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mardi 1 août 2017

Décès d'István Markó, que faut-il en retenir ?

Boniment : /bo/ni/man s.m. 1. Parole de charlatan. 2. Par analogie, manœuvres pour tromper. / mot très vulgaire, et qui est presque d'argot. (Le Littré, édition 1962)

Boniment : [bɔnimɑ̃] n.m. (de l'arg. bonir, parler). Annonce pompeuse de charlatan, de camelot. || Paroles artificieuses pour convaincre, pour séduire. (Le Larousse Sélection, édition 1970)


Nous apprenons par Benoit Rittaud le décès d'István Markó.

La mort de quelqu'un est presque toujours un drame pour ses proches, c'est-à-dire sa famille, le mot drame étant un peu trop fort au-delà de ce cercle restreint ; on doit donc employer d'autres mots comme tragédie ou catastrophe, mais il y a un synonyme du mot drame que l'on n'emploie pas dans cette occasion, c'est le mot farce.

Mais Benoit Rittaud, involontairement il faut croire, en nous proposant, à titre d'hommage, de visionner une conférence d'István Markó tenue lors de la piteuse contre-COP21 en décembre 2015, nous oblige à considérer à la fois les mots farce et boniment qui vont finalement très bien ensemble et dont le défunt a fait la preuve qu'il était un spécialiste maitrisant son sujet.

Je ne reprendrai pas tous les points soulevés par le conférencier, il n'y aurait pas assez de place pour réfuter (assez facilement la plupart du temps) les nombreuses incohérences, imprécisions et autres affirmations sans fondement, le tout enrobé d'un humour de piètre qualité tout juste capable de déclencher les rires gras d'une assemblée déjà acquise à la cause du climatoscepticisme triomphant (triomphant uniquement lors de ce genre de micro-raouts confidentiels)

Je n 'ai sélectionné que trois passages que je commenterai avec force documentation à l'appui.

Les ours polaires

  • à 9:54 : [...] alors les ours polaires [...] voilà une belle image d'un ours polaire que vous avez tous vue qui part à la dérive sur son petit morceau d'iceberg [...]
Et de nous montrer ceci :



Alors, quand on ne sait pas faire la différence entre un iceberg et un morceau de banquise à la dérive, on essaye de rester modeste et de ne pas pérorer sur la soi-disant bonne santé des ours polaires qui seraient en difficulté uniquement à cause de la chasse...


On évite surtout les généralités ou bien les cas particuliers qui servent uniquement sa cause, en éludant soigneusement tout ce qui pourrait la mettre en difficulté.

Le site ourspolaire nous informe notamment :
  • La population totale a été estimée en 2006 entre 20 000 et 22 000 individus. Si ce nombre semble relativement stable – le dernier recensement donnait une évaluation semblable en 1999 – il cache bien des disparités. Les biologistes spécialistes de l’espèce ont divisé la population globale en dix-neuf sous-populations, ce qui permet une étude détaillée beaucoup plus précise prenant en compte les particularités locales. Certaines sont bien documentées, grâce à de nombreux programmes de recherche et des comptages fiables, d’autres ne reçoivent jamais la visite d’un biologiste. Sur ces dix-neuf sous-populations, cinq sont en déclin, cinq autres sont stables, trois en augmentation, et pour six d’entre elles les informations sont imprécises ou inexistantes.
  • Le bassin arctique est rarement visité par les ours mais risque de devenir une zone importante pour leur survie en raison de la diminution estivale de la banquise. L’observation la plus septentrionale date du mois d’août 2001, au cours duquel un ours fut découvert par 89° 46,5’N soit à 24 km du pôle Nord géographique.
Ainsi il y a bien eu sur-chasse des ours polaires ayant entrainé une diminution de leur population, mais des règlementations sont en vigueur, par exemple au Canada depuis...1973 :
  • Au Canada, l’espèce est protégée depuis 1973, mais des aménagements prennent en compte les besoins spécifiques des Inuits qui ont conservé des droits de chasse dans les Territoires du Nord-Ouest, au Nunavut et au Québec. Pour chaque communauté de chasseurs, un quota de chasse est déterminé après concertation entre les biologistes qui étudient les populations et les associations de chasseurs.
Eh oui, les Inuits ont besoin de chasser pour se nourrir, vivant dans les mêmes régions que les ours, mais ce ne sont pas eux les responsables d'un éventuel déclin de la population d'animaux qu'ils chassent depuis des temps immémoriaux sans avoir mis l'espèce en danger.

Une étude datant de 2007, intitulée Effects of Earlier Sea Ice Breakup on Survival and Population Size of Polar Bears in Western Hudson Bay, donnait des indications autrement plus sérieuses que celles balancées à son auditoire sur le ton de la plaisanterie par István Markó :
  • Some of the most pronounced ecological responses to climatic warming are expected to occur in polar marine regions, where temperature increases have been the greatest and sea ice provides a sensitive mechanism by which climatic conditions affect sympagic (i.e., with ice) species. Population-level effects of climatic change, however, remain difficult to quantify. We used a flexible extension of Cormack–Jolly–Seber capture–recapture models to estimate population size and survival for polar bears (Ursus maritimus), one of the most ice-dependent of Arctic marine mammals. [...] We propose that this correlation provides evidence for a causal association between earlier sea ice breakup (due to climatic warming) and decreased polar bear survival. It may also explain why Churchill, like other communities along the western coast of Hudson Bay, has experienced an increase in human–polar bear interactions in recent years. Earlier sea ice breakup may have resulted in a larger number of nutritionally stressed polar bears, which are encroaching on human habitations in search of supplemental food. [...]
Il n'est donc pas aisé de "quantifier les effets du changement climatique sur les populations", ce que l'on peut comprendre étant donnée la difficulté de suivre des ours sur des étendues aussi vastes, mais le phénomène est bien documenté et a des conséquences sur les rapports entre les humains et les ours puisque ces derniers se voient contraints d'aller chercher leur nourriture ailleurs que dans leur biotope de prédilection qui fond...comme neige au soleil...

D'ailleurs wikipedia nous donne quelques détails supplémentaires :
  • L'ours blanc est sur la liste rouge des espèces menacées de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Auparavant classée dans la catégorie « risque faible, dépendant des efforts de conservation » selon la liste rouge établie en 1996, l'espèce se trouve désormais dans la catégorie « vulnérable »[42].
La fonte de la banquise étant qualifiée de "menace principale", d'autres menaces existant bien évidemment, comme la chasse ou les produits toxiques répandus dans la mer, ou encore l'exploitation des hydrocarbures qui sera rendue plus facile "grâce"...à la fonte de la banquise !

Rajendra Pachauri

  • à 15:30 : [...] vous avez ici notre chef locomotive (sic) du GIEC monsieur Pachauri [...] qui nous a dit froidement le regard brûlant [...] les glaciers de l'Himalaya vont disparaître d'ici 2035, et puis Donna Laframboise a fait remarquer qu'il y avait une erreur [...]
Pachauri aurait ensuite dit qu'il s'était trompé et que c'était en fait 2053, puis 2350 et enfin 2530, ce qui déclenche automatiquement l'hilarité générale dans l'assemblée :


A ce stade-là il faut quand même admirer le rapprochement fait par le talentueux conférencier, István Markó, entre Rajendra Pachauri et Donna Laframboise, comme si les deux pouvaient être mis sur le même plan ou, mieux, comme si cette dernière avait plus de valeur que le premier cité.

On admirera également le trait d'esprit (sic) avec l'utilisation du mot locomotive pour bien rappeler que Pachauri a commencé sa carrière dans le chemin de fer, passant totalement sous silence le reste de sa vie professionnelle.

Quant à Donna Laframbroise, qui possède un diplôme en études féminines (Degree in Women's Studies, University of Toronto (1989)) c'est une journaliste photographe qui n'a en aucune manière « fait remarquer qu'il y avait une erreur » selon les propos d'István Markó, elle a seulement repris cette erreur dans son livre The Delinquent Teenager Who Was Mistaken for the World's Top Climate Expert dédié à démonter les rapports du GIEC ; elle a aussi participé à un autre ouvrage de désinformation, Climate Change: The Facts, en bonne compagnie (Anthony Watts ou Willie Soon, entre autres), ce qui (dé)montre le sérieux de ce qu'elle entreprend en matière de (pseudo)science climatique.

Il est vrai que l'information de l'année 2035 provient d'une source non peer-reviewed (le WWF) et il est également vrai que dans le processus de relecture finale avant publication du rapport du GIEC l'erreur est passée inaperçue ; il est également vrai que Pachauri a été critiqué pour avoir "défendu" cette information avant de reconnaître à reculons qu'il s'agissait d'une erreur.

Pour obtenir davantage d'informations sur le sujet on a skepticalscience ou sciences.blogs.liberation où l'on peut lire sous la plume de Sylvestre Huet :
  • [...] pas la peine d’avoir fait de longues études en glaciologie pour savoir que ceci [i.e. la disparition des glaciers himalayens en 2035] n’est absolument pas prévu par les glaciologues.
  • [...] il suffit de lire ce qui est écrit dans le rapport de synthèse général de 2007du Giec, page 49 de la traduction française pour s’en convaincre : «On anticipe que le vaste phénomène de perte de masse des glaciers et de réduction du manteau neigeux observé ces dernières décennies s’accélérera tout au long du XXIe siècle, ce qui réduira les disponibilités en eau et le potentiel hydroélectrique et modifiera les caractéristiques saisonnières de l’écoulement dans les régions approvisionnées en eau de fonte provenant des principaux massifs montagneux (p. ex. l’Hindou Koush, l’Himalaya et les Andes), où vit actuellement plus d’un sixième de la population mondiale.» Accélérer tout au long du 21ème siècle est une formulation incompatible avec l’affirmation selon laquelle il n’y aurait plus de glaciers en Himalaya après 2035.
Il s'agissait donc plus d'une coquille que d'une véritable erreur.

Voici d'ailleurs le passage de la page 49 auquel Huet fait référence :


Et Huet, qui a un peu plus d'humour qu'un climatosceptique primaire, introduisait son billet ainsi :
  • Scandaleux ! Il y a une erreur à la page 493 des 974 pages du rapport 2007 du groupe II du Giec. Celui qui s’occupe du volet «Impacts, adaptation et vulnérabilités» du changement climatique... et donc n’est pas écrit par les climatologues, mais par leurs collègues biologistes, géographes, économistes, etc.
Et il est vrai que cette unique erreur ou coquille est reprise régulièrement dans la climatoscepticosphère, à défaut de trouver autre chose à reprocher au GIEC.

Et Pachauri dans le rôle de tête de Turc fait parfaitement l'affaire, comme c'est facile d'argumenter quand on veut faire rire son auditoire sans trop lui fatiguer les neurones !


Les glaciers du mont Baker

  • à 19:20 : [...] vous avez un magnifique glacier qui s'appelle le glacier Roosevelt, un parmi d'autres, [...] vous constatez que le glacier s'est en fait allongé [entre 1952 et aujourd'hui en 2015]
Et de montrer les deux glaciers Roosevelt et Coleman vus d'en haut avec leur extension en 1952 et 2014, montrant par l'image que ces deux glaciers auraient largement augmenté en longueur entre 1952 et 2014 :


Maintenant regardons dans wikipedia ce que l'on nous dit sur ces deux glaciers :
  • https://en.wikipedia.org/wiki/Roosevelt_Glacier
  • https://en.wikipedia.org/wiki/Coleman_Glacier_(Washington)
    • Coleman Glacier is located on Mount Baker in the North Cascades of the U.S. state of Washington.[2] Between 1850 and 1950, Coleman Glacier retreated 8,200 ft (2,500 m). During a cooler and wetter period from 1950 to 1979, the glacier advanced 2,480 ft (760 m) but between 1980 and 2006 retreated back 1,443 ft (440 m).[3] Situated on the west slopes of Mount Baker, Coleman Glacier is bordered by the Roosevelt Glacier to the north and the Heliotrope Ridge to the South.
    • Status Retreating

Apparemment le glacier Coleman semble être celui qui a le plus de succès, car c'est un itinéraire d'ascension classique pour ceux qui veulent gravir le volcan Baker ; à ce sujet j'ai trouvé un site donnant quelques indications utiles qu'on rapprochera des élucubrations d'István Markó :
  • http://www.summitpost.org/mount-baker/150195, avec notamment ce passage :
    • Baker gets loads of snow (average of ~50ft/year) and is white year-round due to its high elevation and geographic location (significantly west of the Cascades, breaking trail for the North Cascades through thick Pacific moisture).  It is slowly becoming less glaciated, however.
Eh oui, vous avez bien lu, less glaciated, qu'on pourrait traduire par moins englacé, c'est-à-dire, pour ceux qui auraient du mal à comprendre, qu'il y aurait de moins en moins de glace, ce qui confirme le statut "en recul" mentionné par wikipedia.

Et de nous montrer une photo aérienne actuelle (2015, la même année que la piteuse "démonstration" d'István Markó) avec les contours qu'avaient les glaciers en 1958 :


Le tout assorti des commentaires suivants :
  • Mount Baker’s flanks support the largest contiguous network of glaciers in the North Cascades, and they have been extensively studied. In the close-up image below, the glacier extent in 1958—which at the time covered 51 square kilometers (20 square miles)—is outlined in yellow on top of the 2015 image. According to research published in 2012, glacier coverage has dropped to about 39 square kilometers.
Ainsi la surface glaciaire est passée de 51km2 en 1958 à 39km2 en 2015, soit une perte de surface de 12km2, une diminution par conséquent de 24% !

L'étude (Mass balance loss of Mount Baker, Washington glaciers 1990–2010) en lien dans le commentaire nous dit ceci dans son résumé :
  • Mount Baker, North Cascades, WA, has a current glacierized area of 38.6 km2. From 1984 to 2010, the North Cascade Glacier Climate Project has monitored the annual mass balance (Ba), accumulation area ratio (AAR), terminus behaviour and longitudinal profiles of Mount Baker glaciers. The Ba on Rainbow, Easton and Sholes Glaciers from 1990 to 2010 averaged −0.52 m w.e. a−1(m a−1). Terminus observations on nine principal Mount Baker glaciers, 1984–2009, indicate retreat ranging from 240 to 520 m, with a mean of 370 m or 14 m a−1. AAR observations on Rainbow, Sholes and Easton Glaciers for 1990–2010 indicate a mean AAR of 0.55 and a steady state AAR of 0.65.
  • A comparison of Ba and AAR on these three glaciers yields a relationship that is used in combination with AAR observations made on all Mount Baker glaciers during 7 years to assess Mount Baker glacier mass balance. Utilizing the AAR–Ba relationship for the three glaciers yields a mean Ba of −0.55 m a−1 for the 1990–2010 period, 0.03 m a−1 higher than the measured mean Ba. The mean Ba based on the AAR–Ba relationship for the entire mountain from 1990 to 2010 is −0.57 m a−1. The product of the mean observed mass balance gradient determined from 11 000 surface mass balance measurements and glacier area in each 100-m elevation band on Mount Baker yields a Ba of −0.50 m a−1 from 1990–2010 for the entire mountain. The median altitude of the three index glaciers is lower than that of all Mount Baker glaciers. Adjusting the balance gradient for this difference yields a mean Ba of −0.77 m a−1 from 1990 to 2010. All but one estimate converge on a loss of −0.5 m a−1 for Mount Baker from 1990 to 2010. This equates to an 11-m loss in glacier thickness, 12–20% of the entire 1990 volume of glaciers on Mount Baker. Copyright © 2012 John Wiley & Sons, Ltd.
On comparera également avantageusement les situations à un an d'intervalle tirées du site earthobservatory.nasa.gov :


Ou bien sur le site glaciers.us on lira avec attention ce passage :
  • We have several motivations for creating this web page. First, glaciers are rapidly shrinking due to climate warming. This is true not only for the American West, but for most other regions of the world as well.
  • Perhaps glaciers are the clearest expression of climate change.

Pour le glacier Roosevelt en particulier voici un site qui nous donne des détails : glacierchange
  • Roosevelt Glacier is on the northwest side of Mount Baker, Washington with its accumulation zone joined with the Coleman Glacier. My first visit to Roosevelt Glacier was in 1984, when the glacier had just completed a 30 year period of advance from 1949-1979.  Since 1979 the glacier has been retreating, image below.

Mais surtout :


  • The purple line indicates the advance moraine that the glacier emplaced during the 1949-1979 period of advance. We mapped the location of this moraine in 1985, when it was still recent and very evident. The red line is from 1993, yellow line from 2003 and green line from 2009
Donc la ligne violette représente le front du glacier en 1985, la rouge en 1993, la jaune en 2003 et la verte en 2009.

Toujours à comparer avec ce que nous montre István Markó afin de bien se rendre compte combien il prenait son auditoire pour des crétins.

Pour résumer :
  • entre 1850 et 1950 le glacier Coleman a reculé de 2500m ;
  • entre 1950 et 1979 il a avancé de 760m ;
  • entre 1980 et 2006 il a à nouveau reculé de 440m ; 
  • wikipedia ne dit pas de combien il a reculé entre 2007 et aujourd'hui, mais on peut penser qu'il a continué de reculer au même rythme ;
  • la surface glaciaire du mont Baker est passée de 51km2 en 1958 à 39km2 en 2015, soit une perte de 24% en 57 ans ;
  • sur les 9 principaux glaciers du mont Baker, le retrait a été entre 240m et 520m durant la seule période 1984-2009 ;
  • entre 1990 et 2010 le mont Baker a perdu de 12% à 20% en volume glaciaire ;
  • le glacier Roosevelt a avancé durant la période 1949-1979 ;
  • depuis 1979 il est en retrait constant.

En conclusion

Notre regretté István Markó aurait éventuellement pu faire une carrière dans le comique stand-up, mais il n'avait manifestement pas le talent pour cela, malgré ses efforts pour rendre ses exposés plaisants à défaut d'être instructifs.

Il sera pleuré (il l'est déjà) par les quelques climatosceptiques de service comme on peut en voir sur Skyfall ou sur le blog de Rittaud :
  • 41.  nivon | 31/07/2017 @ 22:05 Sur le blog de Benoit Rittaud, je viens d’apprendre le décès d’Istvan Marko. J ‘y ai laissé un mot. Y aura t’il des réchauffistes qui auront l’élégance de lui rendre hommage ? Ce serait la moindre des choses ! Climatiquement vôtre. JEAN
En qualité de "réchauffiste" je n'ai rien trouvé de mieux pour lui rendre hommage que le présent billet, j'espère que Jean D...n, pardon, Nivon, me pardonnera de ne pas aller exactement dans le sens qu'il aurait souhaité.
  • 42.  Bernnard | 31/07/2017 @ 22:44 nivon (#41), Sa disparition sera difficile à combler. C’était un scientifique qui n’avait pas peur de s’impliquer à contre-courant du dogme de la pensée unique scientifique actuel concernant le climat et qui s’employait à expliquer avec pédagogie toute l’absurdité et les incohérences de cette affaire. J’espère que d’autres marcheront sur son chemin.
Ben oui, difficile à combler sera sa disparition.

J'avais déjà écrit il me semble quelque part (mais je ne retrouve pas où) que la population des climatosceptiques allait irrémédiablement diminuer pour cause de mort naturelle, et on ne voit pas trop par quoi ou par qui István Markó pourrait être remplacé, à défaut d'être "comblé".
Ah l'ami Bardinet ne pouvait pas rester silencieux, et s'il n'est pas capable de défendre ses fumeuses 22 contrevérités il sait par contrer trouver les mots qui consolent.
  • Le , nivon a dit : 
    Le décès d’Istvan Markò est une bien triste nouvelle. Je l’avais rencontré lors de la COP 21, à Paris en 2015. J’avais beaucoup apprécié son humour, tout en traitant sérieusement son sujet, au cours de sa conférence.
    Pendant la pause, nous avions parlé climat et débats, entre autre celui avec Sylvestre Huet ; ce dernier, on le sait, ayant refusé la confrontation. Istvan voulait rétablir un dialogue, indispensable à la recherche scientifique,…….Et c’était tout à son honneur !
    Je présente toutes mes condoléances à sa famille et amis.
    Un non scientifique…….Ami de la Science ! JEAN
Le même Nivon que sur Skyfall, qui fait l'aller-retour régulier entre les deux sites ; et qui confond dialogue avec monologue, comme si une confrontation avec Huet aurait été d'une quelconque utilité ;  et comme si le processus scientifique se résumait à un simple dialogue entre un journaliste scientifique qui fait son boulot et un bonimenteur qui n'aurait comme objectif, comme Gervais ou Rittaud, que de rouler son "adversaire" dans la farine en tentant de jeter le doute et le trouble dans l'esprit des auditeurs d'une telle pantalonnade.

  • Le , Gilles des Landes a dit : Un autre non-scientifique s’associe avec respect à cette disparition. Pédagogue, pragmatique, réaliste, Istvan Marko avait de grandes qualités.
    Toutes mes condoléances à ses proches        
Un éclair de lucidité avec ce « Un autre non-scientifique » qui englobe notre ami Bardinet mais qui pourrait aussi comprendre le tenancier du blog, un certain mathématicien qui sort régulièrement de son domaine de compétence.

Evidemment moi aussi je présente « toutes mes condoléances à ses proches  », mais c'est bien le maximum que je puisse faire.







11 commentaires:

  1. En apprenant le deces de Mr Marko , je me suis demandé si vous oseriez surfer sur la mort d'une personne et bien la reponse est oui ... On peut toujours faire pire dans l' ignominie. Je ne peux que vous exprimer tout mon mepris en tant qu' individu .
    Ceci etant dit je souhaite rectifier la longue lithanie d' inexactitudes que vous retranscrivez .

    Commencons par les Ours Blancs . Vous vous referez a un site ouvertement ecologiste d activistes fanatiques qui pensent faire de la Science et qui hontenseusement tordent les chiffres et mettent en avant des soit disants preuves .

    Or nous avons la chance d' avoir a disposition le site de reference avec de nombreux document du PBSG (Polar Bear Scientific Group) :
    http://pbsg.npolar.no/en/

    Les chiffres que vous donnez sont totalement obsoletes et entachés d' erreur . ( et oui , vous ne souhaitez pas que l' on se refere a la courbe de Lamb , mais vous n' hesitez pas a user du meme procédé).
    L' estimation globale actuelle est de 25 000 Ours Blanc (tel que repertorié sur le site) . Quelques sous populations ( representant moins de -15 % de la population totale) sont en declin mais dans une grande partie des cas cela est du a la chasse ou au braconnage ( selective harvest , illegal harvest ) . On peut le voir ici : http://pbsg.npolar.no/en/status/population-map.html
    Comme le conclut le site : "Some of those subpopulations are declining, others are stable, and some may be increasing." Ni plus ni moins . La grande majorité est de tendance stable; en augmentation ou inconnue

    Toujours sur ce site , vous pourrez trouver dans le premier rapport du PSBG l' estimation initiale de 6000-8000 ours. Meme vous aurez du mal a contester que le passage de 6000-8000 a 25000 n ' est pas une augmentation ....

    Ensuite l' Ours Blanc ne vient pas de passer en categorie VU mais elle l' est depuis longtemps :
    http://www.iucnredlist.org/details/22823/0
    L' Ours Blanc ne fut " déclassé" que brievement en 1996 puis de nouveau en Vulnerable non pas sur des criteres de population ( nombre , evolution) mais sur le potentiel et hypothetique risque de l 'impact du rechauffement climatique sur leur habitat .
    " Our analyses highlight the potential for large reductions in the global Polar Bear population if sea-ice loss continues, which is forecast by climate models and other studies (IPCC 2013). Our analyses also highlight the large amount of uncertainty in statistical projections of Polar Bear abundance and the sensitivity of projections to plausible alternative assumptions. "
    On fait des modeles a partir de modeles .... Mais les scientifiques etant honnete ils rappellent le haut degre d' incertitude de leur analyse ...

    DOnc non aujourd' hui il n y a aucune preuve de l 'impact du Rechauffement Climatique sur la population d' Ours Blanc . Tant mieux pour eux !!!

    BenHague

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    1. Je comprends que cela vous gène que je réagisse à la mort de Markó, vous auriez certainement préféré que je reste silencieux et ne relève pas les énormités relayées par Rittaud via la vidéo qu'il a lui-même mise en ligne sur son site et qui n'est qu'un ramassis d'âneries.

      Je vous ferai remarquer que je ne m'attaque qu'au message propagé, pas vraiment à la personne, même s'il y a évidemment un fort lien entre les deux, par la force des choses.

      Alors d'après vous quand aurais-je dû publier mon billet ? Dans un an ? Dans dix ans ? Jamais ? Tout cela pour ne pas "salir" sa mémoire", comme si le fait de mourir rendait quelqu'un inattaquable ?

      Je m'aperçois que vous ne contestez pas les arguments que j'apporte, le lien que vous fournissez (http://pbsg.npolar.no/en/) me donne des informations qui vont plutôt dans mon sens;, par exemple : « The IUCN Red List of Threatened Species (hereafter Red List) provides standardized information on the taxonomy, distribution, and conservation status of plants, fungi, and animals around the globe. In 2015, members of the IUCN Polar Bear Specialist Group completed an updated Red List assessment, which resulted in the polar bear (Ursus maritimus) being categorized as Vulnerable. Vulnerable is the lowest of three “threatened” categories, and indicates a species that faces a high risk of extinction in the wild. The polar bear was also listed as Vulnerable during the previous assessment in 2008, and has held this designation in most years since 1982. The 2015 assessment relied on quantitative analyses and is the most rigorous assessment to date for the species. »

      En tout cas merci pour les informations complémentaires, car je n'ai pas eu le temps effectivement d'aller voir toutes les sources parlant des ours polaires, il y en a des tonnes, et je ne vois pas en quoi le site que je mentionne serait « ouvertement ecologiste d activistes fanatiques », c'est un peu léger comme argumentation de votre part.

      Et qu'avez-vous à dire concernant Pachauri ou les glaciers du mont Baker ? Vous allez peut-être me sortir de derrière les fagots quelque chose qui prouverait que les glaciers sont en train de progresser et vous allez me trouver une véritable erreur dans le rapport de 2007 du GIEC ?

      Allez au travail, j'ai passé du temps à collecter ma doc, contrairement à Rittaud qui a torché son oraison funèbre en quelques minutes en y collant une vidéo qu'il n'a même pas analysée et encore moins critiquée.

      Et quant à votre mépris vous feriez mieux de le garder pour ceux qui le méritent davantage que moi, encore faudrait-il que vous ayez suffisamment de lucidité pour faire la différence entre la réalité et les mensonges.

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    2. Finalement votre site s'avère très complet et extrêmement intéressant.

      En lisant les minutes d'un meeting tenu en 2014 (http://pbsg.npolar.no/export/sites/pbsg/en/docs/PBSG17-minutes-FINAL.pdf) on s'aperçoit qu'il y a 46 occurrence au mot "climate", par exemple, la première : «  Such studies were accepted in the communities but, more recently, changing opinions on the use of physical mark‐recapture have arisen as climate change has emerged as a  significant issue. »

      C'est assez clair, non ?

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  2. Et ??? Effectivement ils changent d' " opinion".
    De toute facon le changement climatique est desormais l' alpha et l' omega de tout les secteurs .

    Maintenant malgre leur changement d' " opinion" , les ours blancs ne semblent pas tres affectés par le terrible changement climatique
    Dans les MoM 2016 , on lit ceci :
    "That said, we tend to think of polar bears as a long-lived K-selected species that are slow to recover, but from demographic modeling there are some surprisingly high population growth rates. ... This relates back to the potential that we may be underestimating the
    resilience of polar bear subpopulations."

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    1. Je ne suis pas sûr de comprendre à quoi vous faites allusion par « ils changent d' " opinion". »...

      De qui parlez-vous et de quelle opinion s'agit-il ?

      Par ailleurs que veut dire « le changement climatique est desormais l' alpha et l' omega de tout les secteurs » ?

      A ma connaissance le changement climatique est évoqué chaque fois que nécessaire, et on ne peut que constater qu'effectivement le "temps qu'il fait" peut avoir une certaine influence sur beaucoup de secteurs, surtout si c'est dommageable pour les secteurs en question (l'agriculture par exemple est un secteur qui sera très probablement fortement impacté par le réchauffement climatique)

      Ensuite pour les ours polaires il y a 19 populations qui sont distinguées certaines sont stables, d'autres en progression, d'autres en déclin et enfin d'autres dont on ne sait pas grand chose ; par contre on sait, et les pétroliers qui salivent sur les perspectives de forages le savent parfaitement, que la banquise se réduit et que cela porte préjudice à certaines populations d'ours, peut-être pas toutes, mais beaucoup semblent touchées, autrement on n'aurait pas mis leur espèce en catégorie vulnérable (à moins que vous ne pensiez à la théorie du complot des écologistes adorateurs des mignons petits ours qui vont mourir de faim pour cause de dislocation de banquise)

      Et si la population des ours polaires restait stable ou même augmentait malgré tous les obstacles qu'on met en travers de leur route ce serait peut-être grâce aux organisations écologistes qui mettent tout en œuvre pour les préserver, vous ne croyez pas ? Ah non, vous ne croyez pas, vous pensez que "la main invisible" d'Adam Smith est toujours là pour veiller à leur survie...

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    2. "par contre on sait, et les pétroliers qui salivent sur les perspectives de forages le savent parfaitement, que la banquise se réduit et que cela porte préjudice à certaines populations d'ours ...." . Ne serait ce pas une theorie du complot ? Les mechants petroliers souhaiteraient ne pas proteger les Ours Blancs pour pouvoir forer en paix ? Il est vrai que 25 000 Ours sur une superficie de plusieurs millions de km2 cela est tres embetant .

      Ensute cet extrait de votre prose est FAUX :
      "certaines populations d'ours, peut-être pas toutes, mais beaucoup semblent touchées,"
      Les sous groupes en delin representent environ 10% de la population totale des Ours et dans ces sousgroupe une partie du declin est clairement attribué au braconnage et a la chasse ... Tout est sur le site ....

      Sinon comme precedemment copier coller , la motivation pour classer les Ours Blanc en VU est la suivante :
      " Our analyses highlight the potential for large reductions in the global Polar Bear population if sea-ice loss continues, which is forecast by climate models and other studies (IPCC 2013). Our analyses also highlight the large amount of uncertainty in statistical projections of Polar Bear abundance and the sensitivity of projections to plausible alternative assumptions. "

      Il s'agit ni plus ni moins du principe de precaution de toute son irrationnelle splendeur cqr comme ils le disent il y a "large amount of uncertainty" .

      Aujourd'hui la realité est la suivante : Apres 30 ans du plus formidable rechauffement climatique de l'Histoire ( dixit M.Mann et sa Crosse de Hockey), la population d'Ours Blanc est passée de 6000-8000 à 25 000 individus et la tendance est stable ..... c'est factuel

      Pour infos :
      Dans les categories I et II menacées , il y a 13000 especes. Dans la categories III (ou VU) il y a 14000 especes ... Donc dans un "classement" de menace, l'Ours Blancs se situerait a la 20.000 ieme place ....C'est un symbole fort ....

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    3. Décidément, quand vous avez trouvé un os à ronger vous ne le quittez plus...

      « Ne serait ce pas une theorie du complot ? »

      Parce qu'il y aurait besoin d'un complot ? Vous ne savez donc pas que tout se fait à visage découvert ? => https://www.consoglobe.com/arctique-face-cachee-dun-eldorado-cg ou http://fr.canoe.ca/infos/environnement/archives/2008/03/20080326-153924.html

      On connaît donc la chanson depuis au moins 2008.

      Mais les pétroliers ne sont pas cons, ils réfléchissent avec leur porte-monnaie, et si ça ne devient plus rentable à cause de la baisse des prix du pétrole qui renchérit les coûts de forage dans ces environnements hostiles, alors ils peuvent faire comme Shell : https://www.lesechos.fr/13/06/2016/lesechos.fr/0211017317741_shell-se-retire-de-l-arctique-pour-laisser-place-a-un-parc-marin.htm

      Mais il ne faut pas désespérer, les prix peuvent toujours augmenter et rendre rentable ce qui ne l'est pas aujourd'hui, et comme la banquise n'est pas près de reprendre de la vigueur, tout au contraire, alors il y a de l'espoir pour les autres compagnies (et Shell est toujours à même de se reprendre !)

      Enfin si la population est passée de 6000 à 25000 comme je vous disais (mais vous ne m'écoutez pas) c'est peut-être grâce aux règlementations qui ont permis aux ours de reprendre du poil de la bête, reste à savoir combien de temps cela va tenir, pour l'instant l'ours est toujours en catégorie vulnérable et toutes les sources (fiables) que j'ai consultées pointent le réchauffement climatique comme une des cause essentielles, en plus de la chasse, des polluants, de l'exploration pétrolière, etc.

      Bon maintenant si on laissait un peu les ours tranquilles et qu'on s'attaque aux deux autres points que j'ai évoqués, je ne vous ai pas encore entendu là-dessus.



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    4. Point 1) Finalement vous etes en accord avec Marko... C 'est la chasse qui a failli exterminer l'Ours Blanc , la population est en augmentation grace a la reglementation stricte de la chasse.
      Le rechauffement climatique n'a pour l'instant eu AUCUN effet sur ces populations et son impact est pour le moins hypothetique de l'aveu meme des scientifiques qui parlent de "grandes incertitudes" ... Ca serait tellement mieux si les Ours etaient decimés par le RC pour votre cause ...n'est pas ?? C'est si triste qu'ils se portent plutot bien ....(ton ironique et sarcastique bien entendu)

      2) Je ne vois quoi dire de plus que cela :
      " Il est vrai que l'information de l'année 2035 provient d'une source non peer-reviewed (le WWF) et il est également vrai que dans le processus de relecture finale avant publication du rapport du GIEC l'erreur est passée inaperçue ; il est également vrai que Pachauri a été critiqué pour avoir "défendu" cette information avant de reconnaître à reculons qu'il s'agissait d'une erreur."

      On peut se demander de la pertinence de"données" d'une organisation ouvertement militante et activiste dans les rapports du GIEC ... mais bon ... On peut egalement s'interroger sur les motivations de la defense pavlovienne de PAchauri de ses memes données puisqu'il etait si evident que c'etait grotesque ...
      Mr Marko se moque , a raison , de l'entetement a vouloir defendre une erreur grotesque et non scientifique ...

      3) Mr Marko presente une comparaison statique (et non dynamique) de la position du glacier entre 1952 et 2014 ...
      Factuellement ce qu' il dit est vrai : le glacier est plus avancé en 2014 qu'en 1952 ; alors qu'en 1952 le plus formidable Rechauffement Climatique de l'Histoire de l'Univers ( voir M.Mann et sa courbe de Hockey) n'avait pas encore commencé ....
      C'est sans doute parce que la réalité physique est un peu plus complexe que VOUS ne la representez a longueur de billet . Effectivement le glacier a beaucoup avancé entre 1950 et 1980 puis il a recommencé á reculer (mais apparemment moins vite ...) Je me demande comment vous analysez l'expansion du glacier Roosevelt entre 1950 et 1979 dans votre logiciel de climato-croyant puisque toujours selon le breviaire de M.Mann et sa courbe de hockey, il n' y a pas eu de reel refroidissement de la planete entre 1950 et 1980 ?? Etrange non ?

      D'un point de vu générale tout le monde s'accorde a dire que les glaciers sont en recul deuis 1850 avec cependant des phases d'expansion ponctuel . Les mecanismes en sont encore largement inconnu et faire un lien direct et unicausal avec le RC est simpliste

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    5. Ma réponse ici : https://sogeco31.blogspot.fr/2017/08/aveuglement-ou-plaisanterie-je.html

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  3. On s'en fout des ours polaires. Ils s'adaptent très bien !

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    1. Et si vous saviez comme je me fous de votre commentaire.

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