 1935 durant laquelle plusieurs inondations ont eu lieu, MAJOR TEXAS FLOODS OF 1935, et regardons particulièrement ce passage concernant celle de décembre de cette année :
  • From December 6 to 8 torrential rainfall in the Buffalo Bayou Basin, in Harris County, amounted to over 20 inches in some places.
    • Du 6 au 8 décembre, les pluies torrentielles dans le bassin de Buffalo Bayou, dans le comté de Harris, ont atteint plus de 50,8 centimètres dans certains endroits. 
Hum, 50,8 centimètres, alors que l'on nous dit chez Météo-France en date du 28 août :
  • Harvey a en outre engendré des précipitations exceptionnelles. Associées à l'onde de tempête, elles sont à l'origine d'inondations historiques entre la baie de Galveston et Houston. À 4 h locale (11h à Paris), le cumul de précipitations depuis le début de l'épisode dépasse par endroit le mètre. On a enregistré 1092 mm à la station de Houston Sud, et 1067 mm à la station du Bureau de prévisions du temps de Houston. À la station de l'aéroport intercontinental, le cumul atteint 711 mm. Sur le littoral de la Louisiane on a enregistré localement plus de 300 mm.
Ainsi nous ne sommes même pas à la fin de cet événement "exceptionnel" et nous avons déjà par endroits deux fois plus de hauteur d'eau tombée qu'en décembre 1935...
  • Le Centre américain de prévision des cyclones prévoit des cumuls encore exceptionnels jusqu'à la fin de l'épisode : de 180 à 330 mm en plus sur la région de Houston notamment.
Donc nous pourrions enregistrer environ sur Houston un peu moins d'un mètre cinquante d'eau tombée du ciel alors qu'en décembre 1935 il en était tombé pratiquement trois fois moins, avec des conséquences dramatiques pour l'époque !

Et c'est évidemment sans compter sur le fait que Harvey va aussi impacter la Louisiane après avoir dévasté une grande partie du Texas et s'être "rechargé" après un passage au-dessus des eaux chaudes du golfe du Mexique ; car le trajet de Harvey est atypique, après être entré dans les terres et fait du surplace au-dessus de Houston il revient vers le sud au-dessus de la mer pour se rediriger ensuite vers le nord-est :

storm-tracker

Mais il est intéressant de se demander pourquoi en décembre 1935 "si peu de pluies" en comparaison de ce qui arrive aujourd'hui ont pu provoquer des inondations catastrophiques.

Si je dis "si peu de pluie" c'est qu'en fait les 50 centimètres évoqués plus haut sont un maximum, car il a été enregistré des précipitations encore plus faibles dont on peut lire le compte rendu page 276 et s. du rapport :
  • Torrential rains in Harris County from December 6 to 8 caused phenomenal rises in Buffalo and Whiteoak Bayous. Authentic rainfall measurements during the period mentioned ranged from 5.52 inches at Houston to 16.49 inches at Satsuma, in the northwestern portion of the county. The two bayous have their confluence near the wholesale business district of Houston, from whence Buffalo Bayou flows through the city to Galveston Bay.
    • Les pluies torrentielles du 6 au 8 décembre dans le comté de Harris ont entraîné des montées phénoménales dans Buffalo et Whiteoak Bayous. Les mesures de précipitations réelles pendant la période mentionnée variaient de 14 centimètres à Houston à 42 centimètres à Satsuma, dans la partie nord-ouest du comté. Les deux bayous ont leur confluence près du quartier des affaires de gros de Houston, d'où Buffalo Bayou traverse la ville jusqu'à Galveston Bay.
Et nous apprenons qu'en vérité c'est principalement la ville de Houston qui semble avoir été touchée par les inondations :
  • No detailed estimate of the damage caused by the flood was obtained. Most of the damage occurred in the city of Houston. The following relevant information is taken from the United States Weather Bureau publication cited above: Approximately 100 blocks in the business and residential sections of the city were inundated, causing property damage of some $2,500,000, while 8 persons were drowned. Damage was done to buildings, household furnishings, bridges, roads, and merchandise.
    • Aucune estimation détaillée des dommages causés par l'inondation n'a été obtenue. La plupart des dommages ont eu lieu dans la ville de Houston. Les informations pertinentes suivantes sont tirées de la publication du Bureau météorologique des États-Unis cité ci-dessus: environ 100 blocs dans les sections commerciales et résidentielles de la ville ont été inondés, causant des dommages matériels d'environ 2 500 000 $, tandis que 8 personnes ont été noyées. Des dommages ont été causés aux bâtiments, à l'ameublement, aux ponts, aux routes et aux marchandises.
Quand on regarde aujourd'hui les informations (CNN par exemple) on comprend que l'ampleur des dégâts est tout autre qu'en 1935, même si l'on ne déplorerait "que" deux morts, ce qui au passage démontre l'efficacité des prévisions météo et des secours par rapport à 1935.

Pour info nous avons un détail des précipitations pour décembre 1935 :

TABLE 10. Precipitation in inches in Buffalo Bayou and adjacent drainage basins, December 6-8, 1935

On voit bien qu'il y avait beaucoup moins de pluie tombée en décembre 1935 qu'aujourd'hui en août 2017, cela se passe de commentaires.

Alors pourquoi ces fortes inondations en 1935 ?

Le rapport ne donne pas d'indication sur les causes ayant entrainé ces inondations, pour connaître celles-ci il faut lire cet article intitulé Houston's Lost History: Downtown Flood of 1935 (Histoire oubliée de Houston: l'inondation du centre-ville de 1935) qui nous explique ce qui s'est passé :
  • The Houston Ice and Brewing Company was founded in 1893 by Hugh Hamilton. It quickly became the largest brewery in Houston, encompassing 40 acres in downtown. The brewery changed its name to the Magnolia Brewery and was recognized as one of the best breweries in the nation. To help transport its products the Magnolia Bridge was constructed in 1912.
    • The Houston Ice and Brewing Company a été fondée en 1893 par Hugh Hamilton.Elle est rapidement devenue la plus grande brasserie de Houston, englobant 16 hectares au centre-ville. La brasserie a changé de nom pour la brasserie Magnolia et a été reconnue comme l'une des meilleures brasseries du pays. Pour aider à transporter ses produits, le pont Magnolia a été construit en 1912.
  • In 1935 however, the 'beauty spot' of a bridge came back to haunt the entire city.
    • En 1935, cependant, le «site remarquable» du pont est revenu pour hanter toute la ville.
  • Texas was having unseasonably wet weather that particular year. Austin and the Hill Country had been hit hard by heavy rains, and much of North Texas was equally soaked. Since Houston was the final destination for the runoff, our bayous reached maximum capacity fairly quickly in December. On December 7th , Houston was hit by heavy rains. The rain only amounted to 5” in the downtown area, but higher rain falls in the north of the city added even more water. In this situation the bayous would have overflowed their banks evenly like they had in the past, the problem this time was the Magnolia Bridge.
    • Le Texas a eu des conditions météorologiques anormales cette année-là. Austin et le Hill Country ont été frappés par de fortes pluies, et une bonne partie du nord du Texas était pareillement gorgée d'eau. Étant donné que Houston était la destination finale du ruissellement, nos bayous ont atteint la capacité maximale assez rapidement en décembre. Le 7 décembre, Houston a été touchée par de fortes pluies. La pluie ne représentait que 13 centimètres dans le centre-ville, mais des chutes de pluie plus élevées au nord de la ville ont ajouté encore plus d'eau. Dans cette situation, les bayous auraient débordé de leurs rivages comme auparavant, le problème cette fois était le pont Magnolia.
  • The bridge's base, once lauded for its narrow base obstructing the view of Buffalo Bayou, was too narrow for the water to pass through easily. The water backed up until Buffalo Bayou became a reservoir. The water passing under the bridge was under pressure from the water behind it and caused the flood to move at a fairly alarming rate. The water reached 8' deep on Milam Street, and because of the fast moving waters the damage to the building was significantly higher than it would have been in just stagnant water. Bits of buildings were washed away, and several buildings were taken completely off their foundations.
    • La base du pont, dont on faisait autrefois l'éloge pour sa base étroite obstruant la vue de Buffalo Bayou, était trop étroite pour que l'eau puisse passer facilement. L'eau a reflué jusqu'à ce que le Buffalo Bayou devienne un réservoir. L'eau qui passait sous le pont était sous la pression de l'eau derrière elle et faisait que l'inondation se déplaçait à un rythme assez alarmant. L'eau a atteint 2,4 mètres de profondeur sur la rue Milam et, en raison des eaux en mouvement rapide, les dommages causés aux bâtiments étaient nettement plus élevés qu'il ne l'auraient été avec une eau stagnante. Des morceaux de bâtiments ont été emportés, et plusieurs bâtiments ont été complètement arrachés de leurs fondations.
  • Houston was not prepared for such a large amount of water in the center of the city. The flood reached the Heights before subsiding. The emergency responders were pushed beyond measure. The Fire Department was at a severe disadvantage as the floods had knocked out every pumping station in the area. When Yellow Cab caught fire, the Fire Department was forced to sacrifice trucks by driving into the flood waters and pumping the water straight from the flood to extinguish the fire.
    • Houston n'était pas prêt pour une si grande quantité d'eau dans le centre de la ville. L'inondation a atteint les Hauteurs avant de diminuer. Les intervenants d'urgence ont été sollicités démesurément. Le service des incendies était en fort désavantage car les inondations avaient éliminé toutes les stations de pompage de la région. Lorsque Yellow Cab a pris feu, le service des incendies a été forcé de sacrifier les camions en conduisant dans les eaux de crue et en pompant l'eau directement de l'inondation pour éteindre le feu.
  • The flood officially lasted until December 10th. When the waters receded the damage was historic. Almost every bridge in downtown was out. Every building had suffered serious structural damage, and somewhere between 20-40% of the buildings were a total loss. The Magnolia Brewery was destroyed in the flood, as well as the city post office, the MK&T railroad, the Farmer's Market and the city archives. The damage was in the millions of dollars at the height of the Great Depression.
    • L'inondation a officiellement duré jusqu'au 10 décembre. Lorsque les eaux ont reculé, les dommages ont été historiques. Presque tous les ponts du centre-ville étaient détruits. Chaque bâtiment a subi de graves dommages structurels et environ 20 à 40% des bâtiments ont été entièrement perdus. La brasserie Magnolia a été détruite dans les inondations, ainsi que le bureau de poste de la ville, le chemin de fer MK & T, le marché des agriculteurs et les archives de la ville. Les dégâts se chiffraient en millions de dollars au plus fort de la Grande Dépression.
  • The State of Texas ordered an investigation in 1937 on the cause of the increased magnitude of the flood. The commission came down hard on Hamilton's bridge, labeling it as the sole cause of the disaster. For decades after the Magnolia Bridge was synonymous with incompetence in Houston. The city and the state took measures to prevent anything like the flood from ever happening again, leading to the creation of the Flood Control District. Any result was the construction of the reservoirs to hold excess run off during heavy rainfall. Devastated by the flood and the fall out, the Magnolia Brewery limped along until 1950 until it shuttered its doors. You can still find the remnants of the old bridge under the Louisiana Bridge, and portions of the old Brewery itself are still around as the Magnolia Ballroom and Brewery Tap.
    • L'État du Texas a ordonné une enquête en 1937 sur la cause de l'ampleur de l'inondation. La commission a été particulièrement sévère envers le pont de Hamilton [i.e. le constructeur du pont Magnolia], le qualifiant de seule cause de la catastrophe. Pendant plusieurs décennies le pont Magnolia a été synonyme d'incompétence à Houston. La ville et l'État ont pris des mesures pour éviter que les inondations ne se reproduisent, conduisant à la création du district de contrôle des inondations. Un résultat a été la construction des retenues d'eau pour contenir un écoulement excessif lors de fortes pluies. Dévasté par l'inondation et l'effondrement, la brasserie Magnolia a perduré difficilement jusqu'en 1950 jusqu'à ce qu'elle ferme ses portes. Vous pouvez toujours trouver les restes de l'ancien pont sous le pont de la Louisiane, et des portions de la vieille brasserie elle-même sont encore là comme Magnolia Ballroom et Brewery Tap.

Est-ce que vous avez vu chez Spencer la moindre mention au pont Magnolia qui fut la cause essentielle des inondations catastrophiques de décembre 1935 ?

Bien sûr que non.

Un autre site, ehrablog, nous dit :
  • Both the Addicks and Barker reservoirs help to prevent downstream flooding of the Buffalo Bayou which ultimately prevents flooding in the City of Houston. [...] Prior to the construction of these reservoirs in the late 1930’s, flooding was a serious problem within the City of Houston. 
    • Les réservoirs Addicks et Barker aident à prévenir les inondations en aval du Buffalo Bayou qui empêchent finalement les inondations dans la ville de Houston. [...] Avant la construction de ces réservoirs à la fin des années 1930, les inondations constituaient un grave problème au sein de la ville de Houston.

Mais malgré tout cela Spencer ne voit vraiment pas où est le problème :
  • The National Weather Service has termed the event unfolding in the Houston area as unprecedented. I’m not sure why. I suspect in terms of damage and number of people affected, that will be the case. But the primary reason won’t be because this was an unprecedented meteorological event.
    • Le Service météorologique national a qualifié l'événement qui se déroule dans la région de Houston comme sans précédent. Je ne sais pas pourquoi. Je soupçonne qu'en termes de dommages et de nombre de personnes touchées ce sera le cas. Mais la raison principale ne sera pas parce qu'il s'agissait d'un événement météorologique sans précédent.

Alors on peut se demander si Spencer est idiot à ce point-là, ou bien s'il prend simplement ses lecteurs pour des idiots.

Apparemment certains lecteurs doivent pouvoir être placés dans cette catégorie des personnes qui comprend les ânes, les crétins, les ignorants, les imbéciles ou encore les simples d'esprit :
  • 3.  Hug | 29/08/2017 @ 9:16  Nicias (#1), J’étais dans le briançonnais au moment du 14 juillet, en haute-savoie au 15 août, dans le limousin ensuite. A chaque fois, j’ai trouvé la végétation très verdoyante. Rien à voir avec 2003. Vraiment pas de sécheresse apparente, même si je veux bien croire que ce soit tout de même un peu trop sec pour bon nombre d’agriculteurs. Au Texas, c’est la pluie qui l’a emporté ces jours ci. A lire nos merdia mainstream (immonde et figolo par exemple) qui se réfèrent évidemment à un scientifique partial, le rca est au moins facteur aggravant. Il ne faut pas compter sur eux pour se référer un jour à un scientifique plus objectif: http://www.drroyspencer.com/20.....te-change/
Effectivement, désigner Roy Spencer comme quelqu'un d'"objectif" et traiter Stéphane Foucart de "merdia" se référant à Michael Mann, un "scientifique partiel", est faire la preuve, comment dire, d'un certain égarement...

Et "faut-il compter" sur Skyfall pour informer le brave peuple sur la réalité des choses ?

En tout cas le dénommé Hug semble le penser, lui qui trouve "la végétation verdoyante".

Verdoyante comme dans le pays des Bisounours où l'ami Hug se prélasse en se roulant dans les frais alpages.