jeudi 19 avril 2018

Sur les pas de d'Artagnan et du gazoduc TIGF-RGM

Je ne cherchais pas particulièrement à rencontrer d'Artagnan, ce monsieur devant être très pris, et je n'ai vu aucun mousquetaire sur le parcours, par contre je me suis cogné sur les tuyaux d'un gazoduc en construction dont j'ignorais tout jusqu'à présent.

Pourtant dès le départ j'étais averti, mais encore aurait-il fallu que je décrypte ce que je voyais écrit sur ces panneaux à plusieurs reprises dans mon cheminement ; ainsi dès les premiers mètres après avoir quitté ma voiture :

Peu après le départ de Lupiac.
Oui parce qu'il faut préciser que la balade d'aujourd'hui commence à Lupiac, le village natal de d'Artagnan, d'où le titre « Sur les pas de d'Artagnan », pages 92 et 93 du topo guide Le pays d'Armagnac à pieds. Mais vous remarquerez les bizarres informations concernant un projet RGM dont je n'avais jamais entendu parler mais qui allait bientôt me poser quelques petits soucis d'itinéraire...

Quand je fus revenu à la maison et avant de préparer ce compte-rendu, je suis allé voir sur internet de quoi il retournait. C'est ainsi que j'ai appris que, selon La Dépêche,
C'est pour le compte de TIGF (Transport Infrastructure Gaz France), la société exploitante des deux stockages souterrains de gaz naturel sur les sites de Lussagnet près du Houga et d'Izaute près de Riscle que l'entreprise bordelaise Spac est à l'œuvre. [...] fin de chantier programmée pour août prochain avant la mise en gaz courant octobre de la nouvelle canalisation longue de 61,8 km.[...] ce chantier a pour acronyme RGM, pour Renforcement Gascogne Midi.[...] RGM permettra l'acheminement de quantités de gaz depuis Lussagnet vers la zone sud-est de la France. Ce projet s'inscrit dans la mise en place de la Trading Region France – TRF – qui consiste à supprimer définitivement les écarts de prix du transport du gaz naturel entre le Nord et le Sud de la France en créant, à partir du 1er novembre 2018, une seule place de marché nationale. La TRF s'inscrit pleinement dans la politique européenne d'intégration des marchés du gaz naturel.
D'autres informations sont disponibles chez Géotec qui nous fournit la carte suivante :

Dans le cadre des études du projet RGM pour la décongestion du transit de gaz entre le Nord et le Sud, IDR a confié à GEOTEC, pour le compte de TIGF, une mission de travaux de sondages et d’ingénierie géotechnique de projet (G2 AVP) pour les traversées de certains ouvrages et la construction de poste de sectionnement.
Chez Térega on nous donne même une carte avec Lupiac qui est mentionné :

Le tracé du projet

Je peux même recouper ces informations avec les données de mon GPS :

Données du GPS Backtrack D-Tour.

On remarquera le trait noir barrant une partie de la boucle, il correspond au chantier de l'enfouissement du gazoduc...

En fait quand je suis « tombé » sur le chantier j'ai perdu la trace du sentier ; comme c'était la direction (vers l'ouest) j'ai suivi la saignée alors que j'aurais pu continuer davantage vers le nord si j'avais repéré où le chemin reprenait, ce qui fait que j'ai légèrement raccourci le trajet en marchant presque 2 kilomètres dans les ornières boueuses laissées par les engins de chantiers... Voici les données GPS avec la mention de l'endroit où j'ai bifurqué :

Données GPS : altitude, distance et vitesse.
On voit que le véritable chemin passe approximativement là où est écrit Lat: 43°42' ; et voici ce que cela donne sur le terrain :

Endroit où le sentier rencontre le chantier...

Franchissement d'un vallon et protections vis à vis de la ligne à haute tension.

Vue d'ensemble de la partie terminale au moment où l'on revient sur le bon chemin.

Donc voilà, j'ai marché dans la gadoue alors que j'aurais pu continuer sur le sentier si je l'avais seulement trouvé (ah, avec des si...)

Le circuit est donné pour 18 km et 4h30, en réalité j'ai fait un peu plus de 18km pour m'être égaré un peu plus loin, autrement je n'aurais parcouru que 17km environ avec ce raccourci involontaire ; le parcours est noté comme « difficile » à cause de sa longueur, mais plus que difficile je l'ai surtout trouvé pénible !

Oui pénible, car hormis ce passage inattendu et désagréable, j'ai dû également me livrer à de véritables acrobaties pour éviter les nombreuses flaques d'eau et parties vaseuses qui jalonnent l'itinéraire en cette saison, surtout après l'hiver particulièrement pluvieux que nous avons connu.

Autrement à part cela la balade est plutôt agréable et tranquille, nous sommes il ne faut pas l'oublier au pays du « bonheur dans le pré » et autour de nous, aussi loin que porte le regard ce ne sont que des collines et vallons verdoyants et boisés qui s'étalent à perte de vue, à l'exception de la partie sud barrée par la chaine des Pyrénées et son majestueux pic du Midi de Bigorre couronné de son observatoire :

Le pic du Midi de Bigorre.
Le circuit, même relativement long, peut cependant être abrégé grâce au réseau routier qui offre de nombreux raccourcis ; il y a aussi une variante dans le bois de Clarac qui permet de rejoindre directement Lupiac et de s'économiser 1h30 et 7 km.

Quelques vues maintenant, plus agréables que celles du chantier.

Un classique gersois : des vaches, des bois, des prés et les Pyrénées en toile de fond.

La chapelle du hameau de Cahuzères.

Une installation de palombière dans le bois de Clarac (voir palombe.org)

Un pigeonnier.

Une chapelle dans le lointain, en plutôt mauvais état...

Le Saint-Mont c'est tout bon.

Il n'y a que sur les routes qu'on ne risque pas de se mouiller les godasses.


dimanche 15 avril 2018

La guerre de l'information : les missiles ont-ils tous atteint leur objectif ?

Vu chez Berruyer dans Stupidité et irresponsabilité, par Jacques Sapir :
[...] selon une source officiel (sic) russe, un nombre important de missiles, 71 sur 103, auraient été abattus par la DCA syrienne[1]. Il est clair que cette frappe ne changera pas un iota dans la politique de Bachar-el-Assad.
La référence de Jacques Sapir est...sputniknews ...
La DCA syrienne a réussi à parer l'attaque de 71 missiles de croisière américains lancés sur Damas dans la nuit du 13 au 14 avril, a indiqué l'état-major russe.
Cependant, selon le gouvernement français, comme on peut par exemple lire dans L'Orient le jour :
Tous les missiles français tirés en Syrie dans la nuit de vendredi à samedi "ont atteint leur objectif", a affirmé samedi la ministre française des Armées Florence Parly, qui a salué le "succès" de la mission menée conjointement avec Américains et Britanniques.

Il y a forcément des gens qui se racontent des histoires, mais lesquels ?


Et pendant qu'on pinaille sur la légitimité des frappes on perd de vue l'essentiel, à savoir que depuis 2011 c'est Assad qui massacre son peuple, la plupart du temps sans avoir besoin d'armes chimiques.

Alors fallait-il intervenir ou non ?

Et au point où nous en sommes, la question a-t-elle encore de l'importance ? Ou du sens ?

Je fais ce que je veux et je vous emmerde tous !

vendredi 13 avril 2018

Les raisons de l'élection de Trump se précisent

Je viens de regarder Envoyé Spécial sur France 2 et je suis en mesure de rajouter un troisième paramètre expliquant l'élection totalement improbable de Donald Trump, à savoir l'implication de Facebook et de la société Cambridge Analytica ayant permis de faire basculer notamment trois Etats en sa faveur avec seulement 77 000 voix d'avance par rapport à Hillary Clinton, alors qu'il a largement perdu le vote populaire de la Nation par près de 2,9 millions de voix ! On nous explique que les trois Etats en question sont la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan, ce qui est confirmé par Wikipédia (peut-être que les données d'Envoyé Spécial proviennent d'ailleurs de Wikipédia...)

Pour savoir quels sont les deux autres paramètres qui ont permis l'élection du plus mauvais des présidents que les Etats-Unis aient jamais connus, je reprendrai l'échange avec un de mes lecteurs dans le billet intitulé A qui profite le crime ? :

Anonyme11 mars 2018 à 12:32

votre analyse de l election de Trump est innovante ... Aux USA , ils pensent plutot que l election a été influencée par la Russie ... c est en tout cas dans ce sens que vont toutes les enquetes ...je n ai pas vu d action ouverte au sujet de corruption par les Big oils ...
Anonyme11 mars 2018 à 13:17

Afin de recadrer certains fantasmes :
Interview d'un professeur de Sciences Po specialiste des USA : http://www.parismatch.com/Actu/International/Donald-Trump-et-Hillary-Clinton-se-battent-ils-a-armes-egales

Les sources de financements des candidats :
http://www.lefigaro.fr/elections-americaines/2016/03/15/01040-20160315ARTFIG00353-presidentielle-americaine-tout-comprendre-sur-le-financement-des-candidats.php

http://www.bbc.com/news/election-us-2016-35713168

Mais le plus fort vient finalement de Greenpeace :
http://www.greenpeace.org/usa/campaign-updates/fossil-fuel-funding-presidential-candidates/

Encore un grand fantasme qui s'effondre face á la réalité ....
Voici quelle avait été ma réponse (je mentionne en rouge les éléments importants) :
Géd11 mars 2018 à 14:55

Vous n'avez pas l'air de savoir comment fonctionnent les élections aux USA...

Vous me montrez essentiellement des articles datant de début 2016 (trois sur les quatre que vous donnez), une époque où Trump était encore à la traine et où on pensait que Clinton avait toutes les chances de l'emporter, pas étonnant que les « intérêts financiers » se soient portés sur elle, en principe on mise sur le cheval qui va gagner en espérant obtenir ses faveurs une fois élu(e) ; ce n'est un secret pour personne que Clinton était en tête à ce moment là dans la course aux financements.

Par contre quand Trump s'est retrouvé face à Clinton (voir votre quatrième lien, daté de novembre 2016) là les choses changent, les financeurs commencent à se rendre compte que Trump a peut-être de l'avenir, même si c'est encore loin d'être gagné pour lui.

Trump a effectivement pu compter sur sa fortune personnelle, alors que Clinton bénéficiait encore des largesses des « puissances de l'argent », puisqu'elle avait de bonnes chances de gagner, mais relisez ce qui est dit dans l'article : « Donald Trump a pu recourir à sa fortune personnelle, mais le candidat républicain n’a pas su s’attirer les faveurs des riches donateurs conservateurs, tels que les frères Koch ou le magnat des casinos Sheldon Adelson, qui soutiennent pourtant les républicains au niveau local. » ; là est la réponse à votre questionnement, le système électoral américain est tel que c'est au niveau local que les élections se jouent, le gagnant de chaque Etat emporte cet Etat, et le décompte final se fait au niveau des élus de chaque Etat, sans tenir compte du « vote populaire » qui, comme pour W Bush précédemment, a été défavorable pour Trump, et pas qu'un peu !

Si Big Oil n'a pas financé directement Trump, il a financé les représentants conservateurs républicains qui ont permis à Trump d'être élu.

Par ailleurs, comme les financements sont plus ou moins anonymes et confus (voir https://tinyurl.com/7vv5t47) il est difficile de savoir exactement qui a financé quoi ou qui.

Je terminerai en disant que si Clinton a été apparemment la championne des financements reçus, c'est essentiellement du secteur financier que lui sont venus ses subsides.
En effet, Clinton avait la préférence de Wall Street, ce qui a joué en sa défaveur, ou plutôt en défaveur des candidats Démocrates qui l'auraient élue s'ils avaient été eux-mêmes élus !

Le premier des paramètres est donc le financement par des industriels divers, essentiellement issus d'activités polluantes n'ayant aucun intérêt à favoriser une candidate qui aurait très probablement continué, voire renforcé la politique environnementale d'Obama ;  c'est si vrai que Trump élu l'une de ses premières priorités a été de détricoter toutes les mesures en faveur de l'environnement et de placer ses gens aux postes clés, notamment de l'EPA, l'agence justement en charge des problèmes environnementaux.

Pour ceux qui ne seraient pas convaincus que les financements sont allés en majorité aux Républicains, le site opensecrets nous donne des détails intéressants ; à noter que « open secrets » signifie « secrets connus de tous », il n'y a donc aucune théorie du complot derrière les chiffres que vous allez voir puisqu'ils sont publics !

Coal Mining (minage de charbon)
The coal mining industry provides the biggest source of campaign dollars within the mining industry, and has supported Republicans in each of the past 13 election cycles. (L'industrie minière du charbon fournit la plus grande source de dollars de campagne dans l'industrie minière, et a soutenu les républicains à chacun des 13 derniers cycles électoraux.)
Party Split, 1990-2018 (Répartition par parti, de 1990 à 2018)
Ce graphique a-t-il vraiment besoin de commentaires ? Si, un : les Démocrates ont quelques partisans dans cette industrie, mais on se demande bien pourquoi.

Oil & Gas (pétrole et gaz)

The numbers on this page are based on contributions from PACs and individuals giving $200 or more. (Les chiffres sur cette page sont basés sur les contributions des PAC et des particuliers qui donnent 200 $ ou plus.)


All donations took place between 1989 and the current cycle. Data for the current cycle were released by the Federal Election Commission on Monday, March 26, 2018. (Tous les dons ont eu lieu entre 1989 et le cycle actuel. Les données du cycle actuel ont été publiées par la Commission électorale fédérale le lundi 26 mars 2018.)

On voit ici qu'à la Chambre des députés (House) les Républicains ont reçu près de 4 fois plus d'argent que les Démocrates en provenance des industries pétrolière et gazière ; au sénat c'est un facteur seulement légèrement inférieur à 1 sur 3, mais il est vrai qu'il est beaucoup plus difficile de corrompre un sénateur qu'un député (enfin c'est mon opinion)

Et si l'on regarde la liste des contributeurs pour 2016, quelle surprise de voir en tête de liste...

All donations took place during the 2015-2016 election cycle and were released by the Federal Election Commission on Monday, November 27, 2017. (Tous les dons ont eu lieu durant le cycle électoral 2015-2016 et ont été publiés par la Commission électorale fédérale le lundi 27 novembre 2017.)

Admirez quand même le pourcentage accordé aux Démocrates par les frères Koch, certains appellent cela de la charité, d'autres du foutage de gueule, choisissez vous-même ce qui convient le mieux.

Evidemment les frères Koch ne portent pas Trump dans leur cœur, mais alors pourquoi ont-ils donné directement 3 millions et demi de dollars aux Républicains en se doutant un peu du résultat...?

Mais il y a plus étrange, c'est la liste des bénéficiaires, pour cette campagne 2016, qui porte à réfléchir :

METHODOLOGY: The numbers on this page are based on contributions from PACs and individuals giving $200 or more. All donations took place during the 2015-2016 election cycle and were released by the Federal Election Commission on Monday, November 27, 2017. (MÉTHODOLOGIE : Les chiffres sur cette page sont basés sur les contributions des PAC et des particuliers qui donnent 200 $ ou plus. Tous les dons ont eu lieu durant le cycle électoral 2015-2016 et ont été publiés par la Commission électorale fédérale le lundi 27 novembre 2017.)

Hormis le fait que beaucoup d'argent a été gâché en misant sur un (très) mauvais cheval, on s'aperçoit que Trump arrive tout de même en deuxième position, juste devant Clinton ! Derrière eux pas d'autre Démocrate en vue dans les 20 premiers de la liste, ce qui n'est pas au demeurant plus étonnant que ça, seule Clinton avait des chances de l'emporter au poste suprême, il est donc logique qu'elle ait bénéficié de largesses de gens qui ne l'apprécient pourtant pas ; comme on dit l'argent n'a pas d'odeur, et si elle avait été élue elle aurait su renvoyer l'ascenseur à qui de droit, y compris s'il s'agissait de Républicains.

Donc si Trump a pu compter sur sa fortune personnelle pour financer sa campagne, cela n'est vrai que pour la période pré-primaire ; quand il a été désigné et s'est retrouvé face à Clinton, alors les financements sont arrivés, exactement pour la même raison que pour Clinton (on remarquera d'ailleurs la quasi égalité des deux candidats au niveau des financements)

Enfin, le deuxième paramètre ayant expliqué l'élection de Trump, celui que met en avant mon commentateur (Aux USA , ils pensent plutôt que l'élection a été influencée par la Russie) et qui est parfaitement recevable, est actuellement en cours d'investigation avec Robert Mueller aux manettes. L'équipe de campagne de Trump est fortement soupçonnée d'avoir « coopéré » avec les Russes afin de favoriser leur candidat ; l'affaire est assez complexe et est encore en cours de traitement, l'étau se resserrant petit à petit sur Trump et sa garde rapprochée, on va donc attendre son dénouement afin de dire avec certitude que les Russes ont bien aidé à faire battre Hillary Clinton.

Pour résumer Donald Trump a bénéficié des trois paramètres suivants lui ayant permis de voler la victoire à Hillary Clinton en toute (il)légalité :
  1. Financements largement en faveur du camp Républicain (certitude absolue) ;
  2. Participation de la Russie pour pourrir la campagne de Clinton (très forte probabilité) ;
  3. Utilisation des données de Facebook par Cambridge Analytica afin de cibler les électeurs indécis dans trois Etats (au moins) qui auraient pu pencher du côté Démocrate (quasi certitude, Mark Zuckerberg est mis sur la sellette).
Si l'argent est un facteur important pour désigner un vainqueur dans une élection, on voit qu'avec Trump le paquet a été mis pour le faire gagner (malgré lui ?) avec des méthodes plus subtiles les unes que les autres (en tout cas plus subtiles que Trump lui-même)

Et certaines des recettes utilisées pour favoriser Trump ont d'ailleurs très probablement été utilisées dans le référendum sur le Brexit et d'autres élections, mais ne me demandez pas lesquelles !



mardi 10 avril 2018

Double cherry-picking et autres fantaisies climato-irréalistes

L'excellent site Skeptical Science, probablement le plus décrié chez les climatosceptiques du fait de la valeur des informations qu'il diffuse (quand le message ne plait pas il faut brûler le messager), a mis en ligne la liste des sophismes climatiques, que j'avais déjà exposés ici, mais de manière plus sympathique et lisible ; malheureusement tout est en anglais, y compris les vidéos, ce qui fait qu'une grande partie des irréalistes francophones ne pourront pas en bénéficier, à supposer qu'ils aient l'idée ou le courage de se plonger dedans, ce qui semble relever du rêve éveillé.

Cette liste m'a donné l'idée de commenter le tout premier sophisme de la liste, qui concerne l'affirmation selon laquelle le réchauffement climatique se serait arrêté en 1998.

On sait que cette affirmation fallacieuse est le dada de la majorité des climatosceptiques, menés par l'inénarrable Christopher Monckton qui leur a servi pendant longtemps la même salade indigeste sur le site WUWT ; indigeste car ses articles sont bourrés jusqu'à la gueule de très nombreuses informations soit invérifiables, soit manifestement erronées, consistant chaque fois en un long Gish Gallop qui nécessiterait dix fois plus de temps et d'espace pour être réfutées. Nous en avons un exemple caractéristique avec cet article du Lord de pacotille daté de février 2016 (je ne sais pas s'il en a pondu d'autres depuis, il est vrai que cela va être de plus en plus difficile pour lui de prétendre qu'il n'y a plus de réchauffement, même en truquant ses données et en abreuvant ses lecteurs de sa prose ampoulée)

Le graphique emblématique qu'il présente à chaque fois est de ce type, tiré du billet de février 2016 :

The RSS data still show no global warming for 18 years 8 months, notwithstanding record increases in CO2 concentration over the period.

Accompagné de celui provenant de ses amis Spencer et Christy :

Dr Roy Spencer’s UAH v.6 satellite lower-temperature dataset shows the Pause has already (just) disappeared. For 18 years 2 months there has been barely any warming, though to two decimal places the anomaly is zero.

Il n'y a pas de grandes différences entre ces deux graphiques qui représentent la reconstitution des températures de l'atmosphère à partir des données satellitaires ; la seule chose que l'on peut dire à leur sujet c'est que l'on se trouve en présence d'un double cherry-picking, c'est-à-dire d'une sélection fallacieuse à deux niveaux :
  1. Température de l'atmosphère uniquement (on exclut la chaleur qui s'accumule dans les océans ou qui est absorbée par les terres)
    • La chaleur excédentaire est absorbée à plus de 90% par les océans, seuls 2% demeurent dans l'atmosphère, le reste allant se perdre dans les terres, par conséquent, ne prendre en compte que ces 2% est largement réducteur et évite de parler des 100% qui, eux, n'ont enregistré aucune stagnation ; pour avoir une idée des « forces » en présence il suffit de jeter un œil sur ces graphiques : 
      Source wikimedia
      Source wikimedia
  2. Période trop courte, donc non représentative d'une tendance à long-terme ; en reprenant les données satellitaires depuis l'origine (1979) pour la basse troposphère on obtient ceci
    Source woodfortrees
    • donc pas vraiment de stagnation en regardant sur le long-terme ; d'ailleurs en reprenant les mêmes graphes avec les données depuis 1998, année de fort El Niño, jusqu'à fin 2015 pour être en phase avec les graphiques de Monckton, on obtient ceci : 
      Source woodfortrees
    • effectivement on dirait bien qu'il y a stagnation des températures sur cette courte période démarrant, quel hasard, avec un super El Niño !
Evidemment, concernant le point numéro un, Monckton tente dans son article de montrer que la température des océans n'a pas augmenté, comme cela c'est pratique, on élude le fait que la majorité de la chaleur additionnelle s'y retrouve et on en déduit que seule l'atmosphère serait concernée, qui plus est par un réchauffement tellement minime qu'il en serait imperceptible.

Une autre technique de désinformation que l'on peut trouver dans le même article du lord en carton-pâte consiste à minimiser la hausse des températures en prenant comme début l'année 1880 et en déduisant du graphique suivant une hausse centennale de seulement 0,67°C :

NOAA’s much-altered global surface temperature record, showing a 0.9 Cº global warming trend since 1880, equivalent to just two-thirds of a degree per century.
Ce graphique est un modèle du genre, car il montre la réalité, sans la cacher en aucune façon, mais en tirant une conclusion spécieuse et en prenant ses lecteurs pour de véritables crétins incapables de lire une courbe ; en effet, il suffit d'un minimum d'attention pour s'apercevoir que depuis les années 1970s il y a une nette accélération du réchauffement climatique et que s'il faut en tirer une tendance sur un siècle ce ne sont certainement pas deux malheureux tiers de degrés Celsius dont on parle, mais plutôt de deux ou trois degrés, au minimum. Il suffit de calculer le prorata de température à partir des 45 ans (de 1970 à 2015, soit environ 1,5°C d'augmentation sur cette période) et cela donne : 1,5 x 100 / 45 = 3,3°C !

Et mon calcul ne tient pas compte d'une possible accélération durant le 21ème siècle, mon prorata est à augmentation constante depuis 1970, en prenant les données fournies par Monckton lui-même.

Bien sûr le prorata est un exercice simpliste, mais il a l'avantage d'être à la portée de n'importe qui et d'être capable de démontrer que l'assertion de Monckton ne tient pas la route une seconde, puisque lui aussi se livre à la même gymnastique indigne d'un scientifique (qu'il n'est pas) : 0,91 x 100 / 135 = 0,67°C !

Avec son calcul on pourrait prendre comme base de départ la naissance de Jésus-Christ et on obtiendrait quelque chose comme 0,91 x 100 / 2015 = 0,05°C de hausse sur un siècle, pas vraiment de quoi s'inquiéter n'est-ce pas ?
Pour aller plus loin sur le sujet voici quelques pistes intéressantes à l'attention de ceux qui souhaitent vraiment s'informer :

Il ne faut cependant pas se faire d'illusion, car les climatosceptiques étant en général gravement atteints par leur syndrome de déni ce ne sont pas quelques tableaux ou illustrations qui les convaincront que le réchauffement climatique n'est pas une invention des Chinois pour ruiner l'Amérique. 



dimanche 8 avril 2018

Les mots pour le dire

Les mots ont un sens, en plus d'avoir une définition dans les dictionnaires, pourtant il y a des gens qui se font un malin plaisir de torturer la signification (plus ou moins ) exacte de certains mots afin que ceux-ci collent mieux à ce qu'ils croient, à leur vision toute personnelle du monde.

Il en va ainsi dans toutes les matières possibles et imaginables, mais je vais m'intéresser ici au sujet spécifique du climat qui est souvent à l'honneur sur mon blog.

Commençons tout d'abord par ce qui est peut-être le plus « parlant », à savoir la qualification des forces en présence.

Nous avons essentiellement deux côtés antagonistes, ceux que l'on appelle communément les climato-sceptiques et ceux que je qualifierai de climato-pragmatiques, ce dernier terme ayant à ma connaissance été usurpé par un thuriféraire de Philippe Verdier mais n'étant pas d'usage courant.

Source chribactu

Le mot « sceptique » est vraiment très mal employé s'agissant de personnes qui en général ne doutent pas de grand chose ; normalement tout scientifique est sceptique par principe, et tout individu devrait l'être dans une certaine mesure, sans en faire une maladie, car être sceptique sur tout et sur rien cela s'appelle de la paranoïa...Par exemple je ne suis pas sceptique sur le fait que la vitesse de la lumière est d'environ 300 000 km/s, je n'ai simplement pas les capacités pour prouver ce fait par moi-même ou bien comprendre la preuve que m'apporterait un physicien, donc je fais confiance ; il en va de même sur tout ce qui touche au climat, je fais confiance au camp des pragmatiques dans lequel on trouve les climatologues, les vrais, même si je sais pertinemment qu'ils peuvent parfois soit se tromper soit émettre des hypothèses qui ne se révèleront pas tout à fait justes à l'épreuve du temps et de la confrontation avec les autres chercheurs.
Source micael

Par ailleurs chez les sceptiques on trouve de véritables « climato-négationnistes », terme employé pour désigner ceux parmi les sceptiques qui désinforment sciemment le public à des fins purement idéologiques ou bassement matérielles (certains ont trouvé là une source de revenus confortables durant la plus grande partie de leur carrière, n'est-ce pas monsieur Singer ?) ; à noter que le mot « négationniste » utilisé tout seul est, pour l'instant, à réserver à celui qui nie la réalité de l'Holocauste, même si cela peut paraître anormal en considération des nombreux génocides perpétrés à toutes les époques,
Source denisdonikian
dont certains sont encore niés aujourd'hui (les Arméniens, les Amérindiens, les Aborigènes d'Australie, etc.)
; c'est pour cela que pour l'instant le préfixe « climato » doit encore être accolé au mot « négationniste », sachant que plus on s'éloignera de la seconde guerre mondiale et plus cette forte connotation s'estompera (mon pronostic est que dans un siècle au moins le mot négationniste sera employé pour désigner toute personne niant une évidence, dont le changement climatique)

Source youtube
Depuis peu un autre terme est apparu, là-aussi par « usurpation d'identité », c'est celui de « climato-réaliste » ; évidemment il s'agit d'une arnaque à l'attention des naïfs qui pensent ainsi faire partie des gens qui ont les pieds sur terre et « à qui on ne la fait pas » ; en réalité (sic) ces soi-disant réalistes font à chaque occasion qui se présente la preuve qu'ils sont plutôt « irréalistes » en s'inventant, ou en gobant, toutes sortes d'« arguments » préfabriqués par l'usine de désinformation parfaitement huilée (sic) des industriels et des lobbies qui les représentent, aidés en cela par quelques scientifiques plus ou moins bidons (Singer déjà cité, ou Monckton, entre autres) ainsi que par des représentants de commerce plutôt performants, comme Marc Morano ou Rush Limbaugh, des références en la matière, à côté desquels nos Benoit Rittaud, Rémy Prud'homme ou François Gervais sont de véritables nains de jardin.

Afin de simplifier les choses je ne parlerai par la suite que des « faux-sceptiques » et des « vrais-pragmatiques » pour désigner chaque camp, que j'abrègerai en « FS » et « VP » afin de gagner un peu de place.

Source YouTube

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Source convention
L'effet de serre est un terme utilisé par commodité afin de désigner le mécanisme par lequel certains gaz piègent la chaleur dans l'atmosphère et l'empêchent de s'échapper dans l'espace, contribuant ainsi à l'élévation des températures ; il n'est pas question ici d'expliquer en détail le principe de l'effet de serre, mais seulement de pointer du doigt l'inanité qui consiste, de la part des FS, à nier cet effet de serre sous prétexte que l'atmosphère de la Terre ne se comporte pas comme une serre de jardin.

Evidemment tout climatologue qui se respecte sait parfaitement faire la différence entre une serre de jardin et l'atmosphère de notre planète, et s'il emploie l'expression « effet de serre » c'est uniquement par commodité afin d'éviter de dire quelque chose comme « effet de piégeage de la chaleur par des gaz partiellement opaques au rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre », ce qui ne serait pas très facile à placer dans une conversation !

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Source seagazing
On trouve également, parfois, une critique concernant l'acidification des océans sous le fallacieux prétexte que les océans ne sont pas acides mais basiques ; cela les VP le savent parfaitement, et c'est là-aussi par commodité que l'on parle d'acidification, c'est-à-dire de baisse du pH, quand celui-ci « tend vers l'acide », même en milieu basique ; on devrait normalement dire « dé-basification » ou « dé-alcalinisation », on comprend donc pourquoi les chimistes préfèrent dire « acidification »...

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Et que dire du consensus sur le réchauffement climatique ?
Source qcm de culture generale

Les FS nous bassinent avec ce mot en voulant nous faire croire qu'il n'existerait pas parmi la communauté scientifique ; mieux, il affirment, par un malhabile détournement de signification, que la science ne se fait pas à coup de consensus, ce qui est parfaitement vrai et que personne n'a jamais contesté, puisque le consensus n'est rien d'autre que l'accord de la communauté scientifique sur un sujet donné à un moment donné, rien de plus.

Par conséquent le consensus peut évoluer dans le temps, le problème, pour les FS, c'est qu'ils sont totalement incapables d'apporter une réfutation quelconque au fait que nos émissions de CO2 sont la cause essentielle de la hausse des températures depuis environ un siècle et demi ; il leur suffirait pourtant, afin de faire basculer le consensus en leur faveur, de fournir la preuve que « quelque chose d'autre » que le CO2 anthropique, le soleil par exemple, est ce qui fait monter les températures, une autre hypothèse étant...que les températures ne montent pas, ce qui règlerait définitivement le problème !

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Contrairement aux apparences ceci n'est pas une publicité sur laquelle vous pouvez cliquer... (source solutions-deco)

Une autre source de malentendus et d'incompréhensions concerne la différence entre températures absolues et températures relatives, encore appelées anomalies de températures ; on voit par exemple :
skyfall.fr/liens-vers-les-donnees-climatiques/
pourquoi parler en anomalies et non en températures véritables.
skyfall.fr/2016/11/05/bulletin-climato-realistes-n-49/comment-page-3/#comments
Lorsqu’on présente l’évolution des T° par une anomalie par rapport à une moyenne de référence choisie arbitrairement , avec un graphique où l’ordonnée est graduée de -1° à +1° , on a forcément l’impression que les courbes grimpent même avec une hausse de 0,5°.
Construire des courbes avec les températures absolues garanti une meilleure fidélité sur le long terme car tous les points sont solidement rattachés aux observations et donc à la température réelle. 
Les techniques par anomalies sont une absurdité. On nous dit que les T° augmentent mais personne ne nous dit quelle est la T° moyenne globale de la planète.
Ces lecteurs n'ont de toute évidence rien compris à la différence entre températures absolues et anomalies de températures, car quand on parle de réchauffement de la planète la seule et unique façon de se le représenter est de raisonner en anomalies de températures, la température globale de la Terre n'étant absolument d'aucune utilité en la matière.

Cette température globale n'est en effet pas mesurable par un thermomètre ou quelque autre instrument, il s'agit simplement d'un calcul mathématique qui correspond à la moyenne de toutes les températures relevées sur la planète ; ainsi Alexis Hannart nous expliquait en 2014 :
Le climat est [...] intrinsèquement une notion statistique et par conséquent, climat et moyenne sont inséparables.
[...] la température globale de la Terre est la valeur qui permet à la planète d’équilibrer son bilan énergétique.
[...] la température moyenne absolue sur la période 1961-1990 est estimée à 14°C avec une marge d’erreur de +-0.5°C mais l’estimation de la différence entre la température moyenne en 2010 et cette période de référence s’élève à +0.53°C1 avec une marge d’erreur de +-0.09°C
Ce qui est le plus important à noter ici, c'est que la température absolue pour la période 1961-1990 est estimée avec une marge d'erreur de 0,5°C, alors que l'anomalie de températures constatée en 2010 par rapport à cette période de référence présente une marge d'erreur de seulement 0,09°C, soit 5 fois moins élevée !

Source avenoctum

Le livre Climats. Passé, présent, futur détaille en 4 pages comment, par le calcul, on en arrive à une température moyenne d'environ 15°C en partant d'un flux d'énergie solaire de 1 367W/m2 reçu du soleil, en tenant compte notamment de la rotondité de la planète et de son albédo. S'il faut 4 pages à deux scientifiques pour expliquer cette température moyenne de 15°C, on comprend aisément que ce n'est pas si simple que cela ; pour tout vous dire, ces 15°C correspondent à un flux radiatif de 390 W/m2, alors si vous voulez savoir comment on passe de 1 367 à 390 achetez donc le livre et vous saurez pourquoi d'une température théorique de -19°C on en arrive à une température effective de +15°C.

Mais que cette température globale moyenne soit de 14°C ou de 15°C cela ne nous indique en rien de combien elle monte chaque année, c'est pour cela qu'on utilise des anomalies de températures qui sont davantage appropriées.

Dans ce blog un de mes lecteurs avait expliqué parfaitement pourquoi il convenait de préférer les anomalies de températures plutôt que les températures absolues :

[...] avec les anomalies, [on a] la possibilité de comparer deux périodes éloignées à la même moyenne de référence. Admettons que l'une soit 1°C supérieure à la moyenne de référence, l'autre 1°C inférieure à cette même moyenne. La différence [...] est de 2°C. [...]
[...] ce que l'on peut obtenir facilement avec des anomalies, c'est qu'on peut comparer des périodes, ou des lieux, qui ont des moyennes de références différentes. [...] nous savons que dans l'hémisphère nord, le mois de février est généralement plus froid que le mois de juillet. Comparer leurs températures de février et juillet 2016 ne nous apprend pas grand-chose. Par contre, comparer la différence de température du mois de février 2016 à la moyenne des 30 derniers mois de février (l'anomalie de ce mois) [et] la différence de température du mois de juillet 2016 à la moyenne des 30 derniers mois de juillet apporte des enseignements. Parce qu'en éliminant les éléments non comparables, je peux me concentrer sur l'essentiel : y a-t-il eu un réchauffement, un refroidissement pas d'évolution en février ou en juillet. Ou par les mêmes méthodes, en Europe, en Arctique, en 2016, à la surface des océans, en altitude ...

A contrario, si je [...] dis qu'il a fait 12°C en février à Paris en 2016, et 19°C en juillet en 1986, quel(s) enseignement(s) [peut-on] en tirer ? De même, si je [...] dis qu'il a fait 4°C en février à Bratislava en 2016 ?

Cerise sur le gâteau, en calculant la moyenne de référence sur une période suffisamment longue - typiquement une trentaine d'années - on peut éliminer le bruit - el niño, l'activité solaire, l'activité volcanique, ... - et se concentrer sur le signal - l'évolution, ou non, des températures.

C'est si vrai que même un FS notoire utilise les anomalies de températures pour « prouver » qu'il n'y a pas eu de réchauffement durant près de deux décennies...

Avant, c'était une anomalie spatiale, mais elle en a eu assez que tout le monde inverse sa polarité : Source hearthstone

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Un autre mot utilisé à tort et à travers est « normal » comme dans « climat normal » :
https://www.contrepoints.org/2015/03/04/199962-climathon-semaine-9-the-new-normal
Chassés du paradis climatique originel, nous sommes entrés dans l’ère du new normal climatique.
On voit certains FS clamer qu'il n'y a pas de « climat normal », ce qui nous ramène en fait aux « anomalies de températures » déjà vues ci-dessus ; c'est parce qu'ils contestent la normalité du climat qu'ils refusent d'entendre parler d'anomalies, mais ils ne se rendent pas compte que les anomalies ne sont en réalité que des écarts par rapport à une moyenne prise arbitrairement dans le passé ; quelle que soit cette période de référence cela ne change rien à la forme de la courbe et au fait qu'on peut lire l'évolution de la température dans le temps, la seule chose qui change c'est la valeur relative de l'écart par rapport à la période de référence, si cette période est 1871-1900 ou 1951-1980 la courbe aura la même forme et la hausse de température sera exactement la même.

Il n'y a donc pas de climat « normal », par contre il y a un climat qui évolue, et apparemment ce n'est pas dans la bonne direction...
Source tumblr

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Un autre dada des FS est l'« ajustement des températures », comme ici :
https://www.contrepoints.org/2015/02/26/198684-climat-pourquoi-les-ajustements-apportes-aux-temperatures 
L’intention évidente des ajustements est de créer l’illusion d’un signal de réchauffement planétaire important dans les temps récents. 
Nous nous retrouvons ainsi plongés dans la théorie du complot : si les climatologues ajustent les températures, c'est forcément pour montrer une tendance « réchauffiste », tous les climatologues de la planète sont donc de mèche pour trafiquer les données brutes et faire croire au commun des mortels que les températures augmentent alors qu'elles stagnent ou même qu'elles baissent !

Source peerlessfaucet

Et ce sont les mêmes qui vénèrent des gens comme Spencer ou Christie, lesquels utilisent des données pourtant 100% ajustées ! En effet, les satellites ne mesurent pas les températures de l'atmosphère mais le rayonnement dans plusieurs longueurs d'ondes à partir duquel les températures seront inférées, c'est-à-dire calculées ; par ailleurs ces calculs sont fréquemment revus et donc ajustés, il s'agit alors d'ajustements d'ajustements si l'on peut dire, alors que les températures de surface sont bien directement mesurées au préalable par des thermomètres de différents types, donnant ainsi des valeurs brutes qui peuvent éventuellement faire l'objet d'ajustements si elles le nécessitent, par exemple en cas de changement de place d'une station météo (si on la déménage plus haut en altitude elle va forcément donner des températures plus basses que précédemment) ; croire, ou faire croire, que les scientifiques truqueraient les ajustements pour ne garder que ceux qui montrent une hausse, en laissant de côté ceux qui montreraient une baisse, c'est tout simplement insulter ces scientifiques en les traitant d'escrocs.

Le comble est atteint quand ces FS prétendent que si les ajustements sont non-significatifs au niveau global, ce qu'ils sont en réalité, les hausses compensant plus ou moins les baisses, alors pourquoi les climatologues les font-ils ? Si les climatologues ne les faisaient pas, ces mêmes FS les critiqueraient en prétendant que si l'on ne fait pas d'ajustement c'est pour cacher la stagnation ou la baisse des températures ! Quoi que les climatologues fassent, ils auront de toute façon toujours tort.

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Le CO2 est le gaz de la vie il parait, d'après par exemple
https://www.contrepoints.org/2014/06/24/169917-pour-patrick-moore-fondateur-de-greenpeace-le-co2-est-une-bonne-chose
Le CO2 est la source d’énergie la plus importante de toute vie sur terre.
Evidemment personne n'a jamais nié que le CO2 était un élément indispensable à la vie sur Terre, mais on pourrait dire la même chose de l'oxygène, de l'azote (dont les thuriféraires du CO2 ne parlent jamais) et de l'eau, entre autres.

Source slideplayer

Tous les organismes vivants, y compris nous les hommes (et les femmes, il ne faut pas l'oublier), ont besoin d'eau pour vivre, sans eau seules quelques créatures sont capables de résister « un certain temps », pourtant trop d'eau peut nous tuer, ce qui ne fait aucun doute ; de la même manière trop de CO2 peut être mortel, alors parler de « gaz de la vie » est quelque peu paradoxal, n'est-ce pas ?

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Et puis le CO2 n'est pas un poison ni un polluant, hein !
https://www.contrepoints.org/2015/04/21/205301-le-co2-nest-pas-un-poison
le CO2 n’est ni un poison, ni un polluant ! Il ne l’a jamais été et il ne le sera jamais !
Poison en vente libre (non non, pas la peine de cliquer dessus, vous n'aurez pas de réduction sur le flacon)
Ben si, le CO2 peut parfaitement être un poison et/ou un polluant dans certaines occasions, par exemple quand il se retrouve en grandes quantités là où il devrait être présent en proportions raisonnables ; je rappellerai simplement mon billet intitulé Comment déconstruire la désinformation en matière de science climatique ? dans lequel les deux notions de polluant et de poison étaient évoquées :
Affirmation : le CO2 n'est pas un problème car c'est un gaz incolore et invisible (comprendre que ce n'est pas un poison)
Sophisme de diversion : la visibilité d'une substance n'est pas pertinente pour savoir si elle peut avoir un impact. Les substances peuvent être invisibles et cependant nocives. Par exemple, le monoxyde de carbone est toxique, tout comme le rayonnement des substances radioactives. En effet, l'invisibilité du CO2 est un élément clé de l'effet de serre : il laisse passer la lumière du soleil mais emprisonne la chaleur infrarouge, ce qui provoque une série d'impacts climatiques.
Affirmation : le CO2 n'est pas un polluant.
Sophisme de diversion : chicaner sur les définitions techniques du polluant est une distraction par rapport aux réalités des impacts négatifs du réchauffement climatique. Un polluant est une substance qui perturbe l'environnement - le CO2 le fait en piégeant la chaleur.

L’EPA classe les gaz à effet de serre parmi les polluants (source leblogauto)
Evidemment qui dit polluant dit réglementation et taxation, donc...

Donc en niant que le CO2 soit un polluant on tente d'éviter tout ce qui peut gêner le business, est-ce si compliqué que cela à comprendre ?

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Il y a probablement bien d'autres mots ou expressions détournés, déformés ou mal interprétés par les faux sceptiques, je n'en ai cité que quelques uns qui me sont venus à l'esprit en faisant un peu travailler ma mémoire. Si vous en connaissez d'autres vous êtes libres de me le faire savoir, y compris si vous en trouvez en provenance des vrais pragmatiques, mais à mon avis il vous faudra faire davantage d'efforts que moi pour les dénicher de ce côté-ci du terrain climatique.

Ceci n'est pas un défi que je lance à certains de mes lecteurs.