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samedi 5 août 2017

Le GIEC, István Markó et Alexis Merlaud - Notes de lecture sur la thèse de Sara Mendicino

Il y a des gens qui s'accrochent à leurs idéaux comme une moule à son rocher, un de mes lecteurs, j'ai nommé BenHague, fait partie de ceux-ci, il me laisse le commentaire suivant suite à mon précédent billet :
  • Anonyme 3 août 2017 à 00:24 Vous auriez du lire la these ou au moins la conclusion generale, vous verriez qu'elle ne soutient en rien votre cause de gogo ecolo (pour utiliser votre langage). Elle ne prend absolument pas partie dans cette controverse scientifique mais analyse du point de vue des sciences humaines la dynamique du debat et ses enjeux ... Ainsi elle qualifie les tenants du GIEC de climatocroyants ....et les comparent (sic) a des croisés pour une cause morale. Cette jeune femme a parfaitement compris (comme Roger Pielke jr) que le veritable moteur des gens comme vous n'est pas la Science mais une volonté politique et morale de changer en profondeur la société.
J'ai le regret de lui dire qu'à part ce qu'il a cité, qui est correct puisqu'il s'agit de copié/collé, et que je n'ai pas jugé utile de reprendre, le reste est soit quasiment faux à 100% soit hors-sujet :
  • Vous auriez du lire la these ou au moins la conclusion generale : non seulement j'ai lu la conclusion générale mais également toute la thèse, il est vrai un peu en diagonale, certains passages étant plutôt rébarbatifs ;
  • vous verriez qu'elle ne soutient en rien votre cause de gogo ecolo (pour utiliser votre langage) : je n'ai jamais prétendu qu'elle soutenait ma cause, j'ai seulement précisé qu'elle « metta[i]t en parallèle son livre des 15 (contre)vérités, la note de lecture d'Alexis Merlaud, et le 5ème rapport du GIEC, rien que ça ! », et j'ajoutais « je ne ferai pas de commentaire et laisse à chaque personne de bonne volonté le soin de la lire sans parti pris ni a priori, ce qui peut s'avérer délicat pour certains...», et le commentaire de BenHague me montre combien j'avais raison sur le dernier point ;
  • Elle ne prend absolument pas partie dans cette controverse scientifique mais analyse du point de vue des sciences humaines la dynamique du debat et ses enjeux ... : encore une fois je n'ai jamais prétendu qu'elle prenait parti, et c'est bien pour cela que sa thèse est intéressante, parce que Sara Mendicino (SM) est neutre et par conséquent ce qu'elle écrit peut être pris en considération, même par BenHague, à condition qu'il comprenne et ne déforme pas ses propos ;
  • Ainsi elle qualifie les tenants du GIEC de climatocroyants : je n'ai pas lu le livre de Markó mais à mon avis c'est dedans que SM a pêché le terme, malheureux, de climatocroyant ; elle aurait pu utiliser le mot climato-réaliste en fait, qui aurait été bien mieux employé dans sa thèse que dans les vaticinations de la bande à Rittaud à laquelle Markó appartenait ; 
  • et les comparent a des croisés pour une cause morale : apparemment BenHague n'a pas vu, ou a fait semblant de ne pas lire, que Markó et ses co-auteurs sont aussi des croisés pour SM ;
  • Cette jeune femme a parfaitement compris (comme Roger Pielke jr) que le veritable moteur des gens comme vous n'est pas la Science mais une volonté politique et morale de changer en profondeur la société : "cette jeune femme" a effectivement bien compris de quoi il retournait, mais pas exactement dans le sens que croit BenHague, la suite va le lui montrer.

Alors comme je l'ai dit j'avais lu dans un premier temps la thèse de SM en diagonale, me concentrant sur les introductions et les conclusions et lisant le reste rapidement, donc pour faire plaisir à mon ami BenHague qui me poursuit régulièrement de ses assiduités en essayant de me coincer (sur l'air de la publicité de la MAAF je l'aurai un jour, je l'aurai...) sans grand succès jusqu'à présent (mais il y arrivera bien à force), j'ai décidé de reprendre calmement et en détail la thèse de Sara Mendicino et d'en sortir des extraits que je commenterai d'une belle couleur bleue afin de ne pas tout mélanger ; par ailleurs je me permettrai de souligner en rouge les passages de la thèse qui me semblent particulièrement importants ; et pour permettre à mon lecteur de se repérer dans les 140 pages de la thèse j'ai pris soin de préciser le numéro des pages chaque fois que j'en changeais, est-ce que ce n'est pas faire preuve de bonne volonté de ma part ?

Evidemment il est compliqué de résumer une thèse pour quelqu'un comme moi qui n'a jamais excellé dans cet exercice, c'est pourquoi je me suis contenté de copier les passages que je jugeais en rapport avec notre sujet, à savoir le réchauffement climatique, et que j'ai laissé de côté tout ce qui ne s'y référait pas directement, comme par exemple des considérations sur la prohibition ou la pornographie ; car il faut rappeler que la thèse ne porte pas vraiment sur le réchauffement climatique, elle n'essaye pas de démontrer qu'il y en a un ou que ce serait une fable, elle se sert de lui pour développer la réflexion sur trois sujets, la panique morale, la croisade morale et l'entrepreneur de morale, le titre de la thèse étant justement Le mouvement contre le changement climatique :  entre panique morale, croisade morale et entrepreneur de morale.

Qu'on ne m'accuse donc pas de cherry-picking en me reprochant d'avoir ignoré certains passages, par contre si j'avais oublié de citer un passage sur le réchauffement climatique qui aurait dû être repris, merci de me le faire savoir en commentaire.


*****

Introduction générale (pages 1 à 4)

  • page 1 - Une enquête sur les préoccupations de la population belge a été reprise par le journal télévisé belge de la RTBF. En effet, ces chaînes belges ont profité de statistiques pour pointer du doigt une inquiétude spécifique.
RTBF, Les préoccupations des belges, http://www.rtbf.be/video/detail_les-preoccupations-desbelges?id=1982340, mis en ligne le 1 janvier 2015, consulté le 7 février 2015.
  • 7 Belges sur 10, principalement les jeunes, seraient très préoccupés par la question environnementale.
Malheureusement le lien ne fonctionne pas et il m'a été impossible de retrouver cette enquête ; cependant on peut faire confiance à SM qui n'a certainement pas inventé cette enquête pour les besoins de sa thèse, et par ailleurs le fait que 7 belges sur 10 soient préoccupés par les questions environnementales me parait tout à fait crédible, notamment les jeunes qui doivent être encore plus nombreux (regardez les vidéos des contre-COP et autres raouts organisés par les climato-irréalistes, vous verrez essentiellement des cheveux blancs sur des crânes dégarnis...)
  • page 4 - Premièrement, nous allons exposer les trois concepts théoriques qui constituent la base de cette recherche. Vous y trouverez une partie consacrée aux savoirs sur la panique morale, une seconde partie destinée aux connaissances sur la croisade morale et une troisième partie liée à l’entrepreneur de morale. Ces théories constituent les fondements de mon analyse empirique. 

Les trois concepts théoriques (pages 5 à 36)

  • page 5 - Une panique morale est par définition : « Une condition, un épisode, une personne ou un groupe de personnes émergent pour devenir une menace pour les valeurs et les intérêts de la société.» Sa nature est présentée de manière stéréotypée par les médias de masse. Les frontières morales sont déterminées par des acteurs comme les éditeurs, des prêtres, des politiciens ou d’autres personnes qui sont bien pensantes. Ensuite, les experts dénommés comme tels se prononcent sur le diagnostic du problème et les éventuelles solutions à apporter.
On comprend un peu mieux pourquoi le Master concerne la criminologie, une "menace pour les valeurs et les intérêts de la société" étant par définition quelque chose intéressant l'ordre public et par conséquent la criminologie pour les aspects les plus extrêmes.
  • page 6 -  Généralement, il y a une réaction des médias, de la population et du monde politique, énorme, voire disproportionnée, en fonction de la menace supposée. Une telle réaction de la part de la société donne naissance à un groupe de personnes identifié comme l’auteur de ce trouble et caractérisé de «folk devils».
SM ne donne pas de définition du folk devil, donc je suis allé chercher sur internet et j'ai vu qu'il s'agissait d'un groupe post-punk, The Folk Devils, qui avait pris ce nom à partir d'une expression signifiant a person or group of people who are portrayed in folklore or the media as outsiders and deviant, and who are blamed for crimes or other sorts of social problems; see also: scapegoat, c'est-à dire en français : Une personne ou un groupe de personnes qui sont représentées dans le folklore ou les médias en tant que personnes étrangères (ou étranges...) et déviantes, et qui sont accusées de crimes ou d'autres types de problèmes sociaux; Voir aussi: bouc émissaire.
  • Les éléments clés dans la définition de la panique sont que quelque chose ou quelqu’un est défini comme un danger pour les valeurs ou les intérêts de la société. Le danger est repris sous une forme aisément reconnaissable dans les médias. Il y a un développement rapide d’une préoccupation du public. Il y a également une réponse des autorités ou des faiseurs d’opinion et la panique résulte en un changement social.
Cela vous rappellera sûrement le livre de Benoit Rittaud, La peur exponentielle, que je n'ai pas lu mais dont on peut avoir une petite idée dans la présentation qui en est faite : « Scientifiquement construite bien que parfaitement irrationnelle, [la peur de l'exponentielle ] constitue la matrice originelle de quantité de discours alarmistes fondés sur la crainte que nous irions collectivement bientôt heurter de plein fouet les limites du monde : épuisement des ressources naturelles, démographie mondiale, réchauffement climatique...» ;  je pense que nous sommes en plein dans le sujet.
  • Stanley Cohen identifie cinq acteurs de la société, à savoir, les médias, la population, les agents qui font appliquer la loi et les agents qui créent la loi, les politiciens et les groupes d’action, dans son cas d’étude (The Mods and Rockers).
    La presse manipule les évènements avec une attention exagérée, gonfle la situation, fausse les comptes et le comportement.
Stanley Cohen (1972-2013) était un sociologue et criminologue, qui a écrit en 1972 le livre Folk Devils and Moral Panics, dont wikipedia nous dit qu'il s'agit d'« une étude des médias populaires du Royaume-Uni et de la réaction sociale au phénomène Mods and Rockers, qui est largement considérée par les criminologues britanniques comme l'une des œuvres les plus influentes sur le terrain au cours des quarante dernières années. Le travail a appliqué les concepts de l'étiquetage, de la réaction sociétale et de la notion de spirale d'amplification de déviance. Cela a permis de déplacer l'attention de la criminologie des causes du crime à la réaction sociale, à la sociologie de la criminalité et au contrôle social. Cohen a suggéré que les médias réagissent de manière exagérée à un aspect du comportement qui peut être considéré comme un défi pour les normes sociales existantes. Cependant, la réponse des médias et la représentation de ce comportement contribuent réellement à le définir, à le communiquer et à le décrire comme un modèle pour les étrangers (outsiders) à observer et à adopter. Ainsi, la panique morale par la société représentée dans les médias, sans doute, contribue à des comportements socialement inacceptables. Bien que Cohen soit crédité d'avoir inventé le terme «panique morale», le terme est assez ancien - par exemple, un début d'utilisation peut être trouvé dans le Quarterly Christian Spectator en 1830 et il a été utilisé par le théoricien canadien des communications Marshall McLuhan en 1964. »
  • page 9 - Une panique morale a pour faculté de produire de l’anxiété.
Reste à savoir ce qui produit le plus d'anxiété, est-ce le climat qui se réchauffe ou le fait de se rendre compte que les régulations vont réduire ses profits à court-terme...? La suite va peut-être nous éclairer...
  • page 10 - Le consensus : Il doit exister au minimum un accord, entre une partie de la société ou la société dans son entièreté, au sujet de la menace sérieuse qui pèse sur cette dernière, dont la faute serait imputable à un groupe déterminé.
Il ne semble donc pas s'agir ici vraiment du consensus scientifique lui-même, mais du consensus sur une menace, ce qui me parait être quelque peu différent ; le consensus scientifique est défini sur wikipedia comme suit : « Le consensus scientifique est le jugement, la position, et l'opinion collectifs de la communauté scientifique qui travaillent sur un domaine particulier d'étude. Le consensus implique un accord général, mais pas nécessairement à l'unanimité. Le consensus scientifique n'est, en lui-même, pas un argument scientifique, et il ne fait pas partie de la méthode scientifique. Néanmoins, le consensus peut être basé sur la méthode et l'argument scientifiques » ; le consensus auquel fait référence SM s'applique à la société, c'est-à-dire à tout le monde et pas seulement aux scientifiques.
  • La disproportion : Le sentiment d’inquiétude partagé par rapport à la menace identifiée doit représenter une disproportion en fonction de la réalité du danger.
  • Une menace peut être disproportionnée par la preuve de l’inexistence de ce danger.
  • page 11 - La volatilité : Une panique morale a pour caractéristique de survenir brusquement avec la possibilité d’une certaine latence pendant un certain temps et de disparaître aussi soudainement.
La question est donc de savoir si la menace du réchauffement climatique est bien réelle, si elle n'est pas disproportionnée ; s'il n'y a aucun danger (par exemple s'il n'y a pas de réchauffement, ou si celui-ci est anodin) alors pourquoi le GIEC serait-il "catastrophiste" (et d'ailleurs le GIEC est-il catastrophiste ?) ? Et est-ce que cette menace de réchauffement est quelque chose de passager, qui va disparaître puis éventuellement réapparaitre un peu plus tard ?
  • page 12 - Cette préoccupation provient souvent d’un sentiment populiste, considérant le danger comme une provenance du pouvoir.
Théorie du complot quand tu nous tiens...
  • Le modèle de l’élite suppose que la panique morale soit produite par un  groupe puissant qui lance une campagne pour maintenir ou générer une peur de la part du public sur une question donnée, qu’ils reconnaissent ne pas être dangereuse pour la société. La campagne serait entreprise dans le but de dissiper l’attention sur certains problèmes qui, s’ils étaient résolus, pourraient compromettre les intérêts de l’élite.
  • Le groupe d’intérêts est considéré comme cynique, égoïste, dépourvu de croyance sincère. En pratique, les militants des groupes d’intérêts peuvent croire en la contribution de leurs efforts dans une noble cause. [...] Certains activistes peuvent posséder des motifs divers et certains militants ont seulement des motifs idéalistes ou égoïstes. Il y a des participants qui ont des intérêts personnels et les cachent dans des revendications pieuses. Les deux sont souvent retrouvés dans le même lot.
Comme cela décrit admirablement le petit monde des climatosceptiques, mais ce n'est qu'une opinion personnelle...qui sera corroborée par ce qui va suivre plus loin, soyons patients...
  • page 14 - Les paniques morales peuvent être spontanées, conduites par des acteurs locaux et l’anxiété, ou peuvent être délibérément construites autour d’intérêts commerciaux ou politiques.
Encore une fois, il me semble que cela décrit davantage la sphère climatosceptique plutôt que le monde scientifique via les rapports du GIEC.
  • page 16 - Garland [...] s’arrête sur le phénomène psychologique de déni qui consiste en un refus d’accès à la conscience pour des évènements troublants. Le déni possède aussi des dimensions sociologiques et peut se  retrouver dans des pratiques sociales. En s’attardant sur les organismes de l’Etat et d’autres autorités, Cohen scinde le concept avec un déni littéral (cela n’a pas existé), un refus d’interprétation (ce n’est pas ce que vous croyez) et un déni d’implication (cela n’est pas mauvais et peut être justifié). Une panique morale est une réaction excessive et le déni est l’absence d’une telle réaction. D’une part, il y a un déchainement hystérique, d’autre part, il y a un silence hystérique.

David Garland, nous dit wikipedia, est « titulaire de la chaire Arthur T. Vanderbilt, Professeur de droit et professeur de sociologie à l'Université de New York. Il est bien connu pour ses études historiques et sociologiques des institutions pénales et pour ses contributions en criminologie, théorie sociale et étude du contrôle social. » ; Stanley Cohen était « un sociologue et un criminologue, professeur de sociologie à la London School of Economics, connu pour avoir "cassé" (for breaking) le domaine académique sur la «gestion émotionnelle», y compris la mauvaise gestion des émotions sous forme de sentimentalité, de réaction excessive et de déni émotionnel. Il a été longtemps préoccupé par les violations des droits de l'homme, d'abord pour avoir grandi en Afrique du Sud, ensuite après avoir étudié l'emprisonnement en Angleterre et enfin en Palestine. Il a fondé le Centre d'étude des droits de l'homme à la London School of Economics. » ; et comment ne pas rapprocher les catégories de déni repérées par Cohen avec ce que nous savons du climatoscepticisme ?

    • cela n’a pas existé : il n'y a pas de réchauffement climatique, encore moins provoqué par l'homme ;
    • ce n’est pas ce que vous croyez : il y a bien un réchauffement climatique, mais il est naturel, l'homme n'y est pour rien, ou si peu ;
    • cela n’est pas mauvais et peut être justifié : il y a bien un réchauffement climatique provoqué par l'homme mais ce n'est pas grave, nous allons nous y adapter et puis le CO2 c'est de la nourriture pour les plantes hein ! 

Et j'adore l'expression de "silence hystérique" pour qualifier ceux qui ne veulent surtout pas ni entendre ni comprendre et font "comme si de rien n'était" (et cela ne s'applique évidemment pas qu'au réchauffement climatique)
  • page 17 - Beck et Ungar apportent une nouvelle approche au concept, ils parlent de «la société du risque». Selon eux, les observateurs des paniques morales passées croyaient que le risque était calculable et était lié à un groupe particulier. A l’heure actuelle, nos sociétés sont confrontées à des risques qui sont incalculables et qui sont engendrés par un groupe invisible. Ils pensent que les dangers sont générés le plus souvent par des effets secondaires non désirés des nouvelles technologies. Goode et Ben-Yehuda rétorquent en affirmant que la menace des nouvelles technologies est plus difficile à cerner et à délimiter dans le temps et l’espace. De plus,  ils pensent que la majorité des risques provenant de la vie moderne sont approximativement calculable.
Qui sont ces Beck et Ungar (écrit ailleurs Unger) ? Personne ne correspond à ces noms dans la bibliographie ;  Google me donne un Ulrich Beck « sociologue allemand, auteur de La Société du risque (1986) », et je trouve un Sheldon Ungar qui me semble approprié, puisqu'il a écrit des articles comme Is this one it? Viral moral panics ou encore Media Context and Reporting Opportunities on Climate Change: 2012 versus 1988 ! E. Goode semble inconnu de Google qui ne me retourne aucun résultat, par contre Google Scholar me donne tous ses travaux ;  idem pour Ben Yehuda, avec en prime sur Google un lien vers la panique morale dans lequel on peut voir que ce sont ces deux lascars qui ont déterminé les cinq caractéristiques de la panique morale reprises par SM dans sa thèse : 
    • concern : la préoccupation
    • hostility : l'hostilité
    • consensus : le consensus
    • disproportionality : la disproportion
    • volatility : la volatilité
  • pages 19-20 - 2.3.1. Qu’est-ce qu’une croisade morale ?
  • Les participants proviendraient des factions de la société ayant une tendance au conservatisme et à la religion.
Cela me fait encore penser aux climatosceptiques, surtout américains, qui se recrutent essentiellement dans les rangs républicains, donc conservateurs et religieux (c'est presque un pléonasme...) ; ce qui est cocasse c'est que les mêmes climatosceptiques parlent de "religion" du GIEC et de croyance dans le réchauffement climatique, admirable conséquence de la projection psychologique
  • pages 20-21 - Joseph Gusfield  [...] [à] travers le mouvement de Tempérance aux Etats-Unis [...] découvre un conflit de statuts. Il identifie un combat entre les protestants ruraux, natifs et les immigrants catholiques, urbains. Par ce conflit, les parties souhaitent avoir une suprématie dans l’incarnation de la bonne américanité, obtenir un statut supérieur dans la hiérarchie, imposer leur représentation des choses en activant les commandes de l’Etat.
Wikipédia ne donne de Joseph Gusfield qu'un article en allemand...mais on peut trouver un article en français, Boire ou conduire, ou aller voir sur Google Scholar quelles sont ses études ; je me demande si l'on peut également effectuer la même assimilation : protestants ruraux natifs = climatosceptiques d'une part, et immigrants catholiques urbains = climato-réalistes d'autre part ; je ne sais pas ce que cela vaut, mais en se basant sur l'élection de Trump qui a été choisi par les "ruraux" alors que les "urbains" l'ont snobé, je me dis qu'après tout ce n'est pas si bête que cela en a l'air.
  • pages 26-27 - Les individus qui se trouvent à l’origine des croisades morales sont dénommés des entrepreneurs de morale. L’entrepreneur de morale est un individu qui perçoit un mal comme inconcevable. À partir de ce sentiment, il s’engage à défendre ses convictions dans une campagne visant la transformation des mœurs. Selon Goode et Ben-Yehuda, la croisade morale se réalise par des croisés. Il s’agirait d’organisateurs, de groupes d’activistes qui luttent pour une cause définie. Pour eux, une croisade morale fait son apparition grâce à des entrepreneurs. Sans ces derniers, il ne pourrait pas y avoir de croisade.
Et dire que BenHague pense que les "climatocroyants" sont les croisés...Je serais donc un croisé parce que je fais confiance au GIEC, c'est-à-dire en fait, pour être plus précis, que j'accorde ma confiance à tous les scientifiques répandus dans le monde entier, donc de toutes nationalités, dont les travaux, revus par les pairs (peer-reviewed)  sont repris à intervalles réguliers dans le rapport du Groupe I du GIEC ; et bien sûr, pour notre ami climatosceptique, ses compères ne seraient nullement des croisés mais seulement des gens de bonne volonté ne cherchant qu'à éduquer les foules et à leur faire prendre conscience de l'escroquerie que représenterait le prétendu réchauffement climatique, qui plus est d'origine humaine, on croit rêver !
  • page 27 - Dans le cadre de la croisade, les entrepreneurs moraux font souvent appel à des experts. Cette manœuvre permet d’obtenir un avis sur des évènements ou des comportements qui représentent un problème mais, par la même occasion, cela apporte une légitimité au problème.
Comme, par exemple, faire appel à des gens tels que István Markó, expert en chimie du carbone, ou François Gervais, expert en matériaux, ou mieux encore Benoit Rittaud, expert en mathématiques et accessoirement en épistémologie...C'est vrai que tous ces gens sont infiniment plus crédibles qu'un Jean Jouzel, glaciologue de renommée internationale, ou qu'un Michael Mann qui le premier a permis de visualiser, avec sa courbe en crosse de hockey reprise et confirmée dans les derniers rapports du GIEC, la forte hausse des températures depuis le début de l'ère industrielle.
  • pages 27-28 - Mary De Young définit l’entrepreneur de morale comme une personne, un groupe d’individus ou une organisation formelle ayant la volonté d’influencer la société sur la promulgation ou le développement de normes, elles-mêmes correspondant aux valeurs morales défendues par ces personnes.
Mary de Young, nous dit wikipedia, est « professeur de sociologie à la Grand Valley State University, où de 2000 à 2003 elle a occupé le poste de chef du département de sociologie. Elle a publié une variété d'œuvres dans le domaine de l'abus sexuel d'enfants, dont cinq livres, plusieurs chapitres de livres et plus de 35 articles de revues évalués par des pairs  ; on pourrait penser, d'après ce passage, que le GIEC serait un entrepreneur de morale cherchant à influencer la société pour édicter des normes environnementales, mais on verra plus loin que ce n'est pas tout à fait cela et que c'est beaucoup plus subtil (soyez patients et lisez tout ce qui va suivre)
  • page 34 - Certains individus se servent de la croisade ou de la panique pour servir leurs intérêts. La signification d’un intérêt est l’obtention d’un profit, l’appropriation d’un bénéfice au cours d’une situation. L’intérêt, selon Cohen, est représenté comme financier de par le terme du mot. Une campagne pourrait être basée sur l’obtention d’un intérêt commercial. Cette conception de l’intérêt se réfère à des acteurs de campagne appartenant à des organisations commerciales. L’intérêt peut être politique également.
On peut éventuellement considérer que des intérêts financiers sont en jeu du côté des "partisans" du GIEC, après tout il y a des fabricants d'éoliennes ou de panneaux photo-voltaïques qui voient d'un très bon œil les réglementations qu'on tente d'imposer pour limiter les émissions "carbonées", cependant que valent les intérêts financiers de ces stakeholders (parties prenantes) face aux gigantesques intérêts des industries dites "fossiles" ?

La méthodologie (pages 37 à 45)

  • page 37 - Pour rappel, l’objectif de ce mémoire est d’explorer l’existence d’adéquations entre les concepts de panique morale, de croisade morale et d’entrepreneur de moral et les débats scientifiques sur le phénomène du réchauffement climatique.
Ce rappel est utile afin de bien visualiser le débat ; il ne s'agit pas dans cette thèse de démontrer qu'il y a ou non un réchauffement climatique causé ou non par l'homme, le sujet c'est la réflexion sur la correspondance entre la panique morale et les croisades entreprises par des entrepreneurs de morale dans le cadre des "débats scientifiques" sur le réchauffement climatique ; je mets "débats scientifiques" entre guillemets ,car pour moi il n'y a pas vraiment débat dans le milieu scientifique sur la question, hormis sur des points de détails, et les débats auxquels on assiste, si l'on prend comme exemple les fumeuses présentations lors de la contre-COP21 à laquelle avait participé István Markó, ressemblent plutôt à des représentations de foire ou de cirque pour faire rire les enfants.
  • Une hypothèse de recherche peut se retrouver dans une démarche déductive ou dans une démarche inductive. L’approche déductive consiste en un procédé partant d’une théorie pour ensuite l’appliquer à un domaine particulier. La démarche découlant de cette recherche s’apparente donc à un processus déductif. En effet, le domaine que nous souhaitons explorer, se constitue autour des débats scientifiques au sujet du changement climatique. Nous découvrons ce champ à l’aide de trois théories, à savoir la panique morale, la croisade morale et l’entrepreneur de morale.
Encore une fois le terme "débats scientifiques" ne me parait pas le plus adapté, j'aurais simplement dit "débats" sans y rajouter le qualificatif "scientifiques", mais bon...
  • page 38 - [...] les entrepreneurs peuvent être des acteurs dans les paniques et les paniques sont elles-mêmes issues des croisades.
  • Notre ambition dans ce travail, comme dans toute recherche, est premièrement analytique. En effet, il s’oriente vers l’analyse d’un débat scientifique spécifique au sujet du changement climatique. Nous cherchons à simplement analyser un corpus de texte, non pas de manière approfondie, comme dans une recherche explicative, mais de manière exploratoire. L’analyse de ce corpus de textes se base sur l’éventuelle utilité des concepts de panique morale, de croisade morale et d’entrepreneur de morale dans le phénomène du réchauffement climatique.
  • L’objectif final est de voir si les concepts de panique morale et/ou de croisade morale sont utiles pour analyser le phénomène du réchauffement climatique.
Pour analyser le phénomène du réchauffement climatique, ou le phénomène du climatoscepticisme qui nie le phénomène précédent...
  • page 39 - [...] il s’agit d’une analyse de cas à l’aide de trois sources distinctives. En l’occurrence, il devient tout à fait possible que le matériel ne comporte pas toutes les données utiles afin de mettre à l’épreuve entièrement les concepts. 
  • Dans la mesure où il s’agit seulement d’une recherche exploratoire, nous avons décidé de nous en tenir aux productions scientifiques. En effet, cet exemple d’analyse regroupe de multiples discours et des centaines d’acteurs, il paraissait, dès lors, nécessaire de délimiter un champ d’exploration pour ne pas sombrer sous la masse des discours produits sur le sujet. L’exploration générale est construite autour de plusieurs concepts. Cette approche de la question du réchauffement climatique se concentre autour d’une anticipation concernant un lien entre une ou plusieurs théories et un évènement. Par conséquent, notre démarche est exploratoire, nous n’avons donc pas pour prétention d’effectuer une complète vérification empirique d’une hypothèse.
Et ce serait effectivement très difficile pour SM de vérifier les hypothèses scientifiques puisqu'elle n'est pas spécialiste du sujet, mais elle est honnête et dit clairement quelles sont ses limites ; les trois sources auxquelles elle fait allusion sont 
      • le rapport du GIEC (celui de 2007, qui est attaqué par István Markó ) ;
      • le livre Les 15 vérités qui dérangent d'István Markó, qui prétend réfuter le rapport du GIEC ;
      • la note de lecture d'Alexis Merlaud qui réfute les 15 contrevérités d'István Markó.  
  • page 40 - La récolte des données proviendra du rassemblement des documents manuscrits pour les analyser en tant que tels. L’avantage de cette méthode est le gain de temps pour le chercheur apprenti.  Dans ce cadre, les données ne seront pas produites par le chercheur lui-même, cela confèrera une certaine fiabilité et une authenticité pour le travail.
  • [...] il ne s’agira que de comprendre la signification implicite de certains arguments. Il faut donc rester vigilent car la manipulation du matériel peut transformer la signification objective des données primaires.
  •  Le phénomène du réchauffement climatique n’est pas récent, les savoirs sur le domaine remontent à de nombreuses années et évoluent constamment en fonction des avancées technologiques de perfectionnement des connaissances. Face à cette observation, il serait plus intéressant de se baser sur des données récentes.
Effectivement "il serait plus intéressant de reprendre des données récentes", cependant si SM a choisi le rapport de 2007 du GIEC au lieu du dernier publié en 2014 c'est parce que c'est ce rapport qui faisait l'objet de l'attaque du livre d'István Markó, il était donc plus logique, pour des raisons de cohérence, de choisir le 4ème et non le 5ème ; par ailleurs cela n'a pas beaucoup d'importance, car rappelons-le l'objet de la thèse n'est pas d'évaluer et/ou remettre en cause le rapport du GIEC lui-même ; on notera également la crainte de SM d'être "manipulée", mais à mon avis, dans son esprit, ce n'était pas vis-à-vis du GIEC que cette crainte était destinée...
  • pages 40-41 - Dans le cadre d’un simple mémoire, il n’est pas envisageable de reprendre des discours scientifiques constituant un corpus représentatif de tout ce qui se dit en la matière. Le choix s’oriente, par souci de facilité, autour d’un échantillon non représentatif des débats scientifiques. Le contenu de ce récit prendra pour cible un débat particulier sur la question du réchauffement climatique, ce qui ne lui donne pas la qualité de représentativité de tous les débats scientifiques sur la question.
  • Il faudra aussi être prudent et veiller à ce que ces récits ne contiennent pas de façon exclusive des données scientifiques, mais également des ressentiments car nous nous trouvons dans une question mobilisant des analyses sociologiques et non scientifiques.
La précision est utile, voire indispensable, car encore une fois le domaine est de nature sociologique et non scientifique (la sociologie étant quand même une science humaine, alors que la climatologie fait appel à des sciences "dures")
  • pages 41-42 - Les données proviennent de trois acteurs particuliers :
    • Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC)
      • Il regroupe des scientifiques du monde entier jugés compétents pour converser sur le phénomène.
    • István Markó
      • auteur d’un ouvrage récent sur les rapports et les thèses du GIEC, «Climat : 15 vérités qui dérangent »
      • Ce livre avance lui-même ses propres thèses et discussions sur les hypothèses émises par l’organisme cité précédemment.
    • Alexis Merlaud
      • Cet ingénieur belge [a rédigé une note de lecture] en reprenant les thèses émises dans le livre d['István Markó] et en remettant en questions ses dires.
  • Le choix de ces trois documents assure une certaine délimitation belge dans les controverses. Ils ont tous des liens avec la Belgique. Cette dernière est un membre du GIEC, le professeur István Markó et l’auteur Alexis Merlaud sont tous deux des scientifiques travaillant sur le territoire belge.
Et, devrait-on préciser, SM a fait ses études en Belgique, dans la même université où enseignait István Markó ; mais le fait que tout ceci se passe en Belgique n'enlève aucun mérite à la thèse que l'on peut considérer comme ayant une portée générale.
  • page 42 - Il s’agit de productions en cascade, chacun reprenant ce que l’autre a déclaré. Ils constituent une suite logique et une discussion conflictuelle sur le phénomène.
  •  L’ensemble comporte des acteurs ayant une autorité sur le sujet mais qui ne sont pas d’accord entre eux. Cette séquence a le privilège de comporter des arguments d’acquiescement et de réfutation. D’un côté, le GIEC forme la source initiale du conflit avec des arguments sur le réchauffement climatique ; de l’autre, Markó reprend ces avis et impose sa vision des choses qui n’est pas la même. Ensuite, Merlaud analyse les arguments de Markó réfutant les thèses du GIEC, en remettant en cause leur fiabilité et en n’acquiesçant pas totalement aux théories de GIEC.
Il s'agit d'une production en cascade et non en boucle, comme SM le précisera plus loin dans sa thèse, car seuls István Markó et Alexis Merlaud réfutent (ou tentent de réfuter) les allégations du précédent, le GIEC ne prétendant pas réfuter quoi que ce soit.
  • pages 42-43 - Le choix spécifique concernant les rapports de synthèse du GIEC de 2007 résulte du fait que la littérature émise est beaucoup trop nombreuse et que la synthèse permet d’avoir l’essence des recherches. En outre, le rapport spécifique de 2007 est pris en considération car l’ouvrage, « Climat: 15 vérités qui dérangent », base sa discussion sur les analyses produites pendant cette période. Par conséquent, la note de lecture est elle-même issue des discussions de ces analyses. Il semble donc plus cohérent et utile de restreindre les données à ce rapport de 2007.
Déjà commenté un peu plus haut ; ici SM complète en précisant que la note de lecture d'Alexis Merlaud est elle-même basée sur le rapport de 2007 exactement pour les mêmes raisons.
  • pages 44-45 - [...] nous testerons les trois concepts, premièrement, sur le rapport du GIEC, deuxièmement, sur le livre et troisièmement, sur la note de lecture. Cette séparation de l’analyse permettra de mieux comprendre les enjeux des diverses argumentations. En effet, nous pourrons réellement mettre à l’épreuve les théories par l’analyse approfondie de chaque source. Cette manière de faire permettra également de ne pas mélanger l’origine des idées. (= analyse verticale)
C'est une bonne idée que de commencer par dérouler chacun des trois supports avant d'effectuer une analyse plus fine dite "transversale" ou horizontale.
  • page 45 - À la suite de ces analyses verticales, nous reprendrons en parallèle chacun des sous thèmes développés pour les trois supports. Il s’agit d’une analyse transversale de contenu qui aura la faculté de comparer les résultats et de faire surgir des idées complémentaires provenant de l’horizontalité des données des ressources.
Mais il s'avèrera que cette comparaisons des trois supports sur un mode horizontal n'est pas si aisée que ça...

L'analyse empirique (pages 46 à 133)

L'analyse verticale (pages 46 à 99)

  • page 46 - Présentation des acteurs 
  • Le GIEC
  • page 49 - Le monde scientifique a évidemment accès aux rapports de ce groupe d’experts. Le monde politique prend aussi connaissance de ces travaux, il s’agit d’une des intentions du GIEC car il veut tenter d’orienter au mieux les gouvernements des pays membres aux Nations Unies dans leur politique concernant les enjeux du climat. Il élabore aussi à cette occasion un dossier spécial, intitulé «  résumé à l’intention des décideurs », afin que les membres des gouvernements prennent connaissance de ses travaux.
C'est bien sûr la partie "politique" qui est montée en épingle par des gens comme  István Markó ou Drieu Godefridi afin de discréditer le travail des milliers de scientifiques ayant participé à l'élaboration du rapport du Groupe I ; évidemment que le GIEC a une composante politique, autrement on se demande bien à quoi il servirait puisque son objectif est de rassembler la littérature scientifique revue par les pairs, donc digne de confiance, afin de faire prendre conscience aux politiques des enjeux du réchauffement climatique ; l'attaque sur le "GIEC politique" est ce que l'on appelle un strawman, ou homme de paille en français, qui est « un sophisme qui consiste à présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée » ; en l'occurrence on présente le GIEC comme uniquement politique, donc destiné à servir des intérêts politiques, en éludant tout ce qui concerne l'aspect purement scientifique qui représente la très grande majorité du rapport ; pour information, les trois rapports contiennent 1500 pages chacun, les résumés pour les décideurs (i.e. les politiques) n'en faisant qu'une dizaine au maximum (source wikipedia)
  • page 50 - István E. Markó
  • Quelles sont ses compétences ?
  • Ses recherches traitent de la chimie du carbone et du vivant.
  • [...] il tente de créer de la nouvelle chimie, comme en essayant de rendre le dioxyde de carbone intéressant pour la vie de la communauté.
Est-ce que nous aurions là la clé de l'engagement a priori incompréhensible d'István Markó ? En effet, comment un scientifique spécialiste du carbone peut-il remettre en cause plus d'un siècle de savoir, depuis qu'Arrhenius, sans l'aide d'aucun ordinateur et donc d'aucun modèle informatique, « a élaboré une théorie qui relie l’augmentation du CO2 atmosphérique à une augmentation sensible des températures terrestres en raison d'un « effet de serre » dû à la vapeur d’eau et à l'acide carbonique (CO2 dissous dans la vapeur d'eau) » ? Et si Markó avait des intérêts (moraux sinon financiers) dans l'exploitation du carbone, et que dès lors une réduction des émissions de CO2 pouvait porter préjudice à sa "petite entreprise" ? Ce n'est qu'une hypothèse de ma part qui demande validation par un comité ad hoc, qui se propose ?
  • page 51 - À la suite d’un café-débat, organisé dans le cadre de l’année de la chimie, avec le professeur Jean Pascale Van Ypersele, il monte sur pied une liste des incohérences de la théorie du réchauffement du GIEC en compagnie de plusieurs personnes. Le résultat de ces rencontres se condense dans un livre intitulé, « Climat : 15 vérités qui dérangent ».
  • Cet ouvrage est un livre commercialisé que chacun peut dégotter (sic) au sein de plusieurs libraires et de plusieurs sites de vente. Par conséquent, il est disponible pour tout le monde que ce soit le milieu scientifique ou néophyte.
C'est souvent dans des discussions de "bistrot du coin", encore appelées de "café du Commerce", que s'élaborent les théories les plus fumeuses les unes que les autres, notamment les théories complotistes ou les élucubrations diverses sur le temps qu'il fait ; au passage j'ai appris que le verbe "dégoter" était d'un usage courant en Belgique !
  • [...]les co-auteurs de cet ouvrage sont issus d’univers différent. Ces différents champs sont également des cibles potentielles.  Anne Debeil est une ingénieure civile chimiste, en sécurité, environnement et gestion de l’eau. Ludovic Delory appartient, quant à lui, au domaine journalistique. Samuel Furfari est un ingénieur civil chimiste qui est en lien avec l’Université Libre de Bruxelles. Drieu Godefridi est issu du milieu juridique et philosophique, il est également administrateur de sociétés. Henri Masson est un ingénieur civil et docteur en sciences appliquées, il est professeur pour l’Université d’Anvers et pour le Maastricht School of Management au Pays-Bas. Lars Myren est un ingénieur civil chimiste, en sécurité et environnement. Enfin, Alain Préat est docteur en géologie et un professeur à l’Université Libre de Bruxelles.
Les co-auteurs sont peut-être issus d'univers différents, mais ils ont tous un point commun, devinez lequel (pour vous aider suivez les liens...) ; un indice : la suite de la thèse vous donnera des informations suffisantes pour vous faire une idée et conforter votre premier aperçu.
  • pages 51-52 - La préface est signée par Carlo Ripa di Meana, il était commissaire européen de l’énergie et ministre de l’environnement en Italie.
Je ne vois pas très bien ce que vient faire cet ancien porte-parole de la Fédération des Verts, un parti écolo en Italie...peut-être n'avait-il pas toute sa tête quand on lui a demandé de préfacer un livre manifestement anti-écolo, il faut dire qu'il est né en 1929, et à son âge (il avait plus de 80 ans) parfois on ne sait pas ce que l'on fait et on peut se laisser abuser (encore une fois une hypothèse de ma part, en fait je n'en sais rien, il est possible qu'il ait tourné sa veste sur ses très vieux jours)
  • page 52 - Cette œuvre annonce, d’emblée, que sa production n’a été l’initiative d’aucune institution et n’a été l’objet d’aucun financement. Les personnes participant à l’ouvrage se revendiquent bénévoles.
Et les droits d'auteurs iront certainement au Secours Populaire ; cela-dit ça ne doit pas faire bezef, ils sont tellement nombreux à se les partager, mais ça peut quand même payer quelques bons repas bien arrosés (toujours une hypothèse de ma part etc.)
  • Alexis Merlaud
  • En 2013, il devint docteur en sciences en présentant une thèse à l’Université Catholique de Louvain, dénommée, « Development and use of compact instruments for tropospherics investigations based on optical spectroscopy from mobile platforms ».
  • Cet auteur est chercheur à l’institut d’aéronomie spatiale belge sur le site de l’observatoire d’Uccle, dédié à la recherche en physique-chimie des atmosphères.
On voit donc que le  "réfuteur" de Markó & co n'est pas un simple touriste qui passait par là et qu'il doit avoir quelques munitions à tirer, avec une certaine expertise dans le tir et l'atteinte de ses cibles...
  • page 53 - L’auteur a envoyé son texte aux laboratoires de climatologie de l’Université Catholique de Louvain et l’Université Libre de Bruxelles. L’article est également disponible sur internet, en consultant le site de la librairie de l’Université Cornell. Le milieu universitaire est donc largement exposé à cette note.
  • L’auteur affirme qu’il n’a fait l’objet d’aucun financement pour cette rédaction. Il n’a pas averti ses employeurs qu’il était en train de rédiger une telle note, et ce dans un simple intérêt de liberté. Il s’agit donc d’une production libre et militante.
Il n'a effectivement pas écrit un livre disponible dans toutes les "bonnes" librairies ainsi que sur Amazon, donc il ne peut prétendre à aucune royalty ; de plus ayant diffusé cette note dans le même milieu universitaire où officiait István Markó on peut comprendre que ce dernier ait souffert d'un certain...ostracisme, ostracisme bien justifié si vous voulez connaître le fond de ma pensée ; en effet, les enseignants ne sont pas tous des cons, il y en a qui non contents d'avoir des connaissances se permettent aussi de réfléchir, la note d'Alexis Merlaud a donc dû les faire réfléchir et ils en ont tiré les conséquences.
  • 4.3. Le rapport du GIEC 
  • page 56 - Dans le concept de panique morale, explicité ci-dessus, un évènement, un épisode, un groupe de personnes apparaît et forme une menace pour les valeurs et les intérêts de la société. 
  • Dans le cas présent, le changement climatique est l’évènement qui constitue un danger pour la société. Plus précisément, la hausse des émissions de gaz à effet de serre anthropique constitue une grave menace pour toutes les facettes de la société.
  • Le rapport contient de la page 7 à la page 13, une liste de tous les effets que pourrait produire le réchauffement climatique.
Le premier point est général et ne concerne pas spécifiquement le rapport du GIEC ; le deuxième point explicite que le changement climatique provoqué par les émissions de CO2 d'origine humaine est le "danger pour la société", ce que réfute Markó ; la liste des effets que produirait le réchauffement climatique peut être consultée ici ; on y trouve, entre autres tableaux, ceci :


Figure RiD.7. Exemples d’incidences associées à l’élévation de la température moyenne à la surface du globe. En haut : Exemples d’incidences planétaires anticipées des changements climatiques (et, le cas échéant, de l’élévation du niveau de la mer et de l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère) selon l’ampleur de la hausse de la température moyenne à la surface du globe au XXIe siècle. Les traits noirs relient les diverses incidences entre elles, les flèches en pointillé indiquent que ces incidences se poursuivent avec le réchauffement. La disposition du texte permet de voir approximativement à quel niveau de réchauffement s’amorce l’effet mentionné. Les chiffres relatifs à la pénurie d’eau et aux inondations représentent les répercussions supplémentaires des changements climatiques relativement aux conditions projetées selon les scénarios A1FI, A2, B1 et B2 du SRES. Ces estimations ne tiennent pas compte de l’adaptation aux changements climatiques. Toutes ces incidences sont affectées d’un degré de confiance élevé. [...]

Ou encore ceci :


Tableau RiD.3. Exemples d’incidences possibles des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes associés aux changements climatiques, selon les projections visant la deuxième moitié du XXIe siècle. L’évolution de la capacité d’adaptation n’est pas prise en compte. Les probabilités indiquées dans la deuxième colonne concernent les phénomènes recensés dans la première colonne. {Tableau 3.2}

  • pages 56-57 - Ce genre de phénomène s’oriente davantage vers un danger pour les intérêts de la population. Ce qui ressort de ce rapport, est qu’il en est de l’intérêt des êtres humains de prendre au sérieux cette menace. Les intérêts de la vie en société sont généralement une sécurité de vie, d’habitats, de ressources en eaux et en aliments. Ce sont précisément ces aliments qui sont menacés par ce phénomène. Ce qui est également remis en question sont nos modes de vie, nos comportements.
Là aussi une piste à suivre pour comprendre les motivations de certains...
  • page 57 - Après réflexions, le changement climatique deviendrait une menace pour nos valeurs de vie et de production. Nos valeurs de vie se caractérisent par la priorité au bien-être, à la qualité, au confort de vie, sans réellement penser aux dommages collatéraux que cela peut engendrer. Le réchauffement menace, en quelque sorte, ces valeurs de bien-être. En outre, si la société se retrouve actuellement dans une glorification du profit et de la concurrence à la performance, le réchauffement constitue une menace pour ces valeurs économiques. Il est clair que les diverses politiques et mesures que le GIEC recommande de prendre vont à l’encontre de ces valeurs privilégiant le bénéfice, au détriment de l’être humain et de la terre.
On commence à y voir un peu plus clair...
  • Selon Goode et Ben-Yehuda, une des dimensions fortes de la panique morale est la création d’un groupe diabolisé, dénommé «folk devils», qui devient la source de la menace. Il est vrai que ces théories visent des domaines d’activités privilégiés, à savoir les consommateurs d’énergies fossiles. Cependant, nous ne pouvons pas réellement constater de stigmatisation envers ces acteurs. Ce sont les activités humaines qui deviennent les responsables de la menace. Toutefois, cela reste très général, très global. Il n’y a pas un groupe très spécifique pointé du doigt.
Donc il n'y a pas, de la part du GIEC, de "diabolisation" des industries fossiles, et encore moins des climatosceptiques qui les défendent.
  • La question prédominante de la responsabilisation des entreprises multinationales est sous-jacente. Il est vrai que la production des entreprises est responsable mais elle n’est pas la seule. Les mesures d’atténuation de la menace sont orientées, en grande partie, vers la réglementation de la production économique. Nous pourrions penser qu’il s’agit du groupe diabolisé. Toutefois, le rapport du GIEC n’attribue pas spécifiquement l’origine de la menace aux activités de ces multinationales, chaque être humain dans ses habitudes de vie est concerné.
Confirmation que le GIEC ne pointe pas du doigt les industries "fossiles"; ce n'est qu'en analysant (et en comprenant) les données fournies par le GIEC qu'on se rend aisément compte de la responsabilité de ceux qui rajoutent "un peu trop" de CO2 dans l'atmosphère.
  • page 59 - Un terme intéressant est celui de « risque incalculable ». Le rapport du GIEC reprend effectivement cette dénomination dans ses perspectives à long terme.
On fait mieux en matière de catastrophisme ! Et le risque étant "incalculable" nos amis climatosceptiques en déduisent naturellement qu'il n'y a pas de risque, puisqu'on ne sait pas le calculer ; c'est comme ma maison, je ne sais pas quel est le risque qu'elle vienne à brûler, il est même certainement infime, alors pourquoi diable l'assurer, c'est vraiment un gâchis financier et je devrais plutôt dépenser mon argent à d'autres choses plus utiles (je reprends par là la dialectique du climatosceptique ordinaire qui dit qu'il n'y a pas suffisamment de preuves et qu'on ferait mieux d'utiliser l'argent à lutter contre la pauvreté, l'argument est imparable, pardon, impayable !)
  • Le groupe d’experts est préoccupé par ce phénomène en vue de son accentuation. Ce sentiment prend d’ailleurs la forme de propositions de changement.
Eh oui, le GIEC a aussi été créé pour donner des pistes, c'est même le rôle des Groupe II et III de définir les problèmes auxquels on peut s'attendre et de proposer des solutions qu'il conviendrait d'adopter pour les éviter ou les atténuer ; mais voilà, les propositions ne plaisent pas à tout le monde...
  • page 60 - La disproportion est un critère essentiel afin de déterminer si l’événement constitue une panique morale. Dans ce cas, il paraît difficile de juger une éventuelle disproportion. La disproportion est un attribut des paniques morales très délicat à prendre en compte. Il résulte, avant tout, d’un jugement de valeur. Cela reviendrait à dire que la réaction du GIEC est disproportionnée face au danger réel de l’évènement. Il nous est impossible de considérer les réactions des scientifiques face au changement climatique comme disproportionnées. Notre formation ne nous permet pas d’établir la gravité de ce phénomène.
SM fait preuve d'une grande humilité, pourtant en son for intérieur elle sait parfaitement que les réactions des scientifiques n'ont rien de disproportionnées ; en fait les scientifiques ne font rien d'autre que le boulot pour lequel ils sont payés, avec à l'esprit, sauf pour quelques uns, la réputation qu'ils laisseront derrière eux et qu'ils ne veulent surtout pas salir.
  • [...] le rapport du GIEC tire une sorte de sonnette d’alarme car le problème se situe dans le fait que la plupart des gens ne réagit pas face à ce phénomène. S’il devait y avoir une disproportion, alors ce critère pourrait s’observer dans sa conception négative.
Voici donc le concept de "disproportion négative", SM ne fait rien d'autre que d'expliquer qu'en réalité le GIEC "n'en ferait pas assez", ce qui est vrai puisque les rapports à l'attention des décideurs, les seuls à être vraiment lus par le commun des mortels, sont "modérés" par les politiques qui choisissent soigneusement les termes afin non pas de rassurer le public, mais plutôt pour éviter de trop s'engager ; voir la progression du vocabulaire employé, sur la page consacrée à l'attribution dans le document projects.knmi :


Comme on peut le voir il y a une progression dans le vocabulaire, qui ne fait pas que suivre les connaissances mais est tributaire de ce que les politiques (et non les scientifiques) veulent voir apparaître dans le rapport, bref il faut leur arracher le 99% de certitude que beaucoup auront tendance à vouloir diminuer.
  • page 61 - Le rapport du GIEC exprime une certaine volonté unificatrice [...] De par le consensus entourant le groupe d’experts provenant des quatre coins de la terre, il désire étendre ce consensus à plus grande échelle. Le rapport expose, dès lors, cette caractéristique de consensus concernant la question du réchauffement anthropique. Cette catégorie d’individus forme alors les « nous ». Les autres seraient ceux qui démentent le danger que pourrait représenter le réchauffement et qui réfutent l’importance des activités humaines.
Rappelons que c'est la science qui fait le consensus et non le consensus qui fait la science ; et il n'est pas inutile de revoir la définition donnée par wikipedia : « Le consensus scientifique est le jugement, la position, et l'opinion collectifs de la communauté scientifique qui travaillent sur un domaine particulier d'étude. Le consensus implique un accord général, mais pas nécessairement à l'unanimité. Le consensus scientifique n'est, en lui-même, pas un argument scientifique, et il ne fait pas partie de la méthode scientifique. Néanmoins, le consensus peut être basé sur la méthode et l'argument scientifiques[1].» ; et contrairement à ce que prétendent les climatosceptiques, le consensus fait bien partie de la science, pour preuve les plus de 4 millions de résultats quand on tape "consensus" dans Google Scholar, démontrant par là-même que ce mot fait bien partie du langage scientifique ; on comprend bien pourquoi le consensus ne plait pas aux climatosceptiques, il n'est pas en leur faveur !
  • page 62 - L’hostilité n’est pas un critère qui peut être constaté dans ce rapport. Il met en évidence les sources de la menace mais nous ne pouvons pas observer une quelconque attitude hostile envers le groupe adverse. Néanmoins, ce document ne manifeste pas d’agressivité dans l’expression des dires mais il présente, quand même, le GIEC en tant qu’organisme opposé aux producteurs des émissions carbones [...] Dans cette mesure, le GIEC se conduit en ennemi vis-à-vis des producteurs de gaz à effet de serre. Il est en désapprobation par rapport à ces activités et il est également en opposition face à ces pratiques. Ces derniers seraient tous les domaines qui participent à la production des gaz à effet de serre et donc à la favorisation du réchauffement climatique. Dans ce sens, nous pouvons peut-être dire que ce groupe intergouvernemental s’oppose à ses adverses sans agressivité dans ses propos.
On serait effectivement en peine de trouver la moindre agressivité dans les rapports du GIEC vis-à-vis de quiconque ; par ailleurs dire que le GIEC serait l'"ennemi" des producteurs de gaz à effet de serre est une affirmation qu'on peut éventuellement faire, sans qu'elle soit étayée, et elle reste une simple opinion ; en vérité le GIEC est l'ennemi des producteurs de gaz à effet de serre par déduction de ce que l'on peut lire dans ses rapports, cela nécessite donc un processus intellectuel d'interprétation pour qualifier le GIEC de cette façon.
  • page 63 - La volatilité est un critère qui caractérise la panique morale. Toutefois, la préoccupation entourant la publication du travail du GIEC pourrait être assimilée à cette volatilité. Elle pourrait ressurgir et retomber à la suite de la production d’analyses. Cependant, cet effet ne peut pas être constaté après la lecture de ce document.
Effectivement, la température n'arrêtant pas de monter, ainsi que le niveau des mers, plus bien d'autres choses montrant qu'il y a bien un réchauffement climatique, il n'y a pas de raison pour que le GIEC cesse de travailler !
  • Le fait de susciter un sentiment de danger permet également de faciliter l’ouverture d’une fenêtre politique pour accélérer la prise de décision. Toutefois, comme évoqué ci-dessus, l’utilisation de la peur comme un outil peut avoir pour effet de transformer la disproportion négative en positive. Le fait de susciter une réaction de peur face au phénomène peut amener les citoyens à prendre la menace au sérieux et faciliter, par conséquent, la prise de mesures.
Il est vrai qu'il y a le risque de crier au loup trop souvent, à la fin plus personne n'écoute ; cependant ne pas crier au loup alors qu'il y a des loups qui rôdent dans les parages n'est pas plus malin ; tout est donc une question de dosage et, surtout, d'information et d'éducation ; si tout le monde comprenait la physique et la chimie au point de ne plus pouvoir contester les grandes lignes qui sous-tendent le réchauffement climatique (on ajoute du CO2 dans l'atmosphère, par conséquent on augmente la température, c'est de la physique/chimie) alors on pourrait se concentrer sur l'essentiel, à savoir répondre à la question suivante : que fait-on pour mitiger ou s'adapter ?
  • Il est connu que la peur produit un besoin de rassemblement dans le but d’optimiser sa sécurité. La peur a pour effet aussi de créer des sociétés, nous nous rassemblons par un besoin de sécurité, c’est la théorie du contrat social. Hobbes prête à cette passion une vertu de régulation dans la politique. Elle fonde la société, ses activités de manière générale.
C'est notamment la peur qui permettait à l'homme préhistorique de ne pas chasser n'importe quel animal, à moins d'avoir les outils et la technique adaptés ; la peur est un sentiment indispensable à la survie, elle est partout présente dans le règne animal ; et c'est bien parce que les hommes avaient peur qu'ils se sont rassemblés pour former des sociétés destinées à les protéger ; ne pas avoir peur, notamment du réchauffement climatique, c'est faire preuve d'inconscience et d'irresponsabilité (irresponsabilité à l'égard de ceux qui vont nous succéder) ; cela dit on est bien obligés de constater que personne n'a vraiment peur du réchauffement climatique, moi-même je ne suis pas particulièrement inquiet, car je sais que ce n'est pas moi qui en souffrirai le plus.
  • page 65 - Si le message n’introduit qu’une peur intense, il risque de provoquer des évitements; il faut une peur modérée avec des informations concrètes et efficaces pour changer de conduite.
  • La peur, bien utilisée, favorise donc la motivation au changement d’attitude. En effet, le rapport contient, d’abord, un étalement de la situation, ensuite, un ensemble de prédictions alarmantes et enfin, un ensemble des mesures aussi diverses que possibles pouvant être prises. La peur dans ce document n’est pas sacralisée à un tel point d’intensité, elle est véhiculée modérément tout le long du texte. En outre, le GIEC ne s’arrête pas à ses constatations et prévisions scientifiques, il désire amorcer la voie vers le changement.
SM regarde le rapport du GIEC d'un œil objectif, sans a priori, car de toute évidence sa sensibilisation au problème du réchauffement climatique est bien trop récent pour qu'elle puisse porter un regard subjectif et partisan, d'ailleurs si elle le faisait ce serait à ses risques et périls... ; elle confirme qu'il n'y a pas vraiment dans le document du GIEC de matière à avoir peur, de plus elle souligne, à raison, que des solutions sont proposées, par conséquent qu'il s'agit d'un document pro-actif ne se contentant pas de faire un bilan d'une situation ; les solutions proposées par les climatosceptiques sont simples quant à elles : on continue as usual puisqu'il n'y a aucune raison d'avoir peur ; en fait pour eux, c'est de la baisse de nos émissions de CO2 que nous devrions avoir peur, car elles nous feraient revenir au Moyen-Age !
  • pages 65-66 - Le déni constitue une sous-réaction. D’une certaine manière, nous pourrions peut-être émettre l’hypothèse que face à la disproportion négative, évoquée plus haut, la société se retrouverait dans un certain mécanisme de défense avec une absence de réaction. Dès lors, le GIEC tenterait de provoquer un bouleversement de tendance en dosant ces caractéristiques et en fournissant des mesures afin d’engendrer une motivation au changement.
C'est bien ce qui semble se produire chez certains, c'est le changement (d'habitudes, de mode de vie, etc.) qui entraine le déni en "sous-réaction" aux informations dérangeantes qu'ils reçoivent du GIEC (entre autres) et qui les bloque dans une position où toute tentative de les raisonner est vouée à un échec quasi-inéluctable ; c'est pourquoi je doute que pour ces gens-là les informations en provenance du GIEC puissent produire la moindre "motivation au changement".
  • page 66 - [...] nous pourrions penser qu’il serait plus pertinent de décrire le travail du GIEC en termes de croisade morale.
Mais nous allons voir qu'il n'en est rien...
  • Nous savons de façon notoire que les représentants des Etats membres n’arrivent pas à se mettre d’accord sur des mesures intergouvernementales à prendre. Face au manque d’accord et de prise de décisions politiques intergouvernementales, le GIEC pourrait se transformer en entrepreneur établissant des recommandations. Il a pour objectif la réforme des normes actuelles. Ce groupe émet des constatations et des recommandations afin de faire bouger les choses.
  • Alors, nous émettons l’hypothèse que le GIEC puisse devenir un groupe d’entrepreneurs entrant en croisade afin de changer une situation.
Hypothèse, ce n'est qu'une hypothèse...
  • page 67 - [...] les données concernant le GIEC dans la présentation des acteurs démontrent, d’une certaine manière, la volonté d'étendre l’approbation des thèses. Cette caractéristique typique des croisades pourrait s’éprouver dans la diffusion large des rapports et dans la création d’un rapport spécifique pour le monde politique. Ce dernier étant le seul capable de matérialiser leurs dires.
La volonté d'édicter des normes que tout le monde devrait respecter entre bien dans le champ de la croisade (morale ou non)
  • pages 67-68 - Il paraît clair que ces actions n’ont rien à voir avec des mouvements menés par des acteurs ayant une orientation religieuse ou conservatiste, comme défini dans le dictionnaire des mouvements sociaux. Le GIEC n’est pas un acteur relevant d’une classe ancienne, comme décrite par Lilian Mathieu. Le groupe pourrait être vu comme un entrepreneur réagissant au développement social de plus en plus grandissant qui met en danger les valeurs et les intérêts de la société. Ce dernier est compris comme une menace pour les valeurs du vivre ensemble et les intérêts de sécurité du monde.
Il se précise (et se confirme) que le GIEC n'est pas vraiment d'obédience religieuse ou conservatrice, ce dont on se doutait un peu quand on connaît un minimum le sujet (mais encore faut-il le démontrer, surtout dans une thèse)
  • page 68 - En ce qui concerne le côté conservateur de l’action, les rapports du GIEC ne s’orientent pas dans un but de conservation des valeurs que prône ou prônait la société. Ils désirent instaurer l’application de nouvelles mesures, non pas pour sauvegarder des valeurs mais pour faire prendre conscience de nouvelles valeurs, voire de valeurs fondamentales.
Nous y sommes presque, le GIEC n'est donc pas passéiste, il est résolument progressiste et n'essaye pas d'imposer ses vues par la force ("faire prendre conscience" est différent d'"instaurer par la contrainte")
  • page 69 - L’objectif de cette institution serait le changement de comportement des industries et des citoyens par l’action des Etats membres. Dans cette optique, il s’agirait bien d’un mouvement pour l’amélioration des normes. Le GIEC pourrait passer pour un ensemble d’acteurs relevant d’une classe dominante, investis par une mission de moralisation de classes dominées. Le groupe de dominant serait représenté, dans ce cadre, par un ensemble de personnes érudites, de grands scientifiques, d’experts provenant des quatre coins de la terre. Toutefois, si la population, prise au sens large, semble s’apparenter à cette classe dominée, le groupe tenterait de moraliser également la classe puissante et dominante de la sphère politique. De ce point de vue, cela affaiblirait cette représentation soutenue par Becker et Gusfield.
Howard Becker est « un sociologue américain né le à Chicago dans l'Illinois. [...] Il est l'auteur de deux ouvrages marquants, Outsiders et Les mondes de l'art. [...] Dans Outsiders, Becker mène son étude en se fondant sur le monde des musiciens de jazz et sur les fumeurs de marijuana dans les années 1950. Il choisit de faire une observation participante, afin de connaître les représentations du monde de ses « déviants ». Il construit une théorie interactionniste de la déviance, en réaction à la tradition fonctionnaliste. » ; nous avons déjà vu plus haut qui était Gusfield.
  • page 70 - [...] la nature reste au centre des recommandations du GIEC. Le rapport pourrait se situer dans deux types de croisade et assembler la morale et l’écologie.
Why not ? Cependant il faut attendre la suite pour savoir ce qu'il en est réellement...
  • 4.4. Le livre de Markó et ses co-auteurs
  • 4.4.1. Résumé du document
  • « Climat : 15 vérités qui dérangent » est un livre écrit par plusieurs personnes. L’objectif principal est de remettre en cause les travaux du GIEC et leur manière de faire. Elles ne tolèrent pas que le GIEC refuse de débattre sur la question du réchauffement climatique, que le GIEC prétende posséder la vérité, et que ce dernier dénigre les scientifiques opposés à leurs thèses. Elles reprochent également aux politiques et aux journalistes de recevoir, sans un quelconque esprit critique, les thèses du groupe intergouvernemental.
Comme je n'ai pas lu le livre de Markó (et ne compte pas le faire, du moins si l'on ne me paye pas pour l'acheter) à partir de maintenant je vais faire confiance à 100% à SM sur ce qu'elle dit au sujet de ce livre, après tout, ce qu'elle a dit au sujet du GIEC était tout à fait correct, donc j'en déduis que ce qu'elle va dire sur les "15 vérités" l'est tout autant ; le livre affirme donc que le GIEC refuserait de débattre avec ces messieurs, sans blague ! D'abord le GIEC n'est pas une personne et se trouve donc dans l'incapacité de rencontrer le moindre climatosceptique ; ensuite la science ne se débat pas dans des bouquins ou dans des émissions de télé ou de radio, cela est réservé aux politiques qui veulent gagner des électeurs en leur racontant leurs boniments, mais c'est peut-être pour cette raison, justement, que les climatosceptiques aimeraient "débattre" avec de vrais spécialistes du climat, afin notamment de les rouler dans la farine en leur jetant à la figure leurs "arguments" prêts à l'emploi, sachant pertinemment que leur interlocuteur n'aura jamais le temps de les contredire, selon le principe du « il suffit de quelques secondes pour dire une ânerie qui demandera de longues minutes pour être réfutée » ; les anglo-saxons ont un mot pour cela : le Gish-Gallop.
  • page 71 - Le débat devrait rester démocratique et argumenté.
Sans blague ! Maintenant la science se fait à main levée ? Et depuis quand les études publiées dans les revues à comité de lecture ne seraient pas argumentées ?
  • Les auteurs de cet ouvrage affirment que les représentants du GIEC refusent de débattre avec les scientifiques ne reconnaissant par leurs thèses. Ils mettent en avant que le GIEC et ses adhérents justifient leur refus de discuter la question du changement climatique par l’existence d’un consensus sur le réchauffement anthropique, le faible nombre de climatosceptiques, la clôture du débat sur la question, la formation non climatologique des climatosceptiques, le manque d’exigence scientifique des travaux climatosceptiques, la renommée de l’organisation du GIEC, la contestation du changement climatique en tant que tel, l’appartenance des climatosceptiques à des industries d’énergie fossile, la volonté des climatosceptiques de semer le doute et de ralentir la prise de mesures face à l’urgence, l’existence de nombreux sites détruisant les arguments des climatosceptiques, le fait que la science ne se décide pas médiatiquement et que seuls les scientifiques peuvent parler de ces problématiques.
Cette litanie de la main même de la troupe à  Markó est tout simplement remarquable, car elle résume à la perfection ce que l'on reproche justement aux climatosceptiques ! Si ces derniers arrivaient à prouver que les émissions humaines de CO2 ne sont pas à l'origine de la hausse des températures, ou que les glaciers augmentent en longueur, ou que le niveau des mers baisse, ou que le pH des océans est à la hausse et non à la baisse, etc. alors on pourrait admettre qu'il puisse y avoir un débat, surtout si leurs travaux étaient publiés dans des revues renommées à comité de lecture ; au lieu de cela, les quelques travaux publiés, tentant de réfuter les thèse du GIEC, le sont dans des revues périphériques, par exemple chinoises, comme celui de l'inénarrable "Lord" Monckton ;  comment peut-on, dans ces conditions, apporter le moindre crédit à un climatosceptique quand il ouvre la bouche, nous savons d'avance que ce sera du grand n'importe quoi ; donc pourquoi des scientifiques réputés, et occupés, perdraient du temps avec de tels...guignols ?
  • pages 71-72 - [...] ils remettent en doute la nature même du GIEC, en tant qu’organisation scientifique. Ils pensent que sa structure, sa composition et ses missions, affirment qu’il ne s’agit qu’une institution politique.
Ben voyons ! (comme dirait un de mes commentateurs préférés qui reste prudemment terré dans son petit trou de souris) ; en tout cas c'est tout simplement insultant pour tous les scientifiques qui ont participé à l'élaboration du rapport, on les traite bonnement de laquais des politiques.
  • page 72 - En outre, ils défendent que les émissions de dioxyde de carbone, dues aux combustibles fossiles depuis 1750, n’ont pas augmenté dans l’atmosphère [etc.]
Suit une longue liste des "arguments" préfabriqués et éculés dont la quasi-totalité a été maintes et maintes fois réfutée.
  • page 73 - 4.4.2. Analyse de contenu
  • Toutes ces données constituent un corpus très intéressant pour la théorie des paniques morales.
  • Cette analyse sera particulière en raison de l’objectif de ce document. Ce dernier est une reprise critique des thèses du GIEC mais contient, par la même occasion, des thèses supplémentaires diamétralement opposées aux thèses primaires. D’une part, nous aurons des données reprises et émises par le GIEC; d’autre part, nous aurons des informations qui proviendront des auteurs du livre.
On dirait que c'est l'arroseur arrosé ; Markó accuse le GIEC de catastrophisme, c'est à dire de vouloir déclencher une panique morale, et voilà qu'une jeune thésarde avance que ce serait le livre des "15 contrevérités" qui « constitue[rait] un corpus très intéressant pour la théorie des paniques morales » !
  • page 74 - Les comportements du GIEC et de ses partisans sont pointés du doigt par les climatosceptiques. D’abord, Ils seraient contraires pour la démocratie, en ce compris la liberté d’expression et l’égalité. Ensuite, ils constitueraient une menace pour l’indépendance et l’éthique de la communauté scientifique. La menace n’est pas exposée explicitement mais toute la première partie du livre énonce les manquements dont les climatocroyants feraient preuve.
C'est la première fois que je vois mentionné le terme "climatocroyant", que je ne connaissais pas jusqu'à présent ; j'en déduis que SM a repris à son compte, dans sa thèse, ce mot qu'elle a vu dans le livre d'István Markó ; ce qui me fait dire cela c'est que la seule mention du mot climato-croyant (avec un trait d'union) que j'ai pu trouver date de septembre 2013 (vva22 : Ce qui est intéressant c'est que la plupart des français se sont plaints d'un hiver et d'un printemps froid et réjouis d'un été chaud, il serait intéressant de savoir si les 65% de climato-croyants souhaitaient également un été froid...Le 03/09/2013 à 20:55) alors que le livre est paru en juillet de la même année ; il parait assez évident que ce vva22 a lu le livre des 15 contrevérités et qu'il a repris le mot dans son commentaire ; en tout cas il s'agit d'un mot que SM aurait pu se dispenser d'utiliser, le suffixe "croyant" étant plutôt à réserver au camp opposé... ; à noter tout de même que le mot climatosceptique est également utilisé à contresens, car un climatosceptique est tous sauf sceptique, d'ailleurs les anglo-saxons disent denier (négationniste) ou contrarian (anticonformiste), et quand ils utilisent le mot skeptic (sceptique) c'est pour le faire précéder par le qualificatif fake (faux) ; en français nous ne sommes donc pas bien lotis, car il est difficile d'utiliser le mot "négationniste", qui est réservé au déni de la Shoah, quant à anticonformiste il est ridicule et personne de songerait à l'utiliser pour désigner des gens qui refusent la science, ce serait faire injure...aux anticonformistes ! Par ailleurs certains climatosceptiques ont jugé bon de s'auto-désigner sous le vocable encore plus ridicule de climato-réaliste, comme s'il était réaliste de refuser de reconnaître la science unanimement admise par la communauté internationale ; enfin que dire de l'accusation de "menace contre la démocratie, la liberté et l'égalité, ou l'indépendance et l'éthique de la communauté scientifique", les bras m'en tombent, mais il est vrai que plus c'est gros et plus ça a de chances de passer chez certains esprits fragiles et fatigués.
  • La diabolisation subie et dénoncée par les climatosceptiques forme, d’une certaine manière, une diabolisation des climatocroyants dont les actions constitueraient une menace pour l’éthique des scientifiques.
Encore une fois l'arroseur arrosé, ou tel est pris qui croyait prendre, Markó se voit renvoyer à la figure ses propres turpitudes.
  • [...] les rapports du GIEC ou les partisans de cette organisation, formeraient une menace pour le système économique. D’une manière globale, la lutte contre le réchauffement climatique serait elle-même une menace pour les sociétés.
Les motivations des climatosceptiques sont là en filigrane, à peine cachées, prêtes à surgir au grand jour à tout moment.
  • page 75 - L’idée de préoccupation est véhiculée tout au long du livre.  [...] Selon les auteurs du livre, il s’agit d’une préoccupation qui n’a pas lieu d’être. Ils pensent que le GIEC cherche à véhiculer une préoccupation irraisonnée dans la société afin de prendre des mesures adéquates. Ils qualifient la préoccupation ressentie par le GIEC d’alarmiste et de catastrophique. [...] nous pouvons en déduire que ces mêmes auteurs tentent de prouver qu’il s’agit d’une préoccupation erroné.
  • Les auteurs déclarent que celui qui remet en cause les rapports du GIEC est présenté comme une personne qui agresse la « science ». Ils évoquent cette sensation car les représentants du GIEC refusent de débattre avec ceux qui ne partagent pas leurs idées.
Changez « Ils pensent que le GIEC cherche à véhiculer une préoccupation irraisonnée dans la société afin de prendre des mesures adéquates » par « Ils pensent que le GIEC cherche à prendre des mesures adéquates » et la phrase devient acceptable ; par ailleurs, après avoir si lamentablement déformé le message du GIEC, ces messieurs s'étonnent et se lamentent, tel Calimero, quand on les accuse d'"agresser "la science ; et ils ne comprendraient pas que l'on refuse de discuter avec eux ? A mon avis c'est exactement ce qu'ils cherchent, car d'une part ils savent qu'ils ne font pas le poids, du moins dans un débat dans un cadre réellement scientifiques, pas sur un plateau de télé où ils se montrent de redoutables tribuns désinformateurs, et d'autre part ils peuvent ainsi jouer les martyrs à bon compte ; cela dit je pense que les scientifiques ont raison de ne pas vouloir aller risquer de se ridiculiser en public et qu'ils ont mieux à faire pour faire avancer la science, surtout quand ils sont de piètres orateurs (et il faut quand même avouer qu'un Courtillot ou qu'un Gervais savent se débrouiller en public)
  • page 76 - [Les climatosceptiques ] sont représentés comme des ennemis de la science. Ils sont étiquetés et stéréotypés comme des manipulateurs, des malhonnêtes. Ils sont, en quelque sorte, discrédités en affirmant que leurs pensées émanent d’industries pétrolières, qu’ils sont rarement de vrais climatologues et qu’ils n’appartiennent pas à des institutions scientifiques de bonnes réputations.
Si cela vient bien du livre de Markó, alors je dis chapeau l'éclair de lucidité !
  • [...] les climatosceptiques font valoir qu’ils sont diabolisés par les partisans du GIEC. En dénonçant la «diabolisation» dont ils seraient victimes, ils diabolisent, d’une certaine manière, eux-mêmes, le GIEC et ses partisans, dont les actions menaceraient l’éthique des scientifiques.
Toujours l'arroseur...
  • pages 76-77 - D’un côté, les auteurs occupent la place des climatosceptiques et se situent dans la répartition des « eux ». Dans ce cadre, il s’agit d’une place attribuée par le GIEC. Ils tentent de démontrer que le GIEC fait des climatosceptiques des «folk devils». Cependant, la représentation du «folk devils» inspirée de Cohen n’est pas observée telle quelle. Nous pourrions penser que l’expression de sentiment de dénigrement, vécu par les climatosceptiques dans les agissements des partisans du GIEC, pourrait être une tentative d’affaiblir leur propos afin de mener à bien leur croisade, leur cause. Le fait de diaboliser un groupe particulier pourrait devenir un outil dans l’affaiblissement des autres groupes qui pensent autrement et une façon de valoriser d’autant plus ses propres idées.
Eh non, le GIEC n'a pas de bouc-émissaire en la personne des climatosceptiques ! En fait le GIEC ignore totalement les climatosceptiques, il n'en parle même pas dans ses rapports ; quant aux partisans du GIEC, comme ma modeste personne, ils se contentent de le défendre, quoi de plus normal ? Si je vois quelqu'un voler le sac à main d'une brave dame, je crie au voleur (ou je lui cours après s'il ne va pas trop vite et n'est pas trop costaud), ce n'est pas pour autant que je fais du voleur un bouc-émissaire, un folk devil.
  • page 77 - Les auteurs pourraient exposer les agissements qu’ils subissent dans le but de se faire passer pour les victimes du débat. À l’inverse, une telle démarche pourrait amener les individus intéressés par ce fait, à prendre en pitié les climatosceptiques et  à s’intéresser à leurs théories méprisées. Cette démarche pourrait avoir également pour objectif d’essayer de placer le GIEC dans le rôle de la puissance écrasante qui s’en prend aux faibles. Ces derniers seraient les climatosceptiques qui tentent de se faire entendre.
Eh oui, c'est un peu ce que je pense, ces gens-là essaient de se faire passer pour des victimes persécutées par le grand méchant GIEC, mais ça ne marche pas, du moins pas avec tout le monde (ça marche cependant très bien avec les Calimeros et les vierges effarouchées)
  • page 77-78 - [Les climatosceptiques] font valoir que l’organisme du GIEC est un organe qui se fait passer pour scientifique, alors qu’il est surtout politique. Dans cet ordre d’idées, les « nous », représentés par Markó et ses co-auteurs, incarneraient la figure du vrai scientifique par excellence, œuvrant pour la science et ne sortant pas de son rôle. Les « eux », qui seraient endossés par le GIEC et ses partisans, seraient de faux scientifiques qui ne respectent pas la neutralité axiologique, l’éthique scientifique et l’indépendance du chercheur.
Syndrome de la projection déjà mentionné plus haut : Markó reporte sur le GIEC tous ses propres défauts ainsi que ses sentiments : ce serait lui le vrai scientifique, imperméable à la politique, pétri d'éthique et d'indépendance, alors que le GIEC (i.e. tous les scientifiques représentés par le GIEC) ce serait tout le contraire ; je vous l'ai dit, plus c'est gros et plus on pense que ça va passer.
  • page 78 - Le contenu repris ci-dessus fait preuve, en partie, du caractère hostile de certains extraits du livre des climatosceptiques. D’un côté, il y a une certaine hostilité envers les climatosceptiques par les membres et partisans du GIEC; d’un autre côté, les dires des auteurs de cet ouvrage présentent également de l’hostilité en direction des climatocroyants. Plusieurs extraits, repris ci-avant, véhiculent une sensation d’hostilité.
Alors qui est le plus hostile vis-à-vis de l'autre ? Un indice : il n'y a dans les rapports du GIEC aucun signe d'hostilité ; il y en a bien un peu parmi les partisans du GIEC, mais comme je l'ai dit ils ne font que le défendre, en argumentant la plupart du temps, et ne reçoivent en retour que des quolibets et des anathèmes (dois-je rappeler ce que risque un "climatocroyant" quand il poste un commentaire sur un site comme Skyfall ou Contrepoints ?)
  • Les extraits suivants sont des exemples supplémentaires présentés par ces derniers : «[…]
    toute remise en cause des travaux du GIEC sont considérées comme une agression faite à la « science » et celui qui les formule passe automatiquement pour une personne suspecte», « Le GIEC dénigre, calomnie et entrave la liberté d’expression de ceux qui ne partagent pas ses thèses.», « Vous avez le devoir de réduire au silence ceux qui s’opposent aux avis du GIEC. ,» « La violence des attaques des partisans du GIEC est sans mesure.», « Une pétition signée par une vingtaine de professeurs et de chercheurs de l’Université Catholique de Louvain a circulé afin de demander aux autorités académiques de prendre des sanctions contre l’un d’entre nous, pour la seule raison qu’il avait exprimé son scepticisme face aux travaux du GIEC devant cette commission parlementaire.».
  • Tous ces exemples présentent clairement une certaine agressivité dirigée contre les climatosceptiques. Il faut rester vigilant car il s’agit d’une hostilité présentée par les climatosceptiques, rien ne permet de constater sa réalité.
Effectivement, on aimerait bien avoir des preuves de tout ce qui est avancé, juste pour rigoler un peu ; par exemple qu'en est-il exactement de la pétition pour "prendre des sanctions" contre l'un d'eux (je présume István Markó himself) ? tout ce que j'ai pu trouver concernant cette pétition tient dans un message d'une certaine Caroline ( Je suis sûr que Mr Marko vous donnera plus de renseignements sur
cette histoire de pétition) qui renvoie donc la balle sur le principal intéressé qui est resté étrangement muet ;  à mon avis, si pétition il y a eu, c'était pour se plaindre que monsieur Markó racontait un peu n'importe quoi et qu'on veuille bien ne pas cautionner ses élucubrations, ou quelque chose comme ça ; si un lecteur attentionné a des informations sur le sujet je suis preneur (toujours pour rigoler)
  • Les climatosceptiques sont également hostiles envers les climatocroyants. Le fait de considérer que le GIEC comme un organisme non-scientifique, est déjà une preuve implicite de rejet hostile envers les auteurs de ces thèses. Comme déjà mentionné, nous pouvons dire que le livre entier véhicule un certain affect d’hostilité par rapport aux comportements et travaux des climatocroyants.
Nous y sommes, nous voyons un peu mieux qui est réellement hostile envers l'autre, mais il faut avouer qu'on le savait déjà, non ?
  • page 79 - Il y a aussi un rabaissement concernant les compétences des participants du groupe intergouvernemental. Néanmoins, nous pouvons constater une différence d’intensité du caractère hostile entre les deux groupes. Leurs propos du GIEC présentés dans ce livre sont explicites. Tandis que l’hostilité des dires des climatosceptiques s’observe en toute subtilité.
Les climatosceptiques sont effectivement subtils, tel Rittaud qui n'insultera jamais directement un scientifique, mais qui s'arrangera pour que ses écrits incitent ses troupes à se lâcher ; évidemment il ne reprendra jamais un de ses adorateurs qui se laisserait aller à injurier ou ridiculiser un scientifique, ou alors très mollement dans le genre « merci de rester courtois », suggestion qui restera lettre morte et pur élément de langage destiné à se donner bonne conscience (Rittaud après tout enseigne l'épistémologie, il doit donc garder un semblant d'honorabilité pour demeurer crédible, quoique...) ; quant au rabaissement des compétences des participants du GIEC il est évident, j'en ai déjà parlé, inutile d'insister.
  • page 80 - Du point de vue des auteurs, il n’y a pas consensus sur la question. La démonstration d’un consensus est une condition pour la prise de décisions. Le fait de démontrer qu’il n’y a pas de consensus, est une façon de dire que la prise de décisions dans l’urgence n’est pas nécessaire car tout le monde n’est pas d’accord.
Soit les climatosceptiques n'admettent pas le principe du consensus en science, soit ils l'admettent mais affirment qu'il n'existe pas en matière climatique ; la cohérence n'est vraiment pas le fort des climatosceptiques. 
  • pages 80-81 - Le document de Markó s’attarde quelque peu sur les activités des journalistes par rapport à cette question. De la page 151 à 170, ils soulignent que la presse diffuse l’information sans recul et qu’elle reprend les rapports du GIEC, en amplifiant le ton catastrophique employé par cette institution. Ils accusent la presse de reprendre les thèses de l’organisation intergouvernementale sans avoir un esprit critique et de ne pas accorder de place aux thèses contraires ou du moins sans les dénigrer. Ils dénoncent également les médias par la dramatisation des images qu’ils utilisent pour soutenir leurs articles.
« [L]a presse diffuse l’information sans recul et [..] elle reprend les rapports du GIEC », sans blague ! les climatosceptiques sont quand même des gens bizarres, ils voudraient que les journalistes déforment les informations en provenance du GIEC ! Par ailleurs, comme le GIEC n'emploie aucun ton catastrophique, contrairement à ce qu'ils prétendent, on voit mal comment les journalistes pourraient "amplifier" quelque chose qui n'existe pas ; et de quel "esprit critique" parlent-ils ? Là encore ils se permettent d'injurier les journalistes en prétendant qu'ils reprendraient bêtement les "thèses" du GIEC ; enfin si un journaliste exerce son esprit critique en réfutant les "thèses contraires", alors là rien ne va plus ! Je n'aimerais pas être journaliste scientifique dans ces conditions, quoi que je fasse ça n'irait pas.
  • page 81 - Il s’agirait d’une manière de démontrer que le consentement de la part du milieu politique résulte des intérêts qui découleraient de l’adoption de mesures. Le trouble, jeté par la question du réchauffement climatique, ferait donc l’objet d’intérêts pour les hommes politiques dont la mission se résumerait en la mise en place de réglementations. C’est une manière de dire que le consensus ne découle pas de la véracité de l’état du réchauffement mais de la recherche d’un bénéfice.
On croit rêver...ainsi les politiques se plieraient aux "contraintes" édictées par le GIEC pour en tirer un bénéfice (financier ? électoral ? autre ?) ; quand on voit comment Trump se comporte avec l'accord sur le climat qu'Obama avait parafé, on peut se demander où sont les véritables "bénéfices" que tirent les politiques ; et à supposer que des politiques tireraient un quelconque bénéfice des règlementations suggérées (et non imposées) par le GIEC, est-ce que cela prouverait que le réchauffement climatique n'existe pas ? Il se peut qu'il y ait des opportunistes, en matière politique comme en matière commerciale (voir plus haut pour les éoliennes et le PV), et le contraire serait très étonnant, mais il y en a aussi du côté de ceux qui ne veulent pas bouger, et cela n'a aucun rapport avec la science.
  • page 82 - Après analyse du contenu du livre, les dires des auteurs pourraient amener à penser que la croisade lancée par le GIEC débouche sur une panique morale. En effet, la majorité des critères, qui sont repris dans la définition du concept, sont réunis. Bien qu’ils n’expriment pas ouvertement ce terme, les écrits laisseraient penser qu’il s’agit d’un tel mouvement. En conséquence, quand ces scientifiques qualifient implicitement ces revendications de panique, ils se placent, du côté du « eux ». Donc, qualifier implicitement ces actions de panique, classe ces auteurs dans le groupe des opposés.
Les "auteurs" voudraient effectivement faire croire que le GIEC est désireux de déclencher une panique morale, mais...
  • page 82-83 - À l’inverse, la croisade, lancée par ces auteurs, place ces derniers du côté des « nous ». Par conséquent, cela démontre que le critère du consensus avec la formation des « nous » et des « eux », est valable autant dans le concept de la panique que de la croisade. En ce qui concerne les auteurs du document, ils seraient apparentés à des entrepreneurs qui entrent en croisade morale pour le respect de certaines valeurs liées à l’exploitation des théories du réchauffement anthropique par les scientifiques. Ils veulent dénoncer l’entreprise des partisans du GIEC, ils se mobilisent contre les interventions des climatocroyants. Les auteurs du livre les présentent comme un manquement aux valeurs démocratiques et un manquement à l’éthique scientifique.
Donc nous y voilà, monsieur BenHague, ce sont bien nos amis Markó and co qui sont les croisés pour le respect de "certaines valeurs", voulant dénoncer les turpitudes du GIEC et des climatocroyants (c'est leur propre mot, celui qu'ils emploient pour désigner les partisans du GIEC), tout cela pour préserver la démocratie et l'éthique scientifique, fermez le ban !
  • page 84 - Les auteurs du livre rappellent, le long des pages 31 à 41, qu’un scientifique doit se contenter d’observer ce qui est et non émettre des propositions sur ce qui devrait être. Le fait de proposer l’adoption de mesures socio-économiques et politiques représente, selon eux, des jugements de valeurs qui ne font pas partie du travail des scientifiques.
Sauf que ce ne sont pas vraiment les "scientifiques" qui proposent des solutions, doit-on rappeler à ces "auteurs" que le Groupe I est composé uniquement de scientifiques et n'émet aucun "jugement de valeur" ?
  • page 85 - [Les climatosceptiques ] s’apparentent à des militants pour la défense de la rigueur du travail scientifique, de la liberté d’expression et de la démocratie, autant de valeurs promulguées par nos sociétés contemporaines. La constitution d’un livre donne l’opportunité à l’ensemble de la population de prendre connaissance de leurs dénonciations.
Des militants entrepreneurs de morale, donc des croisés.
  • Les auteurs de cet ouvrage pensent que les mesures dans le cadre de la lutte du réchauffement climatique vont ralentir la productivité de l’économie européenne, se caractérisant par l’accentuation de la délocalisation. La mise en place de quotas favorisera l’augmentation des prix du secteur de l’énergie. L’empêchement de la promulgation de telles recommandations est empreint d’intérêts économiques car ils pensent que cela serait totalement intenable pour les finances publiques.
    Dans cette mesure, les climatosceptiques entreraient en croisade afin d’empêcher la mise en place de nouvelles réglementations.
Evidemment aucun argument à l'appui d'affirmations gratuites comme le ralentissement présumé de la productivité européenne ; et mentionner le spectre de la délocalisation ou des budgets publics en déficit, il faut le faire !
  • page 86 - Ironiquement, les auteurs du livre reprochent aux scientifiques du GIEC d’effectuer des jugements de valeur sur ce qui devrait être. Par cette dernière intervention, les climatosceptiques pourraient être accusés d’un tel comportement. [...] À leur décharge, ils préviennent, d’emblée dans leur introduction, que leur ouvrage est une production scientifique et citoyenne.
L'arroseur arrosé, encore et toujours... ; mais ils sont honnêtes, ils préviennent que leur livre est "scientifique", faut-il en rire ou en pleurer ?
  • 4.5. La note de lecture d’Alexis Merlaud
  • 4.5.1. Résumé du document et de l’entretien 
  • Au cours d’un entretien, l’auteur de ce texte déclare qu’il était agacé de l’effervescence au sujet du changement climatique, suite à la diffusion du film d’Al Gore. Il constatait que le monde médiatique et politique parlaient beaucoup de cette question, sans avoir une connaissance suffisante et en exagérant la situation. Il était d’avis que cette mode du réchauffement causait énormément de tort à la science, la « science » comprise en tant que discipline empreinte de qualité, de rigueur et d’objectivité.
Cela commence comme si Alexis Merlaud faisait partie de la coterie des climatosceptiques...
  • page 87 - Il remarque l’installation d’un doute sur les thèses climatiques émises par le GIEC.
Doute distillé justement par quelques personnes comme...István Markó. 
  • Il s’intéresse de près aux arguments du GIEC et constate que les discours de cette institution restent réalistes et constants. Il s’intéresse particulièrement à l’ouvrage de Markó et il déclare qu’il s’agit de charlatans. Il constate que ces auteurs refusent également de débattre en privé, mais veulent surtout discuter en public. La création de ce document a pour objectif de démontrer publiquement que les dires contenus dans ce livre sont de la charlatanerie et que l’implication économique de la lutte contre le réchauffement climatique met fin au libre marché.
Le mot "charlatan" peut paraître trop fort, pourtant je l'ai moi-même employé à plusieurs occasions, avec d'autres termes comme clown ou guignol, tout dépendant en fait de mon sentiment vis-à-vis de l'intéressé, à savoir s'il était "calculateur" en racontant ses bobards ou bien s'il y croyait vraiment sans toucher un centime.
  • Le texte ci-analysé est une critique du livre de Markó. L’objectif est de prouver que les auteurs de cet ouvrage commettent de nombreuses erreurs. La note avance que les climatosceptiques seraient des adeptes du marché libre qui veulent empêcher une régulation dans les secteurs environnementaux. Toutefois, il pointe du doigt que tous les climatosceptiques ne contestent pas les thèses du GIEC pour les mêmes raisons.
Il y a effectivement des climatosceptiques qui ne remettent pas en cause la réalité de l'effet de serre et la hausse des températures, il n'en reste pas moins qu'ils contestent les mesures à prendre car ils sont "intéressés" pour qu'il n'y ait pas de réglementation trop contraignante, c'est pour cela qu'on les qualifie quand même de climatosceptiques ; la note est également implacable pour les soi-disant 15 (contre)vérités censées déranger (on se demande bien qui) qu'elle démonte une à une sans pitié ; et oui, ce sont bien des considérations économiques (et idéologiques) qui guident les climatosceptiques (rappelez-vous la liste des co-auteurs du livre des 15 vérités, avez-vous compris de quel milieu ils venaient tous ?)
  • La note est une exposition de 15 contrevérités du livre, « Climat : 15 vérités qui dérangent. ». L’auteur de la note reprend les vérités avancées par le livre de Markó et apporte des précisions qui démentent ces dites vérités [...]
C'est SM qui emploie le mot "contrevérités" alors que le livre évoque des "vérités", serait-ce un signe qu'elle s'est fait une opinion ?
  • page 89 - Après l’examen des affirmations contenues dans le livre, la note contient un point concernant l’épistémologie des auteurs.
  • Le document met en évidence des incohérences dans les dires des auteurs de « Climat : 15 vérités qui dérangent ». En effet, le livre de Markó fait valoir que la science doit être soumise au débat, alors que plus bas, il déclare que les thèses du GIEC sont encore discutées.
  • L’auteur dénonce également l’utilisation d’individus pour faire bonne impression, comme Galilée, alors que, selon lui, il s’agit d’une affirmation tronquée.
  • Lors de l’entretien, il déclare que la vérité absolue ne fait pas partie de la pratique scientifique, qu’elle ne peut appartenir qu’à la religion. De ce fait, il sera irréductible de prendre des décisions sur base d’incertitudes.
Que de choses à dire ! SM a repris une à une les 15 contrevérités réfutées par Merlaud, il n'y a pas photo (j'avais lu auparavant la note de Merlaud et connaissais ses arguments) ; l'épistémologie des auteurs vaut réellement le détour, on dirait en fait un cours sur ce qu'il ne faut surtout pas faire en science...; prétendre que la science se débattrait sur la place publique, par exemple sur un plateau télé ou dans un studio de radio, il faut quand même le faire ; et se plaindre que les thèse du GIEC soient toujours discutées, c'est le pompon, surtout quand on sait que ce sont les climatosceptiques comme Markó qui n'arrêtent pas de critiquer les "partisans du GIEC" en se moquant d'eux avec leur "the science is settled", alors qu'à aucun moment un scientifique ne prétendra une telle chose (le GIEC indique des probabilités qui n'atteindront jamais 100% de certitude) ; par contre on peut estimer que les phénomènes bien connus comme le rôle du CO2 dans l'effet de serre sont avérés dans la mesure où l'incertitude ne porte que sur la quantification par exemple de la sensibilité climatique ; et puis que dire de l'appel à Galilée, c'est tout simplement pitoyable de la part de quelqu'un qui se prétend scientifique ; on connaissait la loi de Godwin, il semblerait qu'il y ait aussi une loi de Galilée qu'on pourrait formuler ainsi : « Plus une discussion concernant le réchauffement climatique dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une allusion à Galilée s’approche de 1 » ; enfin, si on attendait vraiment d'avoir 100% de certitude sur un sujet donné, on resterait éternellement les bras croisés !
  • page 90 - L’auteur a analysé la bibliographie utilisée par les auteurs du livre. Selon lui, les sources utilisées sont empreintes d’irrégularités car le livre ne s’appuierait pas sur des revues scientifiques de prestige. Le Heartland Institute est une institution qui figure fréquemment dans l’ouvrage. Apparemment, deux co-auteurs du livre seraient également des auteurs pour ce dit institut. Cet organisme ne se présente pas comme un expert en climatologie, il se présente comme une organisation attachée au domaine de l’économie. Plus précisément, cette institution promeut les idées du marché libre. Il remarque que deux auteurs de l’ouvrage se déclarent être libéraux. L’auteur de la note pense que ces climatosceptiques appartiennent aux défenseurs du marché libre, dont la volonté est de dissimuler le doute sur la question du changement climatique.
Là aussi tellement de choses dites en si peu de mots, tout est là et il n'y a quasiment rien à ajouter ; voici ce que l'on peut lire sur la page d'accueil du Heartland Institute : « Our Mission - To discover, develop, and promote free-market solutions to social and economic problems ; en français : Notre mission: découvrir, développer et promouvoir des solutions de (libre)marché à des problèmes sociaux et économiques. » ; où est la science là-dedans ? A noter que Markó ne dédaignait pas non plus de s'exhiber sur le site Breitbart (pas moins de trois billets entre 2016 et 2017), un média politique américain d’extrême droite.
  • [L’auteur] qualifie cette production de «marchand de doute». Ces derniers pratiqueraient un certain obscurantisme dont l’objectif serait de dissimuler l’impossibilité du marché libre de prendre en compte les externalités produites par le réchauffement anthropique
Voir l'excellent livre de Naomi Oreskes et Erik Conway, Les marchands de doute ; bien qu'il se focalise sur les marchands de doute américains, ces derniers sévissent un peu partout sur la planète, notamment en Europe.
  • 4.5.2. Analyse de contenu
  • Cet auteur écrit, en quelque sorte, à charge et à décharge, sur les thèses du groupe intergouvernemental. La note est également fortement orientée vers la critique des théories des climatosceptiques de cette séquence. Par conséquent, il s’agit d’un document particulier qui confère à cet auteur, une position intermédiaire.
Il ne s'agit donc pas d'un croisé, mais d'un ouvrage qu'on pourrait apparenter à de la critique littéraire.
  • pages 90-91 - Il est vrai qu’il déclare ouvertement son adhérence à la thèse du réchauffement anthropique. Cependant, son texte démontre implicitement qu’il n’adhère pas à tous les arguments fournis par le GIEC, qu’il ne considère par ces derniers comme la vérité absolue.
Il s'agit d'un véritable sceptique.
  • page 91 - [...] l’auteur de cette note dénonce, d’une certaine manière, le manque de neutralité et la manipulation de données dans la démonstration des auteurs climatosceptiques.
Le terme important ici est "manipulation de données", et les climatosceptiques nous ont habitués à ce genre d'exercice (voir plus haut la courbe truquée de Claude allègre) tout en dénonçant, de la part des scientifiques, le fait de se livrer à de soi-disant manipulations de données, notamment en ce qui concerne les courbes de températures ; encore une fois le phénomène de projection dans toute sa splendeur.
  • La note tente de découvrir le masque que portent ces scientifiques. La note veut, en quelque sorte, prouver que ces scientifiques manipulent les données afin de combler leurs intérêts. D’une certaine manière, ils ne respectent pas la neutralité du statut de scientifique.
Le masque est pourtant bien léger, ces gens agissent à visage découvert et cachent à peine leurs intentions pas si secrètes que cela ; les affinités de Markó et son équipe avec le Heartland Institute ou l'Institut Turgot ne sont un secret pour personne, et le fait que Markó soit admiré, voire adulé, sur Contrepoints (où il a publié de nombreux billets) en dit suffisamment sur son orientation idéologique :

Source : https://arxiv.org/pdf/1404.1783.pdf

Encore une fois, il suffit de lire le CV de chacun des co-auteurs du livre des 15 contrevérités et le doute n'est plus permis ; seuls les naïfs pensent que ces gens agissent dans l'intérêt de la société.
  • page 93 - La volonté principale de cette note serait de dénoncer l’action des libéraux contre les mesures concernant le réchauffement climatique. Donc, l’auteur pourrait se classer du côté des interventionnistes. Cependant, la note ne permet pas de conclure à un critère de disproportion, elle n’est qu’une critique concernant la démarche des auteurs du livre de Markó.
On serait bien en peine de voir la moindre disproportion dans la note d'Alexis Merlaud, celui-ci ne faisant que reprendre chaque point pour le réfuter avec arguments solides à l'appui ; par ailleurs quasiment n'importe qui peut vérifier par lui/elle-même ce que dit Merlaud, par exemple pour la courbe de Mann qui soi-disant aurait disparu des rapport du GIEC  (3ème contrevérité dans le livre de Markó), voici d'abord ce qu'en dit Alexis Merlaud : « La courbe en crosse de hockey a été publiée par Mann et al. en 1999[13] et figure dans le Third Assessment Report (TAR) du GIEC[14] de 2001. La méthode statistique de Mann et al. a été critiquée [15]. Mann et al. ont publié un corrigendum dans lequel ils reconnaissent une erreur minime[16] et sans effet sur les résultats. Dans l’AR4, publiée en 2007, cette courbe (MBH1999) est bien présente contrairement a ce qu’affirme Mark´o et al. Elle apparaît en effet dans la figure 6.10.1 de l’AR4 12 [...] » ; et voici ce que l'on peut trouver effectivement dans le rapport de 2007 du GIEC :
Figure 6.10. Records of NH temperature variation during the last 1.3 kyr. (a) Annual mean instrumental temperature records, identified in Table 6.1. (b) Reconstructions using multiple climate proxy records, identified in Table 6.1, including three records (JBB..1998, MBH..1999 and BOS..2001) shown in the TAR, and the HadCRUT2v instrumental temperature record in black. (c) Overlap of the published multi-decadal time scale uncertainty ranges of all temperature reconstructions identified in Table 6.1 (except for RMO..2005 and PS2004), with temperatures within ±1 standard error (SE) of a reconstruction ‘scoring’ 10%, and regions within the 5 to 95% range ‘scoring’ 5% (the maximum 100% is obtained only for temperatures that fall within ±1 SE of all 10 reconstructions). The HadCRUT2v instrumental temperature record is shown in black. All series have been smoothed with a Gaussian-weighted filter to remove fluctuations on time scales less than 30 years; smoothed values are obtained up to both ends of each record by extending the records with the mean of the adjacent existing values. All temperatures represent anomalies (°C) from the 1961 to 1990 mean.

  • page 94 - L’entretien révèle qu’il constate une certaine tendance à parler d’une manière exagérée et incomprise du réchauffement climatique dans les médias, à chaque diffusion de nouveaux rapports du GIEC et instauration de sommets internationaux.
  • « A propos de « vérité » pas absolue, je fais allusion au ‘95%’ de certitude sur un effet anthropique sur le changement climatique, ce chiffre vient du GIEC, AR4, dans l’AR5 il parle de 99% mais ils ne parleront jamais de 100% de certitude. La certitude absolue n’existe pas en science,  c’est du domaine de la religion.  Mais, en pratique, il faut toujours prendre des décisions sur base de connaissances incomplètes. Donc je crois (pas dans le sens religieux mais dans le sens où j’estime très improbable qu’une théorie très différente explique les même faits d’observation) à la théorie de l’effet de serre anthropique décrite par le GIEC. Je pense que ce problème est très sérieux. »
    Par ces derniers mots, l’auteur de la note ne semble pas être un acteur qui tente d’instaurer une certaine préoccupation. Il souhaite relever que le réchauffement climatique anthropique est un problème sérieux qui nécessite une prise en charge. Ceci rejoint ce qui a été dit plus haut. Il désigne une situation comme étant dangereuse. Il pourrait avoir, en quelque sorte, pour volonté de participer au déclenchement de la sonnette d’alarme.
Alexis Merlaud se comporterait donc comme un lanceur d'alerte en quelque sorte ; mais il regrette que les médias parlent un peu à tort et à travers du réchauffement climatique, et en cela on ne peut que lui donner raison si on ne considère que ce que disent les journalistes généralistes, par contre en ce qui concerne les journalistes scientifiques comme Stéphane Foucart, Sylvestre Huet, Pierre Barthélémy ou Mathieu Vidard, pour ne citer qu'eux,  je ne vois pas en quoi ils auraient « une certaine tendance à parler d'une manière exagérée et incomprise du réchauffement climatique ».
  • Cette note pourrait consister en une dénonciation des objectifs et des méthodes des climatosceptiques représentés par Markó et ses co-auteurs.
Et on ne peut pas vraiment considérer Alexis Merlaud comme un délateur...
  • page 95 - [...] il faut remarquer que si ce document est le fait d’un seul homme, il a tout de même été soutenu par de nombreux scientifiques de son entourage. Alors, peut-être qu’il s’est engagé seul publiquement dans cette voie mais qu’il devient, en fait, le porte-parole d’un groupe de scientifique en arrière-plan.
Effectivement il a dû avoir le soutien de bon nombre de ses collègues à l'université de Louvain, au grand dam de Markó qui devait se croire intouchable.
  • page 96 - [Merlaud] pense que ces écrits contenant de nombreuses erreurs font du mal à la science. Leur production ne respecterait pas l’épistémologie et leur publication est contraire au sens des valeurs de la communauté scientifique. De plus, Les auteurs climatosceptiques sont accusés d’être des «charlatans», cette dénomination pourrait s’imprégner de leur manque de rigueur et leur manipulation de la population. 
Et pourtant Benoit Rittaud se targue d'être un épistémologue, il en parle dans ses bouquins, dans ses billets, alors pourquoi ne réagit-il pas devant les fautes épistémologiques de ses compères ? C'est tout simple, parce que pour lui, comme ce sont ses compères justement, alors il n'y a pas de fautes épistémologiques dans les 15 contrevérité, Cqfd.
  • pages 96-97 - [...] il est reproché aux auteurs du livre, « climat : 15 vérités qui dérangent » des faits pour lesquels eux-mêmes s’étaient offusqués. En effet, les climatosceptiques reprochaient au GIEC et ses partisans, des faits qui enfreignent les normes de la communauté scientifique. La note critique rédigée pour ce livre concerne plus ou moins les mêmes reproches mais en direction des auteurs du livre.
Toujours la projection...on reproche aux autres ses propres errements.
  • page 97 - 4.6.  Conclusion
  • Après analyse, le rapport du GIEC ne permet pas de conclure qu’il tente de créer une panique morale. En effet, tous les critères, permettant d’identifier un tel concept, ne se retrouvent pas dans ce document.
Le GIEC n'agit donc pas en croisé moral.
  • L’analyse du livre de Markó et de ses co-auteurs relèverait alors d’un autre registre. Nous pourrions penser que les auteurs pourraient se servir du concept de la panique morale comme un instrument, un outil dans l’idéologie qu’ils défendent.[...]  En faisant croire qu’il s’agit d’une panique morale, cela pourrait calmer le jeu et éviter la mise en place des mesures prisées par le GIEC.[...] C’est, en quelque sorte, un dénigrement du travail des autres et une tentative de rallier plus d’adhérents à ses observations.
Markó et ses compagnons de route sont assez clairement (malgré le conditionnel employé uniquement par précaution...) identifiés comme des croisés moraux cherchant à dénigrer le travail des scientifiques dont les études sont reprises par le GIEC.
  • page 98 - La note de lecture d’Alexis Merlaud ne paraît pas être, quant à elle, une croisade morale qui débouche sur une panique morale. [...] la note s’inscrit plus dans un registre de dénonciation et invite à développer son esprit critique sur les dires des scientifiques sur la question.
Alexis Merlaud n'est évidemment pas un croisé moral, il se contente de critiquer le livre de Markó et de réfuter ses 15 contrevérités.

L'analyse transversale (pages 100 à 133)

  • page 100 - 5.1. Introduction
  • Dans un premier temps, cette analyse sera consacrée à la comparaison des résultats des analyses de contenu des trois supports. [...] Dans un second temps, nous analyserons l’ensemble des documents avec d’autres concepts qui ont été induits par l’examen de ces supports.
  • 5.2.1.1. La menace
  • Le rapport du GIEC considèrerait le réchauffement climatique anthropique comme un danger pour les intérêts et les valeurs de la société.
    Le livre de Markó présenterait les thèses du GIEC et les comportements de ses partisans comme étant une menace pour les valeurs démocratiques de la société et les valeurs de la communauté scientifique.
    La note de lecture serait, quant à elle, un avertissement contre les réclamations libérales des climatosceptiques et leur manquement à l’éthique scientifique.
La menace la plus réelle me semble assez évidente ; le GIEC ne menace en rien les valeurs démocratiques ou celles de la communauté scientifique, bien au contraire.
  • page 101 - 5.2.1.2. Le groupe diabolisé
  • Le premier document considèrerait les activités humaines qu’elles soient industrielles ou individuelles comme étant responsables du réchauffement climatique anthropique.
  • Le deuxième document considèrerait les partisans et les membres du GIEC comme étant un groupe entravant des valeurs démocratiques. Les climatosceptiques se déclareraient implicitement être un groupe diabolisé par le précédent.
  • Le troisième document, étant une réponse au deuxième, considèrerait premièrement les auteurs du livre et deuxièmement les libéraux (marchands de doute) comme les responsables d’une certaine menace.
Complexe de Calimero en action chez les climatosceptiques.
  • page 102 - 5.2.1.3. La préoccupation
  • Le premier document contiendrait une préoccupation concernant le changement climatique qu’il considèrerait comme un phénomène relevant d’une urgence.
  • Le second serait une réaction par rapport à la préoccupation figurant dans le premier rapport. Il considèrerait la préoccupation des rapports du GIEC comme alarmiste et catastrophique alors que, selon eux, il ne serait pas nécessaire de paniquer.
  • Le troisième document ne parle pas réellement de préoccupation concernant la question spécifique soulevée dans cette séquence.
  • 5.2.1.4.  La disproportion
  • Si nous devions parler d’une disproportion dans les rapports du GIEC, elle serait négative.
C'est bien ça la meilleure, le GIEC n'en ferait pas assez !
  • page 103 - [...] Markó et ses co-auteurs [...] décriraient la réaction du GIEC et de ses partisans comme étant disproportionnée par rapport au danger réel.
  • À contrario, la note de lecture ne parle pas réellement de disproportion. Etant une critique par rapport au livre de Markó, elle dénonce davantage les erreurs et les manipulations de données commises par les auteurs de cet ouvrage.
  • 5.2.1.5.  Le consensus
  • Le premier support témoigne d’un critère de consensus sur ses thèses émises.
  • Le deuxième support aborde la caractéristique de façon différente en voulant démontrer que le consensus exposé par le premier support n’est pas aussi fort.
  • Le troisième support ne permet pas d’apporter des éléments de consensus concernant l’une ou l’autre théorie.
Il faudrait savoir messieurs les climatosceptiques, on peut parler de consensus scientifique ou pas ? Si d'après vous il n'est « pas aussi fort », alors c'est que le consensus peut être invoqué, pourtant ce n'est pas ce que vous dites par ailleurs...
  • page 104 - 5.2.1.6. L’hostilité
  • L’analyse du rapport du GIEC ne contient pas d’indices d’une hostilité envers le groupe qui serait responsable de la menace.
  • Le livre de Markó et ses co-auteurs fait référence quant à lui à une hostilité. Cette dernière étant dirigée contre les climatosceptiques par les partisans du GIEC.
  • La note de lecture, quant à elle, ne contient pas réellement une hostilité envers les auteurs du précédent livre.
Complexe de Calimero en action chez les climatosceptiques ; le GIEC, lui, reste dans les tons neutres et n'agresse personne, pas plus qu'Alexis Merlaud.
  • page 105 - 5.2.1.7. La volatilité
  • Aucun des trois documents analysés n’établit ce critère de volatilité.
Volare (il fallait bien que je dise quelque chose)
  • 5.2.2. La croisade et l’entrepreneur
  • D’après la théorie, la croisade serait à l’origine de l’émergence d’une panique.
Rappel de la théorie, cela ne s'applique donc pas uniquement à notre sujet.
  • pages 105-106 - Le premier document aborde différemment la conception de la croisade morale traditionnelle. Les auteurs de ce rapport pourraient se rapporter à des entrepreneurs qui essayeraient de faire adopter un ensemble de réglementations dans le respect des autres et de la planète. Leur croisade morale s’apparenterait donc à une tentative de changement de la part des gouvernements et des citoyens.
Le GIEC serait donc un croisé moral tentant d'influencer les gouvernements et les citoyens ; "serait".
  • page 106 - Le second document pourrait également constituer une croisade lancée par des entrepreneurs qui soutiennent un respect des valeurs démocratiques comme la liberté et l’égalité.
Markó and co pourraient aussi être des croisés tentant de faire respecter les valeurs démocratiques ; "pourraient".
  • Le troisième document pourrait aussi constituer l’émergence d’une croisade par le texte d’un seul homme envers la démarche du groupe de climatosceptiques.
Alexis Merlaud pourrait lui-aussi être un croisé tentant de faire prendre conscience que Markó and co ne sont rien d'autres que des charlatans ; "pourrait".
  • Aucun des supports ne reflète l’idée d’un groupement de personnes, faisant partie de la classe bourgeoise, qui fait valoir la conservation des mœurs de la société. La croisade morale s’oriente plus, au sein de cette séquence, vers l’idée d’un mouvement posant les méfaits de la part de certaines personnes.
En fait il semble s'avérer qu'aucun d'eux ne serait porteur d'une croisade morale.
  • page 107 -  Le changement climatique est un phénomène qui pourrait menacer la sécurité des citoyens et de la planète par les divers effets qu’il pourrait engendrer. De cette manière, l’analyse des données laisserait penser qu’il pourrait s’agir de croisades. Par conséquent, peut-être que le concept pourrait s’étendre à celui de croisade amorale, si la croisade morale se trouve être le mouvement à la base de la panique morale.
Nous passons donc du concept de croisade morale à celui de croisade amorale, c'est-à-dire une croisade dans laquelle la morale n'entrerait pas en considération ; en ce qui concerne le GIEC cela semble évident, le rapport ne contient pas une once de morale, mais seulement des faits, des observations, des résultats d'études scientifiques ; pour ce qui est des "15 contrevérités", par contre, la morale me parait être largement présente, cela a été montré ici à plusieurs reprises ; quant à la note de Merlaud c'est une critique froide des "15 contrevérités" ayant pour résultat de les réfuter, la morale n'a donc pas sa place ici.
  • 5.2.3. La morale et l’intérêt
  • La croisade lancée par le rapport du GIEC pourrait contenir des intérêts sous-jacents. En effet, certaines actions comporteraient une favorisation de certaines entreprises et de certains marchés dits verts, écologiques.
Comme dit plus haut, des opportunistes peuvent parfaitement utiliser les conclusions du GIEC pour en tirer profit, le contraire serait très étonnant.
  • pages 107-108 - Le livre de Markó et ses co-auteurs est quant à lui intéressant de deux manières. En effet, il présente, selon les auteurs, les intérêts et la moralité des thèses du GIEC. Il fournit également des données concernant la moralité et les intérêts propres aux auteurs de cet ouvrage. Si ce support devait contenir une sollicitation pour des valeurs, ces dernières seraient démocratiques. En effet, ils font valoir une liberté d’expression et une éthique scientifique. D’un autre point de vue, l’analyse du document décèle implicitement la recherche d’intérêts car les auteurs consacrent une partie de leur texte aux effets que pourraient avoir les mesures de lutte sur le système économique. Nous pourrions penser qu’il pourrait y avoir un intérêt économique à leur entreprise.
Confirmation, tout d'abord, qu'il s'agit bien de croisés moraux ; ensuite, on ne peut qu'opiner du chef sur l'aspect économique de leur "entreprise".
  • page 108 - La note de lecture d’Alexis Merlaud [...] dénonce la reprise fausse et la manipulation à son profit de certaines études scientifiques. Elle dénonce la manipulation de données et le manque de neutralité scientifique, autant de valeurs qui sont généralement prônées au sein de la communauté scientifique. [...] Ce support dénonce la vraie nature de ces climatosceptiques, à savoir une nature libérale. Les libéraux auraient alors des intérêts dans le ralentissement des décisions au sujet du changement climatique car ils souhaiteraient garantir le libéralisme économique.
Même commentaire que ci-dessus ; le livre des "15 contrevérités" n'est que le support employé par des croisés moraux tentant d'influencer le public en le manipulant.
  • page 111 - 5.3. La revendication de vérité
  • Cette entreprise se réfère à des revendications vraies ou à des « truth-claim », selon le terme anglais. Le concept de « truth claim » signifie la prétention de la part du locuteur de dire la vérité.
Le truth claim est « une proposition ou une déclaration qu'une personne ou un système de croyance particulier tient pour vrai. Le terme est couramment utilisé en philosophie dans les discussions sur la logique, la métaphysique et l'épistémologie, en particulier lorsque l'on discute des déclarations doctrinales des religions; Cependant, il est également utilisé pour discuter d'idéologies non religieuses. »
  • page 112 - L’organisme intergouvernemental paraît être publiquement une instance de grande renommée et autorité. Les scientifiques défendant les thèses du GIEC sembleraient être le groupe dominant dans cette séquence, à l’inverse des climatosceptiques, le groupe minoritaire qui recherche à s’imposer dans ce débat du réchauffement climatique. Nous pouvons rassembler Alexis Merlaud et ses partisans dans le groupe du GIEC car, lors de l’entretien, il a admis le problème du réchauffement climatique anthropique et la nécessité de prendre des mesures.
Rappel des positions de chacun ; Merlaud est classé parmi les partisans du GIEC car il ne remet pas en cause ce que dit la science, à l'inverse de Markó and co.
  • Le GIEC est un groupe international ralliant de multiples Etats à ses recherches. Comme souligné dans sa présentation, sa création a été initiée par les Nations Unies. Le groupe de climatosceptiques dans cette séquence présente également les journalistes et les partis politiques comme des partisans à ce groupe. D’une certaine manière, les climatosceptiques se présentent comme minoritaires. Cependant, ils essayent d’attester qu’il n’existe pas de consensus sur ces thèses et de prouver le contraire par l’exposition d’une liste de scientifiques dits climatosceptiques. Il y a comme un double discours tout au long du livre de Markó.
La cohérence n'est pas le fort des climatosceptiques, ils sont capables de dire blanc un jour et noir le lendemain en fonction de ce qui les arrange ; le GIEC est cohérent et garde toujours le même discours, simplement les rapports sont différents car la science avance, ne reste pas statique, il peut donc y avoir d'un rapport à l'autre des éléments qui paraissent se contredire mais qui ne sont en fait qu'une actualisation des connaissances ; évidemment les climatosceptiques se focalisent sur ces éventuels changements pour affirmer ensuite que le GIEC reviendrait sur ce qu'il a dit, un procédé que l'on voit assez fréquemment ; nous en avons un exemple caricatural avec cet article de l'ineffable h16 dans Contrepoints, dans lequel on peut voir ce graphique :

Graphique qui démontre bien, au passage, que d'un rapport à l'autre les données sont différentes, tout simplement parce que la science évolue et s'affine ; et tout ce qu'a trouvé comme conclusion notre guignol h16, c'est que le GIEC reconnaîtrait, tenez-vous bien, « le rôle prédominant du Soleil » ! Evidemment il n'en est rien, voici ce que l'on peut voir dans le tout dernier rapport

Figure SPM.3 |  Assessed likely ranges (whiskers) and their mid-points (bars) for warming trends over the 1951–2010 period from well-mixed greenhouse gases, other anthropogenic forcings (including the cooling effect of aerosols and the effect of land use change), combined anthropogenic forcings, natural forcings and natural internal climate variability (which is the element of climate variability that arises spontaneously within the climate system even in the absence of forcings). The observed surface temperature change is shown in black, with the 5 to 95% uncertainty range due to observational uncertainty. The attributed warming ranges (colours) are based on observations combined with climate model simulations, in order to estimate the contribution of an individual external forcing to the observed warming. The contribution from the combined anthropogenic forcings can be estimated with less uncertainty than the contributions from greenhouse gases and from other anthropogenic forcings separately. This is because these two contributions partially compensate, resulting in a combined signal that is better constrained by observations. {Figure 1.9}

On a du mal à voir, d'après ce graphique, comment le GIEC pourrait "reconnaître le rôle prédominant du soleil", ce dernier se situant dans l'une des deux barres du bas (je dois reconnaître que j'ai un doute, est-ce que le soleil est un forçage radiatif, ou bien fait-il partie de la variabilité interne...?)
  • page 114 - Le rapport du GIEC ne détient pas des informations explicites sur la vérité. Toutefois, le travail de ce groupe constitue un ensemble de données obtenues par de nombreux scientifiques sur l’état du changement climatique. Le fait, que les climatosceptiques contestent ces données, donne à cette discussion une connotation de conflit concernant la vérité sur le changement climatique.
Les climatosceptiques contestent les données du GIEC, cependant non seulement ils n'apportent aucun argument sérieusement documenté à l'appui de leurs affirmations, mais ils se permettent aussi de distordre la vérité en manipulant les informations pour leur faire dire quelque chose qui serait cohérent avec leur message.
  • pages 114-115 - [...] le GIEC est un groupement pouvant détenir une certaine autorité des discours, il a été choisi par les Etats membres des Nations Unies. D’une certaine façon, il a obtenu la certification, la garantie de leur production par l’ensemble des sociétés qui l’ont désigné en tant qu’organisme crédible. Dans ce sens, ces rapports prétendent détenir la vérité car le GIEC prétend détenir la croyance du groupe.
Cela n'est pas exact, le GIEC ne prétend à aucun moment détenir la vérité, la preuve c'est que d'un rapport à l'autre les informations évoluent, et on peut penser qu'elles continueront à le faire dans les prochains rapports ; par ailleurs parler de "croyance du groupe" c'est ramener les partisans du GIEC à la religion, alors que tout indique que la religion est plutôt prégnante du côté des climatosceptiques.
  • page 115 - L’autorité est acquise de par une certaine position qu’elle soit sociale, instituée ou symbolique. Cette autorité apporte une légitimation à la revendication vraie. Dans cet espace, tous les auteurs ont une plus ou moins grande autorité, grâce à leur formation, leur carrière ou leur ancrage institutionnel. Toutefois, le GIEC semble détenir le plus de potentiel d’autorité grâce au contexte de sa fondation et à son soutien notoire.
Le GIEC est en effet une "autorité", mais il ne s'agit pas d'une autorité usurpée.
  •  Le livre critiquant ces discours se retrouve également dans une volonté d’amoindrir les dires du GIEC, en déclarant ses théories fausses et en prétendant détenir de vraies informations.
Par contre le livre de Markó n'a aucune autorité, et c'est bien normal.
  • La note de lecture se situe aussi dans cette optique, elle déclare les théories du livre de Markó fausses. L’entretien a démontré que la volonté première se trouve tout de même dans l’objectif d’affirmer que les arguments du livre sont pures « charlatanerie ».
La note apporte des éléments argumentés, on peut considérer qu'elle fait autorité du moment qu'aucune réfutation des réfutations n'est intervenue (à ma connaissance il n'y a pas eu de telle contre-réfutation de la part des climatosceptiques, peut-être parce qu'ils étaient dans l'impossibilité d'apporter le moindre argument...)
  • page 116 - Le livre essaye de démonter la valeur des dires du GIEC en tentant de démontrer que cet organisme n’est pas scientifique mais politique.
On a vu ce qu'il fallait penser de cela.
  • Il essaye également de mettre fortement l’accent sur  les erreurs qu’ils ont pu commettre et sur les prédictions qui n’ont pas aboutis, au cours des pages 57 à 132. Il présente la majorité des membres du GIEC comme non climatologue et certains comme des scientifiques ne relevant pas des sciences de la terre : « L’écrasante majorité des experts du GIEC ne sont pas des climatologues, et même la plupart des membres de l’assemblée plénière ne sont pas des scientifiques au sens des sciences « dures » ».
On pourrait également dire « L’écrasante majorité des climatosceptiques ne sont pas des climatologues, et même la plupart des auteurs du livre des 15 contrevérité ne sont pas des scientifiques au sens des sciences « dures » » ; je ne suis pas non plus un scientifique (mou ou dur) mais j'ai quand même un cerveau que j'essaie d'utiliser au mieux, ce que négligent de faire les lecteurs du livre, du moins ceux qui le trouvent "bien documenté , objectif , avec des conclusions motivées et des références vérifiables, etc." (voir commentaires sur Amazon...)

  • pages 116-117 - Le livre de Markó [réfute] [les] dires [du GIEC], en prétextant qu’il n’est pas nécessaire d’appartenir à une organisation prestigieuse pour que les théories avancées soit crédibles. Ils répliquent en spécifiant qu’un prix Nobel de la Paix n’accorde pas une valeur scientifique à leurs travaux. En outre, ils avancent l’idée que des climatosceptiques ont également reçus des prix Nobel. 
Voilà maintenant la bataille des prix Nobel enrôlés (à l'insu de leur plein gré, comme Pierre-Gilles de Gennes par Jacques Duran...?) pour "prouver" qu'il n'y aurait pas de réchauffement climatique...
  • page 118 - 5.4. Une autre conception du système économique
  • En dehors de cette conception latente de la détention de la vérité, une autre idéologie apparaît après l’analyse de ces documents. La croisade symbolique de cette conséquence pourrait avoir des implications économiques. Il pourrait s’agir d’une lutte entre des promoteurs de politiques libérales et des promoteurs de l’interventionnisme.
Et c'est bien un peu ce qui se passe.
  • pages 118-119 - Imaginons un instant que derrière les climatosceptiques se cachent des individus défendant une idéologie libérale, cette séquence représenterait donc, de manière implicite, des croisades opposant des interventionnistes et des libéraux.
Comme Saint-Louis allant combattre les Sarrasins.
  • page 119 - Alexis Merlaud fait remarquer que ces individus sont des adeptes du marché libre. Suite à une analyse des sources qui figurent dans le livre de Markó, il met en évidence une influence du Heartland Institute. [...] Il y a donc une contradiction flagrante entre la théorie de l’efficacité du marché libre et la théorie du réchauffement anthropique.
On s'en serait douté ; il suffisait d'ailleurs d'interroger les frères Koch à ce sujet.
  • page 120 - Les libéraux, désirant une économie basée sur le marché libre, ont tout intérêt à empêcher la mise en place des mesures réclamées par le groupe international. Si les rapports du GIEC font l’objet d’une mise en application par les différents gouvernements, alors cela entraverait l’application du marché libre. Dans cette optique, deux visions économiques, totalement opposées, se confrontent. L’adoption de l’une exclut la possibilité d’adoption de l’autre.
Idem que ci-dessus.
  • La note met également en évidence que la pollution consiste en une externalité. Cette dernière se définit en une influence sur le bien-être d’un sujet par la production ou la consommation d’un produit ou service par un autre sujet, sans que l’interférence ne fasse l’objet d’une transaction.  Le marché libre se révèlerait inefficace car il ne permettrait pas de résoudre ce problème. Les partisans de cette théorie auraient alors des intérêts dans la production du doute au sujet du climat, au sein du public. Ils seraient, en quelque sorte, qualifiés de « marchands de doute » car il en va de leur intérêt de faire croire que le marché libre est toujours un système économique qui marche.
Certains libéraux vont même jusqu'à affirmer que les externalités n'existent pas : «  La théorie des prétendues « externalités » est entièrement fausse, n’étant qu’un tissu d’affirmations arbitraires et contradictoires. De ce fait, les externalités n’existent pas et ne peuvent pas exister. » (source liberpedia) ; on se frotte les yeux mais oui, on a bien lu.
  • page 121 - Le rapport du GIEC qualifie explicitement cette tendance comme un facteur augmentant notre vulnérabilité : « Plusieurs facteurs sont susceptibles d’amplifier la vulnérabilité à l’égard des changements climatiques, notamment […], la tendance à la mondialisation de l’économie, […]. » 
Aie, ça se précise, si la mondialisation met en péril nos modes de vie alors allons-nous !
  • page 122 - Les climatosceptiques de cette séquence démentent justement l’accroissement du carbone dans l’atmosphère. Ils se disent sceptiques concernant le réchauffement provoqué par les activités humaines. De cette manière, ils contestent un sujet qui fait actuellement débat sur le plan économique.
S'il n'y a pas d'augmentation du carbone dans l'atmosphère alors il n'y a pas de problème, comme c'est simple ! Mais alors, on se demande où peut bien aller tout le CO2 que nous produisons chaque année ; il parait que chaque seconde dans le monde, plus de 1 million de kilos de CO2 sont émis dans l'atmosphère, soit 32.1 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) pour l'année 2015 (source planetoscope), mais tout ce CO2 doit se tapir quelque part à l'abri des regards...
  • 5.5.  La construction des problèmes publics 
  • page 124 - Une collectivité est concernée par ce problème par le partage de biens communs et des biens publics.  L’existence de la société, voire de la terre, est un bien public car elles appartiennent à tous et à personne. La composition de l’atmosphère est une chose qui concerne tous les habitants de cette terre. Par conséquent, le phénomène a comme particularité de concerner tout le monde.
Mais quand on nie qu'il puisse exister des externalités (voir plus haut) tout ceci ressemble à du baratin.
  • page 126 - Le réchauffement provenant des activités humaines étant le danger pointé du doigt, certains groupes cherchent à instaurer une dénégation du problème.  Les libéraux, les industries tentent, en quelque sorte, d’éviter la définition et la résolution du problème. Une résolution du problème, comme étant recommandée par le GIEC, irait à l’encontre de leurs intérêts ou de leur idéologie économique.
Voir le livre Les marchands de doute déjà mentionné plus haut.
  • page 128 - 5.6.  La gouvernementalité
  • Les actions de ces entrepreneurs ne prennent pas la forme d’une pétition ou de marche collective. Les acteurs de ce débat scientifique ont recours au discours. Ces derniers peuvent être considérés comme des actions en elles-mêmes.
Quoiqu'il puisse parfois y avoir des marches ou des pétitions ; les partisans du GIEC préfèrent la marche, car ils sont nombreux et peuvent ainsi se faire entendre, les climatosceptiques optent plutôt pour la pétition, telle la fumeuse Oregon Petition qui ramasse large, y compris des personnages fictifs, une spice girl et même, tenez-vous bien, jusqu'à Charles Darwin lui-même ! Il faut dire que quand on est largement minoritaire on ne doit pas être trop regardant et accepter tout ce qui passe à portée de main.
  • page 131 - La gouvernementalité représente [...] toutes les relations de pouvoir et les techniques mises en place pour arriver à déterminer le comportement d’autrui.
  • En ce qui concerne le cas du changement climatique, toutes les statistiques produites et diffusées parmi les citoyens, les concernent directement et visent de cette manière un développement et une nouvelle organisation de la société. Elles tentent d’exercer une forme de gouvernement chez les gens avec des techniques de gouvernementalité qui sont par exemple des discours, des campagnes, des actions, etc
Rien que de très normal en somme.
  • [...] ce n’est pas le gouvernement qui tente de modifier le comportement des citoyens, à moins que les gouvernements puissent exercer une influence par l’intermédiaire de l’ONU qui est l’institution sous-jacente du groupe international. Il s’agit à première vue d’individus-entrepreneurs qui justement tentent d’influencer les autres dans leurs actions, en espérant rallier un nombre suffisant de compatriotes à leur campagne pour pousser ce dit gouvernement à prendre des mesures adéquates.
Contrairement à ce que prétendent les climatosceptiques, le processus démocratique est parfaitement préservé, les citoyens responsables font pression sur leurs élus afin que ces derniers agissent en édictant des lois et des normes.
  • page 132 - L’entretien réalisé [avec Merlaud] démontre un certain effet du discours des climatosceptiques sur un scientifique : « Ils m’ont encouragé, l’un deux m’a même dit qu’il avait pris Marko au sérieux parce que les gens du labo de climato de l’ucl ne voulaient plus débattre avec Marko. Ça m’a poussé à faire une critique plus propre et à la publier parce que je me disais que si mon ami (que je sais extrêmement malin) s’était fait avoir, ça serait le cas de beaucoup d’autres. »
Et combien se sont fait avoir mais refusent de le reconnaître pour ne pas perdre la face ? Mais c'est reculer pour mieux sauter, à un moment ça va finir par se voir et ils auront beaucoup de mal à rester dans le déni ; alors soit ils reconnaitront humblement s'être trompé, soit ils se tireront une balle dans la tête, soit ils demeureront enfermés dans leur prison mentale (je pense à Benoit Rittaud qui est encore jeune et a de longs jours devant lui, du moins on le lui souhaite)
  • page 133 - 5.7.  Conclusion
  • D’une certaine manière, la comparaison permet de mettre en évidence la présence d’une croisade morale à la base d’une potentielle panique morale. Les caractéristiques des deux premiers documents se rejoignent assez bien dans la conception de la croisade morale, à l’inverse du troisième support. Ce dernier pourrait davantage être une critique militante concernant un livre particulier émis pas des auteurs climatosceptiques. Contrairement aux autres, ce support ne prend pas l’ampleur que pourraient prendre les sollicitations d’une croisade.


Conclusion générale (page 136)


  • page 136 - Les analyses montrent que le GIEC est un acteur central dans la question du réchauffement climatique. Il est celui qui déclenche de nombreuses réactions autour de ces thèses. Toutefois, Il ne nous semble pas possible de conclure que les climatocroyants soient à l’origine d’une réaction excessive face à un évènement ou un groupe de personnes menaçant la société. De manière générale, au vu de nos lectures, les différents critères ne paraissent pas être remplis et une telle réaction n’a pas pu être constatée. Néanmoins, les climatosceptiques de cette séquence semblent penser le contraire. Nous avons alors émis l’hypothèse que la panique morale pouvait peut-être se transformer en un outil au service d’une cause. 
  • page 137 - D’un côté, il y aurait des climatocroyants qui soutiendraient l’imposition de nouvelles réglementations. D’un autre côté, il y aurait des climatosceptiques qui feraient valoir l’inutilité et les conséquences de telles mesures sur notre système économique. Dans cette séquence, les climatosceptiques sont également des entrepreneurs de morale concernant le comportement des climatocroyants. Ces derniers se mobilisent pour la liberté d’expression, l’égalité et l’éthique scientifique dans le débat sur le réchauffement climatique. À première vue, la note de lecture pourrait représenter l’action d’un entrepreneur de morale qui proteste contre le manque de neutralité, d’indépendance et de rigueur scientifique des climatosceptiques. Toutefois, la caractéristique de l’expansion des revendications ne peut pas être observée dans ce dernier cas. Nous pensons donc qu’il ne s’agit pas d’une croisade mais d’une dénonciation critique.
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Que disait notre ami BenHague dans sa critique de mon précédent billet ?
  • Ainsi [Sara Mendicino] qualifie les tenants du GIEC de climatocroyants ....et les comparent (sic) a des croisés pour une cause morale. Cette jeune femme a parfaitement compris (comme Roger Pielke jr) que le veritable moteur des gens comme vous n'est pas la Science mais une volonté politique et morale de changer en profondeur la société.
Je suggère humblement à BenHague de relire attentivement la thèse afin de bien se rendre compte à quel point il est passé à côté.

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2 commentaires:

  1. Vous avez vous sentir bien en difficulté pour entreprendre la redaction de ce "billet" afin de prouver urbi et orbi que vous aviez lu la these , que vous l'aviez comprise et que vous aviez raison ... Pour ma part je ne pense que vous aviez lu la these (et ni meme la conclusion ) avant d'ecrire ce "billet"

    0) "D’une certaine manière, la comparaison permet de mettre en évidence la présence d’une croisade morale à la base d’une potentielle panique morale. Les caractéristiques des deux premiers documents se rejoignent assez bien dans la conception de la croisade morale, à l’inverse du troisième support."
    Je crois que c'est clair :
    Document 1) GIEC : Croisade morale et ecologique
    Document 2) Livre de Mr Marko : Croisade morale contre le GIEC
    Document 3) Critique factuelle du document 2) sans introduire d'arguments moraux et/ou politiques.

    1) Il est amusant que vous n'ayez pas reanalysé la partie de la conclusion que j'avais cité .. Ah oui , elle ne va pas dans votre sens. La voici tout de meme :
    "Le réchauffement climatique pourrait être un événement faisant l’objet d’une croisade morale. Cette dernière semble être un concept plus adapté. Il y aurait des protestations dans le but d’amorcer une mise en place de mesures. Nous pensons que la caractéristique de la moralité pourrait se caractériser dans la conception subjective de Goode et Ben-Yehuda et dans la proposition de Stuart Waiton concernant les paniques amorales. La morale traditionnelle, souvent liées à la religion, fait l’objet de ce thème. Elle concerne davantage les effets que nos actions peuvent produire sur autrui, la distribution équitable des ressources aux populations défavorisées et les effets secondaires et néfastes des activités humaines sur la nature. Dans ce sens, cela pourrait également constituer une croisade écologique."
    2) Le moment le plus amusant est lorsque , a bout de contorsion, vous attribuez a Mr Marko la paternité du terme climatocroyant sans meme avoir lu son livre ... et que vous entamé un jeu de piste pathetique sur Internet pour essaye de lié Mr Marko á ce terme .....
    Puis vous conseillez l'utiisation du terme "climato-realiste". D'une autre personne j'aurai pensé á du second degré ...mais pas la . Pour votre gouverne , "Climato realisme" et climatosceptiscisme sont synonyme . C'est d'ailleurs ainsi qu'Audrey Pulvar a introduit votre ami Benoit Rittaud : un climatorealiste ...

    3) "Les motivations des climatosceptiques sont là en filigrane, à peine cachées, prêtes à surgir au grand jour à tout moment." = COMPLOTISME
    4) Elle dit "Après analyse, le rapport du GIEC ne permet pas de conclure qu’il tente de créer une panique morale. En effet, tous les critères, permettant d’identifier un tel concept, ne se retrouvent pas dans ce document."

    et vous concluez : "Le GIEC n'agit donc pas en croisé moral." --> Voir point 0) et point 1)
    Vous avez un reel probleme de logique ........ Tout votre billet est de cet accabi : syllogisme, contre-verité , etablissement de lien inductif logique douteux ou faux ...

    6) Pour finir , l'auteure explique ses motivations par rapport a ce sujet dans son cursus ( vous ne l'avez pas lu , ou feint de ne pas l'avoir compris )

    "Certains se seront interrogés sur l’adéquation d’un tel sujet dans un cursus de criminologie. Toutefois, il trouve, à notre sens, légitimement sa place dans ce champ interdisciplinaire qu’est la criminologie. Il est clair que son ancrage se trouve dans la criminalisation primaire. L’analyse de ce corpus de textes offre un exemple des débats
    qui peuvent précéder l’élaboration et l’application d’une règle. Cette dernière forme, par conséquent, des catégories de personnes déviantes."
    avec comme question finale :


    "Pourrait-on constater, dorénavant, une accélération de la prise de décisions concernant le réchauffement anthropique et, par la même occasion, observer la création d’une nouvelle déviance ?"

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    1. Ma réponse ici : https://sogeco31.blogspot.fr/2017/08/aveuglement-ou-plaisanterie-je.html

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